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Publié par JMV Ndagijimana

Rwanda : Il faut mettre fin à l’interdiction qui vise un membre du personnel de Human Rights Watch

(New York, le 23 décembre 2008) – Le gouvernement rwandais devrait revenir sur sa décision d’interdire au Dr. Alison Des Forges, conseillère principale de Human Rights Watch pour l’Afrique, d’entrer au Rwanda, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.

Jamais auparavant le Rwanda n’avait exclu de son territoire un membre du personnel de Human Rights Watch depuis que l’organisation a commencé à étudier la situation des droits humains dans ce pays en 1991. Alison Des Forges, qui s’attelle depuis 17 ans à promouvoir les droits humains au Rwanda pour Human Rights Watch, s’est vu décerner le prestigieux prix MacArthur pour ses travaux sur le génocide de 1994.

« Une nation comme le Rwanda, qui a connu des violations des droits humains terriblement meurtrières, devrait montrer au monde qu’elle accepte volontiers que l’on examine son bilan en matière de droits humains », a déclaré Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch. « Nous avons demandé aux autorités rwandaises pourquoi elles avaient exclu cette défenseure des droits humains éminemment respectée, mais aucune réponse officielle ne nous est parvenue. Officieusement, la seule explication que nous avons reçue est que nos critiques ne leur plaisent pas. »

Le gouvernement rwandais a refusé une première fois au Dr. Des Forges d’entrer au Rwanda le 4 septembre 2008 à un poste-frontière jouxtant le Burundi. Elle a été interdite d’accès une seconde fois le 2 décembre, lorsqu’elle s’est rendue en avion au Rwanda pour assister à une conférence internationale sur l’assistance juridique pour les pauvres. À cette occasion, les responsables rwandais l’ont empêchée de quitter l’avion et elle est retournée en Belgique.

Le 3 décembre, les autorités rwandaises ont bloqué pendant un jour un autre membre du personnel de Human Rights Watch au poste-frontière de Goma, en République démocratique du Congo. Elle a finalement reçu l’autorisation de pénétrer en territoire rwandais dans la soirée.

En octobre, la Millennium Challenge Corporation, une agence gouvernementale américaine, a octroyé au Rwanda une subvention de 25 millions de dollars pour appuyer ses efforts en faveur d’un renforcement de la participation civique, de la promotion des libertés et droits civils ainsi que de l’amélioration du système judiciaire.

« Les responsables rwandais voient dans la subvention octroyée par la Millennium Challenge Corporation une victoire », a expliqué Kenneth Roth. « Mais ils devraient également y voir un besoin d’apporter les améliorations nécessaires dans leurs politiques. »

En dehors de son travail d’observateur des droits humains, Human Rights Watch a œuvré pour que justice soit faite au nom des victimes du génocide de 1994 ainsi que des crimes de guerre et crimes contre l’humanité perpétrés au Rwanda. Alison Des Forges a apporté son témoignage d’experte dans le cadre de 11 procès pour génocide au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), notamment celui du Col. Théoneste Bagosora et de deux autres personnes, reconnus coupables le 18 décembre. Elle a également témoigné lors de procès pour génocide qui ont eu lieu dans des tribunaux nationaux en Belgique, en Suisse, aux Pays-Bas et au Canada.

À plusieurs reprises, et tout dernièrement le 12 décembre, Human Rights Watch a appelé le procureur du tribunal à s’assurer qu’il accomplit la totalité de son mandat en examinant les allégations portées à l’encontre du Front patriotique rwandais, la force dominante au sein de l’actuel gouvernement rwandais.

Dans le passé, des membres d’autres organisations internationales, des journalistes et des experts universitaires jugés critiques à l’égard du gouvernement se sont également vu refuser l’autorisation d’entrer ou de travailler au Rwanda.

« En frappant de proscription un membre de notre personnel, le message que le gouvernement rwandais envoie aux autres personnes qui cherchent à promouvoir les droits humains au Rwanda est que si elles font trop bien leur travail, elles risquent également de se voir refoulées à la frontière », a signalé Kenneth Roth. « Ce n’est pas ainsi qu’un gouvernement améliore son bilan en matière de droits humains. »

Pour de plus amples informations, veuillez contacter :
À Toronto, Georgette Gagnon (anglais) : +1-917-535-0375 (portable)
À Paris, Jean-Marie Fardeau (anglais, français, portugais) : +33-6-45-85-24-87 (portable)
À Londres, Tom Porteous (anglais) : +44-79-8398-4982 (portable)

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