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Publié par JMV Ndagijimana

Lu dans "Le carnet de Colette Braeckman"

Deux des points adoptés au Conseil de Sécurité vont peut-être faire évoluer la situation au Congo: la priorité absolue donnée à la crise du Kivu avec, en particulier, la protection des civils et le renforcement de la lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles. Cette détermination accrue de la communauté internationale pourrait peser sur les pourparlers de Nairobi, engagés entre des représentants du gouvernement congolais et des émissaires du CNDP (Congrès national pour la défense du peuple) le mouvement de Laurent Nkunda. Alors que la reprise des négociations est prévue pour le 7 janvier à Nairobi, sur le terrain, la situation est toujours bloquée.
En effet, à l’issue de négociations qui s’étaient tenues sous l’égide de l’ONU et de l’Union africaine, la délégation gouvernementale a signé un accord censé promouvoir le dialogue et créer un climat de confiance, mais les représentants de la rébellion ont refusé de signer ce texte, avançant que l’armée aurait repris le contrôle des positions dont les rebelles s’étaient retirés. Une accusation démentie par Kinshasa et que des observateurs indépendants n’ont pas corroboré sur le terrain.
Suivant un expert occidental présent à Nairobi, «Nkunda serait en pilotage automatique] et d’après un autre observateur «soit il chercherait à gagner du temps, soit il préparerait de nouvelles opérations militaires.
En réalité, même si le dernier rapport de l’ONU a démontré à quel point Nkunda était soutenu par les hommes d’affaires de Goma enrichis par la commercialisation des ressources minières, les clés du conflit ne se trouvent pas uniquement en territoire congolais: le Rwanda, dont les liens avec la rébellion sont dorénavant démontrés, est désormais soumis à une forte pression internationale et deux pays amis, les Pays Bas et la Suède, ont suspendu leur coopération avec Kigali en guise de rétorsion.
De plus, les relations directes s’améliorent entre le Rwanda et le Congo et les deux pays ont adopté le 5 décembre un plan militaire prévoyant une lutte conjointe contre les miliciens hutus des FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda). Si ce plan était effectivement appliqué, il priverait Nkunda de son alibi majeur, la défense des Tutsis congolais et la lutte contre les Interahamwe. Cette dynamique risque aussi d’isoler Nkunda sur le plan régional, d’autant plus que les chefs d’Etat africains représentés à Nairobi ont exprimé leur opposition à la balkanisation du Congo.

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