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Publié par JMV Ndagijimana

NOUVELOBS.COM | 20.11.2008

La responsable du protocole du président rwandais est mise en examen pour "complicité d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste" pour son rôle présumé dans l'attentat contre le président rwandais Juvénal Habyarimana en 1994. Elle a été laissée en liberté sous contrôle judiciaire.

La responsable du protocole du président rwandais, Rose Kabuye, mise en examen mercredi 19 novembre soir pour "complicité d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste" pour son rôle présumé dans l'attentat contre le président rwandais Juvénal Habyarimana en avril 1994, a été laissé en liberté sous contrôle judiciaire, ont indiqué ses avocats.
Le juge d'instruction, qui souhaitait l'incarcération provisoire de Rose Kabuye, avait saisi le juge des libertés et de la détention (JLD) alors que le parquet souhaitait que Rose Kabuye soit laissée en liberté sous contrôle judiciaire.
Le contrôle judiciaire de Rose Kabuye lui interdit de quitter le territoire français et doit répondre aux convocations des juges d'instruction. "C'est une décision tout à fait raisonnable qui permettra à l'enquête de prospérer utilement normalement et à la défense de formuler des demandes pour que la vérité apparaisse", a déclaré à la presse Me Lef Forster, accompagné par son confrère belge, Bernard Maingain, à l'issue du débat devant le JLD. Cette décision a été accueillie par des cris de joie d'une dizaine de Rwandais qui ont patienté jusqu'à une heure de matin.

Mandat d'arrêt européen

Rose Kabuye, âgée de 47 ans, major dans l'armée patriotique rwandaise, est soupçonnée d'avoir hébergé le commando avant l'attentat du 6 avril, "elle a contesté les faits qui lui sont reprochés", a précisé Me Forster.
Rose Kabuye, interpellée le 9 novembre à Francfort (Allemagne) en vertu d'un mandat d'arrêt européen émis par la France, a été transférée ce mercredi en France où elle a été présentée en fin de journée au juge d'instruction. Son arrestation en Allemagne, où elle était venue préparer une visite privée du président rwandais Paul Kagame, a mis à mal les relations diplomatiques entre les deux pays qui ont rappelé leurs ambassadeurs respectifs.
Elle a accentué la mésentente existante entre la France et le Rwanda depuis le lancement des mandats d'arrêts internationaux contre neuf proches du président Kagame par le juge d'instruction antiterroriste Jean-Louis Bruguière dans l'enquête sur l'attentat contre l'avion de Juvénal Habyarimana en avril 1994, considéré comme l'élément déclencheur du génocide au Rwanda.

"on peut arriver à la paix"

"Par la recherche de la vérité, on peut arriver à la paix. C'est l'ensemble du Rwanda dans sa reconstruction qui est concerné" (NDLR: par cette remise en liberté), a souligné Me Forster. Cette mise en examen intervient à un moment où l'un des témoins à charge de cette enquête, Josué Ruzibiza, a déclaré dans plusieurs médias français qu'il revenait sur ses déclarations et disculpant Rose Kabuye.
Josué Ruzibiza, ancien militaire du Front patriotique rwandais (FPR), avait donné des détails sur le commando qui aurait abattu l'avion présidentiel. Il s'est dit victime de manipulations politiques.
L'avocat d'Agathe Habyarimana, la veuve du président rwandais, s'est étonné de la position "assez incompréhensible voire même totalement incompréhensible" du parquet de Paris sur sa demande de remise en liberté de Rose Kabuye, rappelant qu'il avait, en novembre 2006, prononcé en faveur des mandats d'arrêts. Et l'avocat de se demander si ces réquisitions n'ont pas été prises "en haut lieu dans un souci de ménager les relations entre la France et le Rwanda".

Attentat mortel

Me Laurent Curt, l'avocat de la famille d'un des pilotes estime que Kigali a délibérément "sacrifié" le pion Kabuye pour prendre connaissance, à l'issue de sa mise en examen, du dossier auquel il "n'avait pas officiellement accès".
Outre Juvenal Habyarimana, onze personnes sont mortes dans cet attentat, dont le président burundais Cyprien Ntaryamira. La justice française a ouvert une enquête en 1998 à la suite de la plainte des familles françaises des trois membres de l'équipage de l'avion présidentiel. (AP)

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