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Publié par JMV Ndagijimana

Kinshasa, 10/10/2008 /

« Par de-là tout clivage politique, mobilisons-nous comme un seul homme derrière nos Forces armées et les élus de la Nation pour préserver la paix chèrement acquise, sauvegarder l’unité difficilement établie de notre pays, décourager toute velléité d’atteinte à l’intégrité du territoire national », dixit Joseph Kabila Le président de la République a adressé jeudi soir un message à la Nation dans lequel le Chef de l’Etat appelle tous les Congolais à demeurer vigilants face au danger à nouveau brandi par l’ennemi de la Nation, tout en se mobilisant derrière les forces de défense du pays et les institutions qui garantissent la bonne marche des affaires publiques. Voici, in extenso le texte de cette adresse du premier des Congolais.

Mes chers compatriotes,

Une fois encore, notre pays se trouve à un tournant de son histoire, à un de ces moments où se testent la solidité d’une Nation, la détermination d’un peuple à forger son destin et le patriotisme des citoyens. En effet, alors que nous croyions à jamais tourner la page des guerres de rebellions, les bruits de bottes et de canon ont repris dans la province du Nord-Kivu depuis le 28 août dernier, faisant même récemment des émules en Ituri pourtant hier totalement pacifié.

Des fils du pays au service des forces étrangères, aussi invisibles qu’obscures ont, à nouveau, choisi de faire couler le sang de leurs frères et sœurs, reniant leurs paroles. Ils ont violé les actes d’engagements de Goma ainsi que tous les autres engagements librement souscrits par eux de ne plus jamais recourir aux armes comme mode de règlement des conflits. A l’origine cachées, les véritables intentions des ennemis de la paix et de leurs commanditaires viennent d’être explicitées.

Il ne s’agit ni plus ni moins que de nous installer, à nouveau, dans l’incertitude du lendemain, de remettre en cause la volonté du Souverain primaire telle qu’exprimée dans la Constitution du 26 février 2006 et lors des dernières élections présidentielle, législatives et provinciales. C’est donc un défi à l’ensemble du peuple congolais et à ses institutions légitimes, et cela est inadmissible. Et nous avons le devoir patriotique de nous y opposer de toutes nos forces.

A ce sujet, je voudrais en votre nom à tous, féliciter les Forces armées de la République démocratique du Congo, en dépit de leur jeunesse et des impondérables d’une guerre non conventionnelle, elles ont globalement résisté aux attaques de l’ennemi avec bravoure. Elles ont mérité de la nation que ce n’est pas par faiblesse mais plutôt par sagesse que le gouvernement de la République privilégie le dialogue et la conciliation dans la recherche d’une solution à la crise dans la partie orientale du pays. Je voudrais aussi les encourager à continuer à résister avec héroïsme et à les rassurer quant au soutien sans faille de 60 millions de congolaises et congolais. Ils sont et seront toujours pour elles une arrière-garde sûre, fidèle et irréductible.

Mes chers compatriotes

L’heure est grave. Chacune et chacun de nous est en conséquence interpellé. Hier, par votre patriotisme, vous avez fait échec au plan de ceux qui ne rêvent que de la balkanisation et de la soumission de notre pays. Je vous exhorte cependant à demeurer d’une vigilance sans faille. Car, la renaissance de la République démocratique du Congo contrarie beaucoup d’intérêts, attise des convoitises et suscite conspiration et agression. Par de-là tout clivage politique, mobilisons-nous comme un seul homme derrière nos Forces armées et les élus de la Nation pour préserver la paix chèrement acquise, sauvegarder l’unité difficilement établie de notre pays, décourager toute velléité d’atteinte à l’intégrité du territoire national et garantir la stabilité des institutions nouvellement mises en place.

Dans cette optique, j’en appelle à la responsabilité de l’Assemblée Nationale et du Sénat ainsi que des exécutifs et des organes délibérant provinciaux. La cause du Congo ne peut faire l’objet de marchandage, sa défense ne peut s’accommoder de rouages ou d’ambiguïte. C’est en présentant un front uni que nous la ferons triompher. A toutes les brebis égarées, je lance ainsi un nouvel appel pour revenir à la raison. Le programme Amani, fruit du consensus dégagé à la Conférence de Goma est et demeure l’unique cadre pour le règlement de toutes les revendications. C’est alors, dans la mise en application de la mise en oeuvre de ce programme que la Nation les jugera.

A la Communauté internationale, je dis, une fois encore, notre gratitude pour son assistance multiforme. Je lui rappelle que sa crédibilité en matière de maintien de la paix et de la stabilité internationale est menacée par la persistance des conflits qui prévaut à l’Est de notre pays. Je l’invite à veiller au strict respect par tous des principes qui fondent la cohabitation pacifique entre les peuples et à opérer au niveau de ces mécanismes d’intervention sur le terrain, les ajustements que nous posent les exigences de justice et d’efficacité.

Quant à la République démocratique du Congo, je réaffirme qu’en tant que membre responsable de cette communauté, elle est déterminée à coopérer avec tous les pays du monde, singulièrement ceux qui l’entourent dans le respect des principes du ban voisinage et sans chantage. Entre Etats, le respect mutuel est de règle internationale. L’intangibilité de la dignité de chacun et la prise en compte des droits et intérêts vitaux des parties sont, en effet, des conditions indispensables de paix et de stabilité qui déterminent la qualité des relations et en prendre conscience est le début de la solution au déficit de confiance et aux conflits récurrents dans notre sous-région.

Mes chers compatriotes

Je ne puis terminer cette adresse sans évoquer la démission récente du Premier ministre et rendre un hommage mérité à ce monument de notre histoire. Cinquante années durant, il a fait preuve d’une constance remarquable et livré le bon combat, celui de l’indépendance de notre pays et de la souveraineté de notre peuple.

Dans les heures qui viennent, je vais designer un nouveau Premier ministre et le charger de former un Gouvernement des missions. Face aux défis de l’heure, j’attends de ce Gouvernement qu’en priorité, il mette fin aux poches résiduelles d’insécurité à l’Est du pays et rétablisse l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national.

A cette fin, seront mobilisées toutes les ressources de la République aux plans politique, diplomatique et militaire. J’attends aussi que le nouveau Gouvernement oeuvre sans relâche à l’accélération de grands travaux de cinq chantiers de la République, mettant à profit les ressources financières et les équipements déjà mobilisés. Il devra donc rapidement apporter des réponses appropriées aux attentes de la population en termes d’amélioration des conditions salariales et de vie et produire sur le terrain les résultats concrets, mesurables en nombre de bornes fontaines de micro-centrales électriques, de nouvelles écoles, d’hôpitaux et de kilomètres de routes construites et mises en service. Il devra, en outre, poursuivre et faire aboutir es réformes engagées dans plusieurs domaines vitaux et exécuter avec succès les programmes économiques convenus avec les partenaires au développement de notre pays.

Réaliser cet objectif est nécessaire pour nous permettre d’obtenir à terme un allègement substantiel de notre dette extérieure, libérant ainsi des ressources financières importantes au profit du valet social de l’action gouvernementale. Dans cette optique, les réformes les plus urgentes concernent le système de sécurité, la justice, le portefeuille de l’Etat, le secteur des mines et les hydrocarbures. Il concerne aussi au double point le secteur prive à la faveur des conclusions du dernier forum économique et celui du secteur agricole pour se prémunir contre la crise alimentaire. Elle concerne tout autant le grand chantier de la décentralisation, pierre angulaire de gouvernance de proximité, synonyme d’efficacité. Pour être un succès, la mise en oeuvre de cette décentralisation exige beaucoup de sagesse et un sens élevé des enjeux.

Le nouveau gouvernement est donc tenu d’agir en profondeur et dans l’urgence. Le temps lui est compté, il n’a pas non, plus droit à l’erreur. Il a besoin pour réussir du concours de toutes les institutions de la République et par-delà tout, le concours de tout le peuple congolais. C’est en effet à celui-ci qu’il revient en dernier ressort de défendre et de reconstruire notre pays. Je ne doute pas que notre cause étant juste, avec notre peuple totalement mobilisé, nous gagnerons les deux batailles. Que vive la République démocratique du Congo ! ”

(DN/Yes)

MMC

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