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Publié par JMV Ndagijimana

Lu sur http://editions-fayard.typepad.com/blog_des_editions_fayard

Arthème était présent dans la salle de la XVIIe Chambre du tribunal de grande instance de Paris pour assister à l'ouverture, hier, mardi 23 septembre, à 14 heures, au procès intenté par SOS Racisme représenté par son président, Dominique Sopo, à Pierre Péan et à la Librairie Arthème Fayard, représentée par Claude Durand. Il est reproché aux deux prévenus plusieurs passages des pages 41 à 44 de l'ouvrage Noires fureurs, blancs menteurs. Rwanda 1990-1994, publié en novembre 2005 par les éditions Mille et une nuits (département de Fayard).


Compte-rendu de la première audience 
Après l'introduction générale du président de la cour, resituant les passages incriminés dans l'ouvrage, la parole a été donnée à Claude Durand. Celui-ci a exprimé les sentiments qu'il a éprouvés au reçu de la plainte de SOS, " sentiments mêlés d'indignation et de consternation ", pour ce qu'il a mené " un demi-siècle de combats et de publications contre les ségrégations et pour les droits de l'homme ". Consternation, car la plainte émane d'un " mouvement dont [il] partage les idéaux qui ont prévalu lors de sa création ". Claude Durand a d'ailleurs rappelé qu'il était en compagnie de Simone Signoret, dans son appartement à deux pas du palais de justice, lorsque des jeunes gens, les fondateurs de SOS, ont sonné à sa porte pour lui demander d'être la marraine du mouvement et pour lui présenter la petite main jaune " Touche pas à mon pote ". Il tient donc la plainte de SOS pour " une balle tirée dans le dos depuis son propre camp ". Il a dit sa " solidarité humaine, personnelle et professionnelle " avec Pierre Péan. A ses yeux, Pierre Péan est, depuis près de 25 ans, un auteur " probe et courageux ". Probité et courage, car celui-ci " a choisi de travailler seul ", sans appui, sans rédaction en chef, pour son propre compte, avec la liberté de choisir ses sujets, malgré les risques, encourus notamment par les siens ; probité et courage, car il travaille sur le terrain. Et de rappeler les nombreuses enquêtes difficiles qu'il a menées à bien, publiées par ses soins, depuis Affaires africaines, en 1982 (d'autres, bien longtemps après lui, ont dénoncé la Françafrique quand il a été l'un des premiers à exposer les " relations complexes et répréhensibles entre de grandes compagnies françaises, des Etats africains et la République gaulliste ". " Qui, le premier, a abordé ces sujets ? "), jusqu'à TF1 et La Face cachée du Monde, en passant par L'Argent noir et Une jeunesse française.
Me Forster a contesté que, dans le dossier rwandais, Pierre Péan ait mené une " enquête de terrain " puisqu'il n'est pas allé au Rwanda. Claude Durand, l'éditeur de Sakharov et Soljénitsyne, lui a répondu qu'il était inutile de se rendre en Union soviétique pour connaître la réalité du régime tout comme il était inutile de se rendre à Cuba pour enquêter sur les prisonniers politiques ou la répression des homosexuels. Il était bien plus utile de voir la dissidence.

Après la déclaration de Claude Durand, Pierre Péan a fait la déclaration suivante :

Monsieur le Président,

Je vis ma mise en examen pour incitation à la haine raciale et diffamation raciale comme une flétrissure. Une flétrissure plus grave que la marque au fer rouge de mon ancêtre condamné pour faux-saunage et mort deux ans plus tard au bagne de Brest. Lui n'avait fait que vendre en Mayenne du sel acheté en Bretagne aux seules fins de nourrir sa famille... Ce qui m'est imputé est bien plus grave que d'avoir tenté d'éviter les gabelous pour ne pas payer une taxe inique. Si le droit pénal qualifie l'incitation à la haine raciale de délit, je la considère, quant à moi, comme un crime. Elle aboutit en effet toujours à l'effusion de sang...

Depuis presque trois ans, je suis traîné dans la boue par de nombreux médias -je pense notamment à Charlie-Hebdo qui cisèle les contours d'une liberté d'expression à sa main ; dans le meilleur des cas, j'y suis présenté comme un raciste, mais aussi comme un antisémite, un révisionniste, voire un négationniste, comme ce fut aussi le cas dans Le Point sous la plume de M. Bernard-Henri Lévy.

C'est tout simplement insupportable. D'ailleurs, mon cœur n'a pas supporté ces attaques monstrueuses et injustes. Si vous deviez suivre l'accusation de SOS Racisme, relayant l'association Ibuka, elle-même courroie de transmission du gouvernement de Kigali, c'est toute ma vie, tous mes combats, tous mes engagements que vous rayeriez d'un trait.

Cette affaire m'a amené à regarder en arrière et à me poser beaucoup de questions. Je ne vais pas imposer au Tribunal la relation détaillée d'un demi-siècle d'une vie bien remplie, mais je crois indispensable qu'il sache le rôle important qu'ont joué dans mon parcours mes engagements contre le colonialisme, contre le racisme et pour le développement de ce qu'on appelait alors le tiers-monde. Après avoir milité contre l'Algérie française, participé aux grandes manifestations parisiennes, notamment, celle de Charonne en 1962, je suis parti en Afrique, à la fin de l'année 1962, avec un contrat gabonais - et non français - comme attaché de cabinet du ministre des Finances du Gabon. J'étais et je suis resté longtemps ce qu'on appelait un tiers-mondiste. J'ai vécu au Gabon jusqu'à la fin de l'année 1964, où j'ai milité contre le néo-colonialisme français. Tellement milité que j'ai été contraint de quitter le Gabon plus vite que prévu...

Depuis cette époque, j'ai maintenu des liens constants avec l'Afrique et les Africains. J'ai dû aller pas loin d'une centaine de fois sur le continent ; j'ai écrit plusieurs livres sur les relations entre la France et l'Afrique, dont celui qui m'a révélé au grand public, Affaires africaines, en 1983, mais aussi L'Argent noir, L'Homme de l'ombre, Manipulations africaines, Main basse sur Alger...

J'ai noué et gardé des relations étroites avec de nombreux Africains. J'ai été parrain de SOS Racisme, ai participé avec Christophe Nick à la création de Stop La Violence... L'Afrique était tellement présente à la maison que, dès qu'elle a fini ses études, ma fille s'est installée en Afrique. Elle y vit toujours avec ses trois enfants. Ma femme, que j'ai connue en Afrique, a une filleule congolaise. Ma sœur a épousé un Camerounais, est marraine d'une petite Congolaise, et, dans la communauté africaine de Sablé, elle est affectueusement surnommée " la maman des blacks "...

Malgré ce contexte, j'aurais donc, en 2005, à 67 ans, subitement et brutalement envoyé toutes mes convictions par-dessus bord, et été saisi d'une haine irraisonnée contre les Tutsis, j'aurais soudain mis toute mon énergie à leur faire du mal... Cela n'a évidemment pas de sens. Je respecte les Tutsis comme je respecte tous les citoyens du monde, quelle que soit leur origine, leur couleur ou leur religion, et j'éprouve même à leur égard une très grande compassion, en ayant toujours en tête le génocide qui les a visés en 1994.

Au début de ce procès, et pour apprécier les phrases qui me sont reprochées dans les pages 41 à 44 de mon livre Noires fureurs, blancs menteurs, il est important que le Tribunal comprenne la démarche qui m'a conduit à écrire ce livre.


Comme tout le monde, j'avais été très choqué par les images des massacres à la machette diffusées par toutes les chaînes en avril-mai 1994, massacres qualifiés quelques semaines plus tard de " génocide des Tutsis et des Hutus modérés ". J'ai d'ailleurs été confronté personnellement aux conséquences d'un des premiers meurtres qui ont suivi l'attentat contre l'avion qui transportait les deux présidents rwandais et burundais, dans lequel a péri, le 6 avril 1994, le président Habyarimana : l'assassinat d'Agathe Uwilingiyimana, la Première ministre hutue en exercice. J'ai en effet participé au sauvetage de ses cinq enfants... J'ai suivi avec étonnement les attaques violentes contre la France quand a été décidée l'opération Turquoise ; alors que je terminais mon livre Une jeunesse française, j'ai eu le privilège de recevoir les confidences de François Mitterrand sur le drame rwandais, le 1er juillet 1994, juste avant qu'il ne reçoive Yoweri Museveni, le président de l'Ouganda ; j'ai vu pleurer dans les couloirs de l'Élysée des responsables français de la politique africaine qui ne comprenaient pas pourquoi la France était si violemment attaquée... Mais j'ai surtout, en 1996, reçu les confidences d'un ancien militant panafricain proche d'un des membres FPR du Network Commando qui a monté l'attentat du 6 avril 1994 contre l'avion présidentiel. Attentat qui avait pour objectif la prise de pouvoir par les rebelles du FPR, tutsis dans leur très grande majorité. Attentat dont tout le monde s'accorde à dire qu'il a été le facteur déclenchant du génocide des Tutsis et des Hutus modérés.


À partir de là, j'ai évidemment porté une attention plus grande à tout ce qui se disait et s'écrivait sur le drame rwandais. J'ai écrit avec Jean-François Bizot mon premier article sur ce sujet dans L'Almanach d'Actuel de 1997. Article dans lequel était déjà dit l'essentiel, à savoir que Paul Kagame, patron du renseignement militaire d'Ouganda, était parti d'Ouganda à la tête d'exilés tutsis armés par ce pays pour prendre le pouvoir à Kigali par la force, en 1994. Nous disions aussi que Paul Kagame avait terminé sa conquête en abattant l'avion dans lequel se trouvait le président du Rwanda, et qu'il savait pertinemment qu'en agissant ainsi il déchaînerait la colère des Hutus contre les Tutsis du Rwanda, considérés par eux comme des partisans des rebelles du FPR. Ce n'est pas très élégant de se citer, mais, en la circonstance, je crois que c'est important. Dans Actuel, nous avions notamment écrit ces quelques phrases : " Mettez-vous dans la tête de Kagame au moment où il décide de "dessouder" les deux présidents hutus du Rwanda et du Burundi. Il sait qu'il va précipiter le chaos, enclencher le génocide de son propre peuple, les Tutsis. À deux ans, il a dû fuir le premier génocide [allusion aux exactions de 1959, à l'heure de l'indépendance, qui vit des milliers de Tutsis s'exiler]. Il ne voit pas d'autre solution pour contraindre les Tutsis à l'insurrection. En bon révolutionnaire, il se dit que la fin justifie les moyens. On n'écrit pas l'histoire avec un poignard en caoutchouc. " Je dois dire que ce très long article resta à l'époque sans échos... Personne ne le reprit, pas même pour le contester, ni alors, ni ultérieurement.


L'année d'après, en 1998, à la suite des attaques médiatiques lancées contre la France, relayées par quelques associations - Survie en tête - et par des supporters acharnés du nouveau pouvoir de Kigali, une mission parlementaire d'information a cherché à savoir si politiques et militaires français s'étaient mal comportés au Rwanda. Le rapport Quilès, qui concluait que la France avait peut-être commis des erreurs au Rwanda, mais qu'en aucun cas elle n'avait été complice du génocide, ne calma ni Kigali, ni ses supporters français qui, au contraire, ne cessèrent, après coup, d'élever le niveau de leurs attaques. En omettant bien entendu d'évoquer la responsabilité du Network Commando dans l'attentat du 6 avril 1994..


Dès cette époque, la version de Kigali s'était pratiquement imposée comme la version officielle du drame rwandais. Version qui présente l'avantage d'être simple, je dirai même simpliste. Elle réduit en effet le drame rwandais à une confrontation entre le Mal et le Bien, les Méchants et les Bons, les méchants Hutus et les bons Tutsis... À en croire la vulgate médiatique, et pour faire bonne mesure, les Hutus auraient été dirigés par un " nazi tropical ", aidé par Mitterrand-Hitler et ses Waffen-SS...


En 2000, de plus en plus exaspéré par la propagation de ces contre-vérités manifestes, je tentai de les démasquer en initiant une nouvelle enquête sur les commanditaires de l'attentat du 6 avril, convaincu que la révélation de l'implication de Paul Kagame lui-même dans cet attentat, et donc de sa responsabilité personnelle dans le génocide, pouvait au moins faire réfléchir les gens de bonne foi... Je publiai le résultat de cette enquête dans Le Nouveau Papier journal. L'essentiel des conclusions du juge Bruguière, qui devaient fonder ses mandats d'arrêt internationaux lancés en décembre 2006, s'y trouvait... Mais ce fut un nouveau coup d'épée dans l'eau.

Personne n'osa se faire l'écho des résultats de mon enquête. Les télévisions, comme les principaux médias, continuaient d'avaliser les mensonges du chef d'État rwandais que d'aucuns, comme le professeur belge Reyntjens, qui témoignera devant vous, considèrent comme le " plus grand criminel de guerre vivant ". Comme on le vit faire jadis en Union soviétique, les médias continuèrent à donner la parole exclusivement à des " idiots utiles ", comme on les appelait du temps des " compagnons de route ", et à des militants déguisés en témoins.

Je ne parle pas ici des récits sincères de survivants qui perdirent toute leur famille dans les massacres, je respecte leur souffrance et leur désir de témoigner ; comme tous les témoins, ils détiennent, eux, un fragment de l'histoire. Mais l'histoire, si elle les englobe, les dépasse grandement, surtout quand elle est encore en train de se faire et que certains instrumentalisent leur souffrance.

Devant ce spectacle, mon irritation a progressivement laissé place à de la colère : car l'installation par la force de Paul Kagame à Kigali n'a pas étanché sa soif de pouvoir. Il a poursuivi la guerre au-delà des frontières du Rwanda, débordant largement (et c'est peu dire) sur l'est de la République démocratique du Congo... Les soldats du FPR, aidés des Ougandais et protégés par les forces spéciales américaines, sous prétexte de traquer les génocidaires vont tuer des centaines de milliers de Rwandais et de Congolais ; ils déstabilisent le Zaïre, allant finalement jusqu'à Kinshasa pour placer Laurent-Désiré Kabila, leur marionnette, au pouvoir en 1997. Les crimes de masse rwandais ont été accompagnés d'un pillage massif de richesses. L'année suivante, sous prétexte que leur marionnette n'exécute pas leurs décisions au doigt et à l'œil, les soldats du FPR rééditent leurs exploits militaires dans l'ex-Zaïre. Parce que Paul Kagame a réussi à s'imposer comme le représentant des victimes du génocide rwandais, la Communauté internationale ne réagit pas aux crimes de masse, qualifiés de crime de génocide par un juge espagnol, commis par son ordre et sous sa responsabilité.

Le cœur de l'Afrique saigne depuis maintenant 18 années ! J'ai, dans un premier temps, tenté de convaincre des hommes politiques et des journalistes de réagir, d'examiner la situation globale, de dénoncer les mensonges de Paul Kagame..

La publication par Le Monde, en mars 2004, d'une partie de l'enquête du juge Bruguière a paradoxalement insufflé à Kigali et à ses thuriféraires un nouvel élan de combativité pour propager leur version mensongère de l'histoire du drame rwandais, pour accuser et insulter la France, ses personnels politiques et militaires...

Je décidai donc de me battre à nouveau contre cette désinformation. Et la seule arme que je connaisse, c'est l'enquête. Une enquête approfondie, rapportée dans un livre de 544 pages, qui permette de faire un bout de chemin vers la vérité. Enquête qui visait à exposer comment la réécriture de l'histoire s'était faite, dédouanant de ses responsabilités Paul Kagame dans l'attentat du 6 avril 1994. Car le facteur déclenchant du génocide, je le répète, a bel et bien été cet attentat, et ce point de vue est désormais partagé par de nombreux autres connaisseurs de ce dossier.

Je mène des enquêtes depuis bientôt 40 ans et me suis spécialisé dans les enquêtes sensibles depuis une trentaine d'années. Pour approcher le drame rwandais, j'ai utilisé les mêmes méthodes que d'habitude, interrogeant beaucoup de monde, mais privilégiant au maximum les sources écrites. Toutefois, j'ai décidé de ne pas me rendre au Rwanda, car j'estimais qu'interroger des témoins sous une dictature sanguinaire qui laisse croupir des dizaines de milliers de gens en prison, qui a installé partout des tribunaux populaires, et élimine qui bon lui semble, n'avait aucun sens.

La qualification de " dictature sanguinaire " ne relève pas ici d'une provocation : ce diagnostic a été porté par de nombreux observateurs et ONG, mais aussi et surtout par la justice espagnole, agissant à la suite d'une plainte du Forum international pour la vérité et la justice en Afrique des Grands Lacs présidé par Juan Carrero, pour l'assassinat de neuf Espagnols au Rwanda et en RDC (deux missionnaires, quatre frères maristes et trois membres de Médecins du Monde Espagne).

Je crois en effet qu'il est important pour la clarté des débats qui vont suivre d'avoir constamment à l'esprit la nature du régime dirigé par Paul Kagame. Et je me limiterai pour l'instant à vous lire le début de l'ordonnance espagnole qui a abouti en février dernier au lancement de 40 mandats d'arrêt contre l'appareil politico-militaire du pouvoir en place à Kigali :

"À ce jour se détachent des indices rationnels et fondés selon lesquels, à partir du mois d'octobre 1990, un groupe politico-militaire fortement armé et organisé a déclenché une série d'actions à caractère criminel sur le territoire rwandais à partir de l'Ouganda.

"Au cours des quatre premières années, on a assisté à différentes actions organisées et systématiques dont le but était l'élimination de la population civile, tant par l'ouverture d'hostilités belliqueuses contre l'armée rwandaise que par la perpétration d'actes terroristes d'amplitude et d'intensité diverses, exécutés sur le territoire rwandais, principalement dans les zones septentrionale et centrale, toute cette action étant déployée sous un commandement stable et structuré, sur les plans tant stratégique qu'organisationnel.

"Une fois le pouvoir arraché par la violence, [ce groupe] a instauré avec les mêmes méthodes un régime de terreur et une structure criminelle parallèle à l'état de droit, ayant pour fin planifiée et préméditée la séquestration, le viol de femmes et de fillettes, la perpétration d'actes terroristes (parfois conduits dans le but de simuler qu'ils avaient été commis par leurs ennemis), l'incarcération de milliers de citoyens sans la moindre instruction judiciaire, l'assassinat sélectif de personnes, la destruction et l'élimination systématique des cadavres par leur entassement dans des fosses communes sans identification aucune, l'incinération massive des corps ou leur précipitation dans les lacs et rivières, ainsi que les attaques non sélectives contre la population civile sur la base d'une présélection ethnique, dans le but d'éliminer l'ethnie majoritaire, et incluant aussi la commission d'actes à caractère belliqueux tant au Rwanda que dans le pays voisin, le Zaïre (actuellement République Démocratique du Congo), y perpétrant des massacres indiscriminés et systématiques de la population réfugiée, ainsi que des actes de pillage sur grande échelle dans le but de pourvoir à l'autofinancement de ces activités criminelles en sus de l'enrichissement illicite des responsables. "

Le régime de Kigali a depuis longtemps compris l'importance de la "communication" pour sa survie et sait en tirer les ficelles. A-t-on naguère approché la réalité soviétique par des enquêtes menées en URSS, en interrogeant telles ou telles personnes au vu et au su des autorités ? Évidemment pas. Ce sont les défecteurs et les dissidents qui ont réussi à lever le voile sur la vraie nature du régime stalinien. Mais il existe suffisamment d'exilés chassés du Rwanda, y compris d'anciens proches de Kagame, pour contourner cette difficulté...

Après avoir approfondi ce que je savais déjà de l'attentat du 6 avril 1994, je me suis plongé dans une imposante masse de matériaux que j'ai pu réunir sur le drame rwandais : notamment le rapport Quilès, des documents de l'Élysée, la revue de presse et, plus surprenant, de très nombreux documents rédigés par des Hutus mais qui, depuis 1994, sont littéralement frappés d'interdit pour le simple motif qu'ils sont Hutus, donc supposés tous et comme génétiquement génocidaires.
Assez rapidement, j'ai éprouvé une bizarre sensation que je n'avais jamais ressentie dans mes enquêtes précédentes. Et Dieu sait que j'ai souvent approché des gens peu recommandables, pénétré dans des univers glauques, été à de multiples reprises confronté à la désinformation et aux mensonges... Là, j'ai été frappé par l'aspect systématique, je dirais presque industriel des trucages, des faux témoignages, qui servaient à créer de toutes pièces ce qui devait apparaître à presque tous comme des vérités. Frappé par les manipulations de l'histoire opérées par les vainqueurs et par le détournement de certains mots comme celui de " victimes ", qui ne peuvent être que tutsies. Même le TPIR ne me semblait pas au-dessus de tout soupçon, puisqu'il refusait de poursuivre les responsables des massacres commis par le FPR. Comme l'a écrit Montaigne, le mensonge n'a pas, comme la vérité, un seul visage. " Car nous prendrions pour certain l'opposé de ce que dirait le menteur. Mais le revers de la vérité a cent mille figures, et un champ indéfini ", écrit-il.

Mon livre se devait de scruter les mensonges rwandais et de démasquer les menteurs qui entendaient imposer au monde une version falsifiée de l'Histoire. Noires fureurs, blancs menteurs est d'abord un livre sur les mensonges du pouvoir en place à Kigali.

Comme je l'ai écrit à la page 44 de mon livre, " les militaires utilisent souvent des leurres - avions, tanks, camions en carton ou en bois - pour que l'ennemi croie à une attaque imminente, ou gaspille ses munitions sur de fausses cibles... Les rebelles tutsis ont fait beaucoup mieux. Ils ont réussi jusqu'à présent à falsifier complètement la réalité rwandaise en imputant à d'autres leurs propres crimes et actes de terrorisme, et en diabolisant leurs ennemis. " Enquêter sur le Rwanda relève du pari impossible, tant le mensonge et la dissimulation ont été élevés par les vainqueurs au rang des arts majeurs. (Cette phrase, qui figure dans la plainte de SOS Racisme, je l'assume comme toutes les autres.) Ce qu'on y voit n'a rien de commun avec la réalité, mais avec les faux-semblants créés par Paul Kagame et ses stratèges. Les masques sont partout. Kagame et ses collaborateurs tutsis ont jusqu'à présent réussi à ce que l'opinion publique internationale prenne des vessies pour des lanternes... "
Face à un tel constat, dressé au terme de plusieurs mois d'enquête, j'ai éprouvé le besoin d'aller au-delà de l'enchaînement des faits décrivant la guerre déclenchée en octobre 1990, date à laquelle les rebelles tutsis pénétrèrent au Rwanda. La sophistication de la guerre de désinformation menée par le FPR m'a obligé à tenter de mieux comprendre l'histoire et la culture du Rwanda. Au-delà de la lecture de quelques livres, j'ai ainsi rencontré Antoine Nyetera. Tutsi, descendant du roi Kigeri III, il a une excellente connaissance de l'histoire rwandaise et de ses principaux acteurs. Il est considéré comme un " observateur impartial des événements, mieux placé qu'aucun autre témoin pour clarifier certains problèmes qu'un expert étranger ne peut appréhender ", dis-je pour reprendre un document émanent du TPIR. Il a témoigné à plusieurs reprises devant de prestigieuses assemblées, notamment devant le Parlement européen. Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a fait appel à lui : il s'est rendu à Arusha en février, juillet 2002 et septembre 2006. Son témoignage était intitulé Le Mythe tutsi et son influence sur la culture du mensonge et de la violence au Rwanda.

Abordant ce chapitre, j'ai voulu replacer la désinformation, utilisée comme une arme de guerre par le FPR pour masquer sa stratégie de conquête militaire du pouvoir entre 1990 et 1994, dans la longue histoire rwandaise marquée par l'usage de ce que j'ai appelé le "mensonge", qui porte un nom spécifique en kinyarwanda : l'ubengwe.

Les passages qui me sont reprochés figurent dans un premier chapitre qui ne fait que poser des jalons, " rudiments d'histoire et de géographie ", ai-je écrit (pour bien préciser que je n'ai pas la prétention de faire œuvre d'historien, mais qu'il faut bien fournir au lecteur français de quoi se faire une idée de l'histoire du pays) ; il était aussi indispensable d'adjoindre une " brève " présentation des spécificités de la société rwandaise, notamment de cette " culture du mensonge " qui est une manière de civilité très particulière, qui n'a d'ailleurs rien d'extraordinaire et est connue de longue date. Je crois n'avoir pas procéder différemment des spécialistes du terrorisme proche- et moyen-oriental qui, avant d'exposer leurs analyses, évoquent la " takya " qui est pratiquée dans ces régions : un droit de mentir pour défendre ses convictions.

L'existence d'une " culture du mensonge " au Rwanda, qui choque tant le président de SOS Racisme, est une évidence non seulement pour Antoine Nyetera, mais pour tous les Rwandais, un fait culturel indéniable que plusieurs scientifiques se sont attachés à étudier. Il s'agit, je l'ai dit, de l'ubgenge ou ubwenge, puisque la langue rwandaise possède ce terme spécifique pour le nommer. En langue française, aucun mot ne saurait le restituer parfaitement : on peut le traduire approximativement par mensonge, ruse, dissimulation, réserve, etc. Des témoins vous parleront mieux que moi de l'ubwenge. Je me limiterai ici à citer le professeur Pierre Erny qui, dans une étude publiée dans le numéro 40 des Cahiers de sociologie économique et culturelle (INIST/CNRS), en 2003, intitulée Ubgenge : intelligence et ruse à la manière Rwanda et Rundi. Il écrit : " Dans une société où "la vérité n'est pas un élément dominant dans l'échelle des valeurs", où non seulement tout le monde est susceptible de dissimuler la vérité, mais où le "mensonge" est classé parmi les beaux-arts et les jeux de l'esprit parmi les plus excitants, personne n'est dupe, tout le monde sait à quoi s'en tenir, et comment adapter sa conduite. Autrement dit, seuls ceux du dehors se font avoir. "

Je ne dis rien d'autre. Mais, dans le cas du Rwanda, malheur à ceux qui contestent le moins du monde la version officielle. Il ne fait d'ailleurs pas bon, aujourd'hui, mettre en doute les versions officielles. Et comme il s'agit ici d'un génocide, voire d'un double génocide, on se complaît à ramener tous ces types de massacres à un seul, celui de la destruction des Juifs d'Europe pendant la Seconde Guerre mondiale. J'étais bien conscient de ce piège. J'ai écrit page 22 de mon livre : " Pour rendre leur thèse inexpugnable, les défenseurs inconditionnels de Kagame ont déployé un "plan com" redoutable : assimiler ceux qui contestaient leurs thèses aux révisionnistes qui nient la réalité des chambres à gaz ou le nombre des victimes de la Shoah. Pour disqualifier ceux qui doutent de la moralité de l'actuel Président rwandais, le président de Survie n'a pas hésité à parler de "négrophobie".

" Ainsi s'est peu à peu développé un redoutable usage rhétorique du vocabulaire et du corpus d'analyses engendrés par la Shoah. En somme, puisqu'il y a eu génocide au Rwanda, il y avait forcément des nazis, des tortionnaires... et, dans la foulée, un lot de révisionnistes. Quiconque émettait quelques doutes sur la vision "kagamiste" des événements s'exposait à être à son tour rangé dans le camp des néo-faurissoniens. "

C'est ce qui m'arrive, mais je dois dire que je ne suis pas seul dans ce cas ; y figurent aussi des gens éminemment respectables. Je pense notamment au journaliste Stephen Smith, qui témoignera jeudi devant vous, mais aussi au juge Bruguière qui, après avoir lancé ses mandats d'arrêt contre l'entourage de Paul Kagame, a été traité à Kigali de révisionniste, et même de négationniste ; mais aussi le juge espagnol Merelles qui, après avoir lancé 40 mandats d'arrêt contre les principaux collaborateurs de Kagame, essuie à son tour les mêmes accusations et calomnies. Les deux juges font d'ailleurs l'objet d'attaques en justice intentées par le pouvoir de Kigali...

Je me suis longtemps demandé pourquoi le président de SOS Racisme intervenait dans ce débat aux côtés de François-Xavier Ngarambe qui, en tant que président d'Ibuka, a été chargé, début 2006, par le pouvoir de Kigali, d'engager des poursuites judiciaires contre moi. Pourquoi, lors de la conférence de presse annonçant en octobre 2006 la plainte déposée contre moi et mon éditeur, il parla d'" escroquerie manifeste " à propos de mon livre et laissa l'avocat Bernard Maingain parler à mon propos de " retour à la fascination d'un certain pétainisme ".

Au printemps dernier, en lisant le livre intitulé Rwanda. Pour un dialogue des mémoires, publié en avril 2007 par les éditions Albin Michel et l'Union des Étudiants Juifs de France avec une préface de Bernard Kouchner, j'ai enfin compris. Dans cet ouvrage qui a été écrit par " des enfants de déportés juifs et des descendants d'esclaves noirs ", pour reprendre la formule de Bernard Kouchner, après un voyage d'une semaine au Rwanda, en février 2006, qui leur permit de rencontrer des rescapés du génocide, Dominique Sopo, en tant que " descendant d'esclave noir ", développe sa propre vision du drame rwandais. Sa contribution m'a permis de constater qu'il reprenait sans nuances la version officielle de la dictature en place à Kigali en l'intégrant à sa propre vision de l'histoire du monde, et qu'il n'hésite pas à son tour à assimiler le génocide des Tutsis et des Hutus modérés à la Shoah...

Pour Dominique Sopo, ce qui s'est passé au Rwanda n'est que le produit du racisme et du colonialisme occidentaux. Le génocide rwandais est, selon lui, le " dernier maillon d'une longue chaîne " (page 58) qu'il décrit comme prenant sa source dans la philosophie grecque, dans laquelle il voit les prémisses du racisme : " En identifiant le beau et le bien, n'incitait-elle pas à chercher les signes du mal dans l'aspect physique ? " (page 58) Ce qui n'empêche pas Sopo d'utiliser lui aussi les mêmes critères manichéens pour analyser le monde et l'histoire : d'un côté les bons, de l'autre les méchants. Souscrivant à cette dialectique primaire, il présente l'Afrique comme un paradis perdu depuis l'arrivée des Blancs... Le drame rwandais n'échappe pas, sous sa plume, à cette analyse rudimentaire.

Reprenant la thèse de l'école burundo-française animée par Jean-Pierre Chrétien, Dominique Sopo explique que c'est l'administration coloniale du Rwanda (allemande, puis belge, je me permets de le rappeler) qui transforma deux catégories sociales, les éleveurs et les paysans, en deux races distinctes, les Tutsis et les Hutus. Le président de SOS Racisme ajoute une touche personnelle à la diabolisation des Hutus en en parlant comme " d'une race par ailleurs colonisatrice " (page 61). (Comment Sopo peut-il parler de race alors que les Hutus n'étaient - selon lui - qu'une catégorie sociale avant l'arrivée des colons ? Ce gros mot lui aura probablement échappé !) Si les Hutus sont ce qu'ils sont, c'est-à-dire des génocidaires, c'est, selon le président de SOS Racisme, parce qu'ils ont intégrés " la vision coloniale de la société rwandaise " (page 62). Autrement dit, si les Hutus sont apparemment noirs, ils sont en réalité Blancs à l'intérieur, donc mauvais. Du texte de Dominique Sopo il ressort que les Tutsis, eux, n'ont pas intégré la " vision coloniale ", qu'ils ont perdu le pouvoir parce qu'ils avaient des " prétentions indépendantistes ", et qu'ils sont donc restés, eux, authentiquement noirs.

À partir de là, Dominique Sopo construit toute une histoire dans laquelle les Hutus sont décrits comme des nazis portant en eux l'idéologie génocidaire qui ne pouvait que déboucher sur le drame de 1994. Il fait du Manifeste des Bahutu, publié en 1957 par des intellectuels hutus qui réclamaient le partage des terres et la participation des Hutus à l'administration territoriale alors entre les mains des Tutsis, le Mein Kampf du Rwanda : " Ce manifeste, écrit Dominique Sopo, jetait les bases idéologiques à venir " (pages 62 et 63). Le président de SOS Racisme impute in fine la responsabilité historique du génocide rwandais aux Blancs pour avoir imprégné les Hutus de leur vision coloniale de la société rwandaise. Dans la même logique, il explique que les Tutsis " membres d'une catégorie sociale " et " résidents multiséculaires du Rwanda ", se trouvèrent " racialisés " par les colons, et par là " extériorisés ". Je le cite : " On finira d'ailleurs par les surnommer les "Juifs d'Afrique", ce qui, chacun en conviendra, n'était pas de très bon augure " (page 61).

Avant d'écrire une telle phrase, le militant antiraciste qu'il est aurait dû travailler un peu plus son dossier. Le travailler, en tout cas, au-delà de la semaine qu'il passa au Rwanda en février 2006, où il n'écouta que la version fabriquée par les Tutsis ultras, à la tête de la dictature installée à Kigali. Il aurait ainsi découvert que l'expression " Juifs d'Afrique " fut utilisée à dessein par les Tutsis eux-mêmes dans leur propagande. Ainsi, c'est le journal Impuruza1 qui en use pour la première fois en 1983 : " Une nation en exil, un peuple sans leadership, les "Juifs d'Afrique", une nation sans Etat, toutes ces expressions pourraient faire des titres merveilleux pour décrire la saga de notre peuple... " Plus prosaïquement, il aurait suffi à Dominique Sopo de rencontrer des Rwandais n'appartenant pas au FPR et ne résidant pas actuellement au Rwanda pour se rendre compte que sa vision du Rwanda est totalement idéologique, que si les Tutsis et les Hutus se sentent différents, leurs différences ne sont pas de nature économique, mais ethnique, parce que les premiers ont dominé les seconds jusqu'à la fin des années 1950 : c'est cette réalité que l'administration coloniale a jadis prise en compte et cristallisée. Des historiens du Rwanda et des Rwandais vous exposeront à ce propos une vision toute différente de celle de Sopo.

Dans son texte, et malgré une critique liminaire formelle de l'assimilation des Tutsis aux Juifs, Sopo revient constamment sur la similitude de destin des Juifs et des Tutsis, et par contrecoup des Hutus avec les nazis. Le président de SOS Racisme semble méconnaître que confondre la Shoah et le génocide des Tutsis est une aberration historique et, de surcroît, à certains égards, une insulte à la mémoire des victimes et au sort des rescapés de la Shoah ; elle confine même à l'antisémitisme : en 1933 comme en 1939, ce n'est assurément pas une bande de Juifs qui prit les armes pour agresser l'Allemagne à ses frontières. Qui oserait soutenir pareille imbécillité ? Or, ce sont bien des Tutsis ultras du FPR qui presqu'exclusivement prirent les armes contre le pouvoir dit " des Hutus ". Et ce sont ces mêmes Tutsis qui gagnèrent la guerre civile et prirent le pouvoir...

En quelques pages, Dominique Sopo résume parfaitement une version de l'histoire que je conteste radicalement dans mon livre. L'histoire qu'il rapporte est celle, officielle, fabriquée et diffusée par Kigali, et relayée par ceux que j'ai appelés les " blancs menteurs ".

Enfermé dogmatiquement dans sa théorisation personnelle du racisme, Dominique Sopo, fort peu avare de procès d'intention, fait de ceux - hommes politiques, militaires, intellectuels et journalistes français - qui ne pensent pas comme lui, et qui, comme moi, parle de " double génocide ", des " complices des génocides en cours et de ceux qui adviendront dans le futur " (page 71).

Le président de SOS Racisme a certes le droit de penser ce qu'il veut sur le drame rwandais, de penser selon une dialectique intégriste du Bien et du Mal comme ressort de l'Histoire, mais je lui conteste absolument celui de m'accuser de racisme sous prétexte que je ne pense pas comme lui.
Dans mon livre, je n'ai cherché qu'à tenter d'approcher la vérité.

Votre jugement répondra à la question posée par Hervé Deguine, de Reporters Sans Frontières, dans un article publié dans Médias : " Peut-on encore écrire librement sur le Rwanda ? "
J'ai confiance que la Justice de mon pays me lavera de la terrible accusation que SOS Racisme, hors de toute légitimité et de toute vérité, fait peser sur moi.

La première audience a vu témoigner en faveur de la défense M. Filip Reyntjens, professeur à l'université d'Anvers, spécialiste du Rwanda, expert au TPIR, et M. Christophe Nick, journaliste et producteur TV ; en faveur de la partie civile, M. Ngarambe, ancien président d'Ibuka Rwanda.

Sont appelés à témoigner, en faveur de la défense, lors de la deuxième audience, mercredi 24 septembre, à partir de 13h 30, MM. Bernard Debré, ancien ministre de la Coopération, auteur de deux livres sur le Rwanda ; Antoine Nyetera, ancien fonctionnaire rwandais, témoin des faits au TPIR ; le contre-amiral Marin Gillier, commandant la force maritime des fusiliers marins et commandos, commandant la Marine à Lorient ; Emmanuel Habyarimana, ex-ministre de la Défense de Paul Kagame ; le général Jean-Claude Lafourcade, ex-Commandant de Turquoise ; Jean-Marie Ndagijimana, ancien ministre des Affaires étrangères de Paul Kagame ; Joseph Ngarambe, expert auprès du TPIR (co-auteur avec Marcel Kabanda, Jean-François Dupaquier et Jean-Pierre Chrétien des Médias du génocide, éditions Karthala, 1995) ; Maître Jordi Palou, représentant légal du Forum international pour la vérité et la justice en Afrique des Grands Lacs, à l'origine de la plainte devant la justice espagnole pour le meurtre de neuf Espagnols ; le colonel Michel Robardey, ex-conseiller de la gendarmerie rwandaise, de 1990 à 1993 et Hubert Védrine, avocat, ancien secrétaire général de l'Elysée, ancien ministre des Affaires étrangères.

Sont appelés à témoigner, en faveur de la défense, lors de la troisième audience, jeudi 25 septembre, partir de 9h, MM. Hervé Deguine, collaborateur " Afrique " de Reporters Sans Frontières ; Joseph Matata, militant des droits de l'homme ; Charles Onana, éditeur et auteur de plusieurs livres sur le Rwanda ; Madeleine Raffin, retraitée, enseignante pendant 29 ans au Rwanda ; le colonel Luc Marchal, numéro 2 de la MINUAR, adjoint du général Romeo Dallaire ; Stephen Smith, journaliste, actuellement universitaire aux Etats-Unis.

1. Impuruza a été le premier journal de la diaspora rwandaise. Fondé par Alexandre Kamenyi aux Etats-Unis, le choix du titre indiquait bien l'esprit de reconquête par la force du pouvoir perdu. Impuruza désigne un tambour traditionnel utilisé avant la colonisation par les Tutsi pour les appeler à la guerre.

Source le blog d'Arthème.édition Fayard

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