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Publié par JMV Ndagijimana

Au cours de la deuxième journée du procès intenté par Sos-racisme à Pierre Péan, l'un des témoins de l'association a carrément comparé le journaliste à Hitler. Autant dire que le crédit de Sos-Racisme est entamé…

Qu'est-ce qui leur a pris ? Alors que les dirigeants de SOS-Racisme avaient jusqu'ici choisi de démontrer point par point pourquoi certains passages du livre de Pierre Péan «Noires fureurs, blancs menteurs » sont, à leur sens, susceptibles de favoriser la naissance d'un certain racisme, hier, à la barre, l'un de leurs témoins, Benjamin Abtan, ancien président de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), s'est lancé dans un discours délirant. Il n'a pas hésité à comparer le livre de Péan à… Mein Kampf d'Adolf Hitler. Rien que ça. Il a également affirmé (sans en apporter la moindre preuve) qu'il avait rendu visite à des « hutus génocideurs » au Rwanda, et que certains de ces criminels, retenus dans des camps, lui auraient affirmé que la lecture de l'ouvrage de Pierre Péan les incitait à vouloir « finir leur travail » - à savoir le massacre des Tutsis - dès leur sortie. Une influence considérable pour un livre qui ne s'est vendu au Rwanda qu'à quatre exemplaires ! « Oui, mais les journaux hutus en ont fait de longs compte-rendu », a vaillamment justifié Lev Forster, avocat de SOS Racisme. Ben voyons.

Un procès en sorcellerie


«Je ne comprend pas le procès en sorcellerie que l'on intente à Pierre Péan», s'est ému Bernard Debré, ancien ministre de la Coopération, qui témoignait en faveur de l'auteur. Et de s'interroger : « Existe-t-il une histoire officielle à laquelle un journaliste n'aurait pas le droit de déroger ? » Lui-même auteur de La véritable histoire des génocides rwandais, le député parisien a ensuite raconté à quel point l'opération Turquoise menée par la France au Rwanda en 1994 avait été dénigrée par les extrémistes hutus et tutsis, mécontents des pressions tricolores visant à obtenir un partage des responsabilité s politiques entre ces deux communautés. Une véritable campagne de désinformation dans laquelle certaines organisations humanitaires auraient été piégées. Une naïveté inexcusable ? « Pierre Péan a de son côté sans doute stigmatisé de façon simpliste la culture tutsie en faisant référence à une culture du mensonge, a concédé Hubert Védrine, Secrétaire général de l'Elysée de 1991 à 1995, lui aussi cité en défense par Me Dupeux, avocat de Péan. Mais la reprise de clichés d'une autre époque développés dans différents écrits ne justifie pas son assignation pour incitation à la discrimination raciale. » Faut-il mettre à la poubelle tout ce qui s'est écrit, avec plus ou moins d'inspiration, sur les peuples ? C'est finalement sur cette question que devra statuer, après un troisième jour d'audience, le président du tribunal Philippe Jean Drher. En attendant deux procès autrement plus décisifs. Celui qui se tiendra bientôt en Espagne à la demande de familles espagnoles et rwandaises, victimes d'atrocités. Celui que la France s'honorerait à organiser le plus rapidement possible pour rendre justice aux familles des trois pilotes militaires français qui ont péri le 6 avril 1994 aux côtés du président Juvénal Habyarimana.

 

Jeudi 25 Septembre 2008 - 11:51

Laurence Dequay

 

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