Vendredi 22 janvier 2010 5 22 /01 /Jan /2010 04:30

Par Gaspard Musabyimana
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Dans l’édition du 18/01/2010, le journal pro-FPR "The New Times" a diffusé des propos d’un groupe constitué du Ministre de l’intérieur et de la sécurité Musa Fazil Harelimana, du Sécrétaire Exécutif de la Commission de Lutte contre le génocide Jean de Dieu Mucyo, du Secrétaire Général du Parti Social Démocrate Dr Jean Damascène Ntawukuriryayo et du président du Parti Libéral Protais Mitali. Ils se sont donnés rendez-vous pour discréditer Victoire Ingabire, candidate aux élections présidentielles, en lui prêtant des propos qu’elle n’a pas tenus.

Le 16/01/2010, alors qu’elle venait d'effectuer une visite au mémorial de Gisozi dédié au génocide des Tutsi , Victoire Ingabire a rappelé qu’elle était profondément touchée et que pour une véritable réconciliation du peuple rwandais, les Hutu tués par centaines de milliers devraient eux aussi être reconnus. Ce discours lui a attiré des foudres des membres de l’équipe ci-haut cité. Mais ont-ils vraiment des leçons à donner à cette dame?

Jean de Dieu Mucyo est à la limite un criminel de guerre qui doit répondre de ses actes devant la justice tôt ou tard. Il a peur des changements incarnés par Victoire Ingabire et d’être ainsi un jour rattrapé par la justice. Dans son livre "Rwanda 1994. Les politiques de génocide à Butare", (Paris, Editions Karthala, 2005, pp.306-307), le professeur André Guichaoua le dépeint comme suit :

"Le 30 juin 1994, l’APR avait pris le contrôle de Shyanda et le 1er juillet, ses éléments avancés entraient dans la commune de Mbazi via Save. Personne ne les attendait si vite. A la hauteur du secteur Mwulire, cellule  Murambi, des soldats de l’APR se rendirent sur la colline de résidence de l’un d’eux à quelque 300 mètres de la route macadamisée et tombèrent entre 15 et 16 heures en pleine réception de mariage de la famille Mussa Kabwana (hutu, Butare, Mbazi). Ils ne supportèrent pas le spectacle des réjouissances et sans aucune sommation, abattirent plus d’une vingtaine de convives avant de regagner leur unité. A Mbazi, comme dans toute la préfecture, une autre période, marquée par une sévère répression et d’innombrables actes de vengeance, s’ouvrait. Le soldat originaire de cette colline s’appelait Jean de Dieu Mucyo (tutsi, FPR, Butare, Mbazi). [...] Ayant rejoint " les rangs du FPR au cours de la guerre, il subit une formation accélérée […] A partir de Gitarama, le soldat Mucyo, devenu sergent, conduisit ensuite de nombreuses enquêtes. Sans cadre hiérarchique formel, toujours en mouvement et sans cesse sollicité en tant que rescapé originaire de Butare, il disposa de larges marges de manœuvre pour mener des opérations de « maintien de l’ordre » dans le cadre de ses fonctions ou à titre personnel. Il fit rapidement l’objet d’accusations pour ses méthodes expéditives, et participa, selon plusieurs témoins, à des massacres collectifs de civils hutu organisés alors par l’actuel général Fred Ibingira, (commandant de la division centre Kigali-Gitarama). Pour mettre fin à ces accusations, il fut rapidement nommé au ministère de la justice comme chargé des enquêtes et instructeur à l’EGENA de Ruhengeri. En 2005, […], il occupait les fonctions de Procureur général de la République Rwandaise, poste auquel il accéda après avoir été Ministre de la Justice de Février 1999 à Septembre 2004". 

D’autres témoignages rendent Jean de Dieu Mucyo responsable de l’enlèvement suivi d’assassinat d’Élodie Nkundabagenzi, tutsi veuve de feu Bonaventure Nkundabagenzi, hutu, ancien directeur de la Banque commerciale du Rwanda à Butare.

S’agissant de Protais Mitali, il est tout sauf un démocrate. Il est normal qu’il s’attaque à quiconque veut s’avancer dans cette voie. Il était cadre politique de l’armée du FPR et le voilà à la tête du Parti Libéral. Ce parti a donc à sa tête un infiltré. Ainsi dans le Forum des partis politiques, le FPR n’a pas de la peine à y imposer ses vues car il y a des pions de taille.

C’est entre autres Mitali qui sortit son arme préférée et passe-partout d’"idéologie génocidaire" pour en faire un prétexte de suspendre le parti MDR (Mouvement Démocratique Républicain). Mitali fut Vice-Président de la Commission qui a produit un rapport concluant à la radiation de ce parti. Le MDR était un parti populaire et risquait de damer le pion au FPR lors des élections. Il fallait l’éloigner à tout prix.

Le Dr Jean Damascène Ntawukuriryayo, pharmacien de son état, est secrétaire général du Parti Social Démocrate. Or il faut se rappeler que ce parti a été le premier à déclarer qu’il allait soutenir le candidat Paul Kagame lors des élections présidentielles de 2003. Les cadres de ce parti en reçurent évidemment des dividendes après la "victoire".

Alors qu’il était ministre de la santé, le Dr Ntawukuriryayo initia un projet d'"eugénisme" soumis au Parlement en juillet 2009. Fort heureusement ce projet n'aboutit pas suite à la vigilance des ONG des Droits de l’homme dont Human Rights Watch qui avait rappelé au gouvernement rwandais que la stérilisation obligatoire va à l'encontre des objectifs d'amélioration de la santé reproductive qu’il s’était fixés et que les "dispositions dévalorisantes, coercitives ou qui refusent à l'être humain ses droits en matière de santé reproductive doivent être retirées de l'actuel projet de loi".

Le Dr Ntawukuriryayo est donc à la limite un adepte des théories du nazisme. Qu’il s’élève contre des visées démocratiques prônées par Victoire Ingabire, c’est normal pour une personne de cet acabit.

Le Ministre Musa Fazil Harelimana peine à se maintenir dans les faveurs du FPR car il ne cesse de lui rappeler qu’il est à la base des tueries des Tutsi de Nyamirambo en 1994.  Le journal Umuseso en a fait mention dans une de ses récentes éditions en posant la question de savoir pourquoi Paul Kagame s’entoure de "génocidaires" tel ce ministre ayant la sécurité dans ses attributions. Musa Fazil qui est dans une situation délicate, doit de ce fait multiplier des excès de zèle par des déclarations intempestives pour sauver son poste .

Les politiciens rwandais qui s’ingénient à vouloir barrer la route à Victoire Ingabire vers les élections présidentielles devraient d’abord balayer devant leurs propres portes.

Gaspard Musabyimana

Source


Par JMV Ndagijimana - Publié dans : Opinion/Témoignages - Communauté : Afrique des Grands Lacs
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Mercredi 20 janvier 2010 3 20 /01 /Jan /2010 11:39

Par Pierre-Pacifique Mahoro Murhula (19.01.10)
Blog Losako

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Les observateurs de la vie politique congolaise sont assez inquiets face à la situation délétère qui prévaut ces temps-ci à l’Est de la RDC. Au point qu’ils ne sont pas loin de penser que Joseph Kabila et Paul Kagame ne tarderont pas à rompre bientôt leur liaison dangereuse nouée au mois de janvier 2009.

Au bout d’une année, en effet, le chef de l’Etat congolais pense avec amertume que la dot apportée par son homologue rwandais pour sceller leur union avait tous les contours d’un cadeau empoisonné. Qui porte un nom et un sigle : Bosco Ntaganda recherché par la Cour pénale Internationale pour ses crimes supposés en Ituri. Ensuite le CNDP volé à Laurent Nkunda et censé constituer un partenaire crédible pour la paix au Kivu. Par contre, Paul Kagame ne décolère pas en constatant l’incapacité de son homologue congolais à s’attacher les combattants du CNDP et à leur faire oublier leur chef historique. En réalité, mal huilée, cette formidable machine à fabriquer des victoires s’enlise dangereusement. Précisément parce que Laurent Nkunda en était à la fois le moteur et le mécanicien et que son éloignement ne peut que rendre l’engin inutilisable. Il faudra bien que les deux alliés finissent par en convenir un jour, même si les conséquences à en tirer ne seront probablement pas les mêmes.

Mais, c’est vrai que l’incurie manifestée par Joseph Kabila dans la gestion de l’armée fait peine à voir. Les officiers et les hommes du rang ex-CNDP, quand ils sont payés, se voient allouer un pécule mensuel de moitié inférieure à celui des militaires de rang FARDC, à savoir 20 dollars américains dont seulement 8 dollars parviennent au destinataire. Ce sort, pourtant déjà précaire, a rendu jaloux et furieux les éléments intégrés Mai-Mai qui ont préféré retourner en brousse pour s’allier aux anciens amis de Joseph Kabila, les FDLR. Or, Dieu seul sait combien Paul Kagame peut se hérisser à la vue de tout ce qui vient conforter la position de ses ennemis mortels que sont les miliciens hutu rwandais opérant en RDC.

Bosco NTAGANDA constitue également un cadeau empoisonné dans la mesure où il s’avère incapable d’imposer son autorité sur la majorité des militaires ex-CNDP et de faire mobiliser la base populaire en faveur de Joseph Kabila. Celui-ci a beau suspendre l’exécution de son mandat d’arrêt international sur le territoire congolais et le nommer commandant en second des opérations Kimia II et Amani leo, le justiciable de la CPI ne lui renvoie pas l’ascenseur. Bien au contraire, il en profite pour renforcer ses barrières de péage route et étendre son administration parallèle qui lui rapporte un bien joli magot. Peut-être même qu’il prend les précautions nécessaires pour s’aménager un périmètre imprenable au cas où quelqu’un s’aviserait à vouloir se saisir de lui par la force. Or, selon la promesse faite à Kabila lors de leur dernière rencontre à Goma, Ntaganda et le CNDP devaient supprimer ces barrières et administration parallèle au plus tard le 15 janvier 2010.

Comment évaluer le gain rapporté par l’accord Kabila-Kagame ? Le cadeau empoisonné constitué par Ntagandaet un CNDP volé à son chef historique Laurent Nkunda a eu le seul mérité de valoir au chef de l’Etat congolais la colère de la communauté internationale pour la protection accordée à un présumé criminel recherché par la CPI. Le Rwanda, pour sa part, n’a pas vu les FDLR affaiblies, au contraire l’alliance passée par son président avec Joseph Kabila a précipité les Mai-Mai congolais dans les bras des miliciens hutu rwandais et la base populaire du CNDP s’est cabré contre l’arrestation de Laurent Nkunda vécue comme une trahison impardonnable. D’ailleurs, Paul Kagame vient de réaliser à ses dépens que Joseph Kabila a commencé à se venger de lui. En lui proposant pour le 18 janvier l’évaluation commune de l’Opération Kimia II, alors qu’il y a mis fin unilatéralement le 31 décembre dernier et que tout aussi unilatéralement il a mis en place une Opération Amani leo dans laquelle le Rwanda n’est pas concernée.

Y a-t-il un gain pour le peuple congolais ? On le cherche en vain. Les FDLR sont toujours là et bien là, l’Armée est toujours aussi inefficace, aussi indisciplinée et aussi prédatrice parce que non ou mal payée, les milices congolaises n’ont pas été intégrées ou ont déserté après intégration, la fausse intégration du CNDP continue à donner des sueurs froides au gouvernement congolais et la communauté internationale ne digère pas d’être constamment mis devant le fait accompli. Le mariage Kabila-Kagame, un véritable marché des dupes, va-t-il résister aux fortes turbulences en perspective ? Bien malin qui pourrait parier sur un oui.

En ce 49ème anniversaire de l’assassinat de notre seul héros national – l’autre est un parfait usurpateur - nous voudrions souhaiter que son souvenir ravive dans le cœur des Congolais leur capacité à s’indigner et à refuser la fatalité d’une gouvernance irresponsable et incompétente aujourd’hui incarnée par le fils de son disciple illégitime.

Source : losako



Par JMV Ndagijimana - Publié dans : Diplomatie - Communauté : Afrique des Grands Lacs
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Mercredi 20 janvier 2010 3 20 /01 /Jan /2010 04:08

 

Matata-Joseph

Le Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda (CLIIR) et les associations membres de la SOCIRWA (Société Civile Rwandaise) vous invitent à une manifestation pacifique qu’ils organisent le mercredi 27 janvier de 13h00 à 16h00. L’autorisation a été accordée. La manifestation va se dérouler comme suit :

-          A partir de 13h00, rassemblement devant le métro Arts-Loi

-          de 13h30 à 14h30 devant l’Ambassade des Etats-Unis sise Boulevard du Régent, 27

-          de 15h00 à 16h00 devant l’Ambassade du Royaume Uni de Grande Bretagne qui a déménagé à Avenue d’Auderghem n°10 à 1040 Bruxelles (près du Rond point Schuman). Un mémo spécifique à chaque manif sera adressé à ces pays.

 

Les objectifs de cette manifestation sont les suivants :

1.      Dénoncer la colonisation déguisée du Rwanda par marionnettes interposées.

2.      Demander aux autorités britanniques et américaines d’assumer leurs responsabilités et de revoir leur soutien politique, militaire, économique, et diplomatique accordé au Rwanda. Ce pays est devenu leur nouvelle colonie versée dans le Commonwealth sans aucun respect des valeurs universelles de respect de la démocratie, des droits humains et des libertés publiques ;

3.      Dénoncer l’absence d’une justice indépendante et équitable au Rwanda et l’impunité dont jouissent les chefs militaires et politiques du FPR impliqués dans les crimes de génocide commis au Rwanda et en République Démocratique du Congo (RDC).

4.      Dénoncer le soutien aveugle de l’Angleterre et des USA au régime FPR et le mutisme de la Communauté Internationale face aux crimes du FPR depuis 15 ans. Demander l’éradication de l’impunité dont jouissent les criminels du FPR.

 

VENEZ NOMBREUX à cette deuxième manifestation devant les ambassades britannique et USA. 24 manifs sont prévues durant toute l’année 2010. Cette manifestation sera suivie par d’autres, tous les 15 jours, jusqu’à la satisfaction de nos revendications. Les manifestations de février 2010 sont programmées pour les Mercredi 10 et 24 février 2010 aux mêmes heures que celle-ci. La 1ère a déjà eu lieu le 13 janvier.

Venez nombreux réclamer la fin de la colonisation de notre pays, le droit à la vie et le respect des droits humains et des libertés publiques pour tous les Rwandais vivant à l’intérieur et à l’extérieur du Rwanda.


Slogans à inscrire sur vos propres cartons
 à apporter à toutes les Manif:

 

-          Exister, c’est résister (Resist to exist) (To be or not to be);

-          Non à la colonisation britannique du Rwanda (Stop british Colonization of Rwanda)

-          Stop à ce Nouvel Ordre Mondial imposé par les guerres et le chaos (Stop that New World Order imposed by war and chaos ;

-          Non au dépeuplement du Rwanda et de la RDCongo (Stop depopulation of Rwanda and DR of the Congo)

-          Vie et Justice pour tous (Life and Justice for all) ;

-          Stopper l’impunité du président Kagame et sa clique, etc.

Pour les organisateurs de la manifestation,  MATATA Joseph. Coordinateur

 

Extrait de mon Appel à la résistance pacifique du 18/01/2010 (en annexe)

 

« Exister c’est résister ». En tant que peuple rwandais, menacé d’extermination, nous avons le droit et le devoir de résister et de survivre pour ne pas disparaître en tant que peuple agressé et exploité collectivement. Depuis près de 20 ans, nous subissons une guerre économique que des prédateurs britanniques et leurs alliés ont imposée à nos peuples pour nous piller, nous asservir, nous terroriser et dépeupler notre Région de l’Afrique des Grands Lacs (RAGL). Ce système criminel de s’enrichir par l’extermination des autres peuples « non-blancs » n’a été créé ni par la nature ni par Dieu, ce sont les hommes cupides qui l’ont fait, et nous pouvons donc le changer tous ensemble. Nous devons apprendre à résister à ces prédateurs tous ensemble, sinon nous allons disparaître tous ensemble comme des idiots. Une telle guerre qui créé le chaos chez des peuples pacifiques, Gandhi[1] l’a définit dans ces termes :

 

« Un conflit armé entre nations nous horrifie. Mais la guerre économique ne vaut pas mieux qu’un conflit armé. Ce dernier est comme une intervention chirurgicale.  Une guerre économique est une torture prolongée. Et ses ravages ne sont pas moins cruels que ceux que décrivent si bien les ouvrages sur la guerre. Nous nous préoccupons moins de la guerre économique parce que nous sommes habitués à ses effets mortels. (…) Le mouvement contre la guerre est juste. Je prie pour sa réussite. Je crains pourtant qu’il ne soit voué à l’échec s’il ne s’en prend pas à la racine du mal : l’avidité humaine ». La cupidité de nos agresseurs et actuels colonisateurs, par marionnettes interposées, a provoqué des crimes et des génocides (voir le bilan macabre dans mon appel du 18/01/2010, 4 pages en annexe de cette invitation).

 

J’invite les Rwandais et toutes les personnes de bonne foi, à signifier à la Grande Bretagne et aux USA ainsi qu’à leurs alliés qu’en annexant le Rwanda après l’avoir fait conquérir par une clique de criminels à leur tête Paul Kagame, ils se rendent ainsi coresponsables de tous les crimes commis au Rwanda et dans la région par cette bande de criminels. Nous avons le devoir de faire arrêter ce vaste plan de déstabilisation voire de destruction des pays de l’Afrique Centrale. Ceux-ci sont saccagés par des cliques de marionnettes et de gouvernements soumis aux « grandes puissances occidentales» qui les exploitent comme des esclaves à leur service.

 

Chers compatriotes (toutes ethnies confondues), tous ensemble défendons nos droits et nos libertés publiques garantis par l’article 2 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 qui énumère les quatre droits naturels de l’homme : « Le but de toute résistance populaire est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et le droit de résister à l’oppression ».

 

C’est aujourd’hui qu’il faut réagir et arrêter le chaos, les guerres et les génocides qui déciment les peuples noirs de l’Afrique des Grands Lacs. Si nous sommes incapables d’agir avec détermination et abnégation pour arrêter le dépeuplement criminel de nos pays, les rares rescapés de ces crimes, qui se perpètrent sous nos yeux ou avec notre complicité ou dans notre indifférence criminelle, apprendront dans les livres d’histoire la disparition de leurs peuples. Exactement comme nous apprenons aujourd’hui l’extermination tragique des aborigènes d’Australie, des indiens, des incas, des mayas de l’Amérique ou des populations Héréros (Bilan : sur 80.000 Héréros de Namibie, 70.000 furent exterminés par les colons allemands entre 1904 et 1908).

 

Puisons la force de résister dans les citations des personnalités suivantes :

  1. « Notre pouvoir ne réside pas dans notre capacité à refaire le monde, mais dans notre habileté à nous recréer nous-mêmes ». Ghandi, homme d’Etat indien, 1869-1948).
  2. « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas les faire, c’est parce que nous n’osons pas les faire qu’elles sont difficiles » (Sénèque, écrivain et philosophe romain, 4av JC- 65. Nous pouvons, par exemple, discuter avec nos colonisateurs britanniques et leurs alliés pour créer ensemble les conditions politiques et juridiques pour la reconnaissance de toutes les responsabilités dans les crimes commis dans notre région et les réparations sociales et politiques (même symboliques) comme une expression de justice sociale contemporaine.
  3. N’essayez pas de devenir un homme qui a du succès. Essayez de devenir un homme qui a de la valeur : (Albert Einstein, physicien allemand, 1879-1955)

Exister, c’est Résister,

MATATA Joseph, Coordinateur du CLIIR.


[1] M.K. Gandhi dans « Non-violence – The Greatest Force », 1926. Gandhi est un homme d’Etat indien né en 1869 et assassiné en 1948 parce qu’il avait réussi à libérer son peuple du joug britannique, sans violence. 


Centre de Lutte contre l'Impunité et l'Injustice au Rwanda (CLIIR)

Boulevard Léopold II, n°227

1080 BRUXELLES

Tél/Fax: 32.81.60.11.13

GSM: 32.476.70.15.69

Par JMV Ndagijimana - Publié dans : Droits de l'homme - Communauté : Afrique des Grands Lacs
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Mercredi 20 janvier 2010 3 20 /01 /Jan /2010 03:53

Matata-Joseph

 

Introduction :

 

Le mensonge devient-il une arme de destruction massive ?

 

Partout le combat contre l’injustice est le fait même d’une humanité consciente de sa dignité.

Les résistances ont évidement toujours existé. Nous avons connu en Afrique en particulier, les luttes contre l’esclavage, les guerres contre le colonialisme et les multiples formes de résistances civiques qui ont conduit à l’indépendance des Etats.

En Europe, ce fut l’histoire de la résistance de la classe ouvrière contre l’exploitation du capital. La lutte contre cette exploitation a été longue et coûteuse en vies humaines.

Aujourd’hui on trouve un très grand nombre de mouvements et d’organisations, qui n’avaient pas les mêmes objectifs, mais qui luttent ensemble contre une mondialisation effrénée et productrice de misère à l’échelle planétaire. Il s’agit notamment de mouvements paysans, ouvriers, de peuples autochtones, de femmes, de défenseurs de l’environnement, de groupes luttant pour les droits de l’homme, etc…

Partout le combat contre l’injustice est le fait même d’une humanité consciente de sa dignité.

 

Qu’en est-il de la lutte contre la culture du mensonge qui se développe partout dans le monde à la quatrième vitesse ? Il y a plusieurs années, toute personne qui était traitée de menteur se sentait très offensée et pouvait même porter plainte contre son détracteur.

 

Mais l’on assiste aujourd’hui à des mensonges tellement grossiers qu’on se demande où vont les hommes qui se disent civilisés. Avec tous les moyens modernes de communications qui se sont développés grâce à l’informatique (sites web, internet), le mensonge peut circuler en quelques minutes et atteindre des centaines de millions de personnes dans le monde entier. Le plus gros des mensonges concerne les prétendues armes de destruction massive qu’auraient possédées par l’IRAK. Ce gros mensonge a été très bien « consommé » par l’opinion publique mondiale d’autant plus qu’il était propagé par le président américain Georges Bush. Connaissant tous les moyens de renseignements que possède le gouvernement américain, aucun citoyen de la terre ne pouvait imaginé un seul instant que le président d’une superpuissance comme les USA pouvait mentir comme un « vulgaire menteur » des bistrots populaires. Consciemment ou inconsciemment, tous les médias du monde entiers ont diffusé ce mensonge qui a déclenché la nième guerre mondiale contre les peuples musulmans du Moyen Orient qui vivent sur les puits de pétrole très convoités par les sociétés pétrolières. Après l’IRAK, c’est probablement l’IRAN et la SYRIE qui sont dans le collimateur des prédateurs occidentaux.

 

En Afrique Centrale, un autre président africain soutenu par le même président américain Georges BUSH, a envahi la République Démocratique du Congo sous un autre prétexte tout aussi propagé par les médias nationaux et internationaux. Il s’agit du général Paul KAGAME qui a déjà conduit en RDC deux guerres très meurtrières qui se sont soldées par la mort de plus de quatre millions de Congolais. Comme pour la guerre en IRAK, les deux guerres d’invasion du président Paul KAGAME sont justifiées par la nécessité de neutraliser les « génocidaires Hutus » qui se seraient repliés en RDC avec l’objectif de revenir achever le génocide qu’ils ont commencé en 1994. Comme le président Paul KAGAME a fait croire qu’il avait arrêté le génocide au Rwanda, il s’estime en droit de prévenir un autre génocide qui toucherait les Tutsi congolais. C’est toujours à titre préventif qu’un autre général Tutsi, le général NKUNDA alias « Nkundabatware » a été fortement armé et installé confortablement au Congo pour assurer la protection des minorités Tutsies qui seraient menacées d’extermination par un peuple congolais qui pleure plus de 4.000.000 de morts.

 

La capacité prédatrice de l’homme en aurait-il fait un véritable monstre assoiffé de sang de ses frères et soeurs ? Un certain Robert Antelme affirme ce qui suit : « Il n’y a qu’une espèce humaine : les uns tuent comme des hommes, les autres meurent comme des hommes. Il n’y a pas des loups d’un côté et des rats de l’autre. Que des hommes ».

 

Partout le constat est le même : le mensonge devient une arme de destruction massive. Des milliers de morts en IRAK et des millions de morts au Congo. Que ce soit en IRAK ou en République Démocratique du Congo, le mensonge sert à couvrir et à légitimer la capacité prédatrice des hommes les plus forts de la terre. C’est-à-dire les plus riches de la planète qui possèdent des gros moyens de destruction massive et qui rivalisent dans l’ART DE MENTIR. Souvent avec le soutien massif de l’ONU et de l’Union Africaine, les grands prédateurs sont devenus des « menteurs professionnels ». Ils se disent investis d’une mission « presque divine » pour garantir la liberté, la démocratie, les droits humains et le développement durable sur toute la planète. Pour le malheur et la misère du monde.

 

2) L’art de mentir tel qu’il est perçu par les rwandais :

 

De tous les peuples du monde entier, le peuple rwandais a produit probablement les meilleurs menteurs de tous les temps. Les rwandais sont habitués à mentir comme ils respirent ? Certainement NON. Du moins ils ne s’en rendent pas compte. Mais cela n’empêche pas qu’à la moindre question, le rwandais s’estime obligé de mentir à son interlocuteur qui l’accepte tout gentiment. Sans s’en offusquer. Parce qu’il s’agit bien de « son art de vivre » car toute personne bien élevée doit savoir dissimuler ses sentiments, ses activités, ses problèmes, …

Cette culture du mensonge est innée plus spécialement chez les extrémistes Tutsi qui restent convaincus que les étrangers, les européens en particulier, ne sont pas intelligents dans l’art de mentir.  Voici ce qu’en dit notamment l’abbé Stanislas Bushayija[1], un prêtre catholique tutsi qui fait une analyse pertinente de son groupe ethnique : « A vrai dire, les principes d’équité que les Belges voulaient faire prévaloir dans le domaine de la justice, de la propriété, de la liberté et des droits de la personne humaine quelle qu’elle fût, déroutèrent le Mututsi et le firent douter de la finesse de l’Européen.  Celui-ci lui parut plus un technicien, une sorte de magicien qu’un diplomate, comme le prouvent les expressions kinyarwanda encore courantes : Abazungu ntibazi ubwenge (les Européens ne sont pas malins), ubwenge bw’abazungu (intelligence européenne).  Si le Mututsi reconnaît à l’Européen ses compétences dans le domaine technique, - électricité, physique, mathématique, etc., - s’il lui reconnaît l’intelligence du livre (ubwenge bwo mu gitabo), il déplore son absence de finesse d’esprit.  Savoir travestir la vérité, donner le change sans éveiller le moindre soupçon est une science qui fait défaut à l’Européen et que le Mututsi est fier de posséder ; le génie de l’intrigue, l’art du mensonge sont à ses yeux des arts dans lesquels il s’enorgueillit d’être fort habile : c’est là le propre du Mututsi et, par contagion et par réflexe de défense, de tout Munyarwanda… ». 

 

Comme le peuple rwandais a été asservi par une monarchie tutsie qui avait construit toute une série de Mythes, chaque régime rwandais fait sa propre promotion par un ou plusieurs mythes fondateurs. Certains mythes pouvant devenir des réalités ou des expériences vécues de temps à autre. Sous la troisième république du président Tutsi, le général Paul KAGAME, l’art de mentir est une « véritable arme de destruction massive » utilisée contre des Hutus innocents.

 

3) L’art de mentir tel qu’il a servi dans l’agenda caché du FPR :

 

« Le grand ennemi de la vérité, est très souvent non le mensonge – délibéré, artificiel et malhonnête – mais le mythe –persistant, convaincant et irréaliste ». Cette définition extraite du discours de remise des diplômes à l’Université de Yale, le 11 juin 1962 par le président américain John Fitzgerald Kennedy (JFK) résume très bien comment le « mythe » du Front Patriotique Rwandais (FPR)  continue de détruire le peuple rwandais et de manipuler la communauté internationale. Ce mythe est imposé et entretenu depuis plus de 15 ans par les extrémistes tutsis du FPR soutenus par leurs sponsors occidentaux et par certains médias et plusieurs sociétés multinationales qui s’enrichissent grâce au chaos créé par les guerres et les génocides en Afrique des Grands Lacs.

 

Le mythe fondateur du FPR a commencé avec la grande campagne publicitaire qui a été lancée au sujet du retour des réfugiés tutsi rwandais en vue de préparer l’invasion du Rwanda et la prise du pouvoir par un noyau dur de chefs militaires et politiques du FPR. L’opinion publique nationale et internationale fut manipulée savamment par des journalistes pro-FPR, séduits ou corrompus par les réseaux FPR qui ne ménageaient aucun effort pour présenter le FPR comme un mouvement politico-militaire crédible. Mais, 15 ans après le déclenchement de la guerre et du génocide rwandais, le mythe FPR s’écroule au vu de son maigre bilan et sa gestion catastrophique des problèmes sociopolitiques et socioéconomiques du Rwanda. Le FPR continue à consolider sa dictature militaro-ethniste par tous les moyens: crimes organisés, terrorisme d’Etat, corruption et séduction généralisée, délation et diffamation institutionnalisée, sabotage et chantage permanent contre les institutions onusiennes dont le Tribunal Pénal International pour le Rwanda et les pays occidentaux, etc.

Le « mythe FPR » est un ensemble de mythes qui peuvent se conjuguer à plusieurs niveaux suivants :

 

3.1 Le mythe n°1 : La guerre du FPR est justifiée par le retour des réfugiés tutsi dans leur pays :

 

Personne n’ignore qu’il existe un principe sacré par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) qui interdit à tout réfugié d’attaquer militairement son pays natal. Or, aucun pays, aucune organisation internationale n’a osé condamner la guerre d’invasion du Rwanda et de conquête du pouvoir par le FPR.

3.2           Le mythe n°2 : « Le FPR a arrêté le génocide par sa victoire militaire sur les forces génocidaires Hutu» :

La réalité est tout autre. Non seulement le FPR  a déclenché la guerre le 1er octobre 1990 et commis le plus grand crime contre la paix, mais il a participé activement non seulement aux massacres des civils innocents Hutu, mais aussi aux massacres contre des civils innocents Tutsi (Voir interview du 2 mai 2004 du Lieutenant FPR, Josué Abdul RUZIBIZA, sur la Vox of America où il accuse le président Kagame d’avoir renforcé la milice hutu par ses « soldats techniciens » tutsi pour massacrer les tutsi). Sa guérilla meurtrière contre des paysans Hutu a poussé certains d’entre eux à massacrer des tutsi innocents. Le FPR a déclenché le génocide par l’attentat terroriste du 6 avril 1994 qui a tué les deux chefs d’Etat Hutu du Rwanda et de Burundi et leurs collaborateurs. Mi-avril 1994, le FPR a exigé le départ de toutes les troupes étrangères qui pouvaient arrêter le génocide et les massacres. Des milliers de témoignages accablants prouvent la participation des rebelles tutsis du FPR aux crimes de génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

3.3.
        Le mythe n°3 : « Le FPR a mis en place un gouvernement d’unité nationale avec des ministres Hutu et Tutsi de tous les partis» :

Le gouvernement mis en place par le FPR fut longtemps noyauté, contrôlé et paralysé par le noyau dur des chefs militaires et politiques du FPR avant de s’écrouler le 28 août 1995 avec la démission de l’ancien premier Ministre Faustin TWAGIRAMUNGU (ancien Président du Mouvement Démocratique Républicain (MDR) exilé en Belgique depuis 1995) et de son Ministre de l’Intérieur, Monsieur Seth SENDASHONGA (membre du FPR exilé au Kenya et assassiné le 16 mai 1998 par un commando du FPR à Naïrobi au Kenya). Le successeur de F. Twagiramungu, le 2ème Premier Ministre, Monsieur Pierre Célestin RWIGEMA, fut utilisé par la junte militaire pendant 5 ans avant d’être contraint de démissionner et s’exiler en 2000.

 

Après avoir emprisonné arbitrairement plusieurs adhérents du Parti MDR (Mouvement Démocratique Républicain) dont le Secrétaire général, Monsieur Pierre GAKWANDI, la dissolution du MDR, programmée par la junte militaire, fut proposée le 15 avril 2003 par un parlement complètement contrôlé et paralysé par cette même junte militaire. Dans sa réunion convoquée d’urgence vendredi 16 mai 2003, le gouvernement confirma le rapport du parlement qui avait recommandé la dissolution du MDR pour « divisionnisme » à quelques mois des premières élections présidentielle et législatives qui se sont déroulées en août et septembre 2003.

3.4. Le mythe n°4 : « Le FPR a remis en place l’appareil judiciaire et innové les tribunaux populaires GACACA pour accélérer les procès et désengorger ses prisons mouroirs» :

Après avoir essuyé une terrible épuration ethnique et politique, la magistrature rwandaise ne jouit d’aucune indépendance et se trouve dans l’étau de la junte militaire du président rwandais, le Général Paul KAGAME. Tous les magistrats courageux et honnêtes qui ont tenté de dire le droit et de défendre la loi, ont été assassinés, portés disparus, torturés, emprisonnés ou forcés de s’exiler.

 

Selon le journal indépendant UMUSESO n°186 du 1 au 7 août 2004, page 6, dans son article intitulée « Ubutabera bw’u Rwanda mu ihuriro ry’imihanda = La justice rwandaise au croisement des chemins », le journaliste Tharcisse SEMANA dénonce la nomination des magistrats pro-FPR qui ne jouissent d’aucune indépendance dans le cadre de la nouvelle réforme de la justice. Cette réforme a été lancée le 20 juillet 2004 avec 223 magistrats (dont 77 femmes) qui ont prêté serment devant la Cour Suprême du Rwanda. Les candidats magistrats ont été interrogés par téléphone par des agents de la DMI s’ils aimaient le FPR alors que cet interrogatoire ne faisait pas partie du test de recrutement. De cette façon des magistrats expérimentés, courageux et honnêtes n’ont pas été retenus sur avis de la DMI. Par contre des étudiants ou ceux qui venaient juste de terminer leurs études à l’Université Libre de Kigali (ULK) ont été choisis parce que la DMI les trouvait proches du FPR. Rappelons que le journaliste Tharcisse SEMANA fait partie des quatre journalistes de ce journal qui ont été contraints de s’exiler en 2003 (Ismaiël Mbonigaba) et en 2004 (Kalisa Macdowell et Sebufirira Robert).

3.5 Le mythe n°5 : « Le FPR mène une politique de réconciliation nationale » :

Les autorités rwandaises n’ont aucune volonté politique pour favoriser l’unité et la réconciliation dans la mesure où les hutu sont diabolisés et traités globalement de génocidaires. Les familles Hutu n’ont pas le droit de commémorer la mort de leurs proches massacrés par les soldats du FPR. Ils ne peuvent pas porter plainte contre ce mouvement étant donné qu’ils ne sont pas reconnus comme étant des victimes. Les tribunaux GACACA ne peuvent pas juger les criminels du FPR, ils ont été créés pour juger les seuls suspects Hutu évalués à 761.448.

 

3.6  Le mythe n°6 : « Le FPR a mis en place une commission Nationale des droits de l’Homme (CNDH) » après avoir chassé les observateurs de l’ONU » :

Pour tromper les rwandais et la communauté internationale, le régime FPR a mis en place avec beaucoup de publicité une commission nationale des droits de l’homme.

Voici les critiques de l’ancien Ministre de la Justice, Faustin NTEZILYAYO, sur l’incapacité de cette Commission Nationale des Droits de l’Homme :

            Cette ancien Ministre de la Justice a dénoncé l’incapacité et la paralysie de cette commission dans son article intitulé « Enlisement du système judiciaire et dérive des droits humains au Rwanda » publié dans la Revue DIALOGUE n° 213 de Novembre-Décembre 1999. A cette époque il venait de fuir en janvier 1994 et de s’exiler au Canada.

 

« La Commission Nationale des Droits de l’Homme au Rwanda, mise en place en mai 1999, saura-t-elle répondre à ces attentes légitimes d’un peuple désireux seulement d’avoir un minimum de paix sociale pour s’atteler à son combat quotidien d’assurer sa survie et essayer de ne pas s’enfoncer de plus bel dans une pauvreté devenue endémique ? On peut en nourrir difficilement l’espoir tant le Gouvernement de Kigali semble s’être assuré la création d’une Commission taillée sur mesure et dont l’indépendance et l’efficacité risquent d’être minées par des dispositions légales et réglementaires qui assurent la mainmise de l’exécutif sur son fonctionnement.

            …Des inquiétudes concernant l’indépendance de la Commission et sa capacité à mener à bonne fin sa mission en toute objectivité, proviennent surtout des dispositions sur la nomination et la révocation des commissaires. En effet, les commissaires, au nombre de 7, sont choisis par l’Assemblée Nationale de Transition pour une durée de trois ans renouvelable, sur une liste de dix candidats présentés par le Gouvernement. Les actes de nomination sont faits par décret présidentiel. De même, la Commission est dirigée par un président choisi parmi les membres de la Commission par le Gouvernement et confirmé par l’Assemblée Nationale de Transition.

Par ailleurs, la cessation des fonctions d’un ou de plusieurs membres de la Commission intervient à l’initiative du Président de la République, soit du gouvernement, soit de la moitié des députés à l’Assemblée Nationale de Transition.

Ici, le rôle du pouvoir exécutif est exorbitant. Le problème posé par des dispositions similaires dans la nomination des hauts magistrats à la Cour suprême est assez parlant. En effet, la Cour Suprême fut longtemps paralysée par le gouvernement qui voulait placer des magistrats lui acquis notamment dans des sections à compétences politiquement sensibles comme la section de la Cour Constitutionnelle chargée de se prononcer sur la constitutionnalité des lois avant leur promulgation ou celle de la Cour de Cassation, qui est la plus haute juridiction ordinaire du pays. De plus, certains hauts magistrats de la Haute Cour, pourtant dotée d’une grande expérience professionnelle, ont été unilatéralement limogés par le Gouvernement sans même en obtenir confirmation par l’organe législatif comme le requérait le respect d’un minimum de parallélisme des normes.

Il est à craindre alors que les membres de la Commission (CNDH) puissent connaître les mêmes infortunes surtout s’ils dénoncent les violations des droits humains commises par certains organes de l’appareil militaro-politique. Il faut rappeler ici les tracasseries administratives et les multiples obstacles qu’a connus l’Opération sur le Terrain pour les Droits de l’Homme au Rwanda – mise en place par les Nations Unies – surtout à propos du volet de ses activités relatives au monitoring et à l’évaluation de la situation des droits humains. Le Gouvernement a d’abord suspendu les activités de l’Opération au mois de mai 1998 pour ensuite les interdire définitivement en juillet 1998.

L’indépendance et l’objectivité de la Commission dépendront aussi de l’intégrité, l’expertise et la compétence avérées de ses membres en matière des droits humains. Mais la tâche de la commission risque d’être très ardue si, du moins, elle entend contribuer à la promotion des droits humains et non être un simple prolongement du pouvoir politique qui la surveillera de plus près et ne lui accordera que peu de marge de manœuvre. Il ne fait l’ombre d’aucun doute que la volonté de l’appareil politique est de la voir prolonger son discours politique pour faire croire aux observateurs extérieurs qu’un organe de « bonne gouvernance » est opérationnel dans le pays alors que le calvaire de la population civile continue.

Par ailleurs, la Commission devra fonctionner dans un environnement hostile au développement de la SOCIETE CIVILE tant la volonté des pouvoirs politiques d’empêcher la formation d’une société civile responsable et capable de mobiliser la population pour se prendre en charge est manifeste. L’exemple le plus remarquable sont les attaques et le harcèlement de l’Eglise catholique, pourtant pilier incontestable de la société civile à travers ses nombreuses activités dans le domaine de l’éducation, de la santé et des projets de développement du monde rural. En outre, de nombreuses associations ne peuvent plus fonctionner suite aux tracasseries administratives au niveau de l’agrément de leurs représentants légaux. D’autres n’ont pas pu voir le jour suite au refus d’enregistrement. Le contrôle est assez strict à tel point qu’aucune association de ce genre n’a été agréée depuis 1996 sous prétexte que la législation en la matière n’était pas à jour. Le projet de loi initié n’a jamais été soumis à l’organe législatif et un vide juridique de facto était ainsi créé, entraînant la paralysie de nombreuses associations pourtant indispensables au développement, notamment du milieu rural où le niveau de pauvreté ne fait que grandir inexorablement.

S’agissant plus particulièrement des organisations de défense des droits de la personne, elles sont complètement muselées et beaucoup d’entre elles se sont converties en organes de relais de l’appareil politique. Elles n’osent pas lever le moindre petit doigt devant les exactions commises par l’Armée sur des populations civiles, notamment dans le nord-ouest du pays, les disparitions quasi quotidiennes de personnes et leur incarcération dans des endroits inconnus et non accessibles mêmes aux membres de leur famille, les représailles commises par des groupes para-militaires, les fameux « Local Defense Forces », qui n’ont pourtant aucun statut légal ni réglementaire connu.

Comme on le voit donc, le chemin à parcourir au Rwanda pour inculquer une culture des droits humains et une justice, pilier de la restauration de la paix sociale, reste encore assez long et parsemé d’embûches ».

Le contenu de cet article de l’ancien Ministre rwandais de la Justice démontrait à quel point, la Commission Nationale des Droits de l’Homme du Rwanda est un outil stratégique dont se sert la Junte Militaire du FPR pour tromper l’opinion internationale.

3.7  Le mythe n°7 : « Le FPR a organisé des élections « démocratiques » :

Après avoir imposé la dissolution du principal parti d’opposition en mai 2003, le Mouvement Démocratique Républicain (MDR), le régime FPR a organisé des élections antidémocratiques qui ont été caractérisées par des fraudes massives, des séquestrations et des emprisonnements d’opposants politiques et d’observateurs de l’opposition. Le principal concurrent du Président Paul KAGAME, l’ancien premier ministre Faustin TWAGIRAMUNGU, a été diffamé et calomnié publiquement dans les médias de l’Etat. La police a menacé de l’inculper pour divisionnisme et les autorités ont saboté et annulé ses meetings durant sa campagne électorale.

Selon la dépêche de l’AFP du 1er août 2003, ce principal opposant rwandais a estimé que la campagne pour l'élection présidentielle du 25 août 2003 commençait « sur de mauvaises bases » et a dénoncé « le début d’une dictature dure » dans ces termes : « Ce n’est pas la fin de la transition, c’est le début d’une dictature dure. Je suis très amer. On ment à la communauté internationale » a-t-il affirmé vendredi 1er août.

3.8  Le mythe n°8 : « Le FPR mène une politique de reconstruction et de reconstitution d’une société viable et équitable pour tous » :

C’est faux car le régime FPR a commandité, à travers deux rapports de deux commissions parlementaires, la destruction de la société civile en s’attaquant aux organisations des droits humains, aux confessions religieuses, aux organisations de développement, aux organisations humanitaires et à certains pays grands bailleurs de fonds de ces organisations etc…. (voir mémo du 10 novembre 2004). C’est dans ce cadre que la LIPRODHOR a été neutralisée suite à l’exil de plusieurs de ses dirigeants. L’assassinat de quatre évêques catholiques et de plusieurs prêtres a décapité la société civile.

Plusieurs Organisations non gouvernementales (ONG) rwandaises ont été attaquées par le Rapport du 30 juin 2004 réalisé par la Commission Spéciale du Parlement rwandais chargée d’enquêter sur l’assassinat des rescapés tutsis et l’idéologie génocidaire.  

4) La délation comme une arme de destruction massive ?

Personne ne pourrait mieux décrire la délation institutionnalisée au Rwanda plus que l’ancien ministre de la justice du régime FPR, Mr Faustin Ntezilyayo.

Témoignage de l’ancien Ministre de la Justice, Faustin NTEZILYAYO in Dialogue n°213 de novembre-décembre 1999 dans son article « Enlisement du système judiciaire et dérive des droits humains au Rwanda » :

…… « Une question préoccupante touchant directement la justice et les droits humains est celle des arrestations et détentions arbitraires prolongées sans aucun respect des normes et procédures guidant la détention provisoire.

            En effet, avec l’arrivée au pouvoir du régime en place à Kigali, en juillet 1994, plusieurs personnes ont été arrêtées sur simple dénonciation par des autorités militaires et administratives (ne possédant aucune qualité légale en matière d’arrestation et de détention provisoire) et accusées de participation au génocide et autres crimes commis en 1994. Aucune instance judiciaire n’existait alors.

Dans cette confusion générale, la délation a pris le dessus et plusieurs personnes ont été jetées en prison par des gens voulant les évincer des postes qu’elles occupaient dans l’administration publique ou dans la société civile ou pour s’arroger leurs propriétés ou poussées par la vengeance ou des règlements de compte. Le pouvoir militaro-politique en a profité aussi pour incarcérer les personnes qu’il considérait comme opposants politiques ».

            …….. Un autre exemple de la violation du principe de la présomption d’innocence est illustrée par des dispositions prévoyant la confection, avant jugement, de la liste des personnes rangées dans la première catégorie des personnes poursuivies pour crime de génocide et d’autres crimes contre l’humanité commis au Rwanda. … Force est de constater toutefois que la confection de cette liste a plus servi à un agenda politique d’éliminer les personnalités de l’ancien régime considérées comme opposants politiques ou d’autres personnes ayant une certaine influence au sein de la société civile qu’à l’avancement des poursuites en permettant d’identifier les vrais responsables du drame rwandais.

Il faut rappeler que la stratégie de la machine de désinformation du FPR (dont la DMI et les médias publics : Radio Rwanda, Imvaho Nshya, La Nouvelle Relève, le journal de l’armée « Ingabo ») consiste à fabriquer des fausses preuves en trois phases suivantes :

1) lancer des fausses accusations dans la rumeur publique et dans les médias proches du pouvoir ;

2) initier de fausses enquêtes (par la DMI, la police, le SRP (Service de Renseignements de la Primature), certains magistrats du Parquet et activistes d’IBUKA) au sujet de la prétendue rumeur publique ;

3) instruire et produire de fausses preuves, de faux témoins et de faux dossiers judiciaires qui sont directement suivis par des faux procès. Les faux procès aboutissent et à des condamnations et à des emprisonnements.

Le procès de l’ancien Président de la République, Monsieur Pasteur Bizimungu, a été monté grâce à ce système de délation institutionnalisée au plus haut niveau de l’Etat. Le 15 juin 2004, il a été condamné à 15 ans de prison avec son ancien ministre des travaux publics, M. Charles Ntakirutinka, et leurs « présumés complices ».

Le procès du général Laurent MUNYAKAZI et de l’abbé Wenceslas MUNYESHYAKA (connu pour avoir sauvé plus de 18.000 réfugiés à la paroisse Sainte Famille à Kigali pendant le génocide) s’est clôturé le 16/11/2007 par la condamnation à perpétuité des deux hommes.

5) Les syndicats de délateurs constituent une armée de « menteurs professionnels » pour rentabiliser le génocide.

Les délateurs sont au service d’un régime tueur, menteur et pillard qui exploite la souffrance des victimes du génocide rwandais comme une véritable « industrie du génocide ». Une industrie très rentable pour le FPR et ses sponsors.

Sous le Régime du dictateur Habyalimana, la justice rwandaise n'a jamais été indépendante et neutre, mais les délateurs de cette époque étaient essentiellement et souvent des responsables administratifs et judiciaires inféodés au régime "pro-hutu" en place. Aujourd'hui sous le nouveau régime mis en place par le FPR, des veufs, des orphelins, des militaires, des encadreurs politiques, des miliciens tutsi et des simples citoyens ont été sensibilisés (pour certains rescapés Tutsis), forcés (pour des rescapés Hutu), encouragés et sollicités pour se constituer en "associations ou syndicats de délateurs".

 

Ces "Syndicats de délateurs" sont couramment utilisés dans la constitution de faux témoignages et faux dossiers pour:

- permettre à l'Armée Patriotique Rwandaise (APR) et sa branche de renseignements militaires "Department of Military Intelligence (DMI) à sévir contre tous les hutus en général.

- faciliter et favoriser les arrestations et détentions arbitraires. Chaque militaire ou milicien tutsi (puisque le Front Patriotique Rwandais en a créé aussi) est autorisé à arrêter et faire incarcérer des gens sans même les interroger ou les informer des motifs de leur arrestation. Les magistrats des Parquets n'ont aucun pouvoir de s'opposer à ces pratiques maffieux de l'APR, des encadreurs politiques et miliciens du FPR présents et puissants dans les villes et les villages.

- permettre et faciliter la confiscation ou l'occupation illégale des biens appartenant aux personnes arrêtées injustement.

- intimider et éliminer des éventuels et futurs opposants au nouveau régime "pro-tutsi".

 

Ce climat de délation, encouragé et entretenu par les détenteurs du "pouvoir occulte", est responsable de la terreur qui s'exerce aux membres du Gouvernement, du Parlement et de la Magistrature sans "pouvoir réel". Toutes les "Institutions officielles de l'Etat Rwandais” actuel (sauf l'APR) ne jouissent d'aucune autorité et souveraineté. Elles restent noyautés, contrôlés et paralysés par un petit noyau d’extrémistes tutsi. Ce sont en fait des Institutions de façade. Les hutus de service qui y occupent des postes importants sont victimes d’un chantage permanent sous forme de fausses accusations aussi farfelues les unes que les autres . Ex : Bizimungu Pasteur, Alfred Mukezamfura, Rwigema, Gakwaya Rwaka Théobald, Sheik Fasil Abdul Harelimana, Joseph SEBARENZI, Gatsinzi Marcel,

Le "pouvoir réel" est exercé par un tout petit "noyau de chefs  militaires et hommes d'affaires" extrémistes qui n'ont qu'un seul objectif: garder le pouvoir et accéder à l'avoir.

L’organisation des syndicats de délateurs
 :

 

Les premiers noyaux des syndicats de délateurs sont apparus pendant le génocide et les massacres dans les camps de “rassemblement de la population rescapée”. Ces camps créés par le Front Patriotique Rwandais (FPR) étaient destinés à vider les collines de leurs habitants pour mieux les contrôler et, disait-on, les “protéger”. La plupart des paysans qui n’ont pas pu être avertis à temps ou rejoindre ces “camps” ont été traqués et tués comme du gibier dans les bananeraies et les marais, car ils étaient considérés comme des miliciens hutu qui n’avaient pas confiance dans le FPR. Pourtant dans la zone conquise par le FPR, depuis avril 1994, les Hutu et les Tutsi rescapés vivaient ensemble dans des camps de fortune.

 

Petit à petit, des noyaux de veufs et d’orphelins se sont constitués pour répondre au désir de se venger sur les rescapés hutu avec l’aide de l’Armée Patriotique. Pour renforcer les dénonciations individuelles, solitaires et sans preuves, ces rescapés ont été invités et encouragés à se mettre ensemble pour témoigner collectivement contre leurs voisins hutu soupçonnés, à tort ou à raison, d’avoir participé au génocide. Les personnes dénoncées étaient amenées vers des destinations inconnues et sont introuvables aujourd’hui dans les prisons rwandaises. Certains d’entre-eux ont disparu, ainsi que leurs femmes et leurs enfants.

Galvanisés par cette terrible possibilité de décider du sort de leurs voisins, certains rescapés ont gardé et souvent exploité cette habitude de jouer au “justicier”. C’est ainsi que des milliers de Hutu, dénoncés et livrés aux soldats du FPR, sont portés disparus aujourd’hui. D’autres ont été exécutés purement et simplement dans des endroits discrets, non loin des camps de rassemblement. Quelques fosses communes et des tombes de fortune témoignent de cette intense activité des délateurs entre avril et juillet 1994. 

Au mois d’août 1994, ces camps de rassemblement furent démantelés et la population rescapée rentra dans ce qui restait de ses biens. De retour sur la colline, les délateurs s’organisèrent et continuèrent leur macabre besogne d’après nos enquêtes, avec la complicité des “encadreurs politiques” du FPR.

 

En principe, chaque secteur peut compter un ou deux groupes de délateurs. Ainsi on peut enregistrer plusieurs “syndicats” par commune. Dans certaines régions du pays, ces syndicats portent divers noms. Par exemple, en commune Gikoro (préfecture de Kigali-rural), existe un grand syndicat communal, dénommé “commission d’enquête”, chargé de définir le degré de culpabilité d’après les aveux extorqués par la torture. Cette commission joue le rôle du policier, du procureur et du tribunal puisque ses décisions sont irrévocables.

 

6) Comment pourrais-je conclure mon exposé sur l’Art de mentir ?

 

Puisque le mensonge paie bien, l’art de mentir est un véritable don lorsqu’on sait bien s’en servir. Pourra-t-on crier un jour sur les toits du monde entier : « Heureux ceux qui peuvent mentir impunément et imposer l’art de mentir comme un nouveau mode de vie ? » Rappelons que sous d’autres cieux l’on a des proverbes tels que « le mensonge ne s’assoie sur une chaise qu’une seule fois ».

Je ne me rappelle plus quelle célébrité qui disait que : « On peut mentir plusieurs fois mais on ne peut pas mentir éternellement ». Malheureusement quelques « heureux menteurs professionnels » ont réussi à imposer au monde entier une « fausse évangile » qui fait leur fortune depuis plus de 13 ans.

 

MATATA Joseph
Centre de Lutte contre l'Impunité
et l'Injustice au Rwanda (CLIIR)
Boulevard Léopold II, n°227
1080 BRUXELLES
Tél/Fax: 32.81.60.11.13
GSM: 32.476.70.15.69

Par JMV Ndagijimana - Publié dans : Opinion/Témoignages - Communauté : Afrique des Grands Lacs
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Mercredi 20 janvier 2010 3 20 /01 /Jan /2010 03:32

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Les juges Fabienne Pous (G) et Michèle Ganascia, le 20 avril 2007 à Paris ©AFP

PARIS (AFP) 12 janvier 2010

Les juges françaises Fabienne Pous et Michèle Ganascia, si elles saluent le rétablissement des relations diplomatiques avec le Rwanda, souhaitent plus de moyens pour enquêter sur des dossiers complexes, dans le cadre d’un futur pôle spécialisé "génocides" au tribunal de Paris.

"Le rétablissement des relations diplomatiques va dans le bon sens" pour le travail des juges, estime Mme Pous dans un entretien à l’AFP.

La France et le Rwanda ont annoncé fin novembre le rétablissement de leurs relations diplomatiques, rompues fin 2006 après l’émission de mandats d’arrêt visant des proches du président Paul Kagame.

Cette annonce est intervenue alors les deux juges rentraient du Rwanda où elles ont enquêté sur des plaintes visant des Rwandais pour leur implication présumée dans le génocide de 1994.Il s’agissait du premier déplacement de magistrats français depuis la rupture diplomatique.

"Nous pensions être interpellés sur notre travail.Or nous avons rencontré des Rwandais très ouverts, qui veulent savoir ce qu’ils peuvent faire pour nous aider dans notre travail", rappelle Mme Pous.

"Nous leur expliquons notre travail de juge d’instruction en soulignant que nous sommes détachés de tout aspect politique et diplomatique.Il y a une très forte attente au Rwanda" pour ces enquêtes, ajoute-t-elle.

 Les deux juges, qui préparent un nouveau déplacement d’un mois en mars au Rwanda, insistent sur la faiblesse de leurs moyens pour enquêter sur des faits de complicité de génocide et de crimes contre l’humanité.Deux autres juges instruisent à Paris des dossiers rwandais.

Leurs enquêtes concernent notamment Agathe Habyarimana, veuve du président Juvénal Habyarimana mort dans un attentat en avril 1994, ou encore Wenceslas Munyeshyaka, ancien curé de la paroisse de la Sainte-Famille à Kigali.

Parallèlement au rétablissement des relations diplomatiques, le gouvernement a annoncé la création prochaine d’un pôle spécialisé "génocides et crimes contre l’humanité" au tribunal de grande instance (TGI) de Paris.

"On ne peut que se féliciter de l’annonce d’un pôle spécialisé mais de quels moyens disposera-t-il ?Comment sera-t-il organisé ?Nous n’en savons rien et nous espérons qu’il ne s’agira pas d’un effet d’annonce", estime Mme Pous.

Pour leur prochain déplacement, les deux magistrates ont demandé à être déchargées des permanences habituellement exercées, ce qui leur a été refusé.

 "Nous avons la volonté farouche d’avancer mais sommes parfois pris d’un sentiment immense de découragement", confie Mme Pous, soulignant "la grande misère" des juges pour enquêter : pas d’assistant spécialisé, pas de fax individuel, une numérisation limitée des documents.

"Ces dossiers demanderaient un temps plein, de se plonger dans l’histoire, les relations politiques, les mouvements de troupe.Cela demande des déplacements et des dizaines et dizaines d’auditions", ajoute-t-elle.

Pour Mme Ganascia, "la communauté internationale a mis beaucoup de moyens pour mettre en place le TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda), la France n’en a pas mis autant" pour les affaires rwandaises de son ressort.

Les juges s’attendent en outre à une charge accrue de travail en raison d’un éventuel reversement des dossiers du TPIR, dont le mandat doit s’achever fin 2010, et de nouvelles plaintes attendues de la part du collectif de victimes.

Source africa1.com

Par JMV Ndagijimana - Publié dans : France-Rwanda - Communauté : Afrique des Grands Lacs
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Mardi 19 janvier 2010 2 19 /01 /Jan /2010 11:00

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Reuters

L'ex-premier ministre Alain Juppé décline l'offre de Nicolas Sarkozy de succéder à Philippe Séguin, récemment décédé, à la tête de la Cour des comptes.

Dans une interview aux Echos, à paraître mardi, il justifie son choix par le désir de rester maire de Bordeaux. "Je ne ferai pas ça aux Bordelaises et aux Bordelais", dit-il.

"Avec Nicolas Sarkozy, tout ne marche pas, mais, globalement, la France bouge", se félicite par ailleurs Alain Juppé.

En revanche, le maire de Bordeaux se montre très critique envers les banquiers, jugeant dans le contexte actuel les bonus "obscènes" et "inacceptables". "Si on n'arrive pas à se faire entendre des banques, je pense qu'il faudra aller plus loin au Parlement", dit-il.

Gérard Bon, édité par Jean-Philippe Lefief


SOURCE 

Par JMV Ndagijimana - Publié dans : France
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Mardi 19 janvier 2010 2 19 /01 /Jan /2010 06:13

Débat diffusé par RFI dans l'émission de Madeleine Mukamabano. Journaliste à Radio France Internationale, Mme Mukamabano est franco-rwandaise et membre du Front Patriotique Rwandais depuis sa fondation.

Ecouter la première partie du débat

Ecouter la deuxième partie du débat


Au sujet du rapport Mutsinzi, lire l'article
http://www.france-rwanda.info/article-france-rwanda-tripatouillages-diplomatiques-et-trocs-judiciaires-40899248.html

Par JMV Ndagijimana - Publié dans : Rwanda - Communauté : Afrique des Grands Lacs
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Lundi 18 janvier 2010 1 18 /01 /Jan /2010 11:55
Par Alain Bischoff 
Juriste, consultant indépendant pour l’Afrique centrale.
(Auteur de Congo-Kinshasa, la décennie 1997-2007, Editions du Cygne, Paris, 2008)

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En Afrique, les Français aiment bien les démocraties de pacotille et particulièrement, sous l’influence de B. Kouchner, celle qui trône sans partage au Rwanda. On peut s’interroger sur les raisons qui animent M. Kouchner, artisan principal de la réconciliation franco-rwandaise. Ce n’est sans doute pas la défense de la francophonie, le Rwanda de Paul Kagamé vient de lui tourner le dos en adhérant au Commonwealth ; ce n’est pas non plus la défense d’intérêts économiques français dans la région des Grands Lacs, ils sont quasi-nuls. A la limite, peut-on imaginer que cette réconciliation avec le Rwanda est indispensable pour que la France puisse à nouveau peser sur la géopolitique de la région et caresser l’espoir de mener à bien une solution de paix en RDC. Comment, en effet, concevoir, sans réconciliation préalable avec le Rwanda, que la conférence internationale sur la coopération économique dans la région des Grands Lacs, prévue en 2010, à l’initiative de la France, puisse avoir la moindre chance de réussite ? Cependant, en alignant, depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, sa diplomatie sur celle des Etats-Unis, la France s’est disqualifiée face aux Américains – tout-puissants dans les Grands Lacs - dont elle est devenue un partenaire servile : le retour de la France dans l’OTAN, sa participation à la guerre américaine en Afghanistan,  sa dénonciation sans nuances du régime iranien, son soutien toujours plus évident à Israël en sont autant de témoignages. Non, ce qui a conduit M. Kouchner à réconcilier la France avec le Rwanda est à la fois beaucoup plus personnel, en ce qui concerne le Rwanda, et beaucoup plus mercantile, en ce qui concerne la RDC.

M. Kouchner s’est toujours montré proche de la minorité tutsi, dont on a pu écrire, sans crainte du ridicule, qu’elle était d’origine « nilotique » par opposition à la majorité hutu, qui serait bantoue : le « seigneur d’Orient » tutsi contre le nègre « banania » hutu. Ce sont des inepties, mais la vision des Tutsi, dont la littérature coloniale a été jusqu’à soutenir qu’ils étaient des « juifs africains », en proie à la barbarie des Bantous (les Hutu), n’est pas pour rien dans la perception qu’à M. Kouchner du drame rwandais. Ce drame, il ne le voit qu’à travers le génocide qui frappa les Tutsi en 1994 ; pas une seconde n’est évoqué le massacre perpétré, par l’armée rwandaise, en 1996/1997 de plus de 200 000 réfugiés Hutu en fuite dans les forêts de l’Est de la RDC ; sur ce massacre, la lumière n’est pas encore faite aujourd’hui, et il n’est pas « politiquement correct » d’en parler. Tout comme les violences inouïes faites aux Palestiniens ne pèsent rien tant Israël doit être soutenue en raison de la Shoah, le génocide  de 1994 dédouane le Rwanda aux mains du FPR de toute responsabilité dans l’instabilité du Kivu et dans les crimes commis contre sa population. Evidemment la Shoah est une abomination absolue, évidemment le massacre à grande échelle de 1994 dont furent victimes les tutsi est une barbarie totale, mais pourquoi tolérer que ces drames doivent exonérer Israël et le Rwanda du FPR, eux-mêmes coupables de crimes affreux commis depuis de longues années, en Palestine et au Kivu ?

La réconciliation franco-rwandaise – même si, côté rwandais, elle n’est que de façade – ne devrait pas se faire sur le dos de la RDC. Or,  malgré les dénégations françaises, après divulgation du plan de paix pour le Kivu le 16 janvier 2009, énoncé par le président Sarkozy, précédé, en décembre 2008, de celui concocté par l’Américain Herman Cohen, nul ne peut douter que, dans l’esprit des Occidentaux, l’atomisation du Congo demeure un moyen de satisfaire leur convoitise des richesses du sol et du sous-sol du Kivu en s’appuyant sur le Rwanda, exigu et surpeuplé, sans ressources autre que l’agriculture, pays entrepôt des pillages du Congo qui contribue fortement à leur transfert en Europe ou aux Etats-Unis. Qu’a fait M. Kouchner lors de sa tournée africaine ? De la politique au Rwanda, où il a réaffirmé la « repentance » française ; et quoi au Congo ? Rien d’autre de vraiment plus important que d’annoncer  la visite en RDC, prévue pour février prochain, d’investisseurs français.

Offrir le Congo aux entreprises françaises ! Voilà l’ultima ratio de l’agitation française actuelle en Afrique centrale. Il  importait déjà de s’interroger, très récemment, sur l’étrange sollicitude du président français à l’égard de la forêt du bassin du Congo dont il se proclamait, avant Copenhague, le défenseur planétaire. Derrière cette sollicitude se cache en réalité la volonté d’implanter en RDC les groupes français d’exploitation forestière, présents déjà au Cameroun, au Congo-Brazza, au Gabon, en Centrafrique – sans, soit-dit au passage, que leurs méthodes d’exploitation ne montrent le moindre souci environnemental ou social à l’égard des populations autochtones -  mais encore absents de RDC. La RDC n’a pas besoin des sociétés forestières françaises,  ni d’Areva pour exploiter l’uranium, ni de Vinci pour la rénovation de l’aéroport de N’Djili, ni des Ciments Lafarge, ni de France Telecom, ni d’Alstom pour réhabiliter Inga II, ni de Suez ni de Veolia pour exploiter l’électricité, ni d’aucune entreprise française qui ne viendrait, après tant d’autres, que pour se gaver dans le libre-service congolais. C’est de développement durable, de transferts technologiques, d’aide à la création d’une industrie nationale que le Congo a besoin. Est-ce cela que la France propose au Congo ? Non. 

On ne peut être qu’être triste et déçu de constater que le Congo semble condamné à supporter la tutelle de la « communauté internationale » et que la visite du chef de la diplomatie française ne sert pas à modifier cette malheureuse constante, bien au contraire. A Bernard Kouchner, condescendant et content de soi, pourquoi n’a-t-on pas demandé, par exemple, comment la France croyait possible la relance d’une coopération régionale, au travers de la CEEAC  sans réelle souveraineté de l’’Etat congolais sur le Kivu ? Pourquoi ne lui a-t-on pas demandé aussi, comment il pouvait imaginer la réussite des initiatives françaises dans la région sans qu’aient été résolues les causes premières des  guerres du Kivu : d’une part, la question de la propriété foncière sur fond de surdensité de population, tant au Kivu qu’au Rwanda voisin, et, d’autre part, la question du contrôle de l’exploitation des ressources naturelles par l’Etat congolais et non par des multinationales dont les gouvernements occidentaux protègent les activités prédatrices, la MONUC étant par ailleurs l’épigone armée du colonialisme au Congo.

Dans ces conditions et en présence de la MONUC toujours là en 2010, comme un symbole négatif attestant que rien n’est réglé en RDC, il est à craindre, de voir les Congolais dépossédés de l’affirmation de l’indépendance de leur pays - dont la célébration du cinquantenaire devrait être l’éclatante manifestation - comme ils ont été dépossédés depuis 1960 de la réalité de celle-ci. En avril 2009, le président Kabila déclara, dans une belle interview donnée au New York Times, que « le Congo est un gentil géant », un beaucoup trop gentil géant devrait-on dire.

Alain Bischoff, juriste, consultant indépendant pour l’Afrique centrale.

(Auteur de Congo-Kinshasa, la décennie 1997-2007, Editions du Cygne, Paris, 2008)

Par JMV Ndagijimana - Publié dans : France-Rwanda - Communauté : Afrique des Grands Lacs
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Lundi 18 janvier 2010 1 18 /01 /Jan /2010 11:24

Déclaration de Mme Victoire Ingabire à l'aéroport de Kigali

Victoire Ingabire Umuhoza candidate

Je rentre.

Rwandaises, Rwandais, amis du Rwanda,

Après 16 ans d’exil, aujourd’hui je suis de retour dans ma patrie.

Notre pays a connu l’innommable. Le génocide a emporté presque un million de Rwandais, des massacres à grande échelle ont aussi emporté plusieurs milliers d’autres Rwandais. Il n’y a aucune famille rwandaise qui n’a pas été endeuillée. Mais la population attend toujours dans l’angoisse et la peur une réelle politique nationale d’unité et de réconciliation.

Je viens pour la paix et c’est cette paix qui guidera mon action politique pour éradiquer l’injustice et pour briser toutes les chaînes qui nous emprisonnent.

Nous avons créé en exil une formation politique, les FDU-Inkingi et nous avons fait la politique en exil. Maintenant, il est temps de la poursuivre dans notre pays, avec des Rwandais qui sont restés au pays pour entamer ensemble avec toutes nos forces une lutte politique qui nous mènera à la victoire contre toutes formes d’injustice et à l’instauration d’une véritable démocratie basée sur la liberté de tout un chacun.

Je vous transmets le bonjour de vos proches, amis et connaissances, de vos compatriotes restés en exil. Ils partagent le même combat que nous tous, dans cette lutte pour le changement que nous entamons en vue de redonner son honneur à chaque Rwandais de façon pacifique, sans nouvelle effusion de sang. Je viens pour faire enregistrer votre parti afin de pouvoir disputer avec les autres formations politiques oeuvrant au Rwanda l’élection présidentielle qui se tiendra au mois d’août de cette année et toutes les autres élections qui se tiendront dans les années à venir. C’est un long chemin que nous commençons, une vraie révolution qui ne se terminera pas avec l’élection présidentielle.

Quel est l’objectif de notre lutte?

Nous voulons que chaque Rwandais cesse d’avoir peur, nous voulons éradiquer la pauvreté, la faim, le népotisme, la corruption, le clientélisme et nous voulons combattre la dictature, l’injustice, une justice inéquitable pratiquée par les Tribunaux Gacaca, la prison et les Travaux d’Intérêt Général sans procès équitables, l’exil qui empêche les enfants de connaître leurs parents et qui détruit les familles, les inégalités sociales, la discrimination, l’expropriation des biens ou des terres. Nous voulons que chaque Rwandais marche droit sans se cacher, sans avoir honte, nous voulons briser toutes les chaînes qui vous empêchent de vous sentir citoyens rwandais à part entière.

Je suis une fille qui rentre chez les siens, je rentre pour lutter pacifiquement, je rentre pour qu’ensemble nous conjuguions nos efforts pour nous libérer de tout ce qui nous empêche d’être libres. Je ne suis pas accompagnée par une armée parce que je viens vers vous, vers mes parents, mes frères et sœurs. Personne ne peut empêcher un enfant de rentrer chez ses parents.

Vous qui êtes restés au pays, nous vous félicitons, car, c’est vous qui savez la douleur que vous avez endurée. Nous connaissons votre peine, vous ne dites rien mais votre visage traduit votre angoisse. Mais, vous seuls savez mesurer avec précision l’ampleur de votre chagrin.

La libération doit se faire dans le calme . Ce n’est pas en criant qu’on se libère, cela permet à l’oppresseur de doubler d’ardeur. Nous voulons une libération pacifique, sans nouvelle effusion de sang. Nous ne voulons pas une autre guerre et nous condamnerons quiconque voudra nous replonger dans la guerre. Quand on se libère en versant le sang des innocents, on continue à traîner ce mauvais héritage. C’est pour cela que nous ne vous engagerons pas dans des meetings qui risquent de déboucher sur des affrontements. Nous nous battrons pour que chaque voix compte et que le dépouillement ait lieu publiquement là-même où vous aurez voté. Si quelqu’un s’y oppose, vous serez pris à témoin.

N’ayez plus peur. Après notre victoire, toute personne qui aura été expropriée injustement récupérera ses biens.

Notre politique se fera dans le calme et la sérénité afin que nous gagnions sans provoquer une autre guerre, celui qui voudra la provoquer en sera seul tenu responsable.

Notre objectif est de mettre un terme définitif à la dictature, à la mauvaise gestion du patrimoine national. Nous voulons une réforme profonde de l’armée et des forces de l’ordre, une réforme sociale et économique, une réforme de l’éducation et de la justice. Nous voulons une politique qui protège chaque Rwandais pour que plus personne ne perde sa vie à cause de ses origines, de sa région, de sa religion ou de ses opinions politiques.

Certains se demandent peut-être s’il n’y a rien de positif dans tout ce qu’a fait le régime en place depuis ces 16 ans? Je ne suis pas le porte-parole de ce régime et ce n’est pas à moi de vanter ses mérites. Ce que je peux répliquer à cela, c’ est que quand quelqu’un s’engage à diriger le pays, il s’engage à œuvrer pour le bien des citoyens et pour le développement du pays. L’opposition est là pour alerter sur ce qu’il faut corriger, le gouvernement a ses porte-parole qui savent bien le défendre dans les médias de l’Etat et auprès de ceux qui le soutiennent.

De belles maisons, des villas, des buildings sont remarquables mais cela ne m’empêche pas de voir la famine criante dans les campagnes, le kwashiorkor, les chiques, la peur chronique, les conditions de vie déplorables, le clientélisme, les latifundia, les gens qui paient pour survivre, la corruption, la discrimination et les inégalités de toutes sortes.

Réveillez-vous, renoncez à la peur et libérons-nous pacifiquement.

Ensemble nous vaincrons.


Kigali, le 16 janvier 2010

Ms. Victoire Ingabire Umuhoza,

Présidente des FDU-Inkingi. 

SOURCE 

Par JMV Ndagijimana - Publié dans : Rwanda - Communauté : Afrique des Grands Lacs
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Lundi 18 janvier 2010 1 18 /01 /Jan /2010 09:02

Victoire-Ingabire-Umuhoza-candidate.jpg Arrivée samedi 15 janvier 2010 à Kigali où elle a été accueillie par une grande foule de sympathisants, la présidente des FDU-INKINGI est déjà sous les feux croisés des propagandistes du FPR. Accusée de révisionnisme et de banalisation du génocide tutsi pour avoir prôné la réconciliation mémorielle sans discrimination ethnique, la candidate à la présidentielle d'août 2010 fait face avec courage à ceux qui tentent de la réduire au silence. Le ministre de l'intérieur du régime FPR menace de la poursuivre en justice, tandis que la presse proKagame lui prédit des jours sombres au Rwanda. Lisez plutôt les deux dépêches de ce matin publiées par le très officiel The New Times.

The New Times
Monday, 18th January 2010
Govt won't stand violation of the laws – interior Minister
By Edmund Kagire

KIGALI - The Minister of Internal Security Sheikh Mussa Fazil Harerimana has warned presidential hopeful Victoire Ingabire Umuhoza against revisionist and Genocide denial pronouncements that are a clear violation of the country's laws.

Ingabire who arrived in the country on Saturday to register her party ahead of this year's Presidential elections started from a revisionist position, espousing theories on double genocide and denouncing Gacaca, referring to the court system as `ingoyi' or shackles.

"She is welcome to Rwanda like any other Rwandan," Harerimana told The New Times. "But what I need to emphasize to her is that we are country that is governed by the rule of law and anyone who violates these laws will be called to account."

While visiting the Genocide memorial site, soon after her arrival, Ingabire made a statement claiming that there was double genocide in Rwanda in 1994.

She has equally announced that she's leading a revolution of `Nyamwinshi' or ethnic majority, a reference to the 1959 episode of the Genocide against the Tutsi.

Her remarks have enraged survivors and ordinary Rwandans who called into different radio stations yesterday accusing the presidential hopeful of being "insensitive and a Genocide denier." 

They urged Ingabire to acquaint herself with the country's newly enacted laws especially those relating to the fight against genocide.

Minister Harerimana warned that government does not tolerate any form of impunity and whoever violates the existing laws will have to answer accordingly.

"There's no one above the law and we do not tolerate impunity. If she thinks that hoping to be a presidential candidate, gives her the license to violate the laws, then she's in the wrong place," the minister said.

Her remarks at the Genocide memorial site were seen by many as a mockery to those who died in the Genocide, an observation supported by her past utterances which reveal a deep sense of revisionism.

"She has clearly started on a wrong note," Celestin Kayiranga a survivor told The New Times yesterday. "It's simply pathetic and irritating to hear such remarks being made by a politician on the Rwandan soil today----this is simply taking us many years backwards."

Ingabire arrived in the country on Saturday after 16 years of self-imposed exile in Europe . She is the president of the United Democratic Forces (FDU-Inkingi) .

End

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The New Times

Monday, 18th January 2010

Political Parties, CNLG slam Ingabire `divisionist' politics

BY EDMUND KAGIRE

KIGALI - Political Parties and the Commission for the Fight against Genocide (CNLG) have come out strongly to condemn the President of United Democratic Forces (UDF-Inkingi) for uttering statements that negate the genocide and promote ethnic divisionism.

Victoire Ingabire Umuhoza who heads the Dutch-based FDU-Inkingi returned into the country after 16 years of self imposed exile in Europe but her comments upon arrival and after visiting the Kigali Genocide Memorial site were nothing but a revelation that she was here to play the ethnic card.

Speaking to the press shortly after touching down at Kigali International Airport and after visiting the Memorial Site at Gisozi, Ingabire said that she is in the country to relieve Rwandans `from fear, poverty and inefficient Gacaca'.

In an interview with The New Times, the Executive Secretary of CNLG Jean de Dieu Mucyo warned that Ingabire's remarks which amount to genocide revisionism `are unacceptable' calling upon responsible authorities to hold her answerable for her reckless statements.

"This is unacceptable; she has to change her language if she intends to continue communicating to Rwandans. We have reached a stage where such comments about the genocide should not be tolerated."

"I even wonder why she had to go to the memorial site, it is painful for her to have said such words on top of the remains of innocent people killed during the genocide against the Tutsi and then start fronting suggestions that there was a double genocide. It is quite shocking," Mucyo told The New Times.

Mucyo said that CNLG was aware that Ingabire and her party were trading theories in Europe in line with genocide revisionism as well as political propaganda that is based on ethnicity.

In an interview Dr. Jean Damascene Ntawukuriryayo, the Secretary General of Social Democratic Party (PSD) said that it is unfortunate that Ingabire still holds doubts that the genocide was committed against the Tutsi.

"Anybody who negates the genocide and claims to be Rwandan is not really Rwandan. Such a person does not qualify to rule this country. We all know the genocide happened and it had been planned earlier to have all Tutsis killed," Ntawukuriryayo who also doubles as the Deputy Speaker of the Lower Chamber of Deputies said.

He noted that Ingabire's remarks were irresponsible and are a sign that she is out of touch with what is happening in Rwanda .

He challenged her to bring forward cases of her people who were killed and those who killed them and see whether justice will not be delivered.

"You cannot say such things especially if you know where the country is today in development and where you left it 16 years ago. I have been a Minister and MP in this Government, I have not seen any Rwandan living in fear," Ntawukuriryayo noted.

The President of Ideal Democratic Party (PDI), Sheikh Musa Fazil Harerimana said that Rwandans have chosen a government of unity and reconciliation that focuses on development and cannot be confused anymore by politics of divisionism.

"Rwandans know the pain caused by politics of ethnic divisionism and they will not allow this to happen again. What they want today is someone who comes with development plans and not one who will divide them."

"Well, if she can't realize the achievements of Gacaca, what solution has she brought forward? The world asked us what Gacaca was and we showed them how we were going to do it. Later the whole world appreciated the job done by Gacaca, who is she to downplay it?" Harerimana pondered.

He added that for the last 15 years, Rwandans have experienced good governance and development and not just words, and they will not be confused by those who want to hold them to the past.

"There is no doubt that what happened in Rwanda was genocide against the Tutsi and if she knows the definition of genocide, it affects a particular group of people or race and not two ethnicgroups can be targeted," Harerimana said

Protais Mitali, the President of the Liberal Party (PL) was equally shocked by her remarks but added that it did not come as a surprise since she has been saying the same in Europe .

"She is known for this kind of talk, we all know she is here to play the ethnic card but she should know that Rwandans will no longer accept sectarian politics, today we look at each other as Rwandans."

"She doesn't know where we are today---she is still stuck in the politics before 1994 and we cannot allow such people to take us back. We will fight and defeat them on all fronts," Mitali

Mitali noted that Ingabire was involved in European campaigns which suggested that there was no genocide but after failing to convince the world she developed the double genocide theory.

"She could not have participated in the genocide, but standing on top of the remains of those who were killed and utter such statements almost amounts to committing genocide. It is the worst way to mock the dead," Mitali remarked.

Ingabire is set to embark on plans to register her party ahead of the August Presidential elections. She has expressed her intentions to stand as a candidate.

Ends

Par JMV Ndagijimana - Publié dans : Rwanda - Communauté : Afrique des Grands Lacs
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