Dimanche 4 décembre 2011 7 04 /12 /Déc /2011 19:10

Le Burundi bascule dans la violence. Les attaques de villages et les assassinats ciblés se multiplient. Une nouvelle rébellion est née contre le régime du président Nkurunziza. Nos reporters ont rencontré le chef de ces rebelles dans les montages du Sud-Kivu. Pour la première fois, il a accepté de parler à des journalistes.

Par Pauline SIMONET

Ce jeudi 1er décembre est le premier jour de diffusion de notre Reporter sur la nouvelle rébellion et sur les tensions politiques au Burundi. Mais le signal de FRANCE 24 est soudainement brouillé dans le pays. Je reçois de nombreux appels de Burundais, frustrés. Les occasions sont si rares de voir des reportages sur leur pays dans les médias internationaux.

Cela fait plusieurs mois que j'y pensais. Le Burundi s'enfonce à petit feu dans une nouvelle guerre, mais on n'en parle pas. Ou si peu. Il faut bien le dire, le Burundi, niché au cœur de l'Afrique des Grands Lacs entre le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC) n'intéresse guère la communauté internationale. C'est l'un des plus petits pays du continent, son sous-sol ne recèle pas de grandes richesses et son rôle régional est limité. L'histoire tragique du Burundi n'a pas eu le retentissement médiatique du génocide et du conflit au Rwanda.

Lorsqu'une nouvelle rébellion se forme, le Fronabu Tabara, qui commence à diffuser des communiqués sur internet, je saisis l'occasion. Le conflit se matérialise. Un bon point de départ pour un reportage. Mais encore faut-il l'approcher, aller à sa rencontre. Il faudra plusieurs semaines de préparation. Les hommes en armes sont timorés, ils craignent de tomber dans un guet-apens.

Un contact est finalement établi. Les rebelles donnent leur accord. Mais ce n'est qu'une fois arrivés à Bujumbura début novembre que nous connaîtrons les détails de la rencontre. Elle aura lieu de l'autre côté du lac Tanganika dans l'Est de la RDC... Il faudra grimper dans les Hauts-Plateaux du Sud-Kivu. C'est là que le nouveau groupe armé a installé sa base arrière.

Deux jours de marche

Nous devons rencontrer nos "passeurs" à Uvira, la ville jumelle de Bujumbura, côté congolais. Mais le départ est plusieurs fois reporté. Nous sommes en pleine période électorale en RDC, le président Joseph Kabila est en campagne dans la région... Les postes de militaires congolais se sont multipliés.

Difficile de passer inaperçue. Les téléspectateurs de FRANCE 24 me reconnaissent. Cela ralentira le passage de la frontière congolaise.

Après plusieurs échecs, nous voici de l'autre côté de la frontière en compagnie de nos guides, au pied des montagnes. Les rebelles sont à trois heures de marche, nous dit-on, on devrait arriver avant la tombée de la nuit. Je me rassure, le périple est à ma portée. Ce seront en fait deux longues journées de marche qui seront nécessaires pour arriver au point de rencontre. Sur des chemins escarpés, rocailleux, à pic. Nous dormons chez l'habitant. Première nuit dans un village bafulero, où l'on égorge un poulet pour accueillir les étrangers, accompagné de pâte de manioc. Au petit matin, on nous assure encore que nous toucherons au but trois heures plus tard… Il faudra une journée de plus pour y parvenir. La fatigue, l'impatience et la légère irritation qui nous tenaillent, face à l'incertitude de notre périple, sont largement compensées par la beauté, à couper le souffle, des paysages de ces Hauts-Plateaux Banyamulenge. Et par la rencontre passionnante avec ces familles de pasteurs Tutsis, d'origine rwandaise ou burundaise, installées dans cette région il y a plus d'un siècle à la recherche de pâturage.

Deuxième nuit dans les montagnes du Sud Kivu. Nous dormons dans un village banyamulenge à près de 2500 mètres d'altitude. Une plongée dans le passé. Ces populations ont gardé quasiment intactes les traditions de leurs ancêtres remontant à la période du "mwami", de la monarchie tutsi, au Rwanda et au Burundi...

Leurs habitations sont de grandes cases arrondies, surmontées d'un toit de paille. Les murs sont peints de formes géométriques avec une mixture surprenante : de la bouse de vache teintée de terre colorée noir, blanc, orange, jaune ou rouge. Les discussions au coin du feu se prolongent dans la nuit avec nos hôtes : les plus vieux parlent un français impeccable et nous racontent leurs difficultés, les attaques et les pillages récurrents des nombreux groupes armés installés dans la région, les moutons et les vaches qui manquent régulièrement à l'appel. Mais aussi l'histoire ancestrale de leur famille.

Soudain, retour forcé et brutal à la réalité. Alors que la nuit est déjà tombée depuis plusieurs heures, une vingtaine d'hommes en armes débarquent dans le village. Ce sont les rebelles que nous devons rencontrer.

Un grand reportage de Pauline SIMONET et Julien SAUVAGET.

http://www.france24.com/fr/20111202-burundi-ombre-guerre-groupes-armes-rebellion-tutsi-hutu-president-nkurunziza-reporter

Par FRANCE-RWANDA TRIBUNE - Publié dans : Burundi - Communauté : Afrique des Grands Lacs
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Samedi 3 décembre 2011 6 03 /12 /Déc /2011 20:45

Publié le vendredi 2 décembre 2011.

Charles-Ingabire.jpg

Charles Ingabire assassiné à Kampala par un commando de Paul Kagame

Reporters sans frontières apprend avec consternation que le journaliste rwandais Charles Ingabire, éditeur du site Internet Inyenyerinews.org, a été assassiné dans la capitale ougandaise Kampala, dans la nuit du 30 novembre au 1er décembre 2011. Très critique des autorités rwandaises, le journaliste était réfugié à Kampala depuis 2007.

"Nous présentons nos sincères condoléances à l’ensemble de ses confrères rwandais et exilés, choqués par cette triste nouvelle. S’il est encore un peu tôt pour déterminer qui en sont les responsables, ce meurtre vient rappeler que les journalistes rwandais en exil sont souvent en danger, spécialement à Kampala. En 2011, plusieurs d’entre eux avaient été agressés dans cette ville", a déclaré l’organisation.

"Il s’agit du deuxième journaliste rwandais tué en l’espace d’un an et demi, après le meurtre, à Kigali, en juin 2010, de Jean-Léonard Rugambage", a ajouté Reporters sans frontières.

Selon les premières informations, Charles Ingabire s’est présenté à un rendez-vous, le 30 novembre vers 22 heures, dans un bar de Kampala. Vers 2 heures du matin, le journaliste s’apprêtait à rentrer chez lui lorsqu’il a été abattu à bout portant par un inconnu circulant à bord d’un véhicule Pajero. Charles Ingabire a été touché par balle dans la poitrine et est mort sur le coup. Son corps se trouve à la morgue Mulago où une autopsie doit être pratiquée.

La police ougandaise a ouvert une enquête et a, selon le quotidien ougandais The Daily Monitor, procédé à deux arrestations pour interrogatoire.

Avant de prendre le chemin de l’exil et de créer Inyenyerinews.org, Charles Ingabire travaillait à Kigali pour le journal Umuco.

Le journaliste avait été plusieurs fois menacé, par téléphone, ou par l’intermédiaire de commentaires laissés sur son site. Il avait aussi été violemment agressé, à Kampala, il y a environ deux mois, par des inconnus qui lui avaient dit vouloir fermer son site Internet.

Photo : logo du site Inyenyerinews.org

http://en.rsf.org/uganda-rwandan-exile-journalist-gunned-02-12-2011,41504.html

Rwandan exile journalist gunned down in Kampala

Published on Friday 2 December 2011.

Reporters Without Borders is stunned to learn that Rwandan journalist Charles Ingabire, an outspoken critic of the Rwandan government and editor of the Inyenyeri News website, was gunned down in the early hours of yesterday in the Ugandan capital of Kampala, where he had lived in exile since 2007.

“We offer our sincere condolences to his fellow journalists in Rwanda and in exile, who are shocked by this terrible news,” Reporters Without Borders said. “While it is still too soon to say who is responsible for his murder, we point out that exiled Rwandan journalists are often in danger, especially in Kampala, where several of them have been physically attacked this year.

“This is the second murder of a Rwandan journalist in the past 18 months, following that of Jean-Léonard Rugambage in Kigali in June 2010.”

According to initial reports, Ingabire was shot at point-blank range by an unidentified person in a Pajero car at around 2 a.m. as he left a Kampala bar to which he had gone four hours earlier to meet a friend. He was hit in the chest and died on the spot. His body is now in the Mulago morgue, where an autopsy is to be carried out.

The Ugandan police are investigating the murder and, according to the Kampala-based Daily Monitor, have arrested two persons in order to question them.

Before fleeing Rwanda and launching Inyenyeri News, Ingabire worked for the Kigali-based newspaper Umuco.

He had been threatened several times in phone calls and comments left on his website. He was also physically attacked about two months ago in Kampala by unidentified assailants, who said they wanted his website closed down.

 

Photo : logo of the Inyenyeri News website.

Par FRANCE-RWANDA TRIBUNE - Publié dans : Rwanda - Communauté : Afrique des Grands Lacs
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Vendredi 2 décembre 2011 5 02 /12 /Déc /2011 21:10

TPIR-LOGO.gif Arusha, 30 novembre 2011 (FH) -

Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), créé par une résolution du Conseil de sécurité de novembre 1994, aura coûté aux Nations Unies 1,6 milliards de dollars au 31 décembre prochain, date théorique de la clôture de ses travaux en première instance, apprend-on de source officielle.

« Le coût estimatif du TPIR depuis son démarrage, de 1995 à décembre 2011, est d'environ 1.644.759.300  dollars », a indiqué mercredi matin à l’agence Hirondelle, le porte-parole du tribunal Roland Amoussouga, sans entrer dans le détail.  

Selon la résolution 955, le TPIR, dont le siège se trouve à Arusha, en Tanzanie, a pour  mandat de poursuivre les auteurs présumés du génocide et autres violations graves du droit international humanitaire commis sur le territoire rwandais, ainsi que les citoyens rwandais présumés responsables de telles violations commises sur le territoire d'Etats voisins du Rwanda en 1994.

Le TPIR a son siège à Arusha en Tanzanie, mais il a également des bureaux à Kigali, essentiellement pour les enquêtes, et à La Haye aux Pays Bas, pour les procédures devant la chambre d'appel.

Le tribunal est constitué de trois organes: les chambres, y compris une chambre d'appel, le bureau du procureur en charge des enquêtes et des poursuites, et le greffe responsable de l'administration ainsi que de l'appui aux chambres et aux parties.

Le TPIR gère par ailleurs son propre quartier pénitentiaire, situé à l’intérieur de la prison tanzanienne d’Arusha.

Toutes les équipes de défense qui comprennent généralement un minimum de deux avocats et un enquêteur par accusé, sont payées par le greffe. Les accusés, tous considérés comme incapables de se payer les services d’un défenseur, bénéficient d’une aide judiciaire.

Même si le tribunal a commencé à s’installer en 1995, son premier procès n’a démarré que le 9 janvier 1997, avec l’affaire Jean-Paul Akayesu.

Le jugement est tombé le 2 octobre 1998. Reconnu coupable de génocide, incitation directe et publique à commettre le génocide et de viol entendu comme acte de génocide, Akayesu, ancien maire d’une commune du centre du Rwanda, a été condamné à l'emprisonnement à vie.

ER/GF
© Agence Hirondelle

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Mardi 22 novembre 2011 2 22 /11 /Nov /2011 15:14

La Haye, 17 novembre 2011 (FH) - Le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) a délivré un mandat d’arrêt à l’encontre de Florence Hartmann, porte-parole de la procureure Carla del Ponte de 2000 à 2006. Ce mandat d’arrêt a été adressé aux autorités françaises le 16 novembre et n’a pas encore été exécuté.

Florence-Hartman.jpg Ancienne journaliste au Monde, Florence Hartmann avait été reconnue coupable d’outrage à la Cour en septembre 2009 et condamnée à verser 7.000 euros d’amende. Faute d’avoir reçu le montant de l’amende, les juges du TPIY ont converti la peine en sept jours de prison.

Florence Hartmann n’a pas strictement refusé de payer, mais a versé le montant de l’amende sur un compte bancaire ouvert au nom de son comité de soutien. Elle a ensuite invité le greffe du tribunal à saisir les autorités françaises pour pouvoir récupérer les 7.000 euros. Par cette procédure, l’ex-employée du tribunal souhaite que des juges, indépendants du tribunal, se penchent sur son affaire.

Interrogée par téléphone, Florence Hartmann explique qu’elle se « battra devant toutes les instances judiciaires pour faire réviser ce jugement, qui est une honte pour la justice ». Elle estime que la procédure n’a pas été régulière et viole la convention européenne des droits de l’homme. Mais après la procédure d’appel, les tribunaux pour l’ex-Yougoslavie et le Rwanda ne prévoient aucun recours supérieur.

La France est désormais confrontée à deux obligations contradictoires, affirme-t-elle. Obligé de coopérer avec le tribunal, Paris serait en contradiction avec la convention européenne des droits de l’homme si le mandat d’arrêt était exécuté.  
L’ancienne porte-parole n’a pas été condamnée pour avoir divulgué des documents, ou intenté à la sécurité des témoins, mais pour avoir rendu publique l’existence de deux ordonnances confidentielles, dans son livre «Paix et châtiment », publié en septembre 2007.  « Ce sont les juges visés dans mon livre qui m’ont jugé », explique-t-elle. Par ces ordonnances, le tribunal offrait des garanties de confidentialité à la Serbie. Forte de ces assurances, Belgrade avait accepté de coopérer et remis au procureur du tribunal des documents qui, selon Florence Hartmann, prouvaient la responsabilité directe du régime de Milosevic dans le massacre de Srebrenica.

Ces documents avaient pu être utilisés comme pièces à conviction dans plusieurs procès. Mais puisqu’ils étaient confidentiels, la Bosnie-Herzégovine n’avait pas pu obtenir ces pièces pour faire valoir ses droits dans le cadre d’une plainte pour génocide déposée contre la Serbie devant la Cour internationale de Justice, une autre instance judiciaire de l’Onu, chargée de régler les différends entre Etats.

Depuis sa création par le Conseil de sécurité des Nations unies en mai 1993, le TPIY a poursuivi pour « outrage » vingt-deux personnes, dont Mme Hartmann. Pour sa part, le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a jugé deux affaires du genre, dont l'une impliquait un avocat rwandais. Selon de bonnes sources au TPIR, d'autres poursuites pour outrage au tribunal pourraient s'ouvrir l'année prochaine.

 
SM/ER/GF
© Agence Hirondelle

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Mardi 22 novembre 2011 2 22 /11 /Nov /2011 14:56

Paris, 18 novembre 2011 (FH) – Alors que les personnels concernés en demandaient six, quatre juges d'instruction seront affectés exclusivement au pôle judiciaire spécialisé dans l'instruction des crimes les plus graves au Tribunal de grande instance de Paris d'ici à son inauguration en janvier 2012, a annoncé vendredi à l'agence Hirondelle le ministère de la Justice.
Après l'adoption définitive par l'Assemblée nationale, mercredi 16 novembre, de la loi prévoyant la création de ce pôle judiciaire spécialisé compétent pour "les crimes contre l'humanité, les crimes et délits de guerre et les actes de torture", les moyens qui lui seront alloués ont été dévoilés.

"La Chancellerie va affecter au TGI de Paris deux juges d'instruction en plus des [deux] magistrats actuellement en poste dans cette juridiction, un magistrat du parquet, deux greffiers et un fonctionnaire de greffe de catégorie C, et six assistants spécialisés détachés du ministère des Affaires étrangères", décrit Bruno Badré, le porte-parole du ministère de la Justice.

"Le principe du pôle, c'est que les magistrats qui le composeront ne se consacreront qu'à cette activité-là", précise-t-il, ajoutant que les moyens budgétaires affectés ne sont pas encore rendus publics.

Quatre juges d'instruction étaient déjà en charge au TGI de Paris, en tandem et depuis plusieurs années, des dossiers impliquant les crimes les plus graves. Dorénavant, ils vont pouvoir s'y consacrer à plein temps. Ainsi en mai dernier, ces juges comptaient encore sur leurs bureaux, en plus des 20 dossiers rwandais, un total de 340 autres dossiers à gérer, qui concernaient 144 personnes en détention.

Début juillet à Paris, les services concernés par la création du pôle spécialisé avaient demandé la création de six postes de magistrats à temps plein, d'autant de greffiers, et de trois ou quatre assistants de justice spécialisés.

Annoncé par l'ancien chef de la diplomatie française Bernard Kouchner le 7 janvier 2010, jour de la visite qu'il rendait à Kigali pour marquer la reprise des relations diplomatiques avec le Rwanda, ce nouveau pôle spécialisé devra s'occuper en priorité de la vingtaine de dossiers rwandais actuellement ouverts devant le tribunal de Paris.

Il regroupera à Paris toutes les affaires instruites en France sur les crimes contre l'humanité (qui comprennent dans la législation française celui de génocide), les crimes de guerre et les actes de torture, et aura des pouvoirs d'investigation équivalant à ceux de l'actuel pôle spécialisé en matière de criminalité organisée et de terrorisme.
En particulier, les juges d'instruction du nouveau pôle vont pouvoir, "dans le cadre d’une commission rogatoire internationale adressée à un État étranger, […] avec l’accord des autorités compétentes de l’État concerné, procéder à des auditions sur le territoire de cet État", indique la nouvelle loi.

"C'est une excellente nouvelle : on va enfin pouvoir entendre nous-mêmes les témoins sur place au Rwanda", se félicitait lors du premier vote de la loi à l'Assemblée nationale, le 4 juillet dernier, la juge d'instruction Fabienne Pous, qui travaille depuis huit ans sur des dossiers rwandais.

De janvier 2010 à juillet 2011, la juge française a pu effectuer sept déplacements au Rwanda avec des enquêteurs de la section de recherche de la gendarmerie parisienne, dans le cadre notamment de deux dossiers transférés il y a quatre ans à la France par le tribunal d'Arusha – l'abbé  Wenceslas Munyeshyaka et l'ancien préfet de Gikongoro (Sud), Laurent Bucyibaruta.

Prévu pour absorber l'ensemble des plaintes déposées en France relevant de crimes graves internationaux, la compétence du pôle va largement dépasser le Rwanda. Il va également hériter du dossier ouvert pour viols contre des militaires français de l'opération Turquoise au Tribunal aux armées de Paris, dont les procédures seront transférées au 1er janvier 2012.

FP/GF  
© Agence Hirondelle

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Lundi 21 novembre 2011 1 21 /11 /Nov /2011 07:17

Rusesabagina récompensé par Lantos Foundation Paul Rusesabagina récompensé par Lantos Foundation le 16/11/2011

Je lis ces derniers jours beaucoup de choses sur Paul Rusesabagina et l’Hôtel des Mille Collines. J’apprécie les gens qui recherchent la vérité sur ce qui s’est réellement passé en 1994. Mais il me semble n’avoir vu aucun témoignage direct de quelqu’un qui a vécu dans cet hôtel durant cette période sombre de notre histoire personnelle, individuelle, familiale et nationale. C’est à ce titre que je voudrais apporter ma modeste contribution à l’éclairage des faits.

Je me bornerai uniquement aux choses que j’ai vécues avec les autres réfugiés, parce que, en toute honnêteté, je me sentirais très mal à l’aise pour dire ou commenter ce que je ne connais pas ou que je connais mal.

Je suis arrivé, après trente six mille et une péripéties, à « atterrir » à l’hôtel des Mille Collines le 14 avril 1994 dans l’après-midi. Aussitôt arrivé dans la chambre 211 qu’on m’a attribuée, j’ai pris le téléphone, j’ai appelé la rédaction de RFI à Paris. Dieu a fait qu’au moment de mon appel Madeleine Mukamabano, par bonheur, était là dans la salle de rédaction à Paris. Elle m’a demandé qui était réfugié à l’hôtel ? J’ai répondu que je ne savais pas parce que je venais à peine d’arriver. Elle m’a cité quelques noms. Mais je ne savais vraiment pas qui était à l’hôtel.

Elle m’a alors dit : « Est-ce que tu peux essayer de faire une liste de ces réfugiés et me la faxer ? Les confrères et moi ici à Paris allons sensibiliser le gouvernement français, et à travers lui et avec lui sensibiliser l’ONU et les gouvernements des autres puissances, pour une éventuelle évacuation des réfugiés de l’hôtel des Mille Collines ». Les étrangers venaient alors d’être évacués quasi-totalement de Kigali et on refusait de prendre des fugitifs rwandais sur les convois. J’ai accepté la mission.

Je suis allé taper à diverses portes, comme ça au hasard, ne sachant même pas comment j’allais être accueilli. J’ai expliqué ma démarche et proposé qu’on tienne une réunion. Parmi les sept premières personnes avec lesquelles j’ai tenu la première réunion dans ma chambre et qui m’ont aidé à mettre les idées au clair sur ce projet, je citerais l’ancien président d’Ibuka, Jean-Bosco Rutagengwa. Ces personnes m’ont ensuite aidé à faire circuler l’information parmi les réfugiés de l’hôtel et à mettre Paul Rusesabagina au courant.

Tout l’après-midi et toute la nuit de ce jeudi 14 avril 1994, nous avons travaillé sans une seule seconde de repos, sans même être sûr que nous allions avoir la chance d’être évacués. Paul Rusesabagina nous a ouvert la ligne fax qui était dans le bureau de la direction au rez-de-chaussée. Nous avons faxé les listes à RFI. La dernière est partie le lendemain, vendredi 15 avril 1994, à 7h15 du matin, avec des centaines de noms des réfugiés et nos familles, ainsi que les adresses et autres contacts possibles de parents, amis ou connaissances qui pouvaient être à même de nous accueillir chez eux une fois à l’étranger.

J’étais très très fatigué même pour me réjouir de l’arrivée de ma famille ce jour-là, évacuée de chez nous par le major Cyiza Augustin, ce brave homme, intègre, franc, honnête, courageux, dévoué, intelligent … que les méchants ont ignominieusement enlevé et assassiné récemment.

A RFI à Paris, Madeleine elle-même et ses collègues de travail s’étaient organisés de façon que le contact est resté régulier et permanent par téléphone et par fax. Une jeune fille du nom d’Inès, du reste que je n’avais jamais vue auparavant, m’a été envoyée par ses parents et m’a apporté une assistance inestimable à mettre de l’ordre dans les listes.

A partir de cet instant, les réfugiés de l’hôtel devaient téléphoner et envoyer des fax à ces parents, amis ou connaissances et les mettre au courant de ce que nous étions en train d’envisager. Personnellement, je n’ai payé aucun franc pour ce travail, et à ma connaissance, personne n’a payé pour les téléphones et les fax que nous avons envoyés, ou pour les fax que nous avons reçus. A la suite de ces actions, l’hôtel des Milles Collines a été appelé par RTLM « Indili y’Inyenzi », c’est- à -dire « Nid de Cafards ».

Dans la suite, nous avons tenu beaucoup d’autres réunions informelles, dans ma chambre ou dans d’autres différentes chambres, pour rédiger des fax, notamment à l’intention des grands de ce monde. Mr François-Xavier Nsanzuwera, parce qu’il réfléchissait beaucoup plus rapidement que nous les autres, est devenu, de facto, notre rédacteur. Au moment où nous nous en étions encore aux salamalecs, lui avait déjà accouché des paragraphes sur le papier et généralement nous ne faisions qu’apporter quelques petits plus à son travail. Pour les nombreux fax que nous avons envoyés, nous n’avons payé aucun franc. Chaque fois, le bureau de Paul Rusesabagina était ouvert pour nous, lui-même était toujours là, disponible pour nous.

Durant près de deux semaines après mon arrivée à l’hôtel des Mille Collines, j’ai tous les jours utilisé le téléphone de ma chambre pour appeler des confrères journalistes que je connaissais à l’étranger. Je n’ai payé aucun franc. Puis les Télécoms rwandais ont coupé les téléphones de l’hôtel. Nous ne pouvions communiquer qu’entre chambres, mais pas avec l’extérieur.

Le 26 avril 1994, les lignes ont été rétablies. Je l’ai su quand de nombreux réfugiés m’ont appelé dans ma chambre pour, excités, me dire : « Thomas, les téléphones fonctionnent à nouveau. Rappelles tes amis de RFI ». Je l’ai fait. De ma chambre. Pour dire que nous étions encore en vie, mais hypothétiquement. Puis les journalistes m’ont dit : « Est-ce qu’on peut faire une interview avec toi ? Parce qu’on ne sait pas ce qui se passe au Rwanda. Est-ce que les massacres continuent ? Est-ce que la guerre continue ? ».

En effet, les seuls journalistes qui travaillaient à Kigali et qui pouvaient le faire, c’était uniquement ceux de RTLM, de Radio Rwanda et des autres média reconnus aujourd’hui comme ayant été les « média de la haine ». Il n’y avait aucun journaliste international à Kigali.

J’ai alors mesuré quelles pouvaient être les conséquences de cette interview. Avant d’accepter de la faire, j’ai pris quelques temps pour en discuter avec ma femme, et ensuite avec d’autres réfugiés. L’avis général a été : « Fais-là. De toute façon, au point où nous en sommes, nous n’avons rien à perdre ! ». J’ai rappelé à Paris et j’ai donné l’interview. La journaliste qui l’a prise est Corinne Manjou. L’interview est passée sur les antennes non seulement de RFI mais aussi de plusieurs autres radios.

A partir de cet instant, je suis devenu l’homme le plus recherché de l’hôtel des Mille Collines. Pour la simple raison que j’avais, en particulier, décrit comment les FAR perdaient du terrain, comment le FPR gagnait, et ce que le FPR occupait déjà dans la capitale comme terrain, et parce que dans cette interview j’ai regretté que le FPR n’avançait pas assez rapidement pour mettre fin au cauchemar de quelques rares survivants encore en vie. Des tueurs ont été envoyés pour m’exécuter. Ca n’a pas marché. Paul ne m’a pas jeté à la porte. L’armée a alors réellement décidé de bombarder l’hôtel.

La situation était telle que certains de mes amis d’infortune, réfugiés comme moi, en sont arrivés à m’appeler dans ma chambre pour m’insulter, me qualifiant d’irresponsable. Mais Paul Rusesabagina m’a appelé dans sa suite et m’a intimé l’ordre de ne pas bouger de l’hôtel. Il m’a dit qu’il était en contact avec le général Dallaire sur cette menace. Le capitaine sénégalais Mbaye Diagne, ce brave mort en héros, m’a tenu le même discours. Ils m’ont dit d’enlever le numéro de ma chambre. Par la suite, le lieutenant-colonel Laurent Munyakazi est venu en personne dire à Paul Rusesabagina : « Nje gushaka iyo mbwa Kamilindi », autrement dit « je viens chercher ce chien de Kamilindi ». Paul Rusesabagina ne m’a pas livré. Il a négocié avec lui deux heures durant. Il lui a offert des choses.

Pourtant, ce Paul Rusesabagina qui m’a ainsi acheté, je ne l’ai vu pour la première fois qu’à l’hôtel des Mille Collines une fois que j’y ai pris refuge. Je ne l’ai jamais connu avant. Lui non plus ne me connaissais pas avant Mille Collines. Et je crois que je serais resté anonyme pour lui si je n’avais pas donné autant de tourments à autant de monde. Mais il m’a acheté, et acheté sans savoir qui réellement j’étais, sinon qu’un jeune homme, un tout jeune journaliste.

A la suite de toutes ces menaces, qui se sont conclues par le tir d’un boulet de canon sur l’hôtel, heureusement sans faire de victime ni de blessé, Mille Collines a été déclaré propriété des Nations-Unies. Un drapeau de l’ONU a été hissé au sommet de l’hôtel et deux véhicules blindés de la MINUAR ont commencé à y stationner.

Quand l’eau a été coupée dans la capitale, nous avons bu l’eau de la piscine de l’hôtel des Mille Collines. Quand nous l’avons épuisée, je ne sais pas comment Paul a pu avoir un camion citerne, et chaque jour il est allé nous chercher de l’eau. Je ne sais pas où il la puisait, mais le fait est que le camion nous a approvisionnés tous les jours.

Quand l’électricité est elle-même devenue un grand problème à Kigali, les génératrices (groupes électrogènes) de l’hôtel ont toujours fonctionné pour nous. Nous avons pu faire la cuisine. Nous avons pu suivre à la télévision la cérémonie d’installation du président Nelson Mandela. Nous n’avons payé aucun franc pour l’électricité de l’hôtel que nous avons consommée ni pour le carburant des génératrices. Et durant tout le temps que j’ai été réfugié aux Mille Collines, je n’ai vu personne parmi les réfugiés faire la cuisine au charbon comme de coutume dans de nombreuses familles dans la capitale.

Le 3 mai 1994, en fin de matinée, deux Casques Bleus ont tapé violemment à la porte de ma chambre. Ils nous ont dit de descendre en catastrophe avec nos effets. Quand nous sommes arrivés dans le lobby ma famille et moi, il y avait foule et d’autres soldats de la MINUAR étaient en train de lire des noms sur une liste, dont les miens, ceux de ma femme et de notre  petite fille. Ils nous ont fait monter sur des camions de l’ONU, et nous sommes partis. Paul Rusesabagina ne nous a jamais retenus pour nous faire payer quoi que ce soit avant de quitter l’hôtel. A la fin de la journée, nous sommes revenus à l’hôtel dans les circonstances que plus d’un connaissent.

Durant tout le temps que ma famille et moi avons été réfugiés à l’hôtel des Mille Collines, nous n’avons payé rien du tout. Ni pour la chambre, ni pour la nourriture, ni pour l’eau, ni pour l’électricité, ni pour les téléphones et les fax que j’ai continué à utiliser jusqu’à mon évacuation le 29 mai 1994 sur Kabuga dans la zone du FPR.

Il est vrai qu’au milieu de ce mois de mai 1994, un des employés de l’hôtel m’a apporté une facture dans ma chambre. La somme était colossale. Il m’a expliqué qu’il s’agissait simplement d’une reconnaissance de dette. Mais j’étais très préoccupé par la question de savoir comment j’allais, si je survivais, travailler éternellement pour payer cette dette. Nous en avons discuté entre refugiés et nous avons su par la suite que « Sabena ou l’ONU allaient tout prendre en charge ». A la fin, et ça avant même notre retour dans la capitale, j’ai effectivement appris comme tous les autres que Sabena avait payé tous nos frais de l’hôtel des Mille Collines : des millions.

Voilà mon humble témoignage.

Je reste à la disposition de quiconque voudra des éclaircissements. Mais de grâce, n’entrons pas dans les polémiques inutiles. Les faits parlant d’eux-mêmes, je propose que nous nous en tenions uniquement aux faits. Cela nous évitera de galvauder la vérité.

D’autre part, n’ayant pas la qualité d’ubiquité, j’invite les autres réfugiés de l’hôtel des Mille Collines qui le veulent à faire leurs propres témoignages. C’est d’ailleurs une façon de restituer l’histoire, mieux la mémoire. Qui oublie revit ce qu’il a vécu.

En conclusion, les réfugiés de l’hôtel des Mille Collines étions tous vivants quand le FPR a mis fin au génocide des Tutsis du Rwanda. Personne n’a été tué, blessé, battu, torturé, expulsé ou extrait de l’hôtel tout le temps que nous y étions réfugiés. Paul Rusesabagina est parvenu à faire l’impossible pour préserver nos vies au moment où d’autres étaient en train de massacrer leurs propres enfants, leurs propres femmes, et que sais-je encore.

Qu’est-ce que nous étions pour Paul Rusesabagina ? Bien peu d’entre nous étaient peut-être ses amis ou proches parents.

Mais nous ne l’étions pas tous, tous les 1.200 et plus qui sommes passés par l’hôtel des Mille Collines au moment où il en avait les rennes en main.

Enfin, si l’hôtel des Mille Collines est devenu mondialement connu, je dirais même célébrissime, et si nous tous ses réfugiés avons été préservés, beaucoup de personnes y ont absolument contribué. Paul Rusesabagina n’était heureusement pas seul. Justement, que dire du rôle de Madeleine Mukamabano ? Une très très petite poignée de gens le savent et l’apprécient. Nous étions tous vivants à la fin du cauchemar, c’est le plus grand essentiel. Et merci infiniment pour tous ces anonymes qui y ont contribué de près ou de loin. Que Paul Rusesabagina soit leur porte-drapeau, ce n’est que le commencement d’un processus qui les fera connaître. Ca aussi ça compte, non !

 

Thomas Kamilindi

Journaliste rwandais

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Mercredi 16 novembre 2011 3 16 /11 /Nov /2011 01:51

November 14, 2011 

2011 Lantos Prize to be awarded November 16

rusesabagina1 On November 16, Paul Rusesabagina, Founder and President of The Hotel Rwanda Rusesabagina Foundation will be awarded the 2011 Human Rights Prize by The Lantos Foundation for Human Rights and Justice in Washington, D.C. The formal presentation of the award will take place in the Congressional Auditorium at the Capitol Visitors Center this Wednesday,November 16th, at 11:00 am.

Ambassador Robert Krueger will introduce Paul Rusesabagina when he receives the award. Krueger is the former U.S. Ambassador to Burundi and to Botswana. He is also a former Texas Congressman, U.S. Senator and Texas Railroad Commissioner.  The two have been working together to try to get an internationally sanctioned truth and reconciliation commission for Rwanda, Burundi and the Congo to create sustainable peace in the region. 

According to The Lantos Foundation:

Paul Rusesabagina is widely hailed as a hero of the 1994 Rwandan Genocide. As a hotel manager during the time of the conflict, Rusesabagina was able to provide shelter to 1,268 people, both Hutus and Tutsis, ultimately saving them from certain death. His efforts were chronicled in the 2004 Academy Award nominated film Hotel Rwanda and his autobiography “An Ordinary Man”. Today, Rusesabagina continues his efforts for truth, reconciliation and sustainable peace in Rwanda and the Great Lakes region of Africa through his work as President of the Hotel Rwanda Rusesabagina Foundation (www.hrrfoundation.org).

“We are so proud to award this year’s Lantos Prize to Paul Rusesabagina. I was raised on the idea that we are all our brothers’ keepers, and Paul is the living embodiment of that idea,” said Katrina Lantos Swett, President of the Lantos Foundation. “My father, Congressman Tom Lantos, survived the Holocaust in one of Raoul Wallenberg’s safehouses and understood all too well that the actions of one man can change the arc of one’s life story. Nearly 50 years later, Paul Rusesabagina’s heroic efforts to shelter those in harm’s way changed the life stories of more than 1,200 Rwandans. We look forward to honoring his historic humanitarian actions.”

The Lantos Foundation established the Lantos Human Rights Prize in 2009 to honor and bring attention to heroes of the human rights movement. It is awarded annually to an individual or organization that best exemplifies the Foundation’s mission, namely to be a vital voice standing up for the values of decency, dignity, freedom, and justice in every corner of the world. The prize also serves to commemorate the late Congressman Tom Lantos, the only Holocaust survivor ever elected to the U.S. Congress and a prominent advocate for human rights during his nearly three decades as a U.S. Representative. Former recipients of the Lantos Prize include His Holiness the Dalai Lama and Nobel Laureate Elie Wiesel.

Kitty Kurth

President, Kurth Lampe

444 N. Wabash, #410

Chicago, IL  60611

Phone: (312) 464-0260 Fax: (312) 464-0262 Cell: (312) 617-7288       

email: kitty@kurthlampe.com 

website: www.kurthlampe.com

alternate email: kittykurth@me.com

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Mardi 15 novembre 2011 2 15 /11 /Nov /2011 05:58

Hélène le Gall Hélène LE GAL est Conseillère des Affaires Etrangères.

Entrée au Ministère des Affaires Etrangères en 1988, elle a occupé des postes à l’Ambassade de France à Ouagadougou (1988-1990), au MAEE à Paris (Direction des Affaires africaines (1990-1992) et Direction des Affaires économiques (1992-1994), à l’Ambassade de France à Tel Aviv (1994-1998), à l’Ambassade de France à Madrid (1998-2000).

Hélène Le Gal a été Conseillère technique au Cabinet du Ministre délégué à la Coopération et à la Francophonie (2000-2002). Plus récemment, elle a été Conseillère pour les questions de défense européenne à la Représentation permanente de la France auprès de l’Union Européenne (2002-2005) et Sous-Directrice Afrique centrale et orientale au MAEE (2005-2009).

Elle a pris ses fonctions de Consule générale de France à Québec le 24 août 2009.

Hélène Le Gal est Chevalier de l’Ordre national du mérite.

 


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Lundi 14 novembre 2011 1 14 /11 /Nov /2011 19:06

Par Jeune Afrique

Contini FrenchAmbassador 14/11/2011  


L’ambassadeur de France Laurent Contini a été évincé de son poste à Kigali (Rwanda). Il devrait être remplacé par Hélène Le Gal, actuellement consul de France à Québec.

Exigé avec insistance par Alain Juppé, le ministre français des Affaires étrangères, le départ de Laurent Contini, l’ambassadeur de France au Rwanda, a finalement été avalisé par Nicolas Sarkozy. Ce rappel définitif, qui sera acté lors d’un prochain Conseil des ministres et qui a été signifié à l’intéressé début novembre, devrait être effectif à la fin de cette année. L’explication officieuse (une interview parue dans Jeune Afrique le 4 septembre, dans laquelle Contini aurait manqué à son devoir de réserve) n’est qu’un prétexte. Proche de Bernard Kouchner, bon spécialiste de la région des Grands Lacs et ardent partisan d’un rapprochement avec le Rwanda de Paul Kagamé, Contini n’a jamais été dans les bonnes grâces de Juppé, dont le contentieux avec les autorités rwandaises postgénocide est connu.

C’est l’actuelle consule de France à Québec, Hélène Le Gal, qui devrait le remplacer. À 44 ans, la diplomate de carrière connaît bien l’Afrique. Elle a occupé son premier poste à l’ambassade de Ouagadougou (Burkina Faso) à la fin des années 1990, puis au sein de la direction des Affaires africaines.  Après des passages à Tel Aviv et Madrid, elle est devenue membre du cabinet du ministre de la Coopération de Lionel Jospin, Charles Josselin, de 2000 à 2002. Plus récemment, elle a dirigé le département Afrique centrale et orientale du ministère des Affaires étrangères (2005-2009). Et connaît a fortiori parfaitement les subtilités du dossier franco-rwandais. Le choix pourrait donc se révéler habile.

Reste à savoir comment réagira Kigali au départ sanction de Contini, qui s’ajoute à la récente publication dans le quotidien Libération d’une tribune de Bernard Valéro, le porte-parole du Quai d’Orsay, lequel estime que « la France a été la seule à avoir un sursaut de courage » pendant la tragédie de 1994. Quand on sait que, à défaut d’excuses, les Rwandais demandent qu’à tout le moins Paris s’abstienne de soutenir que sa politique de l’époque fut positive, on peut craindre un retour en arrière dans les relations entre les deux pays. Deux mois après la visite officielle de Kagamé en France, qu’il n’a que très modérément appréciée, n’est-ce pas ce que souhaite Alain Juppé?

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Lundi 14 novembre 2011 1 14 /11 /Nov /2011 06:07

Questions raised over former prime minister’s links to Rwandan regime accused of human rights abuses

 

Blair_Kagame.jpg Tony Blair and Rwanda's President Paul Kagame Photo: REUTERS

Mendick_60_1771080j.jpg By Robert Mendick, in Kigali, Rwanda

9:00PM GMT 12 Nov 2011

When André Kagwa Rwisereka’s body was finally found near a river in southern Rwanda, his head was almost completely severed from his neck.

His attackers had repeatedly hacked at him with a machete which had been left at the scene. While the Rwandan police force suggested at the time that robbery may have been the motive, human rights campaigners suspected Mr Rwisereka, vice-president of an opposition party in this densely populated state smack in the heart of Africa, was actually the victim of a state-orchestrated execution.

Three weeks earlier, Jean Léonard Rugambage, a journalist who had ignored advice to flee Rwanda, was shot in the face and killed outside his house. Mr Rugambage had been investigating the attempted assassination of a dissident Rwandan general living in exile in South Africa.

The finger of blame for the killings has been widely pointed in the direction of the all-powerful Rwandan Patriotic Front (RPF), led by autocratic president Paul Kagame. The RPF seized power in the aftermath of the 1994 genocide in which about a million people — mostly Tutsis — were murdered in a 100-day killing spree by the Hutu majority.

And while Mr Kagame, himself a Tutsi, and the RPF deny responsibility, the murders — accompanied by the jailing of other opposition leaders, journalists and even a priest — have prompted serious concern about Rwanda’s future.

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Not least for Tony Blair, Rwanda’s and Mr Kagame’s cheerleader-in-chief. Mr Blair has enjoyed a close friendship with Mr Kagame, 54, visiting six times since leaving Downing Street in June 2007.

Britain’s former prime minister acts as personal adviser to Mr Kagame, while one of his charities, the Africa Governance Initiative (AGI), employs about 10 people inside the Rwandan government, helping it to run more effectively. AGI, run by Kate Gross, a former Downing Street aide based in London, also has offices in Sierra Leone and Liberia and is looking to expand into other African countries.

Since the genocide, Rwanda under Mr Kagame’s stewardship has made spectacular progress in part because Britain and the US — largely out of guilt over their abject failure to intervene to prevent the genocide — have committed huge sums to rebuilding the country.

Kigali has established a reputation as the safest city in Africa, making it a comfortable environment in which charities — including a social action project run by the Conservative Party — can operate. The Tories’ team leader on the Rwanda trips, the MP Stephen Crabb, said last week his group kept a “healthy and appropriate distance between ourselves and the government of Rwanda”.

The human rights abuses have cast a long shadow over the country’s progress. Mr Kagame’s carefully built reputation as a moderniser has been further damaged by a 550-page United Nations report last year which accused the Rwandan army, under his control, of horrific war crimes in the Congo in the mid-1990s, including mass murder and rape of tens of thousands of Hutus, in revenge for the genocide. The Rwandan government “categorically rejects” the report.

Mr Blair’s faith in Mr Kagame appears undiminished. A fortnight before Mr Rugambage’s death in June last year, Mr Blair and his team enjoyed a three-night stay in the presidential suite at the Serena Hotel in Kigali, on one of his many visits to Rwanda’s capital. With its master bedroom and en-suite Jacuzzi, two further bedrooms, and views across the Rwandan hills, the suite is entirely suitable for a figure of Mr Blair’s stature. The suite can cost as much as £2,000 a night.

“Mr Blair is always very polite when he comes here,” said a concierge at the hotel as he showed The Sunday Telegraph around the presidential suite via a secure lift to the fifth floor retreat, “It is very nice for Rwanda to have a good friend like that.”

Mr Blair, who is said to have earned as much as £50million since quitting Downing Street, insisted last night that he had “covered his accommodation costs before he left”.

In a country where half the population gets by on just 80p a day, Mr Blair has enjoyed other presidential comforts. Mr Kagame has also paid for a private jet, leased by the Rwandan government, to fly Mr Blair in and out of the country.

Mr Blair refused to say last week on how many occasions he had flown in a private jet paid for by the Rwandans.

Young, bright and very eager, Team Blair on the ground in Rwanda has staff in the president’s and prime minister’s offices as well as in the Ministry of Finance and in the Rwandan Development Board. Chauffeur-driven around Kigali in new Toyota Corollas, they mentor local workers and help them draw up and implement policy.

AGI’s previous Rwandan head, Jon Reynaga, another former Downing Street aide, quit in the summer, moving to Los Angeles to work on, among other things, the US version of The X Factor. His leaving party was combined with an Office of Tony Blair party — or “OTB” as it said on the invitation — and urged guests to come dressed as “Hollywood glamour and trash”.

“The Blair bunch are an interesting group,” said one aid worker in Rwanda last week. “They are very guarded about what they do. They want to have their cake and eat it. They want to be on the inside of the Rwandan government but only in a technical capacity. They won’t get into sensitive government issues.”

In 2009, not long after AGI was established in Rwanda, Mr Blair led a delegation to Kigali which included Christian Angermayer, a founder of one of Germany’s largest financial services groups. Mr Angermayer also acts as an adviser to Mr Kagame. Mr Blair is in a good position to introduce Rwanda to a lot of wealthy people although there is no suggestion that Mr Blair has benefited financially from his dealings in the country.

He doesn’t need to. Mr Blair earns his money elsewhere. He is paid £2million to advise the US investment bank JP Morgan and a further £500,000 for consultancy work for Zurich International, the Swiss insurer. He also advises the Kuwaiti government, the United Arab Emirates’ sovereign wealth fund, Mubadala, and most recently the Kazakh government, itself no stranger to accusations of human rights abuses.

AGI’s funding is not entirely clear, although none comes from the Rwandan government. Bill Gates’s charitable foundation has made a sizeable donation and so too has the Gatsby Charitable Foundation, which was set up by the Labour peer and former minister Lord Sainsbury of Turville. AGI’s latest accounts show an income of £3.2million with half that — equivalent to £57,000 each — paid to its 22 employees, seven secondees and subcontractors.

In one of the few deals in Rwanda in which Mr Blair is known to have played a major role, he was instrumental in persuading ministers to rent out 10,000 hectares of mainly scrub and bush to a British company with plans to grow a controversial crop called jatropha, which potentially can be harvested and turned into biofuel.

At a time when the deal was in danger of stalling, Mr Blair and his team at AGI stepped in to push it ahead, getting the Rwandans to agree to lease the land to the company Eco-Positive for a rent of a few thousand dollars a year. By 2015, the company hopes to supply one fifth of the country’s diesel, equivalent to about 20 million litres.

Simon Page, one of the shareholders of Eco-Positive, is a senior executive at JP Morgan although there is no suggestion that Mr Blair, who is a paid adviser to JP Morgan, was ever aware of that fact.

What other deals Mr Blair has worked on is hard to know. His friends Sir Evelyn de Rothschild, a philanthropist and senior figure in the banking industry, and his wife Lady Rothschild, visited Rwanda in September, staying in a suite at the Serena Hotel. “They came accompanied by presidential guards,” said a source. “They are looking to invest in a game lodge in Rwanda — to buy one and modernise it.”

The Rothschilds refused to comment last week on their four-day trip and any deals being struck in Rwanda.

Mr Blair also held talks with Gaddafi in 2008 after leaving Downing Street about “good worthwhile projects for investments” in Africa at a time when Libya had set aside billions of pounds for deals on the continent. It is not clear how much, if any, made its way to Kigali nor whether Mr Blair had any involvement. In 2008, the Libyan regime bought a Rwandan telecoms company while also taking control of a luxury hotel, the Laico Umubano, which, through a quirk of fate, happens to be the preferred lunchtime watering hole for Team Blair on the ground in Kigali. The international community has expressed its revulsion at the killings and other human rights abuses in Rwanda, such as the closure of independent newspapers and the jailing of Mr Kagame’s critics, including a Catholic priest who on Christmas Day last year condemned the regime’s family planning policies. However, Mr Blair, in public at least, has been unwavering in his support.

A little over a month after the killings in September 2010, Mr Blair delivered a congratulatory message to Mr Kagame, following his re-election with 93 per cent of the vote.

“The popular mandate received by President Kagame in the recent Presidential election,” declared Mr Blair at the time, “is testament to the huge strides made under his formidable leadership.”

It is suggested that the relationship with Mr Kagame was put under strain by an alleged plot by the state, uncovered by the Metropolitan Police in May, to assassinate two Rwandan exiles on British soil. Had the killings gone ahead, according to diplomatic sources, all bets would have been off, including £80million a year in aid given to Rwanda by the British government.

Carina Tertsakian, a senior researcher at Human Rights Watch who was forced to leave Rwanda last year, said: “To suggest Tony Blair is helping to prop up Kagame is putting it mildly. He has been very supportive of the Kagame regime from the beginning.

“We are not aware of Tony Blair nor any of his staff working in Rwanda raising the problem of human rights abuses. This effectively is sending a message to Kagame that these human rights violations don’t matter.”

Supporters of Mr Kagame point to the remarkable progress Rwanda has made since the genocide. Sir Tom Hunter, a Scottish billionaire and philanthropist who sits on the presidential advisory council along with Mr Blair and other dignitaries, said last week: “There are many colours of democracy and coming out of a genocide in the near history of 1994 when a million people died in 100 days we cannot expect the democracy we enjoy in Britain to suddenly happen magically in such a short period of time.”

In a statement, Mr Blair’s office defended his role in Rwanda. “Since 2008 the Africa Governance Initiative has supported President Kagame and the government of Rwanda in its efforts to create an effective public administration capable of delivering public services to its citizens and driving the country’s development,” it said.

“Rwanda has made a remarkable recovery from the tragedy of the 1994 genocide in which 800,000 people were murdered … This would not have been possible without the hard work of the people of Rwanda and the vision and leadership of President Kagame and his government.”

The statement went on: “AGI is proud to join them in supporting Rwanda on this journey. This journey is not complete: 50 per cent of Rwandans still live on less than $1.25 a day. President Kagame, his government and its partners recognise that the country’s political development must ultimately go hand in hand with its social and economic development. Tony Blair regularly raises these issues in his discussions with President Kagame.”

Mr Blair will be hoping that the Kagame regime, at least in the future, embraces democracy rather than clamps down on it further. Mr Blair was quick to bring Gaddafi in from the cold, only to see the tyrant revert to type and massacre his own people. He will just have to hope that Mr Kagame, despite Rwanda’s bloody past, can be steered by his team of enthusiastic charity workers down the democratic path. Mr Kagame’s opponents have their doubts.

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