Samedi 4 février 2012 6 04 /02 /Fév /2012 02:29

Par Jean Mitari |

Le gouvernement rwandais a signé en 2009 un contrat avec le groupe Racepoint, une agence américaine des relations publiques, pour que celle-ci «conçoive et implante une campagne promotionnelle» afin de promouvoir une autre image du Rwanda. Racepoint a lancé dans ce cadre, deux communautés internet, Rwanda Fact Check et Friends of Rwanda. Coût de l’opération ? Plus de trente cinq millions de francs Rwandais (50.000$) par mois, et ce sur 18mois.. Rappelons qu’au Rwanda le salaire moyen d’un enseignant est de 40 000 FRW (50$), deux fois moins ce que gagne une marchande de légume sur la marché. Pourquoi dépenser autant pour s’acheter une image pour un pays à moyens limités, dépendant à plus de 60% du budget de son gouvernement à des aides extérieurs?

Slate.fr nous annonce que plusieurs autres dictateurs font appel aux services des agences des relations publiques occidentales pour redorer leur blason. C’est surtout le cas de plusieurs dictateurs arabes, qui  face aux critiques des médias locaux et internationaux, et alors que les émeutes et ses victimes se multipliaient, ont fait appel à ces agences de relations publiques occidentales pour contrer l’image déplorable de leur régime. A Bahreïn, au Yémen et en Syrie, ce sont Qorvis Communication basée à Washington ou encore Bel Pottinger basée à Londres qui sont intervenues. Al Jazeera a consacré un reportage aux méthodes de ces agences. Le média dénonce certains journalistes américains qui ont accepté les invitations de ces agences, sont allés par exemple interviewer Mouammar Kadhafi tous frais payés, sans même mentionner ce fait dans leurs articles.

Le groupe Racepoint a beaucoup à faire en ce qui concerne le Rwanda. En effet, le régime de Kigali avec à sa tête le général Paul Kagame, est épinglé par le rapport des Nations-Unies sur les massacres des réfugies au Congo, dénoncé régulièrement pour son caractère répressif et autoritaire, blâmé pour les restrictions qu’il impose à la liberté d’expression. Le pays est dirigé d’une main de fer sans partage depuis bientôt 18 ans, par un dictateur qualifié souvent de  » pire dictateur encore en activité »,  voire de « Hitler africain », pour ses crimes commis au Rwanda et au Congo, crimes que le rapport des nations unies (mapping report) sorti en 2010 dit qu’ils pourraient être assimilés à un génocide. L’objectif principal  du régime nous annonce le site http://www.theglobeandmail.com, est de contrer les critiques très vives envers le régime, venant principalement des organisations de défense des droits de l’homme comme Amnesty International, les organisations défendant les journalistes comme Reporter sans Frontières, et surtout contrecarrer des nombreuses critiques venant de nombreux immigrés rwandais vivant un peu partout dans le monde, et relayées par plusieurs médias. Pour le régime de Kigali, s’acheter une bonne image parait indispensable puisque le pays survit grâce à des aides qui souvent sont conditionnées au respect des principes démocratiques. La logique est ainsi, « faute d’être une démocratie, et de ne pas avoir l’intention d’en devenir, achetons-nous une image d’une démocratie« .

C’est Kenneth Roth, le directeur exécutif de Human Rights, sur son compte twitter qui a sans doute le mieux synthétisé l’esprit du gouvernement du FPR « Au lieu de cesser la répression, le Rwanda engage une compagnie de relation publics couteuse pour aider à prétendre qu’il le fait ».

Le Rwanda est également souvent salué de toute part comme model économique en Afrique : taux de croissance élevé, progrès dans la lutte contre le paludisme, lutte contre la corruption, campagne massive d’alphabétisation, progrès dans l’éducation, les femmes plus nombreuses au parlement, etc. C’est cette image que les maitres du pays veulent bien montrer et promouvoir à l’ étranger à grand frais.

On se demande cependant comment, les professionnels en image de Racepoint, arriveront-ils à gommer les dérives autoritaires exacerbées du régime ? Comment arriveront-ils à dissimuler les assassinats politiques, les accusations d’implication de hauts dirigeants dont le Président dans des crimes de masse, la répression contre les journalistes, les arrestations arbitraires, les enlèvements et tortures ?

Pourquoi le régime ne fait –il pas comme la junte birmane, qui vient d’améliorer l’image du pays, en libérant plusieurs opposants politiques dont  Aung San Suu Kyi, et en procédant à des reformes spectaculaires devant conduire à une véritable  démocratie au sens large?

Jean Mitari

Jambonews.net

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Jeudi 2 février 2012 4 02 /02 /Fév /2012 08:50

De Jenny VAUGHAN (AFP) – Il y a 5 jours 
UNION-AFRICAINE-siege.jpg ADDIS ABEBA — S'élevant au dessus de tous les autres bâtiments d'Addis Abeba, nimbé dans le brouillard de la pollution urbaine, le nouveau siège de l'Union africaine (UA), bâti, offert par la Chine et inauguré samedi, symbolise la montée en puissance chinoise sur le continent.
Le cadeau de Pékin montre également que les autorités chinoises ne veulent plus paraître se concentrer uniquement sur l'exploitation des matières premières, la construction d'infrastructures et les relations bilatérales en Afrique, relèvent les experts.
"La Chine est toujours apparue moins apte à dialoguer avec les régions et les organisations continentales", relève Alex Vines, directeur pour l'Afrique au centre londonien d'études de Chatham House. "La construction du bâtiment de l'UA prend de façon spectaculaire le contre-pied de cette impression", ajoute-t-il.
La Chine a investi 200 millions de dollars (154 M EUR) pour ériger le bâtiment de 99,9 mètres de haut et de trente étages, le plus élevé de la ville selon ses concepteurs.
Les Chinois ont payé jusqu'au mobilier, fourni la plus grande partie du matériel de construction, et mobilisé une équipe de 1.200 ouvriers chinois et éthiopiens qui se sont relayés depuis janvier 2009 afin de terminer l'ouvrage dans les temps.
Le site, avec ses trois centres de conférences, ses bureaux pour 700 personnes, son héliport et sa statue en bronze de Kwame Nkrumah, ancien président du Ghana et chantre de l'unité africaine, sera inauguré samedi par le dignitaire chinois Jia Quinglin, avant d'héberger le 18e sommet de l'UA dimanche et lundi.
Le commerce entre la Chine et l'Afrique a grimpé pour sa part aussi vite que le siège de l'UA en construction. Il s'est élevé à 120 milliards de dollars en 2011 (93 mds EUR) contre 20 mds USD (15,45 mds EUR) dix ans plus tôt.
Matières premières
Si la Chine a commencé à envoyer il y a 60 ans des ouvriers construire des routes et des voies ferrées en Afrique, c'est depuis 15 ans que la puissance asiatique y a investi massivement, essentiellement pour s'attirer les matières premières nécessaires à son envolée économique.
Un Forum de partenariat Chine-Afrique se réunit tous les trois ans depuis 2001, avec 10 milliards de dollars de prêts promis par Pékin lors de la dernière édition en 2009.
La Chine ne se fait pas d'illusion sur l'influence réelle de l'UA, souvent paralysée par les divergences entre ses 54 Etats membres.
"La Chine entretient de très bonnes relations avec l'UA, mais (...) elle sait que cette organisation est relativement dépourvue de pouvoir et qu'elle a du mal à prendre des décisions", relève Jean-Pierre Cabestan, professeur de sciences politiques à l'Université baptiste de Hong Kong.
Pour autant, les Chinois ont mesuré l'importance qu'il y a à investir dans la stabilité politique du continent, au delà des relations strictement économiques. "La Chine a recalibré la façon dont elle voit l'Afrique. Je crois que le printemps arabe, et notamment la (révolution en) Libye, n'avait pas été prévu par la Chine", estime M. Vines.
Pékin a déjà promis en décembre dernier 4,5 millions de dollars (3,5 M EUR) à la force de paix de l'UA qui protège les institutions de transition somaliennes contre les islamistes shebab. La Chine a également apporté une contribution de poids aux missions de paix des Nations Unies au Soudan et au Burundi, selon l'organisation non gouvernementale Safeworld.
Quant à l'UA, elle ne peut que se féliciter de trouver un nouveau mécène, en particulier depuis l'inconnu suscité par la chute de Mouammar Kadhafi en Libye et de Hosni Moubarak en Egypte, deux pays qui contribuaient jusqu'à présent au budget de l'organisation à hauteur de 15% chacun, selon les chiffres officiels.
Pour le coordinateur du projet immobilier, l'Ethiopien Fantalun Michael, les nouveaux bâtiments permettront à l'UA d'accueillir des manifestations internationales de premier plan, de donner une meilleure image de l'Afrique et de cimenter l'amitié sino-africaine.
"C'est le témoignage que cette relation se poursuivra encore longtemps", se réjouit-il.
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Jeudi 2 février 2012 4 02 /02 /Fév /2012 08:25

UA_Chine.jpg La clôture du 18ème Sommet de l’Union africaine, lundi 30 janvier à Addis-Abeba, a donné lieu à un coup de théâtre inédit : l’échec de l’élection du Président de la Commission de l’Union. Le Gabonais Jean Ping, Président sortant, n’a en effet pas réussi à rassembler sur son nom les 2/3 des voix, nécessaires à son élection. L’unité africaine est-elle en panne ?
Après quatre jours de retrouvailles, quatre tours de vote lors de la dernière journée du dix-huitième sommet de l’Union africaine (UA) à Addis Abeba, lundi 30 janvier 2012… Et aucun des deux compétiteurs, le Gabonais Jean Ping (69 ans), président sortant, et la Sudafricaine Nkosazana Dlamini-Zuma (63 ans), ancienne épouse de l’actuel président sud-africain Jocob Zuma, n’a pu rassembler à son compte la majorité obligatoire des deux tiers des voix pour être élu(e) à la tête de la Commission de l’ Union Africaine (UA).
Suite à cet échec électoral, la tenue d’un nouveau vote aura lieu dans 6 mois lors du prochain sommet de l’Organisation au Malawi. Dans l’attente d’ici là de trouver leur nouveau porte-drapeau, les chefs d’État et de Gouvernement africains, qui avaient ce lundi en fin de matinée, d’abord confié l’intérim à l’actuel vice-président de la Commission, le Kenyan Erastus Mwencha, ont quelques heures plus tard finalement demandé au candidat et président sortant de la Commission, Jean Ping, « d’expédier les affaires courantes jusqu’au prochain sommet de l’Organisation prévu en juillet 2012 ».
Doit-on parler d’un « continent divisé » ?
La nouvelle fut reçue comme un coup de massue, lorsque lundi en fin de matinée les dirigeants africains multipliaient tous azimuts les déclarations à l’égard de la presse exprimant ainsi leur incapacité à élire un président pour leur organe-clé, la Commission. Réunis depuis quelques jours dans la capitale éthiopienne, Addis-Abeba, les 54 pays membres de l’Organisation Africaine (UA) ne sont donc pas parvenus à trancher, et ce même après 4 tours de scrutin, entre les deux candidats en lice, le francophone et président sortant, Jean Ping d’un côté, et l’anglophone et actuelle ministre sudafricaine de l’intérieur et ex-épouse du président Jacob Zuma, Nkosazana Dlamini-Zuma (63 ans) de l’autre.
Les soutiens et la sympathie peu ou prou clairement exprimés par les dirigeants pour ou contre tel ou tel candidat et l’analyse des résultats mathématiques du scrutin (selon les sources sûres, M. Ping n’obtient respectivement pour les trois premiers que 27, 28 et 29 voix contre 25, 26 et 24 pour sa rivale, tout comme au quatrième tour à l’issue duquel Jean Ping, seul candidat en lice suite au retrait obligatoire de la candidature de Mme Dlamini-Zuma -comme le prévoit le règlement- ne parvient à réunir que 32 voix à son compte… contre 20 bulletins blancs, passant ainsi, à quatre voix manquantes, à côté de la majorité qualifiée requise) mettent en quelque sorte en lumière les lignes de fracture linguistique et géographique sur le continent : d’une part une Afrique francophone et occidentale majoritairement pour le candidat originaire du Gabon et une Afrique anglophone et australe, numériquement minoritaire en termes de voix, mais assez soudée derrière sa candidate sudafricaine.
Alors que les dirigeants du continent s’apprêtaient avec impatience à installer la nouvelle équipe dirigeante de la Commission dans leurs nouveaux locaux « gracieusement » offerts par la Chine pour quelque 200 millions de dollars, et fraîchement inaugurés samedi dernier, ce « coup de tonnerre » politique viendra promptement siffler la fin du 18e sommet, le premier depuis le renversement de l’ancien guide libyen, Mouammar Kadhafi, qui s’était voulu figure de proue, toujours controversée, de l’Organisation.
Signe de désaveu pour Jean Ping ?
Un essai d’analyse ou de compréhension d’un tel échec pour l’Union Africaine (UA) ne pourrait se faire sans poser des questions à la fois sur la légitimité et la capacité du président sortant, Jean Ping, à rassembler et faire l’unanimité sur le continent, car le moins qu’on puisse dire est que l’ancien bras droit du président défunt Omar Bongo, aux manettes depuis 2008, a vu au fil de ces derniers mois, son image entachée, son leadership et sa crédibilité fortement mis en cause, du fait de son incapacité à faire face aux multiples conflits, qui depuis plus d’un an minent le continent et également à y faire entendre la voix de l’Afrique unie.
Tout partiuculièrement lors de la rébellion libyenne, l’Afrique du Sud reproche officieusement à Jean Ping sa fébrilité et son manque de fermeté, de n’avoir pas su apaiser les tensions anti-khadafistes et plus encore, de n’avoir pas réussi à exprimer le plus clairement et fermement possible son opposition à l’intervention de l’Otan en Libye, qui grâce à son arsenal militaro-aérien, a indiscutablement contribué à la chute et au décès de Mouammar Kadhafi. Trop grande proximité de Jean Ping avec les cercles français ? Cette proximité en tous les cas semble avoir nuit, dans ce dossier, à la clarté des positions de l’Union africaine.
Un signe de démocratie peut-être ?
Si certains voient en la candidature de Mme Dlamini-Zuma non pas seulement le rejet de la personne de Jean Ping, mais aussi « une affaire de politique intérieure sud-africaine » (un journaliste de l’AFP relayait ainsi les propos d’un diplomate européen sous couvert d’anonymat) on pourrait aussi retenir de ce revers politique un scénario démocratique assez inédit, assez inhabituel au sein des instances africaines… Place à la discussion et donc obligation de construire un consensus raisonné ?
Même si le blocage final de l’élection met plus que jamais en lumière une Afrique encore fragilisée politiquement, fissurée géographiquement et toujours incapable de dépasser ses velléités partisanes, plutôt qu’une Afrique en plein essor démocratique et affirmant sa capacité à choisir son chemin dans le dialogue.
http://direct.cd/actu/2012/01/31/lunion-africaine-en-panne.html

 

delegation-Sudaf-a-l-UA.jpg Nkosazana Dlamini Zuma se présentera de nouveau à la présidence de la commission de l’Union Africaine lors du prochain sommet prévu en juin au Malawi selon la ministre sud-africaine des relations extérieures Maite Nkoana-Mashabane.
Jean Ping n’est plus rééligible, suite à son échec lors de l’élection qui a eu lieu ce week-end, ce qui donne une nouvelle opportunité à Nkosazana Dlamini-Zuma : "Le message qui est très clair, si vous regardez le règlement, c’est que le président sortant doit laisser la place et l’intérim doit être assuré par le vice-président (1). Donc rien ne nous empêche de représenter le même candidat parcequ’elle (Nkosazana Dlamini Zuma NDLR) a montré qu'elle était une formidable candidate que le président sortant n’a pu battre" a déclaré Maite Nkoana-Mashabane.
L’Afrique du Sud soutiendra de nouveau la candidature de Dlamini-Zuma si elle se représente et fera du lobbying en conséquence. Pour Clayton Monyela, porte-parole du ministère des relations extérieures sud-africain, le grand nombre de pays africains qui ont voté en faveur de Dlamini-Zuma lors des trois premiers tours de l’élection montre qu’elle a une très bonne chance d’être élue en juin.

Par FRANCE-RWANDA TRIBUNE
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Jeudi 2 février 2012 4 02 /02 /Fév /2012 08:04

Mercredi 1 février 2012
FDLR-troops-march-in-Democratic-Republic-of-Congo.jpg KIGALI -- Grâce aux efforts conjoints des forces armées du Rwanda et de la République démocratique du Congo (RDC) visant à démobiliser et à rapatrier les combattants des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (RDLR), trois généraux de brigade et 32 autres membres de ce mouvement rebelle se sont rendus mardi aux autorités rwandaises du district de Rubavu, près de la frontière de la RDC. La reddition a eu lieu à la suite d'une opération militaire conjointe menée par les Forces de défense rwandaises (RDF) et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

http://www.afriquinfos.com/articles/2012/2/1/continental-195850.asp

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Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 22:52

Filip-Reyntjens.jpgLe Monde | 31.01.12
Par Filip Reyntjens, professeur à l'Université d'Anvers et auteur de Rwanda. Trois jours qui ont fait basculer l'histoire (Paris, L'Harmattan, 1995)


Le 10 janvier dernier, les juges Trévidic et Poux ont communiqué aux parties un rapport d'expertise sur la destruction en vol, le 6 avril 1994, de l'avion présidentiel rwandais, événement déclencheur du génocide. Il ne s'agit pas d'un rapport des juges, mais d'un important élément versé au dossier d'instruction qui contient de très nombreuses autres informations.
Il n'est pas étonnant que les avocats des personnes mises en examen, sept officiers de l'armée rwandaise, aient relevé, lors d'une conférence de presse, les éléments du rapport qui semblent favorables à leurs clients, qu'ils en aient donné une lecture sélective et qu'ils aient affirmé que “la vérité a gagné”. Il est normal également que le gouvernement rwandais ait accueilli le rapport avec satisfaction et affirmé que cette “vérité scientifique” met un terme aux accusations portées contre lui.
Ce qui est nettement moins normal est la façon dont la presse et certains autres commentateurs ont immédiatement tiré des conclusions péremptoires et définitives, alors qu'ils n'avaient pas lu le rapport, couvert par le secret de l'instruction, et qu'ils ne pouvaient se baser que sur ce que les avocats des mis en examen en aient dit et, peut-être, sur leur propre intime conviction. Ils font ainsi dire au rapport ce qu'il ne dit pas, en l'occurrence que l'attentat a été commis par les FAR de Habyarimana. Des propos parfois très durs et définitifs ont été tenus. Ceux qui ont osé suggérer que le FPR pourrait être derrière l'attentat sont accusés de négationnisme et ceux qui n'adhèrent pas à ce qui semble être soudainement devenu politiquement correct sont violemment pris à partie, voire même intimidés. Ainsi, les avocats des mis en examen annoncent qu'ils vont porter plainte pour "tentative d'escroquerie au jugement en bande organisée". Certaines de ces affirmations pourraient bien avoir pour but d'orienter la suite de l'instruction, puisque, maintenant que "la vérité est connue", il serait plus difficile pour les juges de conclure à une autre vérité.
Ayant fait des recherches sur cette affaire, j'ai été fort sollicité par les médias qui souhaitaient entendre mes commentaires. J'ai systématiquement refusé de me prononcer, puisque je ne pouvais commenter un rapport que je n'avais pas lu. Maintenant que le rapport d'expertise est disponible grâce à une fuite dont j'ignore l'origine, une analyse peut être proposée. Elle débouche sur des conclusions bien moins tranchées que celles qu'on a pu entendre ces dernières semaines.
Le rapport d'expertise tente de donner des réponses à deux questions principalement : l'endroit d'où les missiles ont été tirés et le type des missiles utilisés. Deux données techniques autorisent les experts à désigner les endroits de tir les plus probables: d'une part, le point d'impact du missile qui a touché l'avion, d'autre part des données acoustiques sur le bruit du souffle de départ des missiles que des témoins ont entendu. Notons que l'expert acousticien ne s'est pas rendu sur les lieux, mais a effectué une simulation sur un terrain militaire en France. Quant à l'endroit où l'avion a été touché, les experts se basent sur une approche normale, alors que l'avion aurait pu être dévié de sa trajectoire par le premier missile ou que le pilote aurait pu effectuer une manœuvre d'évitement, possibilité d'ailleurs signalée dans le rapport. Sur cette double base technique, l'expertise privilégie deux endroits à l'intérieur du domaine militaire de Kanombe, le cimetière et une position en bas du cimetière, tout en notant que la zone Masaka se situe dans le prolongement des endroits retenus.
Les experts estiment également que la position de Masaka est la meilleure de celles étudiées et que celles retenues offrent une probabilité d'atteinte de l'avion moins élevée, mais qu'elle était suffisante pour que, sur les deux missiles tirés, l'un d'eux puisse toucher l'avion. Plusieurs points doivent être notés à ce sujet. D'abord, contrairement à ce qu'ont affirmé de nombreux commentateurs, ces endroits ne se trouvent pas à l'intérieur du camp militaire de Kanombe (ce qui en toute probabilité désignerait les FAR), mais à la lisière d'un vaste domaine militaire d'une centaine d'hectares. Ce domaine n'était ni clôturé ni gardé. Les experts estiment en outre que le périmètre de lancement pourrait s'étendre vers l'Est ou le Sud, de l'ordre d'une centaine de mètres voire plus, ce qui situerait l'endroit de tir en dehors du domaine militaire.
Ensuite, deux importants témoins cités dans le rapport ont vu les traînées des missiles à travers la baie vitrée à l'arrière de la maison qui est située à la limite du domaine et qui est orientée vers la vallée de Masaka. Dans une déposition faite devant l'auditorat militaire belge le 13 avril 1994, une semaine après les faits, le colonel médecin Daubresse déclare qu'il a vu "regardant en direction de l'est (c'est-à-dire les environs de Masaka), monter de la droite vers la gauche, un projectile propulsé par une flamme rouge-orange" à une distance maximale de cinq km et une distance minimale de un km (les deux endroits retenus par les experts se situent à 116 et 203 mètres respectivement de la maison). Cette observation est confirmée le même jour par son collègue le colonel médecin Pasuch. Ces deux témoins ne situent donc pas le départ des missiles à l'intérieur du domaine militaire, mais dans la direction de la vallée de Masaka.
Enfin, puisque le lieu dit "La Ferme" dans la vallée à côté de Masaka a été cité comme lieu de départ des missiles, il est étonnant qu'aucun témoin de Masaka n'ait été entendu par les experts ni dès lors que leurs déclarations aient été vérifiées du point de vue acoustique. Or en octobre 1994 des témoins de Masaka m'ont dit avoir vu les missiles partir des environs de "La Ferme", et cela à un moment où ni eux ni moi ne nous rendions compte de l'enjeu que constitue l'endroit de départ des tirs. On constate donc que l'expertise technique ne correspond pas forcément aux observations de témoins oculaires, et il appartiendra à l'instruction d'évaluer la force probante de ces données contradictoires.
Quant aux missiles utilisés, le rapport d'expertise conclut, par un processus d'élimination, à la probabilité qu'il s'est agi de SA16 d'origine soviétique. Les experts soulignent que leur conclusion n'est pas influencée par la découverte, près de "La Ferme" quelques semaines après l'attentat, de deux tubes de lancement de missiles SA16. Les experts notent que 50 à 60 heures de formation sont nécessaires pour pouvoir se servir de ces armes et qu'un novice ne peut pas mettre en œuvre un tel système. Or les anciennes FAR ne possédaient pas de missiles sol-air (elles avaient en vain tenté d'en acquérir), alors que le FPR s'en était servi pendant la guerre. Le juge Bruguière avait déjà établi que les missiles dont les lanceurs ont été trouvés près de "La Ferme" avaient été vendus par l'Union soviétique à l'Ouganda. Mes sources haut placées dans l'armée ougandaise affirment qu'ils faisaient partie d'un lot plus tard cédé au FPR.
Ces quelques constats montrent simplement que ceux qui ont affirmé qu'avec le rapport d'expertise, "la vérité est connue" aiment les histoires simples. Même si je pense toujours que les faisceaux d'indications désignent plutôt le FPR que les FAR comme auteur de l'attentat, je ne prétends pas connaître la vérité. Ce sera aux juges Trévidic et Poux de décider, à l'issue de leur instruction, sur base de tous les éléments du dossier et –surtout? en toute indépendance, si oui ou non il sera nécessaire de transmettre le dossier pour poursuites éventuelles. Puisque le gouvernement rwandais a salué le sérieux des deux juges, il faut espérer que leur décision mettra fin à une controverse vieille de près de 18 ans.

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/01/31/attentat-de-kigali-la-verite-a-gagne_1636326_3232.html

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Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 23:01

Gl-Gratien-Kabiligi.jpg

Le Général Kabiligi embrassant son avocat Maître Skolnik, après son acquittement..

 

Paris, 28 janvier 2012 (FH)

Le Conseil d'Etat a donné tort jeudi au ministère de l'Intérieur français, qui refuse de délivrer un visa à Gratien Kabiligi, général des anciennes Forces armées rwandaises acquitté en 2008 par le Tribunal international d'Arusha.
Le ministère de l'Intérieur avait demandé le 8 septembre 2011 à la plus haute juridiction française de "casser" l'ordonnance du 23 août 2011 du tribunal administratif de Nantes, qui sanctionnait le refus du ministère de l'Intérieur d'accorder un visa long séjour à Gratien Kabiligi.
"Le ministère de l'Intérieur n'est pas fondé à demander l'annulation de l'ordonnance attaquée", a tranché le Conseil d'Etat. Le juge de Nantes, précise la décision, n'a "pas excédé son office, n'a commis ni erreur de fait, ni dénaturation des pièces du dossier qui lui était soumis".
A deux reprises, le tribunal de Nantes a émis des "doutes sérieux quant à la légalité de la décision" du ministre, qui méconnaît selon lui la Convention européenne des droits de l'homme et la Convention internationale des droits de l'enfant en refusant à M. Kabiligi le droit de rejoindre sa famille.
Arrivée en France en juin 2008 avec leurs deux filles, sa femme y a obtenu la nationalité.
"Arrêté à Nairobi en juillet 1997et remis au TPIR, [M. Kabiligi] a été acquitté de l'intégralité des charges pesant contre lui par une décision définitive de ce tribunal du 18 décembre 2008 et  il a été remis immédiatement en liberté après plus de onze ans de détention en Tanzanie", rappelle le Conseil d'Etat.
Le Rwandais, logé depuis par le TPIR dans une "maison sécurisée" à Arusha, s'est vu systématiquement refuser sa demande de visa. Et pour la quatrième fois, le ministère de l'Intérieur vient de se voir sanctionner par une décision administrative, cette fois sans appel.
Pour motiver son dernier refus, le 30 novembre, le ministère a réitéré ne pas pouvoir donner "une suite favorable à la demande de visa long séjour [de M. Kabiligi] en raison de liens étroits avec une organisation militaire extrémiste engagée dans des actions violentes au sein de laquelle il a eu des responsabilités".
"Le ministère de l'Intérieur peut prendre la même décision indéfiniment, et ni le tribunal administratif de Nantes ni le Conseil d'Etat ne peuvent lui imposer le sens de sa décision. Mais en général, il finit par s'incliner, indiquait à l'agence Hirondelle l'avocat de M. Kabiligi, Me Louis Boré, après l'audience tenue le 12 janvier au Conseil d'Etat.
Deux autres acquittés du TPIR, les anciens maires Ignace Bagilishema et Jean Mpambara, ont pourtant été déjà été accueillis par la France.  

FP/ER/GF ©
Agence Hirondelle

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Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 08:03

001 Je ne partage pas la conclusion de l'article intitulé RWANDA : LES IDIOTS UTILES DE KAGAME en ce qu'elle cherche à différencier les deux types de crimes du fait qu'ils découlent de deux types d'ordres différents : « Exterminez les tous » ou « Massacrez une partie d'entre eux ».

Sur le plan strictement juridique, les deux types d'ordres sont d'essence génocidaire. Les éminents auteurs de cet article, craignant sans doute, eux aussi, de se voir accuser de négationnisme ou de révisionnisme du génocide des Tutsi, font abstraction de la définition du génocide par le seul instrument juridique qui a pour la première fois tracé les contours de ce crime des crimes contre l'humanité, à savoir la Convention du 9 décembre 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide. Dans son article II, cette convention définit le crime de génocide comme suit : « Dans la présente Convention, le génocide s'entend de l'un quelconque des actes ci-après, commis dans l'intention de détruire, ou tout ou en partie (c'est nous qui soulignons) un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel : a) Meurtre de membres du groupe; b) Atteinte grave à l'intégrité physique ou mentale de membres du groupe; c) Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d'existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle; d) Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe. »

Il va de soi que l'ordre d'exterminer tout ou une partie importante d'un groupe ethnique, qu'il soit hutu ou tutsi, rentre bien dans la définition du génocide au titre de cette convention, dès lors que les faits sont avérés.

Il ne convient pas de comparer la quantié ni mettre en opposition l'origine des victimes, mais de dénoncer et condamner tous les crimes commis contre les populations civiles du Rwanda et de la Région des grands lacs africains. Et d'exiger, comme le font Rony Brauman, Jean-Hervé Bradol, Claudine Vidal et de nombreux autres spécialistes, que les auteurs de ces atrocités soient poursuivis et punis avec la même rigueur par la justice internationale, sans discrimination fondée sur la position politique actuelle ou l'origine ethnique des présumés criminels.

 

Ambassadeur Jean-Marie V. Ndagijimana

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Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 06:55

Photo : Rony Brauman, ex-président de MSF

Rony-Brauman.jpgPar Rony Brauman, Jean-Hervé Bradol et Claudine Vidal - Tribune |
Samedi 28 Janvier 2012
Les découvertes du juge Trevidic ont relancé la polémique sur le Rwanda, une partie de la presse exonérant Kagame de ses responsabilités passées et présentes. « De tout temps, les conteurs comme leurs publics ont préféré les histoires où les bons combattent les méchants plutôt que celles où des salauds en affrontent d'autres » : Rony Brauman, ex-président de Médecins sans frontières, Jean-Hervé Bradol (Fondation Médecins sans frontières) et Claudine Vidal (CNRS), tentent de mettre en lumière les véritables enjeux des réactions à l'expertise balistique du juge Trevidic.
Depuis dix-huit ans, des centaines de milliers de morts, rwandais et congolais, sont imputables au Front patriotique rwandais (FPR) mais aucun de ses membres n'a été condamné pour ces faits. Les sources existent, elles sont connues. Comment expliquer une telle absence de réponse face à ce qui peut être considéré comme des crimes contre l'humanité ? La quasi-unanimité de la presse française sur les prétendues conclusions du rapport balistique commandé par les juges français chargés d'instruire la plainte des familles dont les membres sont morts dans l'attentat contre l'avion du président Habyarimana, le 6 avril 1994, fournit une nouvelle opportunité de comprendre comment le régime de Kigali assure son impunité.

Trois éléments de méthode sont utilisés.

Le premier consiste à déclarer qu'une vérité historique, le génocide des Rwandais tutsis, est en butte au négationnisme et au révisionnisme. Ce déni créerait les conditions d'une reprise de la politique génocidaire. La réalité est tout autre et on peut s'en féliciter. Les principaux concepteurs et réalisateurs du génocide ont été arrêtés et condamnés. Ceux qui, pour l'instant, avaient réussi à s'échapper et dont les lieux de résidence sont connus vivent désormais dans la crainte non plus d'être traduits devant un tribunal international mais d'être directement transférés à Kigali comme c’est déjà le cas.

Le deuxième élément de méthode est l'emploi systématique de la terreur pour imposer le point de vue des amis de Paul Kagame en dépit des évidences contraires. Il n'existe plus de réelle opposition structurée à l'intérieur du Rwanda, ni de presse libre, en raison des arrestations et des assassinats. Les agences de presse en ont témoigné régulièrement ainsi que des ONG internationales. Les anciens du FPR qui se sont dissociés du pouvoir en place ont été réduits au silence ou contraints à l'exil quand ils n'ont pas été tout simplement assassinés. Dans cette entreprise, les sicaires de Kigali ne s'embarrassent pas des frontières et plusieurs opposants et journalistes ont été exécutés dans les pays où ils s'étaient réfugiés, crimes et tentatives d’assassinats précisément relatés par les médias des pays concernés (Afrique du Sud, Ouganda, Royaume Uni, etc.)

Le troisième élément de méthode est le soutien de réseaux d’ « amis » à l'étranger (à une autre époque, on aurait parlé de « compagnons de route ») afin de relayer les accusations de négationnisme et de révisionnisme contre les commentateurs qui osent contredire les versions des faits produites par le régime en place à Kigali. Ces « amis », hyperactifs dans le débat public, viennent récemment d’occuper la plupart des tribunes afin de faire dire à un rapport balistique ce qu’il ne disait pas, et se sont comportés, volontairement ou non, en vecteurs de la propagande internationale du FPR.

La justice française (ainsi qu’une procédure espagnole en février 2008) a accusé Paul Kagame et des membres du FPR en leur imputant l’attentat contre l’avion d’Habyarimana. La sortie d'un rapport balistique qui ne pouvait en aucun cas produire une conclusion sur l'identité des assassins a été accompagnée d'une campagne médiatique affirmant le contraire : l'expertise balistique innocenterait Kagame. Les deux avocats du FPR, qui se sont exprimés après la remise du rapport balistique, ne sont pas les seuls responsables de cette vague d’enthousiasme en faveur de Kagame. Le juge Bruguière, auteur d'une précédente instruction incohérente, et une bonne partie de la presse française ont apporté leur contribution au brouillage de pistes. De tout temps, les conteurs comme leurs publics ont préféré les histoires où les bons combattent les méchants plutôt que celles où des salauds en affrontent d'autres. Doit-on pour autant présenter comme équivalents le génocide des Rwandais tutsis et les crimes commis par le FPR ? Absolument pas. Pour cela il faudrait oublier la différence entre deux types d'ordres : « Exterminez les tous » ou « Massacrez une partie d'entre eux ».

SOURCE

 

COMMENTAIRE DE L'AMBASSADEUR JMV NDAGIJIMANA

001.jpgJe ne partage pas la conclusion de cet article, en ce qu'elle cherche à différencier les deux types de crimes du fait qu'ils découlent de deux types d'ordres différents : « Exterminez les tous » ou « Massacrez une partie d'entre eux ».

Sur le plan strictement juridique, les deux types d'ordres sont d'essence génocidaire. Les éminents auteurs de cet article, craignant sans doute, eux aussi, de se voir accuser de négationnisme ou de révisionnisme du génocide des Tutsi, font abstraction de la définition du génocide par le seul instrument juridique qui a pour la première fois tracé les contours de ce crime des crimes contre l'humanité, à savoir la Convention du 9 décembre 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide. Dans son article II, cette convention définit le crime de génocide comme suit : « Dans la présente Convention, le génocide s'entend de l'un quelconque des actes ci-après, commis dans l'intention de détruire, ou tout ou en partie (c'est nous qui soulignons) un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel : a) Meurtre de membres du groupe; b) Atteinte grave à l'intégrité physique ou mentale de membres du groupe; c) Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d'existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle; d) Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe. »

Il va de soi que l'ordre d'exterminer tout ou une partie importante d'un groupe ethnique, qu'il soit hutu ou tutsi, rentre bien dans la définition du génocide au titre de cette convention, dès lors que les faits sont avérés.

Il ne convient pas de comparer la quantié ni mettre en opposition l'origine des victimes, mais de dénoncer et condamner tous les crimes commis contre les populations civiles du Rwanda et de la Région des grands lacs africains. Et d'exiger, comme le font Rony Brauman, Jean-Hervé Bradol, Claudine Vidal et de nombreux autres spécialistes, que les auteurs de ces atrocités soient poursuivis et punis avec la même rigueur par la justice internationale, sans discrimination fondée sur la position politique actuelle ou l'origine ethnique des présumés criminels.

 

Ambassadeur Jean-Marie V. Ndagijimana

 



Par FRANCE-RWANDA TRIBUNE - Publié dans : Attentat du 6 avril 1994 - Communauté : Afrique des Grands Lacs
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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 17:31

Rwandese Protocol to Return the Kingdom (RPRK) irasaba Perezida Kagame kwegura 

Ibarwa yanditswe na Eugen Nkubito, Umuyobozi wa R P R K

 

Bwana Perezida wa Repubulika,


1-Mu ijoro ryo ku itariki ya 30/11/2011, umunyamakuru Charles Ingabire wari ukuriye ikinyamakuru inyenyerinews.com cyandikirwa kuri internet, akanaba yari n’umuyobozi w’ikindi kinyamakuru cyitwa Ukuri News cyandikirwa mu mujyi wa Kampala muri Uganda, yarishwe arashwe. Ingabire Charles ni umunyamakuru w’umucikacumu rya Génocide yo muri 1994 mu Rwanda. Yavuye mu Rwanda ahunze Leta mubereye umuyobozi yashakaga kumwica, kandi mu nshingano zayo z’ibanze ariyo yakagombye kumurinda.

Abarengera uburenganzira bw’ikiremwamuntu, ibinyamakuru binyuranye, n’abandi bantu bakurikiranira hafi ibibera mu Rwanda kandi bikorwa na Leta y’u Rwanda, bashingiye ku bimenyetso binyuranye bifatika, bemeza ko Charles Ingabire yazize kuba mu nyandiko ze yararanzwe no kunenga bikomeye ubutegetsi bwanyu. Bwari uburenganzira bwe busesuye nk’undi munyarwanda wese, by’umwihariko nk’umunyamakuru.

Muri mu ruzinduko rw’akazi I Kampala ho muri Uganda, abanyamakuru bababajije ku birebana n’iryo yicwa ry’umunyarwanda kandi arashwe. Ntimwigeze munababazwa ko ari umwe mu bana b’u Rwanda wapfuye, kabone n’iyo mwaba mutabona ibintu kimwe, ahubwo mwihutiye kumushinja ko yavuye mu Rwanda yibye. Nk’ umukuru w’igihugu ni irihe tegeko ribemerera kuba umushinjacyaha? Ibyo mwabikoze nta burenganzira mubifitiye, nta n’ibimenyetso mufite . Muzi neza ko itegekonshinga mwishyiriyeho ku itariki ya 04/06/2003 ritabemerera kwivanga muby'ubucamanza. Ikindi ni uko, biramutse ari nabyo, Charles Ingabire yari gushyikirizwa ubutabera ( tuzi ko butabaho mu Rwanda), ntabwo yari kwicwa. Si nabyo mwari gushyira imbere mushinja umuntu wapfuye udashobora kwisobanura ku byaha ashinjwa n'Umukuru w'igihugu.

2- Namwe ubwanyu murabona ko biteye isoni n’agahinda, igihe mubwira isi yose ko mwe na FPR muyobora arimwe mwahagaritse Génocide, none akaba ari mwe mukekwaho kwica no kwicisha abacikacumu b’iyo Génocide baba abari mu gihugu, ndetse n’abashoboye kubahungira hanze y’igihugu.

3- Nyakwubahwa Perezida wa Repubulika, muzi ko mbere yo gufata ubutegetsi mukoresheje imbunda, mukekwaho kuba mwarishe, mukanamena amaraso menshi y’abanyarwanda ndetse n’ay’abanyamahanga. FPR mubereye ku isonga yishe abanyarwanda bo mu bwoko bw’abahutu bazira gusa ko ari abahutu kuva intambara yatangira muri 1990 kugeza muri 1994.

Mu duce FPR yari yigaruriye, mwahamagaraga abantu ngo bajye mu nama, bose mukabica ntihagire n’umwe urokoka. Mwafungiranye abantu mu mazu muratwika, mwishe abantu benshi, abagore, abagabo, impinja n’abakecuru mukoresheje udufuni n'ingoyi mwise ‘akandoyi’. Mwakuye abantu mu byabo barenga miliyoni, baba impunzi mu gihugu cyabo muri Nyacyonga n’ahandi mu gihe kirenga umwaka wose, Ibimenyetso bifatika birahari n'abagabo babihagazeho barahari.

Mu gihe kimwe, mwishe kandi mwicisha abana b’abatutsi bavaga mu Rwanda, mu Burundi, muri Tanzaniya no muri Congo. Baje mubasabye ababyeyi babo, abandi baje mu ngabo z'umutwe wa FPR yababwiraga ko bahaguruka bakarenganura abatutsi no guharanira uburenganzira bwabo Leta ya Perezida Juvenal Habyarimana yabavukije.

Bishwe bazira ko bashobora kuba baje ari intasi za Leta ya Habyarimana. Abandi bazize ko bari bavuye muri za Kaminuza no mu mashuri yisumbuye n’amakuru, igihe abo bari baje basanga baturutse mu gihugu cya Uganda batari baragize amahirwe yo kwiga biturutse ku kibazo cy’ubuhunzi bamazemo igihe kirekire.

Mbere y’uko urugamba rwa FPR rwiswe urwo kwibohoza rutangira, mwari mwungirije umukuru w’iperereza mu gihugu cya Uganda. Mushinjwa kuba, mwitwaje ububasha mwahawe n'uwo murimo mwarishe abantu benshi b’inzirakarengane barimo abaturage ba Uganda, n’abanyarwanda bari muri icyo gihugu, kugeza ubwo muhabwa izina rya Pilato. Bose bazize ko mwari mufite imyumvire itandukanye.

Urugamba rwa FPR rugitangira, mukekwaho kuba arimwe mwateguye kandi mugashyira mu bikorwa iyicwa rya Général Major Fred Gisa Rwigema ku itariki ya 02/10/1990. Général-Major Fred Gisa Rwigema yaharaniraga ko Umwami w’u Rwanda Kigeli V Ndahindurwa yataha mu Rwandank’umukuru w’igihugu.

Mwebwe mwari mugambiriye gufata ubutegetsi bwose ku nyungu zanyu bwite n’iz’agatsiko mwari mufatanije kandi mugifatanije. Niko byagenze, umugambi mwawugezeho mumaze kumena amaraso menshi y’inzirakarengane z’abahutu, abatwa, n’abatutsi ndetse n’ay’abanyamahanga.

4- Amaperereza yose yakozwe yemeza ko muri ku isonga mu bakekwaho kuba ku itariki ya 06/04/1994, mwarahanuye indege ya Perezida Juvenal Habyarimana, wari umukuru w’u Rwanda, ari kumwe na Perezida Cyprien Ntaryamira w’ I Burundi n’abafasha babo ba hafi bari kumwe muri iyo ndege, ndetse n’abapilote bayo bakomoka mu gihugu cy’ubufaransa.

Icyo gikorwa cy’iterabwoba kigayitse, cyahitanye abakuru b’ibihugu bibiri, n’abandi bantu b’inzirakarengane, ntimwigeze mushaka ko ukuri kujya ahagaragara.

Nk'umukuru w'igihugu ni mwe mwari mufite inshingano zo gushyira ukuri ahagaragara kubijyanye n'iyicwa rya Général Fred Gisa Rwigema wari ukuriye FPR, yamara kwicwa akaba ari mwe mwamusimbuye.

Ni namwe mwari mufite kandi mugifite inshingano zo gushyira ahagaragara iby'urupfu rwa Perezida Habyarimana wishwe ku nyungu zo kugira ngo mufate ubutegetsi bwose ku ngufu. Mugamije guhisha ukuri, no gukomeza kwubakira politike yanyu ku kinyoma, mwanze nkana ko hajyaho amatsinda yigenga ngo akore iperereza ritabogamye kuri ubwo bwicanyi bwombi ndengakamere.

Mbere y’urupfu rw’abo bakuru b’ibihugu bombi, Mukekwaho kuba mwaragize uruhare rufatika, muri gatozi cyangwa icyitso, mu rupfu rwa Perezida Melchior Ndadaye, Perezida wa mbere w’umuhutu w’I Burundi wari watowe binyuze muri Demokarasi. Yazize gusa ko yari umuhutu. Mutekereza igikorwa cyo kwica Perezida Juvénal Habyarimana, mwari muzi neza ko bizagira ingaruka mbi ku banyarwanda bo mu bwoko bw’abatutsi bari imbere mu gihugu. Ibimenyetso bifatika byari bihari byari gutuma mutekereza kabiri mbere yo gukora kiriya gikorwa cy’iterabwoba kigayitse.

Ikimenyetso gikomeye ni iyicwa rya Perezida Ndandaye wishwe ku itariki ya 23/10/1993, urupfu rwe rwakurikiwe n’umwuka mubi watumye urwikekwe hagati y’abahutu n’abatutsi bo mu Rwanda rurushaho kwiyongera. Urwikekwe rwari rwarabyukijwe n’intambara ya FPR yo kuwa 01/10/1990 no gufungwa kwakurikiyeho kw’abatutsi bo mu Rwanda bakekwagaho ko ari ibyitso bya FPR. Nubwo bitavanaho na busa icyaha abahutu b’intagondwa bishe abatutsi babaziza ko ari abatutsi,ntawashidikanya ko Genocide yakorewe abatutsi bo mu Rwanda muyifitemo uruhare runini. Hari ibimenyetso simusiga kandi bifatika byerekana ko umugambi mubisha wo guhanura indege y'uwahoze ari umukuru w'igihugu Juvenali Habyarimana wacuriwe mu nama yabereye ku Mulindi wa Byumba. Iyo nama yari iyobowe namwe ubwanyu mu ntangiriro z'ukwezi kwa gatatu 1994.

TITO RUTAREMARA2Patrick Mazimhaka,Muribuka ko bamwe mu byegera byanyu nka Honorale Tito Rutaremara na Ministre Patrick Mazimpaka, bababwiye ko kurasa indege y'umukuru w'igihugu bizagira ingaruka mbi kubanyarwanda bo mu bwoko bw'abatutsi bari imbere mu gihugu. N'akababaro kenshi bakubwiye ko icyo gikorwa gishobora gutuma haba itsembatsemba ry'abatutsi bari mu Rwanda. Mwarabyanze mufata icyemezo kidakuka ko bigomba kuba uko mwabitekereje. Mwahise munategeka ko missile ebyiri zo mu bwoko bwa SAM 7 zabarindaga hamwe na Colonel Alexis Kanyarengwe zijyanwa i Kigali muri CND gutegura icyo gikorwa.

Lieutenant Frank Nziza (ubu ni Major) hamwe na Caporal Eric Bizimana (ubu ni Capitaine) kandi bose bakiri mu ngabo zibarinda, bahise bajyana nazo. Ni nabo bombi barashe indege. Inkiko zitabogamye nizimara kubisesengura biraboneka ko arimwe mwayiteguye kandi mutuma Génocide yamaze abanyarwanda ishyirwa mu bikorwa mugamije kwifatira ubutegetsi bwose ku ngufu. Ni nayo mpamvu urukiko rwa Arusha rutashoboye kwerekana uwaba yarateguye Génocide, kandi bigaragara ko yabayeho. Ukuri ku ihanurwa ry'indege kwarirengagijwe nkana, ahubwo urucyiko rushishikazwa, rufatanije n'ubutegetsi bwanyu, gushakira ibyaha no gushinja abo mwatsinze mushaka guhora, kwihimura, no kubacecekesha burundu. Urukiko rwa Arusha nirufunga imiryango nkuko rubiteganya rutababajije iby'ihanurwa ry'indege ya Perezida Habyarimana kandi rufite ububasha, ubushobozi n'ibimenyetso, ruzaba rwirengagije ubutabera, kandi ruteranije abanyarwanda aho kubunga.

Colonel Bagosora Théoneste mwashinje ko ariwe uri ku isonga mubateguye Génocide yo mu Rwanda, ndetse akanayishyira mu bikorwa, urukiko rwa Arusha mu rwego rw'ubujurire rwamuhanaguyeho icyaha cyo gutegura Génocide. Mu gihe kimwe Ministre w'intebe wa Leta y'abatabazi Yohani Kambanda,munyandiko yashyize ahagaragara ku itariki ya.10/11/2011 yongeye kwemeza ko we na Leta ye batigeze bategura Génocide.

Nkuko Procureur w'urukiko rwa Arusha Madame Carla Delpont yabivuze mu kwezi kwa gatatu 2008 ko afite ibimenyetso simuziga bigaragaza ko arimwe mwahanuye indege. Major Dr Théogène Rudasingwa,wari Umunyamabanga mukuru wa FPR akaba yarabaye n'umukuru w'ibiro byanyu ndetse akaba na ambasaderi w'u Rwanda muri Loni yabyemeje mu nyandiko ko arimwe mwamubwiye ko mwahanuye indega ya Perezida Juvena Habyarimana.

igihe kirageze ngo abanyarwanda bave mu gihirahiro bamenye imvo n'imvano ku mahano yabahekuye.

Ubu inzira isigaye yo kumenya ukuri ni imwe. Ni uko mwashyikirizwa ubutabera butabogamye.

5- Mbere y’uko FPR mwari mubereye ku isonga, na n'ubu mukiyobora ifata ubutegetsi ku ngufu, munashinjwa ko mwakoresheje ubwicanyi bw’indengakamere kugira ngo muharabike Leta ya Juvénal Habyarimana, muyishinja ko yica abatavuga rumwe nayo. Ni muri urwo rwego FPR yishe ba Ministre Gatabazi, Umunyamabanga mukuru w’ishyaka rya PSD, yica Bwana Gapyisi Emmanuel, Landuard Ndasingwa n’abandi…

Ntabwo FPR mwari muyoboye yibasiye abahutu gusa. Yishe n’abatutsi kugira ngo Leta ya Juvenal Habyarimana ishinjwe ko yatangiye Génocide. Ku itariki ya 04/02/1993, mwohereje commandos kujya kwica abatutsi b’abagogwe kugira ngo bishyirwe kuri Leta ya Juvenal Habyarimana. Bityo haboneke impamvu yo kugaba igitero mubeshya amahanga ko mugiye gutabara abatutsi.

Nyuma yo kwica abagogwe FPR, yirengagije imishyikirano hagati y’impande zombi zari mu mirwano yari igeze kure Arusha mu gihugu cya Tanzaniya, yagabye igitero kuwa 08/02/1993 cyayogoje igihugu. Umugambi mwari mufite wari uwo gufata ubutegetsi bwose ku ngufu za gisirikare. Ni mwe nk’umuyobozi mukuru w’igisirikare cy’uwo mutwe, mugomba kubazwa kandi mukaryozwa n’ubutabera bwigenga iby’ubwo bwicanyi ndenga kamere bwakorewe abanyarwanda bo mu bwoko bw'abagogwe.

6- Bwana Perezida wa Repubulika, murashinjwa kandi kuba mwarishe abayobozi bakuru ba Kiliziya Gatolika mwiciye i Gakurazo ho muri Perefegitura ya Gitarama ku itariki ya 05/06/1994. Mushinjwa kuba mwarishe ba Musenyeri Visenti Nsengiyumva, Umushumba wa Kigali, Musenyeri Tadeyo Nsengiyumva, Umushumba wa Kabgayi, Musenyeri Yozefu Ruzindana, Umushumba wa Byumba. Mushinjwa kandi urupfu rwa Musenyeri Phocas Nikwigize, Umushumba wa Ruhengeri warigishijwe n’abasirikare ba FPR, ku mupaka wa Goma – Gisenyi atahutse avuye mu buhungiro, nyuma akicwa n’abasirikare ba FPR mwari mukuriye muri 1996.

7-Mbere y’uko mwambuka mukajya kwica impunzi z’abahutu bahungiye mu gihugu cya Kongo, ndetse no kwica abanyekongo babacumbikiye, mwabanje kwica impunzi z’abahutu zari mu nkambi ya Kibeho ku Gikongoro. Imiryango itegamiye kuri Leta yemeza ko hagati y'amatariki 18 na 22 /04/ 1995 mwishe impunzi z'abahutu barenga 60,000. Abashoboye kurokoka, FPR yabakurikiranye mu mayira n'aho batahaga hose irabica. Ubwo bwicanyi bwakorewe mu Rwanda, bugakorwa n'ingabo mwari mubereye ku isonga nta butabera bwigeze bushaka kumenya uko byagenze kugira ngo abakoze ayo mahano babiryozwe.

Nyakubahwa Perezida wa Repubulika murumva ko mutakwisasira imirambo y'inzirakarengane zingana zityo, ngo mwiyorose amaraso yazo, ngo mutabibazwa n'ubutabera mwitwaje ubudahangarwa mwihaye mufata ubutegetsi mukoresheje imbunda, mukabishimangira mwiba amatora ubugira kabiri. Nta budahangarwa mukwiye kuko ubutegetsi mwabwibye rubanda, ntimwabuhawe na rubanda.

Impunzi z’abahutu zari muri Kongo nkuko mwabyivugiye ngo ‘twarabacyuye abandi twarabarashe, zarishwe zizira gusa ko ari abahutu, zihambwa mu byobo rusange nkuko rapport ya ONU (Mapping report) ibyerekana neza. Iyo mapping report yerekana neza uruhare runini mubifitemo nk’uko namwe mubyiyemerera. Perezida wa Congo Lawurenti Desideri Kabira yabyemeje atarapfa ku itariki ya 19/11/1998 mu kiganiro yagiranye n'ikinyamakuru ' Le soir' cyo mu gihugu cy'Ububiligi ko mwishe impunzi z’abahutu.

Munashinjwa kandi mu gihe kimwe, kuba mwarishe, cyangwa mukicisha abatutsi b'abanyekongo bo mu gice cy'abanyamurenge. Bamaze kwanga kuba igikoresho cyanyu, mwohereje Colonel Dani Gapfizi (ubu usigaye ari kwipeti rya Brigadier General) wari uyoboye igitero cyabagabweho, abica ku bwinshi. Abashoboye kurokoka iryo cumu ryanyu baratatanye bata ibyabo, abatarashoboye guhungira mu yandi mahanga ubu bamaze imyaka igera kuri 15 bari mu makambi mu Rwanda. Inkurikizi zabyo zose ni mwe zigomba kuryozwa.

8- Bwana Perezida wa Repubulika, mwahekuye u Rwanda. Ibigwi byanyu ni birebire kuko mwishe kandi mwicisha abanyarwanda abahutu, abatwa, abatutsi ndetse n’abanyamahanga. Ntawabarondora bose ngo bishoboke. Mwishe Seth Sendashonga, mwica Colonel Lizinde, mwica umucuruzi Bugirimfura, abo bose mubasanze aho babahungiye i Nairobi muri Kenya. Bahunze ubutegetsi bwanyu kandi aribo mwakoresheje nk’abahutu b’ibikoresho kugira ngo mugere ku nyungu zanyu bwite.Mwishe Kabera Assiel, ba Rwisereka, abatutsi bakoreye FPR batizigama, igihembo kiba kwicwa. Mwica Jean Leonard Rugambage w’umunyamakuru, mwicisha Ministre Juvenal Uwiringiyimana mu bu birigi mumuziza ko yari amaze gutahura umutego mwashakaga kumutamo mufatanije n’abidishyi b’ingoma yanyu bakora mu rukiko Arusha, n’abandi bo mu bubiligi….n’abandi n’abandi.

9-Mwafashe ubutegetsi ku ngufu kandi nyuma ya genocide mwarayikoresheje ku nyungu zanyu. Mu rwego rwo kwikiza abatavuga rumwe n’ubutegetsi bwanyu, mukimara gufata ubutegetsi ku ngufu nyuma yo kumena amaraso menshi y’inzirakarengane, mwakoze liste y’abanyarwanda bo mu bwoko bw’abahutu gusa mutavuga rumwe cyangwa se bashobora kubangamira inyungu zanyu bwite. Mubahamya icyaha cyo gutegura no gushyira mu bikorwa Génocide, mukora amalisiti nta bimenyetso bibahamya icyaha, amalisti muyatangaza mu igazeti ya leta, muyakwirakwiza isi yose mugambiriye kubabuza amahwemo aho babahungiye.

Bamwe byabaviriyemo gufungwa, abandi bimwa ubuhungiro mu bihugu bahungiyemo, abandi bakurwa ku mirimo bari babonye aho bahungiye, abandi batotezwa n’abene gihugu babita abicanyi. Byose mwabikoze muzi neza ko byubatse ku kinyoma.

Mu bafungiwe Arusha bashinjwa ko bari mu rwego rw’abo mwise ba Ruharwa hamaze guhanagurwaho icyaha abari mu nama ya Leta nka Ministre Ntagerura, Ministre Rwamakuba, Ministre Bizimungu, Ministre Bicamumpaka, hagirwa umwere Géneral Kabirigi wari ushinzwe ibikorwa bya gisirikare, hahanagurwaho icyaha Prefet Bagambiki, na Protais Zigiranyirazo mwitiriraga akazu kateguye Génocide. Abo bose mwatumye bafungirwa ubusa igihe kirekire mubizi neza ko ari abere. Imiryango yabo ibura kivurira, ibintu byabo birasenyuka ibindi murabyangiza, ndetse n’aho bafunguriwe kubera ikinyoma cyanyu mwabeshye isi yose bakaba ntagihugu cyashoboye kubakira. Hari abandi bagifungiye Arusha, no mu gihugu hirya no hino, cyangwa ahandi, ari abakatiwe ari n’abatarakatirwa, bose nta butabera babonye kuko ikinyoma mwubakiyeho ingoma yanyu, nubwo gitangiye kujya ahagaragara, cyabaye ingorabahizi.

10- Nyakwubahwa Perezida wa Repubulika, si abanyarwanda gusa mwahekuye. Nkuko umucamanza Fernandi Andreu wakoze iperereza rinonosoye abyemeza kandi abibashinja. Ashingiye ku bimenyetso bifatika, abashinja kuba mwarishe muri gatozi cyangwa icyitso abagiraneza b’abasipanyolo 9 bakurikira:

-Joaquím Vallmajó,

-Servando Mayor,

-Julio Rodríguez,

-Miguel Angel Isla,

-Fernando de la Fuente,

-Flors Sirera,

-Manuel Madrazo,

-Luis Valtueña ,

-Isidoro Uzcurun.

Mushinjwa kandi kuba mwarishe mukoresheje ingabo mukuriye umunya Canada witwa Claude Simard ku itariki ya 18/10/1994 i Gitarama. Ku itariki ya 02/02/1997, nabwo mushinjwa kuba mwarishe undi munya Canada witwa Guy Pinard wari umaze imyaka 35 mu Rwanda i Kampanga ho mu Ruhengeri.

11- Nyakubahwa Perezida wa Repubulika mwaranzwe kenshi no gukurikirana impunzi zabahunze hanze y'igihugu kugira ngo muzicireyo. Rimwe na rimwe umugambi mubisha ukamenyekana mutaramena amaraso nkuko byagenze mu bwongereza mushaka guhitana Musonera, mu gihugu cya Afurika yepfo mushaka kwica Général Kayumba Nyamwasa mwasangiye akabisi n'agahiye.

12- Nyakubahwa Perezida wa Repubulika, Biteye isoni n'agahinda kuba ubucamanza bwakagombye kwigenga mwarabuhinduye intwaro yo gukomeza kuniga, guheza,no gupfukirana abatemera ubutegetsi bw'igitugu mwashyizeho mukoresheje imbunda. Mu bizi neza kandi mubigambiriye mukomeje gushinja abahutu muri rusange ibyaha bya Génocide, mu gihe mushinja abatutsi mudashaka ubujura no guhungabanya umutekano w'igihugu.

Madame Victoire Umuhoza Ingabire, bigaragara ko azira ibikorwa bya Politiki, cyane cyane kuba yaraje mu Rwanda kwiyamamaza ashaka guhatanira namwe umwanya wo kuba umukuru w’igihugu. Ni uburenganzira bwe. Kandi kuba ibitekerezo bye yagaragaje bitandukanye n'imyumvire yanyu nta gitangaza kirimo.

Igihe yemera ko mu Rwanda haba amoko, kandi ko hapfuye abahutu n'abatutsi, ndetse bose bakaba bakwiye ubutabera, mwe mwemeza ko nta moko abaho mu Rwanda, mwahindukira mukavuga ko abahutu bishe abatutsi babaziza ko ari abatutsi. Mwagera ku bahutu bapfuye kandi mubifitemo uruhare mukagoreka indimi. Ibitekerezo byanyu ntaho byazigera bihura n'ibya Madame Victoire Ingabire. Abanyarwanda bonyine nibo bafite uburenganzira bwo guhitamo uvuga ukuri bemera.

Igisubizo ntabwo ari ukumushyira mu buroko, mugahimba abamushinja ibinyoma bigaragarira buri wese ko ari ikinamico, namwe mukemeza ko yemeye ibyaha mutarigeze mugera mu cyumba cy’urucyiko aburaniramo ! Maitre Ntaganda, Karoli Ntakirutinka, Niyitegeka, Déogratias Mushayidi, bose bafungiwe ibikorwa bya Politiki.

By'umwihariko kuri Madame Umuhoza Ingabire Victoire, mu Kiganiro mwagiranye n'abanyamakuru ku itariki ya 11/12/2011 igihe mwari mu ruzinduko i Kampala, mwaratinyutse mubeshya isi yose ngo Madame Victoire Ingabire yemeye ibyaha. Ni irihe tegeko ribaha uburenganzira bwo kwivanga mu bucamanza bwagombye kuba bwigenga ? Perezida wa Repubulika amenya ate ko uregwa yemeye ibyaha urubanza rukiburanwa ?

Ni uwuhe mucamanza uzavuguruza Perezida wa Repubulika wamaze gutangaza ko Madame Victoire yemeye ibyaha ? Mwamuhamije ibyaha atararangiza kuburana, nta n'uburenganzira mubifitiye. Igisigaye ni ukumukatira. Murumva atari urukoza soni ku gihugu cyagombye kugendera ku mategeko? Binyuranye n’itegeko nshinga mwishyiriyeho.

13- Nyakubahwa Perezida wa Repubulika,

Tumaze kubona aya marorerwa yose mwakoze, isi yose ikaba iyazi ariko ku nyungu zitandukanye ikicecekera, Tumaze kubona ko ibi bikorwa bigayitse mufitemo uruhare rugaragara, bihesha isura mbi u Rwanda n'abanyarwanda bose, Tumaze kubona ko mwaranzwe, no guteranya abana b'u Rwanda mukoresheje abandi banyarwanda, Tumaze kubona ko kwica abanyarwanda nkuko namwe mubyiyemerera, cyane cyane abatemera ibitekerezo byanyu ariyo ntwaro yanyu ya politiki;

Tumaze kubona ko mu biganiro bitandukanye mwagiranye n'ibinyamakuru mwiyemereye ko arimwe mwishe uwari umukuru w'igihugu Perezida Habyarimana, mukanemera ko mwarashe impunzi z'abahutu zahungiye muri Congo, mukanica n’abanyekongo b’aba Tutsi bo mu bwoko bw’abanyamurenge, mukagaragaza ko mufite umugambi wo kwica abo mutavuga rumwe nkuko mwabivuze muvuga Général Kayumba Nyamwasa, muvuga ko n’isazi muzayicisha inyundo, bwacya mukamurasa;

Tumaze kubona ko mwivanga bikabije mu butabera kandi mukabukoresha ku nyungu zanyu bwite, ibyo bikaba binyuranye n’ibiteganywa n’itegeko nshinga mwishyiriyeho, Tumaze kubona ko mwafashe ubutegetsi mu maze kumena amaraso menshi y'abanyarwanda, ndetse n'ay'abanyamahanga, Tumaze gusanga mwaribye amatora ubugira kabiri bityo akaba nta munyarwanda wabahaye ubutegetsi;

Dusanze ntabudahangarwa mukwiye kuko mwibye rubanda ubutegetsi bwabo, Dushingiye ku biteganywa n'itegekonshinga ry' u Rwanda ryo kuwa 04/06/2003 mwishyiriyeho, cyane cyane mu ngingo yaryo ya 99 aho iteganya ko uwiyamamariza umwanya w'umukuru w'igihugu agomba kuba inyangamugayo, no mu ngingo ya 60 iteganya ko inzego z'ubutegetsi zitandukanye kandi zigenga bityo ubucamanza bukaba bugomba kwigenga ntimubuvogere cyangwa ngo mubukoreshe mu nyungu za politiki, no mu ngingo ya 98 iteganya ko umukuru w'igihugu agomba kubumabatira ubumwe bw'abanyarwanda no kuba umurinzi w'itegekonshinga;

Dushingiye ku bikubiye muri iyi nyandiko turasanga nta na kimwe mwujuje, bityo mukaba mwarishe nkana mubizi kandi mubishaka itegeko nshinga mwishyiriyeho,Turabasaba ko mwakwegura kuri uwo mwanya wa Perezida wa Repubulika, kugira ngo ubutabera bukore akazi kabwo, Turasaba inkiko zigenga, zibifitiye ububasha n'ubushobozi gufata ikibazo cy'ubutabera zitajenjetse, zititaye kubudahangarwa mwihaye mutahawe n'abanyarwanda, Turasaba ibihugu by'inshuti bifasha u Rwanda n'abanyarwanda, gufasha abanyarwanda bamaze gushavura gushyira mu bikorwa ibi byifuzo kugira ngo amahoro arambye agaruke mu Rwanda no mu karere k'ibiyaga bigari:

Umwami w'u Rwanda Nyiricyubahiro Kigeri V Ndahindurwa, uri mu buhungiro mu gihugu cya Leta zunze ubumwe z’Amerika warahiriye kuba Umwami ugendera ku itegekonshinga tariki 09/10/1959, agomba guhita agaruka mu Rwanda nk'Umukuru w'igihugu, Natahe abanyarwanda bicare ku meza amwe babwizanye ukuri ntawuhejwe, ntanuzira ukuri avuze, bace ikinyoma basubirane ubumwe bwabo n’amahoro mbere yo kujya imbere y’ubutabera budahora.

Ubwami bugendera ku itegekonshinga, imitegekere y’igihugu yemejwe kuri 28/07/1959 igihe Umwami Kigeli V NDAHINDURWA yasimburaga Umwami Mutara III Rudahigwa niyo nzira yonyine isubiza abanyarwanda uburengazira bwabo bwo kujya mu mashyaka bihitiyemo no kuragiza ubutegetsi abo bashaka binyuze mu matora adafifitse.

Nyakubahwa Perezida wa Repubulika, mukwiye gufata icyemezo cy’ubutwari mukegura ku mirimo mwihaye mukareka abanyarwanda bakiyunga nyabyo. Bazabishingiraho babakorera ubucamanza butabera kandi budahora.

Mugire amahoro.

Eugen Nkubito

Chaiman R P R K

Bimenyeshejwe

Son excellence Monsieur le Président des USA

Son excellence Monsieur le Président de la République Française

Son excellence Monsieur le Président de la République de l'Uganda

Son excellence Monsieur le Président de la République-Uni de Tanzanie

Sa Majesté le Roi du Rwanda en Exil aux USA Kigeli V Ndahindurwa

Son excellence Monsieur le Premier Ministre Britanique

Son excellence Monsieur le Premier Ministre Belge

Son excellence Monsieur le Premier Ministre du Portugal

Son excellence Monsieur le Premier Ministre d'Espagne

Son excellence Monsieur le Premier Ministre de la Norvége

Son excellence Monsieur le Premier Ministre des Pays Bas

Son excellence Monsieur le Premier Ministre du Canada

Son excellence Madame la Chanceliere da Republique d’Allemagne

Son excellence Monseur le Premier Ministre Danois

Son excellence Monsieur le Premier Ministre du Duche du Luxembourg

Son excellence Monsieur le Premier Ministre du Maroc

Son Excellence Monsieur le Secrétaire Général de l’ONU, à New York

Son Excellence Monsieur le Président du Conseil de Sécurité, New York,

Madame/Monsieur le Représentant du pays membre permanent du Conseil de

Sécurité (tous)

Monsieur le Greffier du TPIR à Arusha

Monsieur le Procureur du TPIR à Arusha

Commission des Droits de l’homme, à Genève

Commission Internationale des Juristes, à Genève

Association Américaine des Juristes

Association internationale des Juristes démocrates, New Delhi

Cour Européenne de Justice

Cour Européenne des Droits de l’Homme

Cour Africaine des Droits de l’Homme

Centre de lutte contre l’impunité et l’injustice au Rwanda, à Bruxelles

Amnesty International à Londres

Avocats sans frontière à Paris.

FIDH à Paris

HRW (Human Rights Watch)

 

http://rwandarwiza.unblog.fr/2012/01/07/rwandese-protocol-to-return-the-kingdom-rprk-irasaba-perezida-kagame-kwegura/

Par FRANCE-RWANDA TRIBUNE - Publié dans : Attentat du 6 avril 1994 - Communauté : Afrique des Grands Lacs
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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 12:35
Par FRANCE-RWANDA TRIBUNE - Publié dans : France
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