Mardi 31 août 2010 2 31 /08 /Août /2010 16:39

Guichaoua André Guichaoua, sociologue

Dix ans de meurtres, de viols et d’exactions en république démocratique du Congo (RDC) et une accusation d’éventuel génocide à l’encontre du Rwanda d’aujourd’hui : c’est ce que contient la version provisoire d’un rapport de 545 pages que n’a pas encore publié le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH), mais dont les fuites sont parvenues jeudi à la presse. Le document revient sur ce qui s’est tramé dans l’ex-Zaïre entre mars 1993 et juin 2003. Une période qui couvre les deux guerres du Congo, qualifiées de «guerre mondiale africaine» en raison du nombre de pays impliqués - 9 selon le rapport - mais aussi de victimes, qui se comptent par millions.

Rejeté jeudi comme «balivernes» par le gouvernement rwandais, le document met Kigali dans l’embarras. Il ouvre la voie à d’éventuelles poursuites pour «crimes contre l’humanité, crimes de guerre, voire de génocide». Si tous les regards se tournent de nouveau vers le Rwanda, il ne s’agit pas, cette fois, de se souvenir du génocide de 800 000 Tutsis par des milices hutues en 1994 mais du massacre systématique et prémédité par l’armée rwandaise, en territoire congolais, de dizaines de milliers de Hutus qui avaient fui le Rwanda par crainte de représailles tutsies. Le régime de Paul Kagame dément toute exaction en RDC, et affirme n’avoir fait que poursuivre dans l’ex-Zaïre les miliciens hutus génocidaires. Or, ce rapport du HCDH change un rapport de force et une écriture de l’Histoire, que décrypte pour Libération le sociologue français André Guichaoua, spécialiste de la région des Grands Lacs.
Pourquoi des fuites de ce rapport parviennent-elles maintenant à la presse ?
En fait, le rapport est congelé depuis plusieurs mois. Ces fuites sont habituelles, sur ce type de document, mais le plus surprenant aujourd’hui, c’est la réaction indignée des autorités rwandaises, alors qu’elles font pression depuis plusieurs semaines pour bloquer le rapport !
Que pensez-vous de l’accusation de génocide formulée à demi-mots par le rapport, à l’encontre d’une armée rwandaise accusée d’avoir massacré des Hutus en RDC ?
Des actes génocidaires ont été commis, c’est indéniable. Mais de tels actes ne font pas génocide. Si toutes les fois que des actes génocidaires étaient commis, on utilisait le terme de génocide, nous en aurions dix ou vingt par an. L’utilisation du terme est d’ailleurs laissée à l’appréciation des juristes par le rapport, qui n’a pas voulu franchir ce pas.
Quoi qu’il arrive, il me paraît très difficile de mettre sur le même plan la reconnaissance d’un éventuel génocide des Hutus au Congo avec celui des Tutsis au Rwanda. Il n’y avait pas les mêmes objectifs, la même finalité. Ce qui est plus ennuyeux encore, c’est le risque de globalisation de toutes les victimes des deux guerres du Congo. Entre 1998 et 2003, la grande guerre africaine a fait entre 3 et 4 millions de victimes, essentiellement civiles, dont on ne peut pas attribuer la responsabilité au seul Rwanda. Or, l’amalgame risque d’être fait dans les comptes rendus et l’utilisation politique du rapport.
Paul Kagame va-t-il de devenir un paria sur la scène internationale ?
Son affaiblissement est déjà réel. La dernière présidentielle au Rwanda, qu’il a remportée avec 93% des voix, n’a pas été une fête, en grande partie à cause de la manière dont la campagne a été menée. Les motifs d’énervement du candidat-président tenaient déjà à l’actualité qui se profilait, avec ce rapport. Il existe par ailleurs un désenchantement des bailleurs de fonds. Le département d’Etat américain a adressé des critiques au Rwanda. Or, ce pays ne tient que grâce à deux ressources : l’aide extérieure et les minerais du Kivu, région de la RDC située à la frontière du Rwanda. C’est le fait de le dire qui pose problème aujourd’hui.
Pourquoi les autorités rwandaises se montrent-elles aussi nerveuses concernant ce rapport ?
Parce qu’il met fin à seize ans d’impunité du camp des vainqueurs au Rwanda. Si le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) avait joué son rôle et lancé des procédures sur les massacres de Hutus, des actes connus et documentés, le sentiment profond d’une incroyable injustice n’existerait pas aujourd’hui. Parce que le Rwanda a bénéficié du laxisme de la communauté internationale, il se retrouve dans une situation très complexe aujourd’hui. Des Rwandais, mais aussi des pays comme l’Espagne ou le Canada, dont des ressortissants ont été tués, et qui n’ont jamais osé porter plainte, vont pouvoir le faire.
Le rapport de forces idéologique a changé, et risque de se solder par une multiplication des procédures. Même des observateurs des Nations unies ont été assassinés par le Front patriotique rwandais [FPR, au pouvoir à Kigali, ndlr], et les dossiers ont ensuite été enterrés. Tout cela peut ressurgir. On a mis sous le boisseau un nombre incalculable de procédures, alors que tout le monde savait que des crimes importants avaient été commis. On a construit une success story rwandaise, un noyau de croyances qui s’est consolidé avec la caution tacite des Nations unies. Si le TPIR avait fait son travail, on n’en serait pas là.
© liberation.fr : SABINE CESSOU
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Jeudi 26 août 2010 4 26 /08 /Août /2010 17:43

kagome.jpg RDC: unrapport de l'ONU met en cause le Rwanda pour des faits de "génocide"

PARIS (AFP) - jeudi 26 août 2010 - 15h38 - Un rapport du Haut-commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme, révélé jeudi par le journal français Le Monde, estime que des faits de "génocide" ont pu être commis en République démocratique du Congo (RDC) en 1996-98 par des militaires rwandais ou soutenus par le Rwanda. Dans ce document, dont le quotidien dit s'être procuré une version quasi définitive, les enquêteurs de l'ONU estiment que "les attaques systématiques et généralisées (contre des Hutus réfugiés en RDC) révèlent plusieurs éléments accablants qui, sils sont prouvés devant un tribunal compétent, pourraient être qualifiés de crimes de génocide".

Ce rapport de 600 pages, qui porte sur la décennie 1993-2003, se réfère en l'espèce aux faits imputés à lArmée patriotique rwandaise (APR) durant la première guerre en RDC, de 1996 à 1998. Il se réfère aussi à des faits imputés à l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), "une coalition créée à Kigali" en octobre 1996, selon le rapport.

C'est cette coalition qui avait permis à Laurent-Désiré Kabila de chasser du pouvoir à Kinshasa le maréchal Mobutu en mai 1997.

Le rapport décrit "la nature systématique, méthodologique et préméditée des attaques contre les Hutus (qui) se sont déroulées dans chaque localité où des réfugiés ont été dépistés par lAFDL/APR sur une très vaste étendue du territoire".

"Lampleur des crimes et le nombre important de victimes, probablement plusieurs dizaines de milliers, sont démontrés par les nombreux incidents répertoriés dans le rapport. Lusage extensif darmes blanches (principalement des marteaux) et les massacres systématiques de survivants après la prise des camps démontrent que les nombreux décès ne sont pas imputables aux aléas de la guerre", est-il aussi écrit, selon Le Monde.

Plus d'un million de Hutus du Rwanda s'étaient réfugiés dans l'ex-Zaïre (aujourd'hui RDCongo) après la prise du pouvoir à Kigali du Front patriotique rwandais (FPR) à majorité tutsie, après le génocide qui avait visé les membres de cette ethnie en 1994.

Le Monde affirme que le président rwandais Paul Kagamé a tenté d'empêcher la publication par l'ONU de ce rapport et que Kigali a menacé de retirer ses troupes des opérations de l'ONU en cas de fuites dans la presse.

Le journal précise que le rapport n'incrimine pas que le Rwanda. Entre 1998 et 2003, au moins 8 armées nationales et 21 groupes armés irréguliers ont pris part à "la deuxième guerre" de RDC

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Jeudi 26 août 2010 4 26 /08 /Août /2010 17:31

Un Kagame_Museveni.jpg rapport parle de "génocide" en RDC, le Rwanda s'insurge

REUTERS

Le rapport du Haut-commissariat aux droits de l'homme de l'Onu sur les exactions commises en République démocratique du Congo (RDC) fournira, selon ses auteurs, une base pour des poursuites pour génocide. 

 

Ce rapport suscite la colère du Rwanda, particulièrement visé, affirme Le Monde dans son édition datée de vendredi.

Le quotidien du soir dit s'être procuré la version quasi définitive de ce document, qui doit être publié en septembre, et fait état de tensions entre Kigali et les Nations Unies en raison de son contenu.

Le nombre de victimes des crimes commis entre 1993 et 2003 dans la région des Grands Lacs, en Afrique centrale, est incertain, mais il dépasse le million.

Selon des extraits du rapport reproduits par Le Monde, "les attaques systématiques et généralisées (contre les Hutus réfugiés en République démocratique du Congo) révèlent plusieurs éléments accablants qui, s'ils sont prouvés devant un tribunal compétent, pourraient être qualifiés de crimes de génocide".

La Cour pénale internationale, compétente pour les crimes commis après sa création en 2002, n'est pas compétente pour juger ces faits remontant à la première guerre en RDC (1996-97).

Le Haut-commissariat s'en remet à "la nécessité de créer de nouveaux mécanismes" judiciaires pour "briser le cercle de l'impunité".

Le rapport incrimine huit pays dans les crimes commis entre 1998 et 2003, lors de la deuxième guerre du Congo, notamment l'Angola, dont l'armée régulière aurait profité de sa présence en RDC pour renforcer sa répression à l'encontre des populations de l'enclave de Cabinda, située dans le Bas-Congo.

Le Rwanda, où un génocide contre les Tutsis et les Hutus modérés a eu lieu en 1994, faisant 800.000 morts, est, selon Le Monde, le pays faisant le plus pression sur l'Onu pour que ce rapport ne soit pas publié en l'état.

L'utilisation du mot de "génocide" contre les Hutus qui ont fui le Rwanda après les massacres et ont été poursuivis en RDC par le nouveau pouvoir rwandais, aurait suscité le courroux du président Paul Kagamé, homme fort de Kigali depuis 1994.

Le quotidien écrit que le chef de l'Etat rwandais a menacé de retirer ses nombreuses troupes des missions de maintien de la paix de l'Onu, notamment au Darfour.

Clément Guillou, édité par Yves Clarisse

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L'acte d'accusation de dix ans de crimes au Congo RDC

Le Monde.fr | 26.08.10

Redoutée par les principaux acteurs régionaux de l'interminable drame humain dans la région des Grands Lacs, la radiographie sans précédent des crimes jalonnant dix ans de guerre en République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre) que vient d'établir le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH) est accablante, principalement pour le Rwanda voisin.



L'ONU ne veut pas laisser impunis dix ans de massacre au Congo RDC

 

Sur près de 600 pages, ce document, dont Le Monde a obtenu une version quasi définitive, décrit les "violations les plus graves des droits de l'homme et du droit international humanitaire commises entre mars 1993 et juin 2003 en RDC".

Derrière l'intitulé se cache une décennie de meurtres, viols, pillages auxquels prirent part plusieurs pays de la région. Des conflits qui firent un nombre indéterminé de morts, mais qui se chiffrent au bas mot en centaines de milliers.

La compilation des rapports existants et la collecte de nouveaux témoignages menée par le HCDH fournissent une base pour des poursuites judiciaires à venir contre les auteurs de ce que le HCDH qualifie de "crimes contre l'humanité, crimes de guerre, voire de génocide" après des années d'impunité.

 

"CRIMES DE GÉNOCIDE"

Depuis des semaines, le Rwanda déploie ses réseaux et son énergie pour tenter d'étouffer ce rapport qui risque d'atteindre le cœur du régime du président Paul Kagamé, l'homme fort du Rwanda depuis 1994.

Le document estime en effet que "les attaques systématiques et généralisées contre des Hutu réfugiés en RDC révèlent plusieurs éléments accablants qui, s'ils sont prouvés devant un tribunal compétent, pourraient être qualifiés de crimes de génocide".

Il reste à savoir quel tribunal se chargera de cette œuvre de justice alors que la plupart des crimes sortent du champ de compétence de la Cour pénale internationale.

Face aux insuffisances de la justice congolaise, le HCDH insiste sur la nécessité d'imaginer de nouveaux mécanismes judiciaires pour mettre fin au cycle de l'impunité dans la région.

Christophe Châtelot

 

 

 

 

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Dimanche 22 août 2010 7 22 /08 /Août /2010 08:40

Par Ben Gacul

18 Août 2010

« Dans une de ces propagandes déguisées (mon ami dirait “à deux balles”) que les innombrables fans du président Kagame nous servent régulièrement, nous lisons cette semaine que les Ouest-africains “adorent littéralement” le dictateur de Kigali, entre autre raison, parce qu'il a osé dire “m..” à la France. Tiens donc, depuis quand faire étalage de sa mal-éducation  séduirait les élites africaines? Car il s'agit, pour NKB, de “nombreuses personnes éduquées et bien informées sur ce qui se passe et s’est passé au Rwanda”. La publicité aurait accroché si elle nous épargnait ce clin d'œil vers tous ceux qui ont applaudi le dictateur et sanguinaire Ahmed Sekou Touré lorsqu'il lâcha son légendaire NON au français Charles de Gaulle. Pour autant est-ce que les écarts de langage de Kagame peuvent être comparés au nationalisme du futur bourreau du camp Boiro? La réponse est non.

Circonstances et parcours des personnages diffèrent. Mais surtout, le discours de Kagame rappelle plus le comportement amnésique d'une poule campagnarde qu'autre chose. Quel Africain n'a en effet jamais vu une poule picoter dans la m.., essuyer studieusement son bec et tout de suite après, replonger ce dernier dans les mêmes immondices? C'est exactement ce que fait l'afande de Kigali vis-à-vis des Français. Il crie à hue et à dia sa hargne contre ce maillon faible des acteurs du désastre rwandais, mais la plupart de ces “éduqués” ouestafricains ignorent que cette animosité qu'ils prennent pour du patriotisme-nationalisme n'est rien moins qu'une cure entamée par Kagame pour soigner un ego blessé un jour de janvier 1992. Se croyant déjà intouchable alors qu'il allait faire les yeux doux à cette même France, Paul Kagame fut surpris par un séjour dans une prison de Paris.

M..à la France donc. Et pourquoi pas à la Belgique qui a la moins enviable paternité des mentions ethniques (véritables étoiles de David) sur les cartes d'identité des Rwandais? Oui, cette Belgique qui, via son École royale militaire, forma des officiers qui commettront l'Innommable. Et pourquoi pas les Usa, premiers négationnistes avant l'heure du génocide rwandais? Et pourquoi pas Israël qui, à travers le Zaïre du maréchal Mobutu a formé, d'abord à la base Kota-Koli, puis au camp du mont Carmen (Haifa), la garde présidentielle de feu Juvénal “Kinani” Habyarimana? Et pourquoi pas l'Égypte qui a formé des officiers ex-Far et livré 6 millions de dollars d'armes à l'armée “génocidaire”? Non, vraiment, il n'y a aucune gloire, aucun mérite dans ces bassesses proférées par le fils de Rutagambwa à l'encontre des Français.

Il a dit “m...” à la France? Mais il ne sait dire que ça! Et que veut-on qu'il dise d'autre? Lorsque l'ex-réfugié qu'il est traite les actuels Rwandais exilés de m..., de quelle finesse rhétorique est-il encore capable? Lorsqu'il qualifie un juge de prostitué, que vous cache-t-il de sa manière singulière d'être admiré “littéralement”? Lorsqu'un chef d'État regrette de n'avoir pas pu exterminer une partie (environ deux millions) de son peuple, avec quelle mesure peut-on évaluer son cynisme, non son QI? Lorsque devant un parterre de diplomates, le président traite Louis Michel (anciennement ministre de son pays) d'igicucu, à quel genre d'homme a-t-on affaire? Lorsqu'il promet de moudre  (comprenez tuer) ses opposants, quelle part de séduction porte ce discours?

Non, Kagame n'est pas admirable par ses diatribes insultant la France. Pas plus que Sekou Touré d'ailleurs. Juste deux assoiffés de pouvoir et de sang qui croient distraire le peuple en grommelant le jour des insanités à l'endroit d'une puissance auprès de laquelle ils vont s'agenouillent le soir...............................................

...........Et l'on nous fait croire que les Guinéens, particulièrement Peuls, adoreraient ce président-là... Une blague ou quoi? Nta murozi wabuze umukarabya dit-on en kinyarwanda. Traduction: même Klaus Barbie a trouvé un avocat. S'ils ont adoré Dadis Camara (bonnet blanc), nul doute que nos amis de Conakry s'énamourent de Daddy Kagame (blanc bonnet). » 


Benjamin Gakuliro

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Dimanche 22 août 2010 7 22 /08 /Août /2010 08:30

Ouest-France.fr  21 août 2010
De notre correspondant en Afrique de l'Est.

Décrété en 2008 par le président Kagamé, en pleine fâcherie avec Paris, le changement de langue entrera en vigueur dans les écoles, à la rentrée de septembre. 

Les dictionnaires d'anglais, arrivés de Grande-Bretagne, trônent sur les bureaux des professeurs. Comme dans le centre de Kigali, où le futur joyau architectural du Rwanda a été baptisé Kigali City Tower, le pays tout entier a pris le virage de l'anglais. De la publicité aux adresses électroniques des fonctionnaires.

C'est en octobre 2008, en pleine rupture des relations diplomatiques avec la France, que l'ancienne colonie belge (et donc francophone) a annoncé le passage à l'anglais dans l'enseignement public comme dans l'administration. Le président Paul Kagamé ¯ un anglophone formé en Ouganda et couvé par les États-Unis ¯ a décrété ce changement pour « donner la priorité à la langue qui rendra nos enfants plus compétents ».

Un véritable bouleversement. « Les enseignants les plus vieux, qui ont fait leurs études en français, et les anciens fonctionnaires, qui ont toujours travaillé en français, ont du mal à s'adapter », rapporte Albert-Baudoin Twizeyimana, journaliste rwandais de l'agence de presse Syfia Grands lacs.

  

Les enseignants à la peine

  

Introduit en 1994 dans l'enseignement et, en 2003, comme seconde langue officielle, l'anglais supplantera complètement le français, à la rentrée de septembre, depuis le primaire jusqu'à l'université. Un véritable défi pour les enseignants. L'un d'eux, la quarantaine et francophone, ne cache pas les conséquences : « Il arrivera que les élèves passent une semaine sans rien apprendre car les professeurs doivent apprendre en anglais ce qu'ils vont enseigner. »

Ces derniers mois, les enseignants ont suivi des formations, animées par des Anglais venus spécialement au Rwanda. Mais ça ne suffit pas, comme le confirme John Simpson, un formateur. « Certains enseignants connaissent un peu de grammaire, mais beaucoup n'ont pas confiance en eux car ils savent qu'ils font des erreurs. »

Au Rwanda, ce changement est critiqué, notamment pour sa radicalité. « C'est impensable qu'un système éducatif à plus de 98 % francophone soit subitement transformé pour devenir anglophone », n'en finit plus d'enrager Jean-Baptiste, un étudiant.

Les parents qui le peuvent ont préféré inscrire leurs enfants en Ouganda, ancienne colonie britannique, où l'enseignement en anglais est bien meilleur. D'autres ont choisi le Burundi et la République démocratique du Congo pour que leurs enfants terminent leur scolarité en français.

Mais, au ministère rwandais de l'Éducation, on reste ferme : « Ceux des professeurs qui ne pourront pas s'adapter n'auront pas la permission de continuer à enseigner. »

Arnaud BEBIEN.

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Le-Rwanda-lache-le-francais-et-passe-a-l-anglais-_3637-1482868_actu.Htm?xtor=RSS-4&utm_source=RSS_MVI_ouest-france&utm_medium=RSS&utm_campaign=RSS

 

 

Commentaire

Par Agaculama mu Ikibunda

« De toutes façons, c'est un anglais de pignouf qui sera imposé aux pauvres Rwandais colonisés par des analphabètes du FPR/Inkotanyi. Tous leurs intellectuels quittent un à un le navire! Des dizaines de milliers d'instituteurs francophones sont licensiés. Mille collines et mille hontes que ce Rwanda occupé par une puissance étrangère et inculte. »

 

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Dimanche 22 août 2010 7 22 /08 /Août /2010 08:18

Kigeli-V.jpg

Mémorandum du MDPR au Conseil de Sécurité concernant le retour du roi Kigeli V au Rwanda conformément aux résolutions 1744, 1579 et 1580 des Nations Unies.

 Mouvement démocratique du Peuple pour la Réconciliation, MDPR.

C/O Abbé Théophile Murengerantwari

Pfarrstrasse 9, 57223 Kreuztal

Deutschlan

Siegen, le 20 Août 2010

 

Son Excellence Monsieur le Président du Conseil de Sécurité

Des Nations Unies

NEW YORK, NY 10017

 

Monsieur le Président,

Les récents développements sur le Rwanda, dont la scandaleuse mascarade électorale qui vient de se tenir, la mise en cause de la présence du Président Kagame à Madrid, les assassinats et l’embastillement d’ opposants politiques, de journalistes et défenseurs de droits de l’homme, le rapatriement forcé des milliers de réfugiés rwandais en Uganda, sans oublier les scandales politico juridiques liés aux procès en relation avec le génocide qui a endeuillé notre pays en 1994, sont pour nous l’occasion de vous adresser le présent mémorandum qui attire votre attention sur les responsabilités de l’ONU dans cet état de fait et pour vous inviter à faire prendre les mesures requises pour rétablir le peuple rwandais dans ses droits.

La malheureuse situation que vit le peuple rwandais tire ses origines dans un passé dans lequel votre Organisation a joué différents rôles qui, à certains moments, s’apparentent à l’abandon d’un peuple en danger. En effet, au cours de la période coloniale quand le Rwanda était sous tutelle des Nations Unies, celles-ci ont laissé s’installer une discrimination et une exclusion à l’encontre des Hutu sous prétexte que la colonisation atteindra mieux ses objectifs en s’alliant et en se reposant sur les seuls Tutsi. Cette politique s’est traduite par l’exclusion systématique des hutus des postes de responsabilité, quand bien même il s’agissait d’un mode indirect de gouvernement (indirect rule). A la veille de l’indépendance, comme pris par la mauvaise conscience, le colonisateur tenta de corriger son erreur en provoquant une discrimination inverse, cette fois à l’encontre des Tutsi, au cours d’une révolution assistée par la puissance coloniale.

Bien que le pays était sous le régime d’administration indirecte, cela n’a pas empêché la colonisation de vider les autorités du pouvoir réel et de bloquer les initiatives du Roi du Rwanda de combattre l’iniquité et la discrimination. Le roi Mutara III Rudahigwa en payera d’ailleurs le prix fort, tandis que son successeur SM Kigeli V Ndahindurwa qui avait tenté de démocratiser le pouvoir par l’institutionnalisation d’une monarchie constitutionnelle sera exilé et son exil dure jusqu’à ce jour.

L’ONU a laissé s’installer la république avec l’accession du pays à l’indépendance. Mais cette république est ponctuée de discrimination, d’exclusion, de violences et de dénis de droits de l’homme, dont le paroxysme aura été le génocide de 1994. Si dans la république d’hier c’était le Tutsi qui connaissait la marginalisation et l’exclusion, dans la république d’aujourd’hui ce sont les Hutu qui en sont victimes, tandis que les pays voisins en subissent les répercussions, non seulement pas l’afflux de réfugiés, mais aussi par des millions de morts comme c’est le cas pour la RDC.

L’accession du pays à l’indépendance s’est accompagnée du refus de l’autorité de tutelle de laisser le peuple rwandais choisir le mode de gouvernement qui lui sied par l’organisation de consultations honnêtes, sincère et libres car tout a été fait pour que le Roi ne prenne pas part aux dites consultations. Nous payons encore aujourd’hui le prix des événements de cette époque, car ce sont les enfants des réfugiés de cette époque qui ont reconquis le pays au prix des millions des morts et de réfugiés et d’une discrimination digne de l’apartheid.

Pour sa part, comme prise par le remords de n’avoir pas empêché l’irréparable se produire en 19994, la Communauté internationale accompagne le régime de Kigali et semble couvrir ses crimes aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Même le Tribunal International pour le Rwanda (TPIR) qui aurait dû être l’occasion de juger les crimes de génocide et autres crimes de guerre et contre l’humanité, a été réduite en justice des vainqueurs, sans que cela puisse scandaliser le Conseil de Sécurité des Nations Unies. La réconciliation nationale qui était attendue avec impatience est devenue une chimère, tandis que le régime du Président Kagame s’installe dans le déni des droits de l’homme, à commencer par le droit à la vie, le droit d’association et la liberté de presse.

Nous sommes extrêmement préoccupés de constater qu’à chaque fois que la Communauté internationale devrait intervenir pour porter secours au peuple rwandais, elle parvient à se débiner et à ne revenir que pour constater les dégâts. Nous osons espérer que cette fois –ci elle prendra ses responsabilités pour venir au secours du peuple rwandais en danger.

Nous voudrions attirer l’attention sur le fait qu’il est illusoire de croire qu’il pourra y avoir une véritable réconciliation nationale tant que la question de l’exil de SM le roi Kigeli V ne sera pas réglée, de même que son rôle dans cette réconciliation ainsi que la forme institutionnelle de l’état rwandais. Dans la mesure où le roi est au-dessus de la mêlée, il incarne l’unité nationale et il est la personne qui est incontestablement la mieux placée pour jouer un rôle central dans la réconciliation entre les filles et les fils du Rwanda. Nous vous prions par ailleurs de noter, que contrairement à ce que les chanteurs du régime font croire, les progrès du Rwanda vers les Objectifs du Millénaire pour le Développement sont très questionnables. Nous vous invitons à lire notamment le dernier rapport national sur le développement humain publié par le PNUD. Ce rapport met en exergue le fait que la pauvreté s’est fortement accentuée surtout dans le monde rural et la malnutrition touche près de deux enfants sur cinq. Cette situation économique et sociale difficile est perceptible dès lors qu’on se donne la peine de parcourir les campagnes pour s’en rendre compte, car s’il y a un grand succès dont devrait se targuer le régime, c’est celui de masquer la vérité sur les conditions de vie des populations. Tout en comptant sur vous pour aider le Rwanda à sortir de l’impasse dans lequel il s’est installé depuis longtemps, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’assurance de notre haute considération.

 

Théophile Murengerantwari

Président du MDPR

 

Veuillez cliquer sur le lien ci dessous:

Mémorandum du MDPR au Conseil de Sécurité concernant le retour du roi Kigeli V au Rwanda conformément aux résolutions 1744, 1579 et 1580 des Nations Unies.

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Dimanche 22 août 2010 7 22 /08 /Août /2010 08:14

WASHINGTON (Reuters) Fri Aug 13, 2010

The United States expressed concern on Friday about "disturbing events" surrounding this week's presidential election in Rwanda in which incumbent Paul Kagame drew 93 percent of the votes.

The White House National Security Council said in a statement that progress has been in Rwanda since the 1994 genocide of 800,000 ethnic Tutsis and moderate Hutus.

"We remain concerned, however, about a series of disturbing events prior to the election, including the suspension of two newspapers, the expulsion of a human rights researcher, the barring of two opposition parties from taking part in the election, and the arrest of journalists," National Security Council spokesman Mike Hammer said in a statement.

The land-locked African country's stability and prosperity will be difficult to sustain without broad political debate and open political participation, Hammer said.

Critics say the Rwandan election campaign was marred by government repression. Human rights groups pointed to mounting violence during the run-up to the election after the fatal shooting of a local journalist and the killing of an opposition official who was found nearly beheaded in July. The government denied involvement.

"Democracy is about more than holding elections," Hammer added. "A democracy reflects the will of the people, where minority voices are heard and respected, where opposition candidates run on the issues without threat or intimidation, where freedom of expression and freedom of the press are protected."


The White House statement does not congratulate Kagame for his re-election in Monday's voting.

Kagame's nearest rival, Jean Damascene Ntawukuliryayo of the Social Democratic Party, won 5 percent of the vote, according to final election results released on Wednesday.

"We have expressed our concerns to the government of Rwanda, and we hope the leadership will take steps toward more democratic governance, increased respect for minority and opposition views, and continued peace," Hammer said.


(Reporting by Tom Doggett; Editing by Will Dunham)

 

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Vendredi 20 août 2010 5 20 /08 /Août /2010 18:30

Agence Hirondelle

http://fr.hirondellenews.com/content/view/15426/326/

Arusha, 18 août 2010 (FH) - L'une des quatre salles d'audiences du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a été transformée en salle de réunion et de stockage depuis le début du mois, dans le cadre de la stratégie de fin de mandat de la juridiction.

Selon une résolution du Conseil de sécurité de fin juin, le TPIR doit terminer ses affaires en première instance au plus tard à la fin de l'année prochaine.

« Compte tenu du calendrier judiciaire des prochains mois, il a été estimé que les audiences dans les affaires pendantes pourraient se tenir dans trois salles d'audiences au lieu de quatre », a expliqué mercredi à l'agence Hirondelle, le porte-parole du TPIR, Roland Amoussouga.

Située au rez-de-chaussée de l'aile Kilimandjaro du Centre international de conférences d'Arusha (AICC), cette salle d'audience avait été surnommée « gacaca » (gazon, en langue rwandaise) en raison notamment, de son manque de système de retransmission des débats.

Le TPIR est, de loin, le principal locataire de l'AICC, qui, en plus de Kilimandjaro, compte deux autres ailes- Ngorongoro et Serengeti.

Au Rwanda, les juridictions gacacas (prononcer gatchatcha) qui approchent de l'heure du bilan, étaient chargées de juger, souvent en plein air, la presque totalité des auteurs présumés du génocide des Tutsis de 1994.

Cette quatrième salle d'audience du TPIR avait été aménagée en 2005 grâce à un financement de la Grande Bretagne et du Royaume de Norvège qui avaient débloqué respectivement 120,000 et 300,000 dollars américains, selon M. Amoussouga.

Dans le cadre de cette stratégie de fin de mandat, le tribunal a, par ailleurs, commencé le processus de compression progressive de son personnel.

A ce jour, cinq affaires impliquant 16 accusés sont en phase de délibération, quatre procès mettant en cause 5 personnalités sont ouvertes, alors que trois accusés, dont le pasteur pentecôtiste Jean Bosco Uwinkindi arrêté le 30 juin en Ouganda, attendent de comparaître.

 

 

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Jeudi 19 août 2010 4 19 /08 /Août /2010 16:19

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Photo : Rose Kabuye, proche du président rwandais Paul Kagamé

Les juges antiterroristes Marc Trévidic et Nathalie Poux doivent se rendre à Kigali mi-septembre pour une mission d'expertise dans leur enquête sur l'attentat contre l'avion du président rwandais Juvénal Habyarimana en 1994, a-t-on appris vendredi de sources proches du dossier.

Les deux magistrats doivent arriver au Rwanda le 11 septembre et y rester une semaine. Ils seront accompagnés de cinq experts géomètre, en balistique, explosifs et incendie qui devront tenter de déterminer les conditions dans lesquelles l'attentat contre l'avion présidentiel a été opéré.

Le Falcon 50 qui transportait les présidents rwandais et burundais a été abattu alors qu'il s'apprêtait à atterrir à l'aéroport international de Kigali au soir du 6 avril 1994. Cet attentat est considéré comme le signal déclencheur du génocide qui a fait selon l'ONU plus de 800.000 morts, essentiellement parmi la minorité tutsie.

Les deux magistrats seront également accompagnés de policiers français et d'avocats représentants les familles des victimes, parties civiles dans l'enquête.

Mes Léon-Lef Forster et Bernard Maingain, avocats de plusieurs Rwandais visés par un mandat d'arrêt international délivré par les juges français, dont la directrice du protocole du président Paul Kagame, Rose Kabuye, doivent également se rendre sur place, selon ces sources.

L'origine des tirs est au coeur de l'enquête sur les responsabilités dans cet attentat. A ce stade, les enquêteurs français soupçonnent la rébellion tutsie du FPR, alors dirigée par l'actuel président Kagame.

Le gouvernement rwandais a de son côté mis en place une commission d'enquête qui a imputé la responsabilité de l'attentat aux extrémistes "Hutu Power" des Forces armées rwandaises (FAR).

Les experts commis par les juges antiterroristes devront rendre leur rapport en mars 2011.

 

Réaction de la Fondation IBUKABOSE-MEMOIRE POUR TOUS

Selon le rapport du juge antiterroriste français, l’arme utilisée dans l’attentat contre l’avion du président Juvénal Habyarimana a été identifiée. Son propriétaire aussi : le FPR de Paul Kagame. La chaîne de l'enquête s'est donc refermée sur Paul Kagame. Aucun doute n’est plus possible, à moins pour Paul Kagame et ses complices de prouver que le juge français et son équipe ont menti ou produit un faux en écriture. Le pays d’origine des missiles – la Russie - a confirmé les numéros de référence des missiles utilisés dans l’attentat. Le pays importateur - l'Ouganda en l’occurrence - a accusé réception de ces missiles, et ses officiels reconnaissent les avoir ensuite cédés à Paul Kagame. Pour boucler l’enquête, des officiers du FPR membres du Network commando avouent s’en être servi pour abattre l'avion. Le régime de Paul Kagame a eu tout le loisir de contre-vérifier le rapport sur l'origine desdits missiles. Pourquoi n'a-t-il pas démenti les témoignages des officiels ougandais confirmant que ces missiles venaient de leur arsenal acheté à l'Union soviétique ? Quelle preuve veut encore Paul Kagame ? Quelles autres preuves peuvent ramener du Rwanda les juges antiterroristes Marc Trévidic et Nathalie Poux, 16 ans après les faits, alors que Paul Kagame a eu le loisir de faire disparaître certains membres du Network commando ?

La Fondation IBUKABOSE MEMOIRE POUR TOUS est d’avis que les juges français devraient se concentrer sur ces éléments matériels - l’arme du crime - au lieu de tomber dans le piège facile des soi-disant experts britanniques travaillant pour le compte du président rwandais Paul Kagame.

Ambassadeur Jean-Marie Ndagijimana

Fondation IBUKABOSE-MEMOIRE POUR TOUS

 

 

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Jeudi 19 août 2010 4 19 /08 /Août /2010 11:37

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Par le  Télégramme du 18 août 2010

 

Christine Ockrent et Bernard Kouchner, deux icônes du paysage médiatique et diplomatique.

Les « Thénardier ». Ainsi Nicolas Sarkozy, irrité par leur « voracité », désigne-t-il, aujourd’hui, le tandem mythique formé depuis trois décennies par Christine Ockrent et Bernard Kouchner.

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