Vendredi 19 février 2010 5 19 /02 /2010 16:07

Victoire Ingabire Umuhoza candidate
Rwanda. Il faut mettre fin à l’intimidation des partis d’opposition

18 février 2010

Index AI: PRE01/058/2010

Amnesty International condamne fermement l'attaque préoccupante visant un groupe de l'opposition rwandaise, alors que le pays se prépare pour l'élection présidentielle d’août 2010.

Dans une lettre adressée au président rwandais Paul Kagame, Amnesty International l’a exhorté à considérer le scrutin comme une occasion de montrer l’attachement du gouvernement à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique.

« Par le passé, les élections ont été marquées par l’intimidation, mais ce scrutin donne au Rwanda une nouvelle chance de promouvoir les droits plutôt que la répression », a déclaré Tawanda Hondora, directeur adjoint du programme Afrique d’Amnesty International.

La lettre d’Amnesty International fait suite à l’attaque récente de deux membres des Forces démocratiques unifiées (FDU-Inkingi) et au harcèlement du président du Parti démocratique vert du Rwanda (PDVR).

« Amnesty International craint que ces événements ne s’inscrivent dans une politique plus large d’intimidation et de harcèlement destinée à décourager et discréditer les groupes d’opposition », a expliqué Tawanda Hondora.

Le 3 février 2010, Victoire Ingabire, présidente du FDU-Inkingi, et son assistant Joseph Ntawangundi ont été agressés dans la capitale Kigali alors qu’ils récupéraient dans un bâtiment gouvernemental les documents requis pour l’enregistrement de leur parti.

Le passeport de Victoire Ingabire a été dérobé et Joseph Ntawangundi a été roué de coups.

Amnesty International se félicite de l’enquête ouverte par la police sur ces faits. Toutefois, le porte-parole de la police Eric Kayiranga a confirmé qu’au 15 février aucune poursuite n’avait été engagée et que plusieurs suspects interpellés avaient été relâchés.

« L’ouverture d’une enquête constitue une première étape positive, a indiqué Tawanda Hondora. Mais pour s’avérer efficace, elle doit être menée de manière impartiale, dans les meilleurs délais, et permettre de traduire les responsables présumés en justice. »

Trois jours après l’agression, le New Times assurait que Joseph Ntawangundi avait été condamné pour génocide par contumace en 2007 par un tribunal gacaca – tribunal populaire mis en place pour traiter des affaires de génocide. Il a été arrêté le même jour, le 6 février, sous l’inculpation de participation au génocide de 1994, au cours duquel quelque 800 000 Tutsis et Hutus modérés ont péri.

Une nouvelle loi réprimant l'« idéologie du génocide », rédigée en termes vagues et ambigus, a été promulguée le 1er octobre 2008. Elle prévoit des peines de 10 à 25 ans d’emprisonnement. Victoire Ingabire est régulièrement qualifiée par les médias proches du gouvernement de « négationniste » du génocide ou de « divisionniste », en raison des déclarations publiques faites depuis son retour d’exil en janvier 2010 en faveur de poursuites pour les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité commis contre les Hutus par le Front patriotique rwandais (FPR). Le dirigeant du Parti social idéal (PS-Imberakuri), Bernard Ntaganda, a également été convoqué par le Sénat rwandais pour répondre d’accusations d’« idéologie du génocide » fin 2009.

« Le Rwanda est tenu de prohiber tout discours qui constitue une incitation à la discrimination, à l'hostilité ou à la violence, a affirmé Tawanda Hondora, mais la loi rwandaise sur l’idéologie du génocide confond trop souvent la dissidence politique légitime avec cette incitation. »

Frank Habineza, président du Parti vert, aurait aussi été menacé par un homme qu’il soupçonne d’être un agent de sécurité le 4 février dans un hôtel de Kigali.

Il a signalé cette agression à la police le 5 février et attend d’être informé sur la progression des investigations.
Amnesty International engage le gouvernement rwandais à enquêter sur les actes d’intimidation infligés aux groupes d’opposition, à traduire les responsables présumés en justice et à prendre sans délai des mesures en faveur du respect des droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique des partis d’opposition.

http://www.amnesty.org/fr/for-media/press-releases/rwanda-il-faut-mettre-fin-%C3%A0-l%E2%80%99intimidation-des-partis-d%E2%80%99opposition-20100

Par JMV Ndagijimana - Publié dans : Droits de l'homme - Communauté : Afrique des Grands Lacs
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Mercredi 17 février 2010 3 17 /02 /2010 20:16

Emmanuel Hakizimana*
16 février 2010

La semaine passée, l’organisation américaine de défense des droits de la personne Human Rights Watch a publié un rapport faisant état de l’intensification des actes d’agression, de harcèlement et d’intimidation de l’opposition rwandaise par le régime du général Paul Kagame à six mois des élections présidentielles.

Elle citait notamment l’agression de Mme Victoire Ingabire, une opposante fraîchement rentrée de Hollande, ainsi que le passage à tabac suivi d’emprisonnement de son collègue M. Joseph Ntawangundi.

Ces nouvelles agressions contre l’opposition rwandaise viennent s’ajouter aux multiples autres crimes et violations des droits de la personne perpétrées par le régime de Kigali et pour lesquels le président Kagame s’est vu attribuer par des chercheurs universitaires le titre de plus grand criminel de guerre encore en fonction.

De fait, des mandats d’arrêts internationaux ont été lancés par la justice française et espagnole contre une quarantaine d’officiers dans l’entourage de Paul Kagame pour avoir commis des crimes contre l’humanité ainsi que des crimes de guerre et de terrorisme ayant causé la mort de plus de cinq millions de personnes au Rwanda et en République Démocratique du Congo.

Pourtant, en parfaite contradiction avec les principes de démocratie et de respect des droits de la personne qu’ils disent défendre, de grands pays et hommes politiques occidentaux continuent d’appuyer le régime de Kigali et de lui trouver des excuses pour des actes qu’ils répriment ailleurs.

Voici quelques exemples: La Grande Bretagne et le Canada qui ont toujours fustigé le Zimbabwe pour le non-respect des principes démocratiques prônés par le Commonwealth ont, contre toute attente, fortement défendu la récente entrée du Rwanda dans cette même organisation, faisant même fi des recommandations du rapport de l’Initiative des Droits de l’Homme du Commonwealth;

l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair qui a défendu avec acharnement l’invasion de l’Irak et le renversement de la dictature de Saddam Hussein est maintenant conseiller personnel du dictateur Paul Kagame;

même la France qui a émis les mandats d’arrêt ci-haut mentionnés contre des officiers supérieurs rwandais a fait des pieds et des mains pour rétablir les rapports diplomatiques avec le Rwanda, poussée par son ministre des Affaires étrangères et ami personnel de Paul Kagame, M. Bernard Kouchner. Pourtant, c’est le même Kouchner qui a récemment annulé sa visite en Côte d’Ivoire en geste de protestation contre le report de la date des élections présidentielles.

Enfin, tel que révélé par l’ancien procureur du Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR), Carla Del Ponte, les États-Unis ont tout fait pour que des éléments de l’armée de Paul Kagame soupçonnés d’avoir commis des crimes pendant la guerre en 1994 ne soient pas traduits en justice.

Paradoxalement encore, ce sont ces mêmes Américains qui avaient fait d’énormes pressions pour que l’ex- président yougoslave Slobodan Milosevic soit traduit en justice pour les mêmes crimes que les officiers rwandais.

Tous ces appuis politiques et juridiques sont également assortis d’une aide financière substantielle qui finance la moitié du budget du gouvernement rwandais.

Peu importent les raisons pour lesquelles ces pays et personnalités soutiennent le régime de Kigali, le résultat est que le peuple rwandais vit actuellement sous la férule d’une implacable dictature grâce à leurs appuis politiques, juridiques et financiers.

Des opposants et des journalistes indépendants sont persécutés, des milliers de personnes sont emprisonnées sans aucun dossier et des milliers d’autres vivent en exil.

Même le héros Paul Rusesabagina qui a sauvé plus de 1200 personnes pendant le génocide de 1994 et dont l’histoire a été portée à l’écran par le film « Hôtel Rwanda » a dû fuir son pays.

Ne nous y trompons pas, une si grande incohérence de la politique occidentale qui fait que le pire dictateur en Afrique soit aussi le meilleur allié de l’Occident ne fait pas des dégâts que sur le continent noir.

Nos propres contradictions en Occident sont peut-être aussi nos pires ennemis parce qu’elles risquent, si ce n’est déjà fait, de servir de contre-exemples de notre sincère engagement pour la démocratie et les droits de la personne ailleurs que chez nous.

À travers elles, nous risquons de renforcer par une considérable dose de bonne conscience ceux qui bafouent ces valeurs et contre lesquels nous disons lutter.

En effet, comment défendre avec crédibilité la démocratie et les droits des femmes en Afghanistan tout en restant de marbre lorsque les opposantes sont brutalisées au Rwanda?

Comment soutenir la traduction du président soudanais Omar-Béchir devant la Cour pénale internationale tout en bloquant l’inculpation de Paul Kagame devant le TPIR?

Comment être pris au sérieux dans la défense des droits des citoyens étrangers tout en renonçant à la défense de nos propres compatriotes canadiens tués par le régime de Kigali, dont les prêtres québécois Claude Simard et Guy Pinard?

Pour justifier l’appui du Canada à la candidature du Rwanda au Commonwealth, notre ministre des affaires étrangères a affirmé que « le Commonwealth est bien placé pour aider le Rwanda dans le renforcement de ses institutions démocratiques ».

Le moment est alors venu de concrétiser ces déclarations en faisant en sorte que les élections présidentielles rwandaises soient véritablement démocratiques.

L’avantage ne sera pas seulement pour le peuple rwandais meurtri, mais aussi pour nos propres compatriotes et tous ceux qui se sacrifient en Afghanistan et ailleurs pour défendre les valeurs auxquelles nous croyons face à ceux qui les bafouent et exploitent nos contradictions.


*L'auteur est docteur en économie et chargé de cours à l'Université du Québec à Montréal

 

Par JMV Ndagijimana - Publié dans : Opinion/Point de vue - Communauté : Afrique des Grands Lacs
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Mercredi 17 février 2010 3 17 /02 /2010 20:05

  booh-booh.jpg

Agence Hirondelle

16.02.10 -

Arusha, 16 février 2010 (FH) - L'ancien responsable des Nations Unies à Kigali pendant le génocide de 1994, le Camerounais Jacques-Roger Booh Booh, s'en est violemment pris au général canadien Roméo Dallaire et à la communauté internationale, lors de son témoignage mardi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

M.Booh Booh déposait à la demande de Joseph Nzirorera, ancien secrétaire général du Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement (MRND), parti de feu le président Juvénal Habyarimana tué le 6 avril 1994 dans l'attentat contre son avion. Nzirorera est jugé avec deux autres anciens responsables du MRND.

Le diplomate camerounais à la retraite a d'abord tiré à boulets rouges sur son ancien collaborateur, le général Dallaire, l'accusant d'avoir manqué à ses obligations de commandant de la force de l'ONU.

« Dans la soirée du 6 avril (1994), il est resté introuvable», a affirmé M.Booh Booh qui était interrogé par Me Peter Robinson, l'avocat principal américain de Nzirorera.

L'ancien responsable de la Mission des Nations Unies pour l'assistance au Rwanda (MINUAR) a par ailleurs reproché à Dallaire de ne pas lui avoir donné de rapport sur les circonstances de l'attentat, ni sur les assassinats de politiques commis le lendemain.

« Qu'est- ce qui s'est passé à l'aéroport (de Kigali) qui était sous le contrôle de la MINUAR ? », a demandé Booh Booh.

« Comment le premier ministre Agathe Uwilingiyimana a été tuée alors que sa sécurité était assurée par des éléments de la MINUAR ? Qu'est- ce qui s'est passé avec les Casques bleus belges ?», a- t-il poursuivi.

Il a également mentionné les assassinats de plusieurs ministres qui bénéficiaient de l'escorte de la force des Nations Unies. « Pas le moindre rapport ! », a déploré cet ancien chef de la diplomatie camerounaise.

Booh Booh a affirmé n'avoir jamais eu de bons rapports de travail avec Dallaire. « Il n'y a pas eu de collaboration. Une mission de maintien de la paix de l'ONU n'a jamais eu deux chefs. On a eu de sérieux problèmes de dysfonctionnement au sein de la MINUAR », a-t-il dit.

Sa deuxième cible a été la communauté internationale qu'il a accusée d'avoir abandonné les Rwandais. « Il ne faut pas venir en Afrique seulement quand ça va bien. On pouvait rester avec les Rwandais », a-t-il déclaré, critiquant les pays occidentaux qui se sont empressés d'évacuer leurs ressortissants, au lieu de fournir l'équipement nécessaire aux troupes de certains pays africains dont monsieur Booh Booh dit qu'ils étaient prêts à intervenir.

« La communauté internationale a ignoré ce drame (...) J'espère que c'est ma dernière apparition ici pour les problèmes du Rwanda. Souvent, j'ai tendance à parler fort », a ajouté l'ancien patron du général Dallaire.

La déposition se poursuivra mercredi.

ER/GF

© Agence Hirondelle

 

 

 

 

 

 

Par JMV Ndagijimana - Publié dans : Justice - Communauté : Afrique des Grands Lacs
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Mercredi 17 février 2010 3 17 /02 /2010 17:17

Correspondance de Kigali

Les condamnations par les tribunaux Gacaca pleuvent dans différentes régions et visent principalement les commerçants, fonctionnaires et autres personnes susceptibles de jouir d'une certaine considération dans leur communauté. 

La stratégie utilisée est celle-ci :

-  Des cadres du FPR se rendent dans leur région d'origine et collectent via IBUKA des listes de personnes jugées indésirables. Ils retournent à Kigali avec ces listes pour les compléter et préparer les directives à donner aux juges Gacaca ;

- Comme les Gacaca locaux acquittent parfois leurs voisins dont ils savent bien qu'ils sont  innocents, des responsables Gacaca d'une région lointaine reçoivent mission de se rendre au lieu de résidence des accusés, non pas pour juger, mais pour condamner sans offrir la moindre occasion de présenter les moyens de défense ;

- Ainsi, les jugements sont prononcés au plus vite par des inyangamugayo (juges gacaca) inconnus dans la région où se déroule le procès et à l'égard d'accusés qu'ils ne connaissent pas ;

- Un jour, cette réflexion a échappé à un juge missionné et il a dit aux habitants: « vous ne me connaissez pas, je ne vous connais pas non plus. Je ne fais que ce que l'on m'a ordonné de faire. »

D'une part, cette campagne procède de la vengeance, et d'autre part, je pense qu'il s'agit d'une volonté de provoquer de la panique pour intimider la population à l'approche des élections.

En clair : le génocide des hutu - et l'éliminatioin des élites hutu -  se poursuit par tous moyens , y compris par la manipulation de instances judiciaires. 

Correspondance de Kigali

Par JMV Ndagijimana - Publié dans : Justice - Communauté : Afrique des Grands Lacs
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Mercredi 17 février 2010 3 17 /02 /2010 17:04

french ambasador

Par Laurent Contini,

Ambassadeur de France


Lu
ndi, 15 Février 2010

Kigali : La justice et la coopération judiciaire entre nos deux pays [le Rwanda et la France, ndlr] n’a jamais été aussi fructueuse et développé que dernièrement affirme le nouvel ambassadeur de la France au Rwanda dans sa première interview accordée à un media local.

Les relations entre le Rwanda et la France qui connaissent un net regain de forme s’étaient détériorées depuis le génocide des tutsi de 1994. Le Rwanda accusait la France d’avoir soutenu l’ancien régime responsable de ce génocide mais la France a toujours nié ces accusations.


Suscitant un certain étonnement, la sortie au mois de janvier du rapport dit « Mutsinzi » du nom du président du comité indépendant mis en place par le gouvernement rwandais pour déterminer qui a commis l’attentant sur l’avion de l’ancien président Habyarimana Juvénal n’a établi aucun rôle de la France dans cet attentat. Le même attentant est considéré comme le signal donné aux génocidaires pour massacrer plus d’un million de rwandais.        


L’ambassadeur Laurent Contini est catégorique : « Dire que le rétablissement des relations diplomatiques s’est fait au détriment de la justice pour mettre toutes les affaires sous le tapis est un procès d’intention inacceptable, au contraire il permet le développement de ces dossiers et l’aboutissement d’un certain nombre de ces dossiers », martele-t-il. L’ambassadeur énumère les actions faites pour la cause de la justice : « je suis ici depuis le 19 janvier, j’ai déjà reçu une mission de juges d’instructions français qui enquête sur des présumés génocidaires qui sont réfugiés en France, je reçois au mois de mars une nouvelle mission, je reçois au mois de mai une nouvelle mission. Ceci va dans le sens de la justice internationale ».


Sur le génocide rwandais la coopération judiciaire ne se limite pas seulement entre le Rwanda et la France mais aussi entre la France et la le Tribunal Pénal International sur le Rwanda (TPIR). La France a accepté le rapatriement de deux dossiers importants du TPIR dont celui de l’abbé Wenceslas Munyashyaka et un pole judiciaire consacré à la justice internationale et « notamment aux affaires rwandaises » a été établi au sein de la justice française.


Complémentarité avec les autres bailleurs


Sur la liste des bailleurs de fonds du Rwanda la France [longtemps en première position à l’époque de l’ancien régime] est absente. A peine des projets d’aide sont au stade de planification avec la reprise des relations entre les deux pays. « Nous arrivons de façon modeste, ... beaucoup de bailleurs de fonds ont développé leurs activités de façon importante ici, nous voulons regarder ce que nous pouvons faire ... en complémentarité de tout ce qui se fait. Nous regardons, nous discutons, nous dialoguons avec des autorités rwandaises », dit Mr Contini.


La volonté du président rwandais Paul Kagame exprimée lors de la rencontre avec l’ambassadeur Contini est de voir la France apporter des innovations dans un certain nombre de secteurs. L’ambassadeur croit qu’il (Kagame) « avait à l’esprit le secteur privé, les investissements, l’aide au secteur bancaire et financier... ». L’ambassadeur Contini reconnaît que c’est le genre de chose que la France n’avait pas beaucoup fait dans le passé.


Des missions de Proparco, une filiale de l’AFD (Agence Française de Développement) et spécialiste dans le soutien au secteur privé et bancaire sont récemment venues au Rwanda, apprend-t-on de l’ambassadeur français. « Ces gens sont repartis très  impressionnés par ce qui se passait ici et ils vont étudier un certain nombre de possibilités, d’instruments et d’actions pour soutenir le secteur privé et le secteur bancaire ».


En termes d’APD (Aide publique au développement) la France part avec de petites enveloppes en 2010 mais Contini pense que c’est ailleurs que la France se fera une place marquante au Rwanda : Dans les secteurs innovants. « aide au secteur privé, investissements,... il y a des projets industriels qui sont tout à fait intéressants comme l’exploitation du gaz méthane... », dit-il.


La demande de pardon attendra


Les Etats-Unis et le Royaume de Belgique ont demandé pardon au rwandais pour n’avoir rien fait en 1994 pour empêcher ou arrêter le génocide. Beaucoup de rwandais attendaient de la France un geste similaire mais leur vœux n’est pas prêt d’être exaucé. « Mon président a été très clair… il ne s’agit pas seulement du Rwanda… il n’y a pas de repentance et pas d’excuses pour le passé. C’est lui-même (le président Sarkozy) qui l’a défini et qui l’a dit et je crois que nous nous en sommes expliqué avec les autorités rwandaises… », Et l’ambassadeur d’ajouter : « … par contre …là il y a eu de la part de mon président et de la part de mon ministre des affaires étrangères des déclarations qui reconnaissent la responsabilité de la France… »


L’ambassadeur pense que c’est au président français de préciser « ce qu’il entend par là » ce qu’il ferra lors de sa prochaine et courte visite au Rwanda qui aura lieu le 25 de ce mois, visite au cours de laquelle le président français ira au site mémorial de Gisozi pour rendre hommage aux victimes du génocide.


Se félicitant de l’accueil chaleureux de la part des rwandais, tant du coté des autorités que de la population, l’ambassadeur Contini signale que la visite de son président au Rwanda est un symbole fort qui va marquer la reprise des relations entre les deux pays. « la venue de mon président consacre ces retrouvailles … depuis 26 ans aucun président [français,ndlr] n’était venu ici …j’ose le dire c’est historique … ce n’est pas une normalisation comme parmi d’autres» .


Débats politiques rwandais, une affaire interne


Au mois d’août les rwandais vont élire leur président. L’ambassadeur de France au Rwanda n’a pas voulu s’exprime sur ce sujet car « les débats politiques concernent les rwandais, moi je n’ai pas à me prononcer là-dessus, les débats c’est des débats internes, moi je les observe, je les analyse … je suis trop nouveau pour pouvoir me prononcer », avance-t-il sans aller plus loin.


L’ambassadeur nous apprendra que la Radio France Internationale (RFI) rouvrira bientôt ces émissions sur les ondes FM au Rwanda, l’école dit « française » de Kigali, mais qui appartient aux parents français et rwandais, rouvrira également ses portes au mois de septembre avec les classes de maternelle et primaire. Une nouveauté : L’école dispensera les cours en français et en Anglais. « Le bilinguisme [anglais et français, ndlr] est indispensable dans le monde actuel », lance Mr Contini, soulignant au passage que même ses propres enfants doivent maîtriser ces deux langues.


Pour le centre culturel franco-rwandais une architecte française arrive au courant de cette semaine pour étudier un projet qui permettra de garder la salle de spectacle tout en rendant le centre conforme au plan d’urbanisation de la ville de Kigali. « Laissons l’imagination au pouvoir et essayons de profiter de cet instrument formidable qu’a été ce centre pour le développer encore et en faire quelque chose au profit de la ville de Kigali, au profit des rwandais et pourquoi pas de la région ».


De la région justement. L’ambassadeur Contini affirme que lors de la visite du président Nicolas Sarkozy il en sera question dans les conversations entre les deux présidents [Kagame et Sarkozy] car la dimension régionale est au centre de la préoccupation de la France. « Le développement de la région ne peut pas se faire avec l’homme malade. L’homme malade en ce moment c’est le Congo [RDC, ndlr] et surtout l’est du Congo où il se passe des tragédies quotidiennes », dit-il.            

 

Par JMV Ndagijimana - Publié dans : France-Rwanda - Communauté : Afrique des Grands Lacs
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