Jeudi 19 août 2010 4 19 /08 /2010 07:00

16 août 2010

Paul Kagame mise sur la France pour sauver sa tête

La France va reprendre la coopération militaire avec le Rwanda. Un officier de haut rang  est attendu à Kigali au mois de septembre. Mais pour Paul Kagame, le pari est risqué. Le rapprochement entre Paris et Kigali n'est pas de bon goût pour les Anglo-saxons.

C'est lors d'une visite au ministère de la défense que l'Ambassadeur  de France à Kigali, Laurent Contini, un très proche de Bernard Kouchner, a annoncé la reprise de la coopération militaire. Il a été accueilli par James Kabarebe, le ministre de la défense, sous le coup d'un mandat d'arrêt lancé par le juge Jean-Louis Bruguière. Les juges Marc Trévidic et Nathalie Poux, qui ont repris le dossier du Rwanda après la retraite du juge Bruguière, sont également attendus au Rwanda au mois de septembre. La justice mélangée aux affaires militaires, il n'est pas sûr que la "sauce kouchnérienne" soit de bon goût.

Kigali a commencé à médiatiser l'arrivée de ces différentes personnalités françaises mais les Anglo-saxons qui ont installé et protégé le régime du FPR voient d'un mauvais œil ce retour de la France bannie dans la région des Grands Lacs après le génocide rwandais de 1994. Les forces rwandaises de défense sont entraînées par les Américains qui payent même la solde. Les Rwandais et les Nigérians constitueront l'ossature de l'AFRICOM, la future armée africaine financée par les Américains.

La ministre rwandaise des affaires étrangères, madame Louise Mushikiwabo, a été récemment humiliée par les autorités britanniques. L'Afrique du Sud a rappelé son Ambassadeur accrédité à Kigali après la double tentative d'assassinat du général Kayumba Nyamwasa. Les observateurs du Commonwealth ont déclaré que l'élection présidentielle n'a pas été transparente et sans véritable opposition car tous les opposants avaient été écartés.

Pendant la campagne électorale, Paul Kagame n'a jamais prononcé le sigle RPF mais plutôt FPR qui est la version francophone de son parti.  Se retourne-t-il vers la France, son ancien ennemi pour tenter de sauver sa tête après avoir été lâché par ses anciens amis anglo-saxons? Le pari est risqué. Jusqu'à maintenant aucun pays ne lui a adressé de félicitation après sa réélection. 

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Mardi 17 août 2010 2 17 /08 /2010 14:54

President Barack Obama

United States of America

 

President Herman Van Rompuy

European Union

 

Prime Minister David Cameron

United Kingdom

 

Subject: A call for rejecting the legitimacy of Rwandan Presidential election of August 9, 2010

  

Dear President Obama,

Dear President Van Rompuy,

Dear Prime Minister Cameron,

 

In my capacity as President of both Hotel Rwanda Rusesabagina Foundation (HRRF) and the Initiative for a Highly Inclusive inter-Rwandan Dialogue for peace, justice and reconciliation (DIRHI), I am writing this letter to your Excellencies to formally request that you withhold official endorsement of the legitimacy of the Rwandan Presidential election which will be held today August 9, 2010 in total absence of democracy and irregularity.

The governments of the United Stated of America and the United Kingdom, as well as the European Union have been not only the primary political and diplomatic backers but also the unconditional funding powers of the RPF regime of President Paul Kagame since coming to power in July 1994. Since Rwanda operates on a budget that is 60% funded by foreign aid which primarily comes from the United States, the United Kingdom and the European Union, you have the power to insure that this aid package - which is part of tax payer money contributed by your citizens - is used for the benefit of all Rwandans and to uphold and strengthen democratic values in Rwanda rather than serve the interests of a small RPF clique in power and entrench its dictatorship.

 

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Mardi 17 août 2010 2 17 /08 /2010 14:51

Edition : la découverte. Paris (France)

 

Lettre ouverte adressée à monsieur André Guichaoua, Professeur à l’université Paris 1 Panthéon-

Sorbonne, France

Par le général augustin Ndindiliyimana

04 août 2010

  

Télécharger la lettre

  

  

  

 

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Samedi 7 août 2010 6 07 /08 /2010 05:37

Dépêche Belga reprise par levif.be


Les rebelles hutu des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) ont appelé vendredi à rejeter par avance les résultats de l'élection présidentielle du 9 août dont le président sortant Paul Kagame est l'ultra-favori.

Basées dans l'est de la République démocratique du Congo, les FDLR, dont certains éléments sont recherchés par la justice rwandaise pour leur implication présumée dans le génocide des Tutsi de 1994, sont considérées comme l'une des principales causes de l'insécurité dans la région des Grands lacs.


"Les FDLR appellent toutes les formations politiques rwandaises, toutes les organisations de défense des droits de l'homme au Rwanda et toutes les forces vives de la Nation à se lever comme un seul homme et à rejeter cette mascarade électorale qui consacre le déni de leurs droits fondamentaux", écrit l'organisation.


Les rebelles déclarent qu'ils "ne reconnaîtront pas les résultats issus d'élections irrégulières qui sont en train d'être concoctées par le FPR (Front patriotique rwandais) de Kagame avec le concours de véreux protecteurs internationaux", affirment-ils.


Ils imputent au chef de l'Etat sortant "l'assassinat de journalistes indépendants, l'emprisonnement et l'assignation à résidence surveillée des opposants politiques candidats à la présidentielle, l'emprisonnement d'avocats, la tentative d'assassinat d'anciens dignitaires du régime qui ont fui la tyrannie du FPR".


Pour les FDLR, "l'escalade répressive orchestrée à Kigali (...) ne saurait qu'induire une légitime action de délivrance dont les conséquences n'auront d'autres responsables que les oppresseurs qui auront contraint le peuple rwandais aux inévitables actes de désespoir".


http://levif.rnews.be/fr/news/belga-politique/rwanda-des-rebelles-hutu-appellent-a-rejeter-les-resultats-de-la-presidentielle/article-1194789842907.htm

 

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Samedi 7 août 2010 6 07 /08 /2010 04:57

Vendredi 06 août 2010

Le 9 août prochain, l'élection présidentielle au Rwanda devrait consacrer pour un second terme Paul Kagame, champion du développement pour les uns, impitoyable dictateur pour les autres.

Par François Janne D'Othée

Au lieu de bourrer les urnes, on peut aussi les alléger. Paul Kagame est tellement assuré de gagner haut la main l'élection présidentielle du 9 août que les autorités pourraient être tentées de raboter son score pour le rendre plus crédible. Cela s'était déjà produit en 2008, avec la victoire du Front patriotique rwandais (FPR, le parti au pouvoir) lors des législatives. Cette fois-ci encore, l'ancien chef rebelle n'a rien à craindre. Ses challengers sont en prison, en exil ou, comme Victoire Ingabire, assignés à résidence, tandis que les trois concurrents déclarés ne sont que des figurants dépêchés par le système en place pour donner l'illusion d'une élection démocratique.

La réélection, pour sept ans, de Kagame devra beaucoup à la peur. Celle des rescapés du génocide, qui voient en l'ex-rebelle le sauveur de la nation et le protecteur de la minorité tutsi. Celle de la majorité des citoyens, embrigadés dans un système FPR qui quadrille le pays jusqu'aux collines les plus reculées. Les meetings électoraux de Kagame, qui rassemblent des foules gigantesques (150 000 personnes à Byumba le 2 août !), ne doivent pas faire illusion. « Les gens sont obligés d'y assister, on les y emmène avec les camions de l'Etat, témoigne Esther (1), une opposante tutsi. Ils s'y rendent comme ils se rendent chaque dernier samedi du mois à l'umuganda (travaux collectifs obligatoires). Ils devront montrer au retour dans leur village le cachet prouvant qu'ils ont voté. »

La campagne a été marquée par de sérieux incidents, signe que cette deuxième élection post-génocide s'inscrit dans un climat plus tendu qu'en 2003. Attentats à la grenade, assassinats d'un journaliste et d'un transfuge du FPR, tentative d'assassinat contre un général en exil... A Kigali, la presse est bâillonnée, les opposants, arrêtés ou intimidés, et l'« idéologie génocidaire », brandie comme prétexte pour éliminer des gêneurs. Pourquoi tant de nervosité, alors que Kagame est assuré de sa victoire ? Une des raisons principales : le discours d'opposition n'est plus confiné aux milieux en exil, il résonne désormais au c£ur même de la capitale rwandaise.

L'opposition hutu semble cependant moins menaçante pour le régime que les rivalités au sein même du pouvoir tutsi, avec en arrière-fond certains clivages claniques qui datent de la royauté. Il ne se passe plus une semaine sans qu'un officier de haut rang ou un directeur soit arrêté ou muté. Dès qu'un individu semble prendre trop d'ascendant, il devient suspect. Même si, en apparence, tout semble calme dans les rues, la paranoïa est omniprésente. Le Rwanda est comme le lac Kivu : calme en surface, mais avec des poches de gaz prêtes à exploser à tout moment.

Le président Kagame lui-même est un personnage au double visage. D'un côté, le visionnaire qui a donnéà son pays une impulsion unanimement saluée par les bailleurs de fonds. La croissance est à 6 %, l'espérance de vie et le taux d'alphabétisation sont en augmentation. Le Rwanda figure parmi les 10 pays africains les moins corrompus. Dans la capitale (désormais noyautée par l'élite tutsi), les tours se construisent et les avenues s'élargissent. Partout dans le pays, et même le long des pistes, des creuseurs percent les tranchées pour la fibre optique, qui fera du Rwanda un des pays les plus connectés du continent. L'homme a également aboli la peine de mort et relâché des milliers de présumés génocidaires.

Européens peu critiques

Mais Kagame présente une autre face. Le dictateur qui impose un modèle de société sans la moindre concertation, oubliant que les paysans ne se nourrissent pas d'Internet. Le revanchard qui veut effacer jusque dans la toponymie trente-cinq années de domination hutu. Le chef qui méprise avec une arrogance rare ceux qui prétendent discuter son pouvoir. Le regard du longiligne président peut également se faire glacial lorsqu'on ose aborder la question des massacres commis par le FPR en 1994 et qui n'ont jamais été sanctionnés par le Tribunal international d'Arusha, pourtant compétent en la matière.


Tétanisés par l'homme fort du Rwanda, les Européens, qui traînent comme un boulet leur inaction pendant le génocide de 1994, travaillent la main dans la main avec le régime. Certains ambassadeurs participent même à l'entreprise de décrédibilisation de l'opposition, en avançant qu'il n'y a pas d'alternative à Kagame. De Bill Clinton, qui a lancé des projets dans le pays, à Tony Blair, devenu son conseiller, nombreux sont ceux qui continuent de voir en l'ex-rebelle le modèle du « nouveau leader africain », mais qui, au terme du prochain mandat, totalisera tout de même vingt-trois ans à la direction du Rwanda.


Curieusement, l'UE n'enverra pas de mission d'observateurs pour surveiller le scrutin, alors qu'elle vient d'en envoyer une au Burundi. « Nous avons dû faire des choix », justifie-t-elle. En 2003, les observateurs avaient relevé plusieurs irrégularités, mais Louis Michel, alors ministre des Affaires étrangères, les avaient balayées d'un revers de la main. En 2008, certaines sources ont rapporté que le chef de la mission d'observation, un Britannique homosexuel, aurait noué un étrange deal : une édulcoration du rapport d'évaluation en échange d'un adoucissement d'un projet de loi réprimant l'homosexualité...


Aujourd'hui, le vent est en train de tourner. L'UE s'est officiellement inquiétée de la tournure des événements au Rwanda, sans toutefois exercer de sanctions financières. Or seul ce type de pression a des chances de réussir dans un pays qui dépend à 60 % de l'aide extérieure. Récemment, Kagame a subi une gifle en Espagne : sous la pression d'ONG qui ont rappelé l'assassinat toujours impuni de missionnaires espagnols, le Premier ministre Zapatero a refusé de coprésider avec lui une réunion de l'ONU. Une première. Les Occidentaux commencent à comprendre qu'à trop vouloir sacrifier les libertés démocratiques sur l'autel du développement, on ne fait que rééditer les erreurs du passé.


(1) Nom d'emprunt.

 

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