Diplomatie

Jeudi 27 mai 2010 4 27 /05 /Mai /2010 11:27

Ambassador JOHNNIE CARSONTémoignage de l'Ambasssadeur Johnnie Carson, Secrétaire d'Etat Adjoint pour l'Afrique, devant la House Foreign Affairs Committee Subcommittee on Africa and Global Health, Washington DC, le 25 mai 2010.

 

Au sujet du Rwanda, M. Carson a dit qu'on s'attendait à ce que les élections d'août se tiennent dans un climat de paix et de non-violence tout en faisant remarquer que la situation sécuritaire à l'approche du scrutin donnait naissance à certaines inquiétudes. « Les récentes attaques à la grenade à Kigali ont fait de nombreuses victimes et ont aussi provoqué l'angoisse et le malaise chez la population civile, des attaques que nous dénonçons fermement », a ajouté M. Carson.

 

Les États-Unis se préoccupent aussi des récentes actions du gouvernement rwandais, qui semblent viser à restreindre la liberté d'expression. « Ces mesures comprennent notamment la suspension des licences et des activités de deux quotidiens, le retrait du permis de travail d'un chercheur de l'organisation de défense des droits de l'homme, Human Rights Watch, et l'arrestation puis la remise en liberté provisoire du dirigeant de l'opposition, M. Victoire Ingabire. Deux partis politiques, le Parti Vert et le FDU Inkingi, n'ont pas pu s'inscrire sur les listes des candidats. »

 

Les États-Unis ont exhorté les hauts responsables du gouvernement rwandais à respecter les libertés d'expression, de presse, d'association et de rassemblement, a souligné M. Carson. « Nous avons mis l'accent sur le fait que les organisations non gouvernementales locales et internationales de même que les médias devaient être autorisés à fonctionner et à échanger l'information librement. Nous avons aussi prié Kigali d'accorder à M. Victoire Ingabire le droit à une procédure juridique appropriée et à un procès équitable et rapide. »

 

« La stabilité durable au Rwanda est avant tout le résultat d'une gouvernance démocratique et du respect des droits de l'homme. Le Rwanda et ses partenaires régionaux et internationaux doivent œuvrer de concert pour assurer au peuple de ce pays les élections libres, équitables et pacifiques qu'il mérite », a souligné M. Carson.

 

 

 

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Jeudi 27 mai 2010 4 27 /05 /Mai /2010 09:44

Ambassador-JOHNNIE-CARSON.jpg Johnnie Carson
Assistant Secretary, Bureau of African Affairs
Testimony before the House Foreign Affairs Committee Subcommittee on Africa and Global Health
Washington, DC
May 25, 2010


Chairman Payne, Ranking Member Smith, and Members of the Committee,

 

I welcome the opportunity to appear before you today to discuss “The Great Lakes Region: Current Conditions and U.S. Policy.” The countries of the Great Lakes region are inextricably linked. Although each has its own unique challenges, events in one country invariably affect the others, and often the wider region, as well. We spend a significant amount of diplomatic time and attention working on issues associated with the Great Lakes.

In just the past two months, dozens of senior officials from the Africa Bureau and the Department of State have traveled to the Democratic Republic of the Congo (DRC), Rwanda, Uganda and Burundi. In addition to travel in the region, Senior Advisor for the Great Lakes region Howard Wolpe – a former chairman of this subcommittee and a key member of my team – has traveled to Europe and New York to consult with our international partners on issues of common interest. And of course, last August, Secretary Clinton made her important and historic trip to the DRC that continues to pay dividends in our bilateral relationship with that critical country.

These visits underline our commitment to helping regional governments, both individually and in cooperation with one another, resolve the domestic and cross-border issues that challenge regional security and stability and continue to place millions of civilians at risk. Addressing these issues has been, and continues to be, a slow and daunting process – certainly more so than we would like – but the situation has improved as the countries in the region have renewed and strengthened ties amongst themselves, and we remain dedicated to doing what we can to keep that positive momentum going.

.........

Rwanda

As I mentioned at the beginning of my testimony, the countries of the region are inextricably linked. Refugees from Rwanda’s genocide (as well as perpetrators of it) fled across the border into the DRC, and the FDLR, no longer able to flex its muscle in Rwanda, continues to plunder the DRC.

Our policy priority in Rwanda is to further internal stability and social cohesion by promoting national reconciliation, economic growth, good governance, justice, and democratic values. We appreciate, in the context of the most tragic event in recent history –the genocide – the need for security, stability, and reconciliation is critical. But long-term stability is best promoted by democratic governance and respect for human rights.

The presidential elections in Rwanda this August are expected to be peaceful and non-violent. However, the security environment ahead of the elections is of concern. We strongly condemn the series of recent grenade attacks in Kigali that have caused numerous casualties as well as anxiety and unease in the population in the run-up to the elections.

The political environment ahead of the election has been riddled by a series of worrying actions taken by the Government of Rwanda, which appear to be attempts to restrict the freedom of expression. In a period of months, the Government of Rwanda has suspended two newspapers, revoked the work permit and denied the visa of a Human Rights Watch researcher, and arrested (and subsequently released on bail) opposition leader Victoire Ingabire, who has been linked to the FDLR. Despite multiple attempts, two political parties – the Green Party and FDU Inkingi – have still been unable to register. Dissention within the ruling party also appears to have surfaced.

We have relayed our concerns about these developments to the Government of Rwanda, urging senior government leaders to respect freedoms of expression, press, association, and assembly. In particular, we have pressed leaders to allow all international and domestic non-governmental organizations and media to operate and report freely. We have also urged leaders to treat Victoire Ingabire in accordance with international law, ensure due process, and give her a speedy, fair, and transparent trial. We have urged the Government of Rwanda and all regional and international partners to work together to achieve free, fair, and peaceful elections that the people of Rwanda deserve.

Leading up to the elections, the United States Government has supported a program that provides organizational and policy-development skills to political party leaders from all ten parties in Rwanda. The USG also plans to send approximately a dozen teams to observe the elections.

...

Mr. Chairman and Members of the Committee, I want to thank you for the opportunity to appear before you today. I will be happy to answer any questions you may have.

Johnnie Carson*, Secrétaire d'État adjoint pour l'Afrique

 

Lire l'intégralité du discours de l'Ambassadeur JOHNNIE CARSON

 

Ambassador-JOHNNIE-CARSON.jpg *Qui est Johnnie Carson ?

Le 20 mars, le président Barack Obama a soumis au Sénat pour confirmation la nomination de M. Johnnie Carson au poste de secrétaire d'Etat adjoint aux affaires africaines, en remplacement de Mme Jendayi Frazer, titulaire de ce poste sous l'ancien gouvernement Bush.

Diplomate de carrière avec 37 ans de service et trois fois ambassadeur en Afrique, M. Carson siégeait, avant ses fonctions actuelles de Secrétaire adjoint pour l’Afrique, au Conseil national du renseignement (NIC) en tant que responsable des questions relatives à ce continent. Il a accédé à ce poste en septembre 2006 après avoir été, de 2003 à 2006, premier vice-président de la National Defense University, située à Washington.

M. Carson a été ambassadeur au Kénya de 1999 à 2003, au Zimbabwé de 1995 à 1997 et en Ouganda de 1991 à 1994. De 1997 à 1999, il avait occupé au siège du département d'Etat le poste de premier sous-secrétaire d'Etat adjoint au Bureau des affaires africaines.

Auparavant, il avait occupé divers postes à l'étranger (au Portugal, au Botswana, au Mozambique et au Nigéria) ainsi qu'à Washington, à la section Afrique du Bureau du renseignement et de la recherche du département d'État et comme membre du personnel du secrétaire d'État (1978-1979). De 1979 à 1982, il avait dirigé le personnel d'appui de la sous-commission africaine de la Chambre des représentants.

Avant d'accéder au service diplomatique, M. Carson était en Tanzanie en tant que volontaire du Corps de la paix. Diplômé d'histoire et de sciences politiques de l'université Drake, il est titulaire d'une maîtrise en relations internationales de la faculté des études orientales et africaines de l'université de Londres.

M. Carson a reçu du département d'Etat plusieurs prix pour services distingués et notamment le prix du Mérite de la secrétaire d'État Madeleine Albright. Le Centre d'épidémiologie des États-Unis lui a décerné sa plus haute décoration, celle de « champion de la prévention » pour sa gestion des programmes américains de prévention du sida au Kénya.

Diplomate de carrière accompli, Johnnie Carson a à son actif un palmarès très complet relatif à l'Afrique, couvrant plusieurs décennies et toute une gamme de postes. Il possède une connaissance approfondie de nos capacités diplomatiques et il sait combien est importante la collaboration entre nos organismes fédéraux.

End.

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Mardi 25 mai 2010 2 25 /05 /Mai /2010 12:35

Stéphanie Hancq - Nouvelobs.com


L'ancien directeur du renseignement national des États-Unis préparait un pacte de non-espionnage entre son pays et la France. Un projet qui n'a pas plu à l'administration Obama, selon le New York Times.

Selon le New York Times (NYT), le fait que les États-Unis refusent de signer un pacte de non-espionnage avec la France serait l'une des raisons qui ont mené Dennis C. Blair à quitter ses fonctions de directeur du renseignement national vendredi 21 mai.

Le chef des services de renseignement, que le président américain avait lui-même choisi en janvier 2009, voulait en effet signer avec Paris un pacte écrit assurant formellement que les deux pays ne s'espionneraient plus. Soit une version un peu plus formelle de l'accord que Washington a avec la Grande-Bretagne: le "gentleman's agreement". Pour Blair, c'était d'ailleurs "l'occasion unique" pour les deux pays de nouer des liens de confiance et de sécurité durables.

Négociations avancées

Les négociations étaient si bien avancées que Nicolas Sarkozy en était venu à croire que l'accord allait être signé. Mais le refus de Barack Obama de signer au dernier moment a mis fin à toutes négociations et surtout mis en exergue les divergences d'opinion entre le président américain et son chef des renseignements.

Le journal précise également que cette mauvaise communication au sein de l'administration Obama avait mis en "colère" le président français, mis au courant qu'après coup de cette annulation, mettant à mal les relations entre les deux États, au moment même où ils tentaient de présenter un front uni pour démanteler le programme nucléaire iranien.

Crainte d'engagement

Mais pourquoi un tel refus de l'administration américaine ? Certains responsables politiques ont craint de s'engager par "écrit", un pacte qui aurait été le premier du genre aux Etats-Unis. Selon eux, le risque d'être pieds et poings liés en cas de revirement du gouvernement Français, ou de voir l'arrivée de dirigeants plus hostiles aux américains en matière de politique étrangère, était trop grand.

Surtout, contrairement à la relation de l'Amérique avec la Grande-Bretagne et d'autres proches alliés comme l'Australie, les États-Unis et la France ont une longue histoire d'espionnage réciproque. Le NYT rappelle ainsi que les Français ont été "particulièrement agressifs" en essayant de subtiliser des secrets de l'industrie de technologies et de défense américaine. Et vice-versa, les américains se méfient des liens qu'entretient la France avec des pays comme l'Iran, la Syrie, ou encore l'Afrique du Nord dont des "groupes de militants" opèrent sur le territoire français.

"Comment pourrait-on vérifier (le respect du pacte, ndlr), interroge un responsable du renseignement américain cité par le New York Times. En espionnant ?" Pour l'heure, l'accord est tombé aux oubliettes.

 

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Mardi 18 mai 2010 2 18 /05 /Mai /2010 20:13

(Le Figaro 17/05/2010)

nil_rwanda.jpg

L'Égypte le redoutait. C'est arrivé. Au bout de dix ans de négociations, quatre pays africains riverains du Nil ont conclu seuls un accord pour se partager les eaux du fleuve nourricier, sans lequel l'Égypte ne serait qu'un vaste désert. Réunis à Entebbe, en Ouganda, l'Éthiopie, le Rwanda, la Tanzanie et l'Ouganda, qui demandaient en vain à l'Égypte de participer aux négociations, ont signé vendredi un texte créant une commission chargée de gérer les projets d'irrigation, canaux ou barrages, sur la totalité des 6 700 km du Nil. Le Kenya devrait prochainement les rejoindre.

La commission, qui aura droit de veto sur toute infrastructure concernant le Nil, devrait être basée à Addis-Abeba, la capitale de l'Éthiopie, puissance régionale. Une injure supplémentaire pour Le Caire, qui a aussitôt rejeté l'accord, avec des intonations martiales. «Les droits historiques de notre pays restent une ligne rouge», a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Aboul Gheit. Le ministre de l'Eau, Mohammed Allam, assure que l'Égypte «se réserve le droit de prendre toutes les mesures», évoquant ainsi la perspective d'une guerre de l'eau.

Pour Le Caire, il s'agit d'une question vitale. Les 80 millions d'Égyptiens reçoivent du Nil 90 % de leurs ressources en eau. Un rapport officiel prévoit néanmoins un déficit pour 2017. Le gouvernement égyptien s'appuie sur le droit international. Un texte de 1959 réserve la part du lion à l'Égypte, avec 55 milliards de mètres cubes, et au Soudan, le pays où se rejoignent le Nil Blanc et le Nil Bleu, avec 18,5 milliards de mètres cubes. À eux deux, l'Égypte et le Soudan, qui a lui aussi rejeté l'accord d'Entebbe, trustent 87 % de l'eau du Nil.

C'est cet arrangement que les quatre pays riverains veulent réformer. «L'eau du Nil appartient à tous les pays, pas à un petit nombre», a déclaré le ministre des Ressources hydrologiques éthiopien. L'Éthiopie, 85 millions d'habitants, abrite la source du Nil Bleu (85 % du débit) dans le lac Tana, et l'Ouganda, 31 millions d'âmes, celle du Nil Blanc dans le lac Victoria. Ces deux pays cherchent à se développer. L'Éthiopie a décidé de devenir le principal exportateur d'électricité en Afrique de l'Est. L'Initiative du bassin du Nil (IBN), jusqu'ici compétente, gère 22 projets de canaux ou de barrages.

Les dirigeants égyptiens essaient de se rassurer en espérant que les États dissidents auront du mal à trouver des capitaux. C'est compter sans la Chine, qui finance déjà de nombreux chantiers et agira selon ses intérêts.

Facteur d'inquiétude supplémentaire pour Le Caire, l'accord controversé a été signé à huit mois du référendum de janvier 2011, qui risque d'entériner la sécession de la partie sud du Soudan, où transite le Nil Blanc. Or l'Éthiopie et l'Ouganda figurent parmi les alliés historiques de l'ancienne guérilla du Sud, futur gouvernement de l'éventuel nouvel État. Ce n'est pas une bonne nouvelle, entre autres, pour le chantier du canal de Jonglei, situé au Sud-Soudan et toujours en panne malgré la fin de la guerre civile Nord-Sud en 2005. L'Égypte compte beaucoup sur ce projet, qui devrait améliorer le débit du Nil Blanc.

Le Caire peut-il pour autant mettre ses menaces à exécution ? En réalité, on voit mal l'armée égyptienne se lancer dans des expéditions contre des pays lointains et disposant de forces aguerries. La guerre de l'eau n'aura sans doute pas lieu. «L'Égypte devra probablement négocier et perdre au passage une partie de son prestige et de son influence dans la région», estime Sophie Pommier, consultante spécialiste de l'Égypte.

Par Pierre Prier

© Copyright Le Figaro

 

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Vendredi 14 mai 2010 5 14 /05 /Mai /2010 16:24

LE POTENTIEL
Jean-Pierre Mbelu
12 Mai 2010

Kinshasa — La province du Nord-Kivu, ventre mou de la R.D. Congo est de nouveau sous haute tension. Plusieurs messes noires sont célèbrées en catimini comme à découvert dans la ville de Goma. On peut constater l'effervescence dans les états-major des anciens mouvements rebelles convertis sans repentance aucune en partis politiques congolais.

Selon les fuites d'une de ces messes noires dite le dimanche 9 mai dernier au Restaurant Kamanzi, derrière le Rond Point Bralima, un nouveau courant politique ou rebelle, c'est selon, dit CNDP-Rénové, aurait vu le jour à Goma au Nord-Kivu et n'attendrait plus que sa sortie officielle. Si c'est un parti politique, tant mieux, car la R.D.Congo se dit être une démocratie. Mais comme on dit, celui qui a déjà été mordu par un serpent, craint même une chenille. Aussi, les violations massives des droits humains qui se commettent dans ce coin du pays, justifient-elles la crainte que le CNDP-Rénové ne soit plutôt une nouvelle rébellion. Ce chuchotement d'une nouvelle rebellion en gestation au Nord-Kivu renforce un autre bruit selon lequel le pays connaîtrait une nouvelle apocalypse, un nouveau tsunami politique, au lendemain des festivités du 30 Juin. .

En même temps, les habitants du village de Bajuvi, Chefferie de Bukumu, territoire de Nyiragongo et ceux du quartier Super Match, toujours en Territoire de Nyiragongo, dénoncent depuis le Jeudi 6 mai, une nouvelle vague d'entrée massive des militaires rwandais en provenance de Gisenyi au Rwanda. Une fois sur le territoire congolais, ces militaires rwandais prennent une destination inconnue.

Du coup, les FDLR qu'on croyait avoir été repoussés par les Opérations Umoja Wetu et Amani Leo, jusque dans les fins forêts de Walikale et du Maniema, resurgissent dans certains medias et se font voir à l'aéroport de Goma en partance non pour le Rwanda, leur pays natal, mais pour le Katanga, le Bas-Congo, etc. D'où viennent ces FDLR ? Du Rwanda ou de la forêt de Walikale ? Interrogés, les députés provinciaux et nationaux disent n'avoir pas été consultés pour cette délocalisation et dissémination des FDLR au Congo. Le superviseur de cette dissémination serait un pasteur protestant de Kinshasa répondant au nom de Mulunda, celui-là même qui fait le tour des provinces pour racheter les armes des groupes armés.

Depuis deux jours, il se constate aussi une forte présence de la police militaire en ville de Goma. Selon des sources généralement bien informées, cette présence de la police militaire aurait comme but de prévenir une attaque éventuelle de la ville de Goma par une nouvelle rebellion.

Aussi, la sécurité autour de l'aéroport international de Goma a été renforcée. Il n'est plus possible à quiconque n'ayant pas un titre de voyage ou une carte de service de se retrouver dans l'enceinte de l'aéroport de Goma, qui est très sollicité ces derniers temps. Les militaires de la Garde Républicaine sont ceux qui assurent cette sécurité, signe que quelque chose se passe ou va se passer à l'aéroport de Goma.

Ailleurs dans la Province du Nord-Kivu, la dénonciation du massacre sélectif des Nande du Nord-Kivu par une armée «Kinyarwandophone » par le député national Lusenge Bonane qui a été diffusée par les radios et par des tracts sur toute l'étendue de Beni-Lubero est ridiculisée par les assaillants.

Au Sud du Territoire de Lubero, plus précisément dans les villages ou cités de Katondi, Kitsombiro, Ndoluma, Mambasa , Alimbongo, Matembe, Kaseghe, Bwatsinge, Mighobwe, Kirumba, Kayna, Bulotwa, Kanyabayanga, Luofu, Miriki, Kamandi, Bingi, plusieurs maisons ont été incendiées. Dans la cité de Kirumba, quatre maisons ont été brûlées, dans la nuit du vendredi au samedi 08/05/2010 à 2h00 du matin au quartier Kibakuli. Dans la nuit du samedi 8/05, c'était le tour du quartier Kasando, toujours dans la cité de Kirumba où deux autres maisons ont été incendiées. Pendant qu'ils incendiaient les maisons précitées, les assaillants se moquaient de victimes en leur disant de faire appel au député national Bonane pour qu'il vienne les sauver.

Le Dimanche, 09/05/2010 toujours au sud de Lubero, M. Nzilamba, Agent de l'OXFAM, a été agressé en pleine journée et dépouillé de tout ce qu'il avait sur lui, dont 40$, un poste de radio marque Sonitek, etc. .

Ailleurs sur le tronçon Kamandi, Kikuvu, Kirumba, plusieurs attaques et pillages ont été signalés au point que les habitants du milieu disent adieu chaque fois qu'ils quittent leur maison pour aller au champ ou au marché. Ainsi, chaque sortie de la maison est-elle devenue un adieu possible ! Voir les siens revenir sains et saufs du champ relève aujourd'hui d'un miracle et procure une immense joie. .

Les faits macabres ci-haut énumérés démontrent que l'Est du pays est sous une occupation militaire par le Rwanda et l'Ouganda. On n'a pas besoin d'attendre que quelqu'un vienne de New York, de Paris, ou de Bruxelles, pour le dire pour que l'occupation militaire soit avérée. Nous mettons au défi les Juristes et les politologues congolais ! Selon le règlement de La Haye de 1907, « un territoire est considéré comme occupé lorsqu'il se trouve placé, de fait, sous l'autorité de l'armée ennemie». Dans son dictionnaire, le professeur Basdevant précise que l'occupation est un « terme employé pour désigner la présence de forces militaires d'un État sur le territoire d'un autre État, sans que ce territoire cesse de faire partie de celui-ci ».[1]

Les deux définitions ci-haut de l'occupation militaire cadrent bien avec la situation qui sévit dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, du Maniema et Orientale. .

Les Assassinats des civils et autres violations des droits humains perpétrés par les Fardc est une des preuves de cette occupation militaire que les perroquets politiques congolais essaient de camoufler aux yeux des civils par des slogans creux et des euphémismes tels «Umoja Wetu», «Amani Leo », etc. Pour les populations civiles, il n'y a pas encore de signe d'unité (Umoja), de paix (Amani) au Sud de Lubero, à Beni, Boga, Kamango, Kibotoko, au Masisi, Mwenga, Dungu, Kibosho, etc. Par contre, pour ces populations souffrantes, la soi-disant guerre aux FDLR qui menaceraient la sécurité du Rwanda n'était qu'un alibi pour conquérir le Kivu. Depuis que cet alibi a permis l'entrée des troupes rwandaises au Kivu, les populations congolaises n'ont plus de répit et elles découvrent à leurs dépens que c'est elles les cibles des troupes rwandaises. .

On constate aussi un silence complice de la part des internationaux venus au Congo pour empêcher, disaient-ils, que les Hutu FDLR ne tuent leurs compatriotes Tutsi sur la terre congolaise. Mais la réalité sur terrain est que les victimes actuelles ne sont ni Hutu ni Tutsi, mais congolaises. Les tueurs devenus Tutsi ou tout simplement rwandais, personne ne les dénonce! Les congolais n'ont pas de défenseur dans la cour des grands, la plupart des élus congolais, politiciens de carrière, ayant préféré la collaboration avec l'occupant à la défense de l'intérêt supérieur de la nation !

La Monuc qui sonnait des fausses alertes à chaque fois qu'un rwandophone tombait malade, a choisi d'adopter un profil bas maintenant que les civils congolais sont égorgés comme des chèvres par les FARDC. Pour montrer pour quelle mission la Monuc était déployée au Kivu, la Monuc a choisi la recrudescence des tueries des congolais pour commencer son retrait du pays. Pour accompagner cette occupation militaire sournoise de l'Est de la RDC, le gouvernement central ainsi que les gouvernements des provinces précitées, laissent massacrer les populations civiles par les occupants armés. Pour ajouter l'injure à la blessure, les gouvernants congolais utilisent leurs medias pour dire que la paix est revenue sur toute l'étendue du territoire national. Seuls quelques députés continuent la lutte au parlement national..

Dans les entreprises publiques, les remplacements des cadres congolais se font hors micro. Les congolais remplacés et mis sur la liste d'attente d'une nouvelle affectation, ont eux aussi reçu la consigne de ne pas grogner car malheur pourrait leur arriver.

Bref, on peut dire sans peur de se tromper qu'aujourd'hui 4 provinces de la R.D. Congo sont sous occupation militaire rwando-ougandaise. Pour maquiller cette occupation militaire, les autorités administratives restent en place à condition qu'ils répètent comme des perroquets ce que les nouveaux maîtres leur demandent de dire. Que les occupants tuent leurs cousins et leurs frères, ces perroquets politiques répètent le même refrain : «la paix règne au Kivu». Que les occupants brûlent leurs maisons, les perroquets politiques répètent toujours le même refrain: «la paix règne au Kivu».

Assurée de cette fidélité des perroquets congolais, du silence de la communauté internationale représentée au Congo par la Monuc, les occupants s'adonnent à une épuration ethnique dans les 4 provinces précitées. Les évêques catholiques de la R.D.Congo ont déjà parlé d'un « génocide silencieux » dans leur déclaration « La R.D. Congo pleure ses enfants, elle est inconsolable ( cf, Mt 2, 18) publiée à Kinshasa le 13 novembre 2008. Aujourd'hui, le génocide congolais n'est plus silencieux. Il est public ! Ce qui manque, c'est le courage des congolais pour le dénoncer et l'arrêter.

Il est dommage que les congolais continuent de penser que la Monuc peut servir à quelque chose. En dix ans, la Monuc n'a fait que faciliter malignement la balkanisation de la R.D. Congo. Les preuves sont multiples. Chaque fois que l'armée congolaise repoussait les miliciens du CNDP, la Monuc s'interposait pour imposer un cessez-le-feu suivi du dialogue. Pendant le dialogue, Kinshasa rappelait pour consultation l'officier militaire qui avait montré ses preuves au front contre le CNDP. Cette consultation devenait par la suite une mutation et quelques fois une mort mystérieuse. Ce qui se vit aujourd'hui au Congo démontre où la Monuc et Kinshasa voulaient amener le Congo.

Aujourd'hui, quand les sociétés civiles des provinces martyres demandent que les militaires coupables de tueries soient traduits en justice et mutés de l'Est du pays, on leur dit que le temps de la mutation est révolu. Par contre les mêmes FDLR qui ont servi d'alibi pour céder l'Est du pays au Rwanda sont délocalisés en catimini du Kivu vers l'Ouest et le Sud du pays. Et si le même alibi des FDLR produisait les mêmes effets à l'Ouest qu'à l'Est, qui serait à plaindre sinon le congolais lui-même? Comme le dit si bien un personnage du théâtre de Bernard Dadié sur Dona Béatrice, la Jeanne d'Arc Congolaise : «Votre ennemi c'est votre roi. Votre ennemi le plus dangereux votre roi, Dom Carlos 1er».

Ainsi les ennemis les plus dangereux du peuple congolais ce sont les « Kasuku » ou perroquets politiques congolais ! Les ennemis extérieurs qui sont aussi à plaindre, exploitent ou favorisent cette faille interne. Ainsi, vouloir en ce temps précis jeter son dévolu sur la même Monuc, c'est se jeter à l'eau pour fuir la pluie. La conséquence immédiate d'un tel acte insensé, c'est la noyade, la mort subite.

LE POTENTIEL

Par JMV Ndagijimana - Publié dans : Diplomatie - Communauté : Afrique des Grands Lacs
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Vendredi 14 mai 2010 5 14 /05 /Mai /2010 05:38

Gbagbo.jpg Nouvelles.abidjantv.net

 

07-05-2010

 

Le président ivoirien sera encore une fois l’un des grands absents du sommet France-Afrique qui se tiendra dans le sud-Est de la France.


L’arrivée du président ivoirien Laurent Gbagbo en France n’est pas pour maintenant. Invité parmi la vingtaine des chefs d’Etat au prochain sommet France-Afrique, le N° 1 ivoirien se fera tout simplement remplacer. Selon des informations en provenance du palais présidentiel, c’est le président du Conseil économique et social (CES), M. Laurent Dona Fologo, qui sera les 31 mai et 1er juin prochain dans le sud-Est de la France afin de prendre part au sommet. De même, le président ivoirien ne sera pas parmi les invités
 d’honneur de Nicolas Sarkozy, le 14 juillet date de la fête nationale française au motif que la situation intérieure de son pays n’est pas encore totalement réglée. On peut dire que Gbagbo continue de jouer avec les nerfs de la France et de la France-Afrique dont il reste l’un des plus grands «détracteurs». Après plusieurs déplacements avortés dans l’hexagone, M. Gbagbo vient à nouveau de dribler l’ancienne métropole.


Le sommet devait initialement se dérouler en février à Charm El Cheikh, en Egypte, avant qu’il ne soit décidé de tenir en France. Le sommet ne va pas se limiter uniquement aux Chefs d`Etat mais va s`ouvrir aux chefs d`entreprises qui oeuvrent sur le continent africain. 230 entrepreneurs seront conviés au sommet (80 entreprises françaises et 150 africaines); des syndicalistes aussi seront conviés mais aussi les membres de la diaspora africaine. Le sommet de Nice aura deux volets : politique et économique (Les crises institutionnelles avec la résurgence de coups d`Etat, les menaces transnationales avec le problème lié au terrorisme et la drogue...) et environnemental et social (Climat et développement). Pour ce dernier volet la France voudrait, avec l`Afrique parler d`une seule et même voix lors du sommet climatique de Cancun au Mexique.

Cyrille Djedjed


Source : Le Quotidien

 

 

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Mardi 20 avril 2010 2 20 /04 /Avr /2010 13:27

Communiqué pour diffusion immédiate

Visite de la gouverneure générale Michaëlle Jean au Rwanda

Un groupe de citoyens demande au Canada de cesser de cautionner les crimes du dictateur Paul Kagame

MONTRÉAL, le 18 avril 2010 — Un groupe de citoyens réunis pour la circonstance et provenant du Canada, de la Belgique, de la France, de lʼAllemagne et de la Suisse, ont présenté aujourdʼhui aux médias, lors dʼune conférence de presse, une déclaration dans laquelle ils demandent au Canada de cesser de cautionner les crimes du dictateur Paul Kagame. Le groupe comprend notamment Jean-Marie Ndagijimana, ancien ambassadeur du Rwanda et auteur du livre Paul Kagame a sacrifié les Tutsi, ainsi que Luc Marchal, qui était, en 1994, le commandant du secteur Kigali de la MINUAR.

DOCUMENTS A TELECHARGER

1. Communiqué du 18 Avril 2010

2. Déclaration sur la visite de la gouverneure générale Michaëlle Jean au Rwanda 

3.

SOS en direct du Rwanda - Le cas de Domina

 

 

 

 

 

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Mardi 20 avril 2010 2 20 /04 /Avr /2010 01:10

Le Potentiel - Kinshasa

Un Américain s'en va, une Canadienne débarque à Kinshasa. Véritable chassé-croisé diplomatique. A peine que le président turc venait de séjourner à Kinshasa pour donner une nouvelle impulsion à la coopération bilatérale entre la RDC et la Turquie, deux éminentes personnalités étrangères ont pris sa relève.

Il s'agit du Sous-secrétaire d'Etat américain aux Affaires africaines, Johnnie Carson, et de la Gouverneure du Canada, Michaelle Jean. Certes, le côté protocolaire, c'est-à-dire diplomatique, passe en premier lieu. Mais les choses sérieuses sont celles qui ne se disent rien en public. Il n'y a qu'à interpréter l'itinéraire de «Monsieur Afrique » de Obama et celle de la gouverneure du Canada pour se convenir que le rôle de la République démocratique du Congo dans la région des Grands Lacs a été au centre des entretiens.

Que Johnnie Carson passe par Paris pour arriver en RDC et regagne Washington en passant par Londres ; que Michaelle Jean prolonge son séjour dans les Grands Lacs en faisant escale à Kigali presqu'au même moment où Carson est à Londres, les grandes puissances sont en train de se répartir les rôles dans la région des Grands Lacs. Si ce n'est pas encore la redistribution des cartes, c'est comme si c'était déjà cela.

Ce Congo est en train de se réveiller. Du moins si l'on prend en compte tous ces chassés-croisé s diplomatiques qui démontrent, si besoin en est encore, de l'intérêt que l'on manifeste autour de la RDC. Pays au plan géostratégique enviable, doté de richesses innombrables, la RDC suscite des convoitises illimitées à telle enseigne qu'elle est au centre des enjeux régionaux et internationaux.

En l'espace d'un mois, de hautes personnalités politiques étrangères viennent d'effectuer des visites d'Etat en RDC. L'on en voudrait pour preuve, le séjour du Sous-secrétaire d'Etat américain aux Affaires africaines, Johnnie Carson, et de la gouverneure du Canada, Michaelle Jean. La visite de l'Américain a été placée sous le signe de la sécurité, de la stabilité et de la redynamisation des relations entre la RDC et les Etats-Unis. Le sous-secrétaire d'Etat américain a saisi cette opportunité pour souligner le rôle stratégique de la RDC en Afrique. Pour ce faire, le renforcement des capacités des FARDC par la professionnalisatio n de son armée est un facteur essentiel en vue de consacrer la stabilité des institutions nationales. Raison pour laquelle les Etats-Unis se sont engagés à accompagner la RDC dans cette voie. Un bataillon commando d'intervention rapide est en formation à Kisangani, dans la Province Orientale, sous les auspices de l'AFRICOM, le Commandement militaire américain pour l'Afrique.

La Gouverneure du Canada, avec des mots différents, a souligné que la stabilité en Afrique passe par la paix en RDC et que le vent du changement dans le continent, est de plus en plus une réalité. Des mots simples mais importants pour souligner la responsabilité historique de la RDC dans ce continent.

REDISTRIBUTION DES CARTES ?

Seulement voilà. Les coïncidences suscitent toujours plusieurs interrogations et poussent à des réflexions profondes. Tenez : Johnnie Carson arrive à Kinshasa en passant par Paris. Or, Paris à l'égard de certains pays européens, joue un rôle important dans la région des Grands Lacs. C'est ainsi que dernièrement, Paris a suggéré la mise en place des « projets économiques communs » pour éloigner les conflits armés dans cette région. Une escale importante pour le « Monsieur Afrique » des Etats-Unis d'échanger avec les responsables français sur la nouvelle vision africaine des Etats-Unis. Aussi, avant de rentrer à Washington, Johnnie Carson passe par Londres où il a eu inévitablement avec les Britanniques les mêmes entretiens.

Comme s'ils se relayaient, la gouverneure du Canada succède à Carson à Kinshasa.

Officiellement, c'est pour relancer la coopération bilatérale avec la RDC. Mais trêve de naïveté. L'on n'exclut pas que les questions économiques aient été également abordées. En effet, le « Dossier KMT » oppose toujours le gouvernement canadien au gouvernement congolais. L'affaire se trouve maintenant devant un arbitrage international à Paris. Mais la porte d'un compromis à l'amiable n'est pas toujours fermée. Or, dans ce secteur, de grands investisseurs canadiens sont prêts à débarquer en RDC, une information qui ne laissera pas indifférentes les autorités congolaises. En attendant, l'Agence canadienne de développement international intervient dans 40 projets de développement retenus pour la RDC. D'où des entretiens sur l'amélioration du climat des affaires. Mais il y a bien plus. Les questions de sécurité intéressent également le Canada. A en croire des rumeurs persistantes, le Canada envisagerait d'envoyer une «Force de maintien de la paix en RDC » si jamais la MONUC partait précipitamment. Les discussions secrètes seraient très avancées pendant qu'au plan politique un débat y afférent est d'actualité au Canada.

Toujours est-il qu'au moment où Johnnie Carson est à Londres, la gouverneure du Canada est attendue à Kigali, très proche de Londres depuis cette crise dans la région des Grands Lacs. Or, il est important de retenir que le Canada et les Etats-Unis font partie de l'Alliance des Etats du Nord Amérique, ALENA, et partagent les mêmes préoccupations économiques et sécuritaires. Les Etats-Unis et le Canada se sont-ils répartis les tâches en Afrique des Grands Lacs qu'une Canadienne succède, curieusement, à un Américain dans la région ?  

Les deux pays sont omniprésents en Afrique. Par ces temps qui courent, le Canada est très actif dans la région et conduit en ces moments le « Groupe des amis des Grands Lacs » pour des projets de développement des pays de la région.

Mais tout se passe également comme si l'on est en train de distribuer de nouvelles cartes dans la région. Ce qui est vrai, c'est que les Grands Lacs ne seront plus jamais une plate-bande des pays européens. Les Etats-Unis ont décidé d'y être présents au regard des enjeux économiques. Ces chassés-croisé s diplomatiques sont une illustration parfaite de l'affrontement entre d'une part, les Etats-Unis et le Canada, et de l'autre les pays européens conduits par la France, la France, la Grande -Bretagne et la Belgique. Au centre de ces enjeux économiques, la RDC.

LE POTENTIEL

Kinshasa

Par JMV Ndagijimana - Publié dans : Diplomatie - Communauté : Afrique des Grands Lacs
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Lundi 12 avril 2010 1 12 /04 /Avr /2010 11:42

 11/04/2010 Louis-Paul EYENGA SANA

Le président burundais, Pierre Nkurunziza, est attendu, ce mardi 13 avril 2010 à Kinshasa. L’objectif de sa visite au Congo-Kinshasa est de raffermir les relations de bon voisinage entre le Burundi et la République démocratique du Congo.

Le président burundais Pierre Nkurunziza est attendu ce mardi 13 avril 2010. Pendant son séjour de 48 heures, le chef de l’État burundais va fera l’état des lieux des relations entre Kinshasa et Bujumbura avec son homologue congolais, Joseph Kabila. Il profitera également de son passage dans la capitale congolaise pour s’entretenir avec quelques officiels congolais. Cela, en vue de raffermir les liens de bon voisinage après les tragiques événements qui ont brouillés les rapports entre deux pays. Il s’agit de la première visite du chef de l’État burundais après un quart de siècle entre nos deux pays qui ont renoué leurs relations il y a, à peine, une année.

Le réchauffement des relations entre Kinshasa et Bujumbura vient à point nommé et marque ainsi le changement dans les rapports entre le Burundi et la RDC. Pierre Nkurunziza visite la RDC pour encourager assurément le peuple congolais dans son effort de consolidation de la paix, notamment dans la partie Est du pays et rassurer les autorités congolaises au sujet de rapatriement volontaire des réfugiés tant congolais que burundais afin de sécurité les frontières entre les deux pays.

Certaines sources diplomatiques ont fait savoir que les officiels qui précèdent le président Pierre Nkurunziza ont été attendus, hier dimanche à Kinshasa, en vue de préparer la visite présidentielle.

Pour rappel, le Burundi venait d’envoyer son représentant à Kinshasa en la personne de M Léandre Amuri Bagengwanunusa en qualité d’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire en RDC. Il y a plus d’un mois, ce dernier a présenté ses lettres de créance au président Joseph Kabila. Le diplomate burundais a réussi à faire venir en moins de deux mois après son accréditation, son président de la République pour une visite officielle de travail auprès de son homologue congolais. C’est tout dire de la volonté des officiels burundais « de regarder désormais dans la même direction pour le grand bien des peuples burundais et congolais », a noté un confrère.

A titre de rappel, le président Pierre Nkurunziza est en tournée dans certains pays de l’Afrique de l’Ouest, notamment au Sénégal, Côte d’Ivoire, Burkina-Faso et au Bénin. Avant l’étape de Kinshasa, il pourrait visiter quelques pays de l’Afrique centrale.

 

Par JMV Ndagijimana - Publié dans : Diplomatie - Communauté : Afrique des Grands Lacs
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Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /Avr /2010 05:53

Dans la Croix du 1er Avril 2010

 31/03/2010 18:31

 Plusieurs organisations de développement lancent une pétition pour inciter la France à se mobiliser en faveur  d’une paix durable au Congo-Kinshasa

« Quinze ans de guerre, tout un avenir à reconstruire. » L’intitulé de la campagne en faveur de la République démocratique du Congo (RDC) lancée mercredi 31 mars par un collectif d’ONG françaises résume bien l’entre-deux dans lequel se trouve ce pays géant de l’Afrique centrale.

Quatre ans après des élections démocratiques, les premières depuis quarante ans, l’ex-Zaïre reste un terrain de conflits et à un an des prochaines élections générales, le président Joseph Kabila est loin d’avoir remis sur pieds le pays.

L’implication de la communauté internationale reste massive : la Mission de l’ONU en RDC (Monuc) déploie 20 000 casques bleus pour un coût d’un milliard d’euros par an – c’est la première mission de maintien de la paix au monde. La RDC est aussi l’objet d’une aide internationale importante, qui ne résout pas à elle seule les problèmes de fond.

Les ONG appellent à des réponses durables

C’est aux responsables français – Nicolas Sarkozy, Bernard Kouchner, les députés – que le groupe d’ONG invite à s’adresser par une pétition, sur carte postale ou par Internet. Oxfam-France, le CCFD-Terre solidaire, le Secours catholique et le Cosi leur demandent que « des réponses durables soient apportées aux causes structurelles » des conflits au Congo.

Les organisations insistent sur quatre priorités que devrait, à leurs yeux, défendre la France : protéger les populations civiles, garantir l’accès aux services de base, renforcer la démocratie et mettre fin à la militarisation de l’exploitation des ressources naturelles.

Un forum pour la coopération dans la région des grands lacs

Cette initiative intervient à un moment où, récemment réconciliée avec le Rwanda, la France entend jouer de nouveau un rôle de premier plan dans la région. C’est ainsi l’ambassadeur français à l’ONU qui mènera la mission que le Conseil de sécurité doit effectuer en RDC dans deux semaines. Paris compte aussi organiser sur son sol un Forum pour la coopération dans la région des Grands Lacs, actuellement programmé pour juillet.

Dans l’état actuel des choses, ses organisateurs prévoient que ce forum se focalisera sur trois projets transfrontaliers – l’exploitation du méthane du lac Kivu, du pétrole du sous-sol du lac Albert et de l’énergie hydroélectrique de la rivière Ruzizi. Rien, en revanche, sur une moralisation de l’exploitation des prodigieuses ressources minières de l’est de la RDC, objet de trafics lucratifs via l’Ouganda et le Rwanda voisins.

Alors que le gouvernement congolais réclame que l’ONU entame rapidement un désengagement de ses troupes, les ONG actives en RDC, nationales comme internationales, redoutent que ce retrait ne s’accompagne pas d’une réforme de fond de l’armée nationale.

« L’armée congolaise est une juxtaposition de groupes armés, explique le P. Alain-Joseph Lomandja, de la Commission épiscopale Justice et Paix de RDC. Il faut construire une armée républicaine et non la réformer, car elle n’existe pas. »

Le retrait de la Monuc inquiète les observateurs

La crainte des observateurs est qu’un retrait de la Monuc, qui avait porté à bout de bras les élections de 2006, ne mette en péril les prochains scrutins. « Organiser des élections en RDC est un énorme défi logistique, que seule la présence de la Monuc avait permis de surmonter, explique Jean-François Ploquin, du Cosi. Il est essentiel que le processus démocratique soit affermi par de nouveaux scrutins organisés dans la transparence. »

Seule institution à être restée debout au long des années de guerre, l’Église congolaise continue d’accompagner le processus démocratique. Sous l’impulsion de la Commission Justice et Paix, plus de 2 500 « comités locaux de gouvernance participative » ont été mis en place.

Ces instances apolitiques visent à interpeller les gouvernants sur leurs devoirs à l’égard des populations. Or, « les élus sont plus enclins à rendre compte à leurs partis qu’à leurs électeurs », regrette le P. Lomandja. C’est ce genre d’initiatives que soutiennent les ONG engagées dans la campagne lancée hier.

 

Laurent d’ERSU

Par JMV Ndagijimana - Publié dans : Diplomatie - Communauté : Afrique des Grands Lacs
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