Diplomatie

Samedi 17 juillet 2010 6 17 /07 /Juil /2010 05:13

kagame-1.jpgDe Pierre AUSSEILL (AFP) –

 MADRID — La présence du président rwandais Paul Kagame en Espagne, où des militaires de son régime sont poursuivis pour "génocide", a provoqué un tel tollé que José Luis Rodriguez Zapatero a renoncé in extremis à s'afficher vendredi avec lui à une réunion de l'ONU sur la pauvreté.

Le chef du gouvernement espagnol a été "sensible" à la demande de partis politiques l'exhortant à "ne pas rencontrer" le président rwandais, a sobrement expliqué sa vice-présidente, Maria Teresa Fernandez de la Vega.

Sous pression, M. Zapatero avait finalement décidé jeudi soir de ne pas aller à la réunion du groupe de contact créé en juin par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, sur les Objectifs du millénaire et du développement (OMD), qui ont pour ambition de réduire l'extrême pauvreté dans le monde d'ici à 2015.

Il s'y est fait représenter vendredi par son ministre des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos. La réunion, initialement prévue au siège du gouvernement, a eu lieu à l'hôtel Ritz.

"Ce n'est pas un grave problème pour nous", a minimisé la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, qui a évoqué devant la presse une décision de "politique intérieure espagnole".

"Nous aimerions que les Espagnols connaissent mieux le président Kagame. Il n'est pas tel que nous le voyons décrit ici", a-t-elle ajouté.

Ban Ki-moon s'est abstenu de tout commentaire sur les accusations portées par la justice espagnole contre le régime rwandais.

Au cours d'un entretien avec M. Kagame, il a en revanche "encouragé les autorités rwandaises à mener une enquête exhaustive" sur le meurtre d'un dirigeant de l'opposition, André Kagwa Rwisereka, dont le corps a été retrouvé mercredi dans un marais, et sur celui, le 24 juin, du journaliste indépendant Jean Léonard Rugambage, a indiqué à l'AFP son porte-parole.

Dès jeudi la Coordination des ONG espagnoles pour le développement (Congde) avait dénoncé "le choix controversé de Ban Ki-moon" d'élire M. Kagame pour co-diriger avec M. Zapatero le groupe de contact sur les OMD, et "la passivité du président Zapatero qui a accepté sans objection d'agir au côté d'un génocidaire présumé".

Ban Ki-moon a justifié vendredi son choix par "l'engagement" du Rwanda, "l'un des rares pays d'Afrique à avoir réalisé d'importants progrès dans la réduction de la mortalité maternelle et infantile".

La levée de boucliers en Espagne trouve son origine dans les mandats d'arrêt pour "génocide" lancés par un juge espagnol en février 2008 contre 40 militaires du régime de M. Kagame, accusés d'avoir fomenté des affrontements ethniques dans les années 90 pour s'emparer du pouvoir.

Ces militaires sont accusés d'avoir sciemment déstabilisé le régime extrémiste hutu de Juvénal Habyarimana en place à l'époque, en commettant des actes terroristes avant de prendre le pouvoir.

Le juge Fernando Andreu avait lancé des accusations détaillées contre M. Kagame, sans le poursuivre en raison de son immunité de chef d'Etat.

L'assassinat de M. Habyarimana en avril 1994 avait déclenché le génocide qui a fait environ 800.000 morts, selon l'ONU, surtout parmi la minorité tutsie.

Le juge espagnol enquête notamment sur les assassinats présumés par les milices tutsies du Front patriotique rwandais (FPR), dirigées alors par M. Kagame, de neuf missionnaires et coopérants espagnols témoins de massacres.

M. Kagame avait à l'époque dénoncé "l'arrogance" des mandats d'arrêt espagnols. "La guerre que nous avons déclenchée, c'était pour libérer notre pays", avait-il déclaré.

La réunion de Madrid devait élaborer des propositions d'application des Objectifs du millénaire, en vue d'un sommet sur ce thème en septembre au siège des Nations unies à New York.

 

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Mardi 6 juillet 2010 2 06 /07 /Juil /2010 20:25

  Le Monde 06.07.10

Alain Juppé et Hubert Védrine, anciens ministres des affaires étrangères

Dans une tribune accordée en exclusivité au Monde, les anciens ministres des affaires étrangères, Alain Juppé et Hubert Védrine, s'alarment des conséquences pour la France de la réduction "sans précédent" du budget du Quai d'Orsay.

Nous sommes inquiets des conséquences pour la France d’un affaiblissement sans précédent de ses réseaux diplomatiques et culturels.

Le budget du ministère des affaires étrangères a toujours été très réduit : de l’ordre de 1,2 % à 1,3 % du budget de l’Etat les meilleures années. Encore faudrait-il en déduire les sommes destinées à des organisations internationales, qui ne font que transiter par ce budget. Le rapport investissement-efficacité de ce petit budget est remarquable: représentations permanentes, ambassades, consulats, lycées, écoles, centres culturels, programmes d’aide et de coopération.

Or, en vingt-cinq ans, le ministère des affaires étrangères a déjà été amputé de plus de 20% de ses moyens financiers ainsi qu’en personnels. Tous les ministères doivent évidemment contribuer à la réduction des dépenses publiques, mais aucune administration n’a été réduite dans ces proportions. Cela s’explique en partie parce que les préjugés sont nombreux et tenaces contre "les diplomates" (pourtant rémunérés selon les mêmes grilles que l’ensemble de la fonction publique), et que le métier diplomatique est rarement expliqué alors qu’il est indispensable à la défense des intérêts de notre pays.

Cet affaiblissement disproportionné va encore s’aggraver du fait d’une revue générale des politiques publiques aveugle, qui souvent supprime d’une façon rigide ce qu’il faudrait absolument garder. De plus, le ministère des affaires étrangères va devoir encore, jusqu’en 2013, supprimer trois emplois sur quatre départs en retraite, soit plus que la règle générale d’un sur deux.

Les économies ainsi réalisées sont marginales. En revanche, l’effet est dévastateur : l’instrument est sur le point d’être cassé, cela se voit dans le monde entier. Tous nos partenaires s’en rendent compte.

Pourtant, dans la compétition multipolaire, où tout se négocie en permanence avec un grand nombre d’interlocuteurs qu’il faut connaître avec précision, la France a plus que jamais besoin de moyens d’information et d’analyse. Les autres ministères présents à l’étranger (finances, défense) sont essentiels aussi et ont leur fonction propre. Le rôle du Quai d’Orsay est de rendre cohérentes toutes les formes de notre présence, ce qui est la clé de notre influence.

Les autres grands pays ne détruisent pas leur outil diplomatique: les effectifs du département d’Etat américain augmentent de 4 % à 5 % par an. Ceux du Foreign Office sont désormais supérieurs aux nôtres. Les pays émergents, pour leur part, construisent et consolident rapidement leur réseau: le Brésil, sous le président Lula, a ainsi ouvert une trentaine d’ambassades. Le service diplomatique européen, auquel nous devrons en plus fournir des diplomates pour assurer notre influence en son sein, ne remplira pas la même fonction.

Il faut adapter l’appareil diplomatique, comme l’Etat tout entier, mais cesser de l’affaiblir au point de le rendre d’ici à quelques années incapable de remplir ses missions, pourtant essentielles.

Alain Juppé et Hubert Védrine, anciens ministres des affaires étrangères

 

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Mardi 6 juillet 2010 2 06 /07 /Juil /2010 20:17

jean-christophe-rufin-a-dakar-senegal-le-17Jean-Christophe Rufin au "Monde" :

Le Monde.fr

06.07.10

AFP/SEYLLOU

L'écrivain Jean-Christophe Rufin, que Nicolas Sarkozy avait nommé ambassadeur de France à Dakar (Sénégal) en août 2007, a quitté ses fonctions le 30 juin après que le président Abdoulaye Wade a demandé à la France son départ, et l'a obtenu. Quittant la diplomatie, il a retrouvé sa liberté de parole et s'exprime sur la politique africaine de la France.

Qui dirige aujourd'hui la politique africaine de la France ?

Ces dernières années, un mode de gouvernance particulier s'est construit : les affaires africaines les plus sensibles sont tranchées par Claude Guéant, qui est un préfet et n'a pas une connaissance particulière de l'Afrique. Dans ce domaine qu'il s'est réservé, le secrétaire général de la présidence agit d'autant plus librement qu'il n'en répond ni devant l'Assemblée ni devant le gouvernement. Il dépend du seul président de la République, dont j'ignore s'il est complètement informé des initiatives de son collaborateur.

Que s'est-il passé depuis trois ans ?

Il s'est passé que Bernard Kouchner n'a pas souhaité ou pas pu s'imposer dans ce domaine et, plus généralement, en politique étrangère. Étant donné son parcours que nous admirons tous, il est difficile de comprendre comment il peut avaliser des décisions prises par d'autres sur des bases qui ne sont pas les siennes.

D'un côté, il y a un Quai d'Orsay qui sert de vitrine à la fois "people" et morale, et, de l'autre, une realpolitik faite par-derrière et par d'autres. M. Kouchner a réorganisé le ministère des affaires étrangères à la manière d'une organisation non gouvernementale (ONG). Le Quai d'Orsay est aujourd'hui un ministère sinistré, les diplomates sont dans le désarroi le plus total, car ils ne se sentent pas défendus.

Vous mettez en cause l'influence auprès de l'Elysée de "réseaux occultes" sur la politique de la France en direction de l'Afrique. De quoi s'agit-il ?

Ces réseaux sont construits à l'inverse des réseaux Foccart qui existaient du temps du général de Gaulle et étaient censés servir les intérêts de la France. Aujourd'hui, il s'agit de réseaux de lobbying qui cherchent à faire valoir les intérêts de tel ou tel régime africain auprès des autorités françaises. Le pire est qu'ils parviennent à faire croire en haut lieu que leurs analyses sont plus désintéressées que celles fournies par les ambassadeurs, alors qu'ils sont stipendiés et ne font qu'exprimer l'opinion de leurs clients.

Propos recueillis par Philippe Bernard

 

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Vendredi 18 juin 2010 5 18 /06 /Juin /2010 17:43

Par RFI

Peter Erlinder, l'avocat américain accusé de négation de génocide au Rwanda a été libéré, jeudi 17 juin pour raisons de santé. Il était retenu depuis le 28 mai dernier à Kigali, où il était venu défendre l'opposante Victoire Ingabire. Il est désormais libre de rentrer aux Etats-Unis, à la seule condition de laisser une adresse au Rwanda afin que la justice puisse le contacter, si nécessaire.

Les pressions s'étaient accentuées au fil des jours et elles ont manifestement convaincu le régime de Kigali de faire machine arrière. A Washington les partenaires américains ont réclamé expressément la libération de Peter Erlinder. Mercredi 16 juin, c'est le Tribunal pénal international pour le Rwanda, sur conseil des Nations unies, qui demandait à ce que l'avocat américain soit relâché. Le TPIR A fait valoir que M. Erlinder bénéficiait, en tant qu' avocat auprès du tribunal, d'une immunité.

Certains observateurs voient en fait derrière cette affaire une tactique politique de Kigali. Le président Kagamé aurait cherché à tester au sein de l'administration américaine le rapport de force entre ceux qui continuent de le soutenir et ceux qui critiquent de plus en plus durement son régime jugé autocratique.

Des éléments appuient cette thèse. Pourquoi en effet avoir arrêté Peter Erlinder cinq jours après son arrivée à Kigali ? Une expulsion dès son entrée au Rwanda aurait permis d'éviter les turbulences et surtout la mobilisation que suscite ce type d'affaire. Le gouvernement rwandais a voulu s'attaquer à un avocat qui lui est très hostile. En avril dernier Peter Erlinder a porté plainte aux Etats-Unis contre Paul Kagamé, l'accusant d'avoir ordonné la destruction de l'avion à bord duquel se trouvaient le président Habyarimana et son homologue burundais. Aujourd’hui Kigali a choisi de libérer quasiment sans condition l'avocat américain.

*** HillaryClinton.jpg ***

UNDER PRESSURE FROM US GOVERNMENT, RWANDAN GOVERNMENT RELEASES AMERICAN LAWYER

Rwandan Government Releases American Lawyer

 Today, June 17, 2010, facing the overwhelming international condemnation, including a harsh rebuke from the International Criminal Tribunal for Rwanda (ICTR), and isolated, the Rwandan Government gave up and released an American lawyer. After three weeks, the lawyer, Professor Peter Erlinder was released on “bail” on medical grounds. However, it appears that is the way for the Rwanda Government to save face.

Rwandan Superior Court Judge Johnson Busingye explained the conditions of the release during the hearing: "It is ordered that professor Carl Peter Erlinder be hereby unconditionally released from detention on health grounds as explained above. It is ordered further that investigations into his case will proceed while he is not in detention

The Rwandan Prosecutor, Martin Ngoga, visibly humbled but wearing a mask of defiance said in a statement:  "Bail on health grounds cannot be mistaken as vindication for Mr. Erlinder, This will not deter the prosecution as we finalize the case against Mr. Erlinder. He will soon be called to defend his record of genocide denial that insults the people of Rwanda and inflames those who seek to harm us."

The pressure on the Rwandan Government to release the lawyer had become too much to bear. When the US Government, through the US Secretary of State Hillary Clinton weighed in, the Rwandan Government had no choice than to oblige. Even the worst dictators know when their finger is the mouth of a lion. In fact, on June 14, 2010, Secretary of State Hillary Rodham Clinton, during the Diplomacy Briefing Series Conference on Sub-Saharan Africa in Washington, DC. Secretary of State Hillary Clinton unequivocally asked Rwanda to release, without conditions, the American lawyer abusively detained in Rwanda for seeking to defend a political opposition figure accused of sedition and political ideology by the Government:

QUESTION : Thank you, Secretary Clinton, for being here today. My name is Beth Tuckey. I’m with Africa Action. And you mentioned in your presentation that you would speak out on behalf of democratic governance in Africa, and I know that the U.S. has been a strong supporter of Rwanda for many, many years. And I’m just wondering what you’re doing to address the recent oppression of political candidates in Rwanda and if you’re doing anything to address attorney Peter Erlinder, who is currently under arrest in Rwanda.

SECRETARY CLINTON : I know that we have addressed those concerns. We’ve made them known to the Rwandan Government. We really don’t want to see Rwanda undermine its own remarkable progress by beginning to move away from a lot of the very positive actions that undergirded its development so effectively. We still are very, very supportive of Rwanda. The kind of development that has taken place in Rwanda is really a model in many respects for the rest of the continent. But we are concerned by some of the recent actions and we would like to see steps taken to reverse those actions.

On the one hand, I understand the anxiety of the Rwandan leadership over what they view as genocide denial or genocide rejectionism. There are many countries that have been in a similar historic position, so I do understand that and I know that they are hypersensitive to that, but – because, obviously, they don’t want to see anything ignite any kind of ethnic conflict again. So I’m very sympathetic to that.

But I think that there are ways of dealing with that legitimate concern other than politically acting against opposition figures or lawyers and others. So on the one hand, I understand the motivation and the concern. On the other hand, I want to see different actions taken so that we don’t see a collision between what has been a remarkably successful period of growth and reconciliation and healing with the imperatives of continuing to build strong democratic institutions.

Thank you all very much. (Applause.)

 

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Vendredi 4 juin 2010 5 04 /06 /Juin /2010 06:21

Ambassador JOHNNIE CARSON By HENRY C. JACKSON (AP) – 6 hours ago

WASHINGTON — The State Department on Thursday called on the Rwandan government to release a jailed U.S. law professor. Peter Erlinder has been in custody since Friday on charges he denied the central African country's 1994 genocide.

State Department spokesman P.J. Crowley told reporters on Thursday that U.S. officials were closely monitoring Erlinder's situation and have been in touch with officials in Rwanda. "We want to be sure that he is accorded all of his rights," Crowley said. "We are pressing the Rwandan government to resolve this case quickly and would like to see him released on compassionate grounds." Erlinder, of St. Paul, Minn., was moved from a jail in Rwanda's capital city, Kigali, to a hospital on Wednesday after what Rwandan officials said was an apparent suicide attempt.

However, the 62-year-old told consular officials that he took an overdose of his own prescription medication so that he would be sent from a squalid jail to a hospital. That message was conveyed from the consulate in Rwanda to his family, who said Thursday they understood his actions to be part of an effort to escape a jail cell where he feared for his safety and was staying with seven or eight other inmates. "It was a strategy for him to get out of that jail," said Gena Berglund, a legal assistant to Erlinder. "He told the consulate, 'I couldn't spend one more night in jail." Erlinder's family traveled to Washington on Thursday to press for his release. They spoke with reporters on Thursday morning and were expected to meet with State Department officials later in the day.

 

Sarah Erlinder, Peter Erlinder's daughter, said she was elated the State Department had called for her father's release. She and other family members said earlier Thursday they thought a public call for his release would spur action from Rwanda, which is closely allied with the U.S. government and receives millions of dollars in aid. "That's the best news I've heard in a long time," she said. "It's been such a roller coaster, good news and bad news coming at the same time." Family members, including Erlinder's wife, Masako Usui, said they want him released as soon as possible because they fear for his health. "I don't know anything about his condition," Usui said, noting he was on various medications.


Erlinder is a professor at William Mitchell College of Law in St. Paul with a reputation for taking on difficult, often unpopular defendants and causes. A past president of the progressive National Lawyers Guild, he leads a group of defense lawyers at the U.N.'s International Criminal Tribunal for Rwanda. The tribunal is trying the alleged leaders of the 1994 genocide.


The Rwandan government has accused him of violating the country's laws which forbid minimizing the 1994 genocide in which more than 500,000 Rwandans, the vast majority of them ethnic Tutsis, were massacred by Hutus in 100 days. Erlinder has not contended that massive violence did not occur, but has said it's inaccurate to blame just one side.


Erlinder was in Kigali to help with the legal defense of Victoire Ingabire, an opposition leader running against President Paul Kagame in Aug. 9 elections. Ingabire is accused of promoting genocidal ideology.

In late April, Erlinder helped file a lawsuit in Oklahoma that accused Rwanda's current President, Paul Kagame, of ordering the 1994 deaths of Rwandan President Juvenal Habyarimana, a Hutu, and Burundi President Cyprien Ntaryamira, igniting the genocide.


The lawsuit was filed on behalf of the widows of the two presidents. The presidents were killed when their plane was shot down. Erlinder has made the allegations before, citing tribunal documents and books by former tribunal prosecutors. Kagame's government denies the accusations. Associated Press writer Matthew Lee in Washington contributed to this report.

 

Copyright © 2010 The Associated Press. All rights reserved.

 

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Jeudi 27 mai 2010 4 27 /05 /Mai /2010 11:27

Ambassador JOHNNIE CARSONTémoignage de l'Ambasssadeur Johnnie Carson, Secrétaire d'Etat Adjoint pour l'Afrique, devant la House Foreign Affairs Committee Subcommittee on Africa and Global Health, Washington DC, le 25 mai 2010.

 

Au sujet du Rwanda, M. Carson a dit qu'on s'attendait à ce que les élections d'août se tiennent dans un climat de paix et de non-violence tout en faisant remarquer que la situation sécuritaire à l'approche du scrutin donnait naissance à certaines inquiétudes. « Les récentes attaques à la grenade à Kigali ont fait de nombreuses victimes et ont aussi provoqué l'angoisse et le malaise chez la population civile, des attaques que nous dénonçons fermement », a ajouté M. Carson.

 

Les États-Unis se préoccupent aussi des récentes actions du gouvernement rwandais, qui semblent viser à restreindre la liberté d'expression. « Ces mesures comprennent notamment la suspension des licences et des activités de deux quotidiens, le retrait du permis de travail d'un chercheur de l'organisation de défense des droits de l'homme, Human Rights Watch, et l'arrestation puis la remise en liberté provisoire du dirigeant de l'opposition, M. Victoire Ingabire. Deux partis politiques, le Parti Vert et le FDU Inkingi, n'ont pas pu s'inscrire sur les listes des candidats. »

 

Les États-Unis ont exhorté les hauts responsables du gouvernement rwandais à respecter les libertés d'expression, de presse, d'association et de rassemblement, a souligné M. Carson. « Nous avons mis l'accent sur le fait que les organisations non gouvernementales locales et internationales de même que les médias devaient être autorisés à fonctionner et à échanger l'information librement. Nous avons aussi prié Kigali d'accorder à M. Victoire Ingabire le droit à une procédure juridique appropriée et à un procès équitable et rapide. »

 

« La stabilité durable au Rwanda est avant tout le résultat d'une gouvernance démocratique et du respect des droits de l'homme. Le Rwanda et ses partenaires régionaux et internationaux doivent œuvrer de concert pour assurer au peuple de ce pays les élections libres, équitables et pacifiques qu'il mérite », a souligné M. Carson.

 

 

 

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Jeudi 27 mai 2010 4 27 /05 /Mai /2010 09:44

Ambassador-JOHNNIE-CARSON.jpg Johnnie Carson
Assistant Secretary, Bureau of African Affairs
Testimony before the House Foreign Affairs Committee Subcommittee on Africa and Global Health
Washington, DC
May 25, 2010


Chairman Payne, Ranking Member Smith, and Members of the Committee,

 

I welcome the opportunity to appear before you today to discuss “The Great Lakes Region: Current Conditions and U.S. Policy.” The countries of the Great Lakes region are inextricably linked. Although each has its own unique challenges, events in one country invariably affect the others, and often the wider region, as well. We spend a significant amount of diplomatic time and attention working on issues associated with the Great Lakes.

In just the past two months, dozens of senior officials from the Africa Bureau and the Department of State have traveled to the Democratic Republic of the Congo (DRC), Rwanda, Uganda and Burundi. In addition to travel in the region, Senior Advisor for the Great Lakes region Howard Wolpe – a former chairman of this subcommittee and a key member of my team – has traveled to Europe and New York to consult with our international partners on issues of common interest. And of course, last August, Secretary Clinton made her important and historic trip to the DRC that continues to pay dividends in our bilateral relationship with that critical country.

These visits underline our commitment to helping regional governments, both individually and in cooperation with one another, resolve the domestic and cross-border issues that challenge regional security and stability and continue to place millions of civilians at risk. Addressing these issues has been, and continues to be, a slow and daunting process – certainly more so than we would like – but the situation has improved as the countries in the region have renewed and strengthened ties amongst themselves, and we remain dedicated to doing what we can to keep that positive momentum going.

.........

Rwanda

As I mentioned at the beginning of my testimony, the countries of the region are inextricably linked. Refugees from Rwanda’s genocide (as well as perpetrators of it) fled across the border into the DRC, and the FDLR, no longer able to flex its muscle in Rwanda, continues to plunder the DRC.

Our policy priority in Rwanda is to further internal stability and social cohesion by promoting national reconciliation, economic growth, good governance, justice, and democratic values. We appreciate, in the context of the most tragic event in recent history –the genocide – the need for security, stability, and reconciliation is critical. But long-term stability is best promoted by democratic governance and respect for human rights.

The presidential elections in Rwanda this August are expected to be peaceful and non-violent. However, the security environment ahead of the elections is of concern. We strongly condemn the series of recent grenade attacks in Kigali that have caused numerous casualties as well as anxiety and unease in the population in the run-up to the elections.

The political environment ahead of the election has been riddled by a series of worrying actions taken by the Government of Rwanda, which appear to be attempts to restrict the freedom of expression. In a period of months, the Government of Rwanda has suspended two newspapers, revoked the work permit and denied the visa of a Human Rights Watch researcher, and arrested (and subsequently released on bail) opposition leader Victoire Ingabire, who has been linked to the FDLR. Despite multiple attempts, two political parties – the Green Party and FDU Inkingi – have still been unable to register. Dissention within the ruling party also appears to have surfaced.

We have relayed our concerns about these developments to the Government of Rwanda, urging senior government leaders to respect freedoms of expression, press, association, and assembly. In particular, we have pressed leaders to allow all international and domestic non-governmental organizations and media to operate and report freely. We have also urged leaders to treat Victoire Ingabire in accordance with international law, ensure due process, and give her a speedy, fair, and transparent trial. We have urged the Government of Rwanda and all regional and international partners to work together to achieve free, fair, and peaceful elections that the people of Rwanda deserve.

Leading up to the elections, the United States Government has supported a program that provides organizational and policy-development skills to political party leaders from all ten parties in Rwanda. The USG also plans to send approximately a dozen teams to observe the elections.

...

Mr. Chairman and Members of the Committee, I want to thank you for the opportunity to appear before you today. I will be happy to answer any questions you may have.

Johnnie Carson*, Secrétaire d'État adjoint pour l'Afrique

 

Lire l'intégralité du discours de l'Ambassadeur JOHNNIE CARSON

 

Ambassador-JOHNNIE-CARSON.jpg *Qui est Johnnie Carson ?

Le 20 mars, le président Barack Obama a soumis au Sénat pour confirmation la nomination de M. Johnnie Carson au poste de secrétaire d'Etat adjoint aux affaires africaines, en remplacement de Mme Jendayi Frazer, titulaire de ce poste sous l'ancien gouvernement Bush.

Diplomate de carrière avec 37 ans de service et trois fois ambassadeur en Afrique, M. Carson siégeait, avant ses fonctions actuelles de Secrétaire adjoint pour l’Afrique, au Conseil national du renseignement (NIC) en tant que responsable des questions relatives à ce continent. Il a accédé à ce poste en septembre 2006 après avoir été, de 2003 à 2006, premier vice-président de la National Defense University, située à Washington.

M. Carson a été ambassadeur au Kénya de 1999 à 2003, au Zimbabwé de 1995 à 1997 et en Ouganda de 1991 à 1994. De 1997 à 1999, il avait occupé au siège du département d'Etat le poste de premier sous-secrétaire d'Etat adjoint au Bureau des affaires africaines.

Auparavant, il avait occupé divers postes à l'étranger (au Portugal, au Botswana, au Mozambique et au Nigéria) ainsi qu'à Washington, à la section Afrique du Bureau du renseignement et de la recherche du département d'État et comme membre du personnel du secrétaire d'État (1978-1979). De 1979 à 1982, il avait dirigé le personnel d'appui de la sous-commission africaine de la Chambre des représentants.

Avant d'accéder au service diplomatique, M. Carson était en Tanzanie en tant que volontaire du Corps de la paix. Diplômé d'histoire et de sciences politiques de l'université Drake, il est titulaire d'une maîtrise en relations internationales de la faculté des études orientales et africaines de l'université de Londres.

M. Carson a reçu du département d'Etat plusieurs prix pour services distingués et notamment le prix du Mérite de la secrétaire d'État Madeleine Albright. Le Centre d'épidémiologie des États-Unis lui a décerné sa plus haute décoration, celle de « champion de la prévention » pour sa gestion des programmes américains de prévention du sida au Kénya.

Diplomate de carrière accompli, Johnnie Carson a à son actif un palmarès très complet relatif à l'Afrique, couvrant plusieurs décennies et toute une gamme de postes. Il possède une connaissance approfondie de nos capacités diplomatiques et il sait combien est importante la collaboration entre nos organismes fédéraux.

End.

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Mardi 25 mai 2010 2 25 /05 /Mai /2010 12:35

Stéphanie Hancq - Nouvelobs.com


L'ancien directeur du renseignement national des États-Unis préparait un pacte de non-espionnage entre son pays et la France. Un projet qui n'a pas plu à l'administration Obama, selon le New York Times.

Selon le New York Times (NYT), le fait que les États-Unis refusent de signer un pacte de non-espionnage avec la France serait l'une des raisons qui ont mené Dennis C. Blair à quitter ses fonctions de directeur du renseignement national vendredi 21 mai.

Le chef des services de renseignement, que le président américain avait lui-même choisi en janvier 2009, voulait en effet signer avec Paris un pacte écrit assurant formellement que les deux pays ne s'espionneraient plus. Soit une version un peu plus formelle de l'accord que Washington a avec la Grande-Bretagne: le "gentleman's agreement". Pour Blair, c'était d'ailleurs "l'occasion unique" pour les deux pays de nouer des liens de confiance et de sécurité durables.

Négociations avancées

Les négociations étaient si bien avancées que Nicolas Sarkozy en était venu à croire que l'accord allait être signé. Mais le refus de Barack Obama de signer au dernier moment a mis fin à toutes négociations et surtout mis en exergue les divergences d'opinion entre le président américain et son chef des renseignements.

Le journal précise également que cette mauvaise communication au sein de l'administration Obama avait mis en "colère" le président français, mis au courant qu'après coup de cette annulation, mettant à mal les relations entre les deux États, au moment même où ils tentaient de présenter un front uni pour démanteler le programme nucléaire iranien.

Crainte d'engagement

Mais pourquoi un tel refus de l'administration américaine ? Certains responsables politiques ont craint de s'engager par "écrit", un pacte qui aurait été le premier du genre aux Etats-Unis. Selon eux, le risque d'être pieds et poings liés en cas de revirement du gouvernement Français, ou de voir l'arrivée de dirigeants plus hostiles aux américains en matière de politique étrangère, était trop grand.

Surtout, contrairement à la relation de l'Amérique avec la Grande-Bretagne et d'autres proches alliés comme l'Australie, les États-Unis et la France ont une longue histoire d'espionnage réciproque. Le NYT rappelle ainsi que les Français ont été "particulièrement agressifs" en essayant de subtiliser des secrets de l'industrie de technologies et de défense américaine. Et vice-versa, les américains se méfient des liens qu'entretient la France avec des pays comme l'Iran, la Syrie, ou encore l'Afrique du Nord dont des "groupes de militants" opèrent sur le territoire français.

"Comment pourrait-on vérifier (le respect du pacte, ndlr), interroge un responsable du renseignement américain cité par le New York Times. En espionnant ?" Pour l'heure, l'accord est tombé aux oubliettes.

 

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Mardi 18 mai 2010 2 18 /05 /Mai /2010 20:13

(Le Figaro 17/05/2010)

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L'Égypte le redoutait. C'est arrivé. Au bout de dix ans de négociations, quatre pays africains riverains du Nil ont conclu seuls un accord pour se partager les eaux du fleuve nourricier, sans lequel l'Égypte ne serait qu'un vaste désert. Réunis à Entebbe, en Ouganda, l'Éthiopie, le Rwanda, la Tanzanie et l'Ouganda, qui demandaient en vain à l'Égypte de participer aux négociations, ont signé vendredi un texte créant une commission chargée de gérer les projets d'irrigation, canaux ou barrages, sur la totalité des 6 700 km du Nil. Le Kenya devrait prochainement les rejoindre.

La commission, qui aura droit de veto sur toute infrastructure concernant le Nil, devrait être basée à Addis-Abeba, la capitale de l'Éthiopie, puissance régionale. Une injure supplémentaire pour Le Caire, qui a aussitôt rejeté l'accord, avec des intonations martiales. «Les droits historiques de notre pays restent une ligne rouge», a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Aboul Gheit. Le ministre de l'Eau, Mohammed Allam, assure que l'Égypte «se réserve le droit de prendre toutes les mesures», évoquant ainsi la perspective d'une guerre de l'eau.

Pour Le Caire, il s'agit d'une question vitale. Les 80 millions d'Égyptiens reçoivent du Nil 90 % de leurs ressources en eau. Un rapport officiel prévoit néanmoins un déficit pour 2017. Le gouvernement égyptien s'appuie sur le droit international. Un texte de 1959 réserve la part du lion à l'Égypte, avec 55 milliards de mètres cubes, et au Soudan, le pays où se rejoignent le Nil Blanc et le Nil Bleu, avec 18,5 milliards de mètres cubes. À eux deux, l'Égypte et le Soudan, qui a lui aussi rejeté l'accord d'Entebbe, trustent 87 % de l'eau du Nil.

C'est cet arrangement que les quatre pays riverains veulent réformer. «L'eau du Nil appartient à tous les pays, pas à un petit nombre», a déclaré le ministre des Ressources hydrologiques éthiopien. L'Éthiopie, 85 millions d'habitants, abrite la source du Nil Bleu (85 % du débit) dans le lac Tana, et l'Ouganda, 31 millions d'âmes, celle du Nil Blanc dans le lac Victoria. Ces deux pays cherchent à se développer. L'Éthiopie a décidé de devenir le principal exportateur d'électricité en Afrique de l'Est. L'Initiative du bassin du Nil (IBN), jusqu'ici compétente, gère 22 projets de canaux ou de barrages.

Les dirigeants égyptiens essaient de se rassurer en espérant que les États dissidents auront du mal à trouver des capitaux. C'est compter sans la Chine, qui finance déjà de nombreux chantiers et agira selon ses intérêts.

Facteur d'inquiétude supplémentaire pour Le Caire, l'accord controversé a été signé à huit mois du référendum de janvier 2011, qui risque d'entériner la sécession de la partie sud du Soudan, où transite le Nil Blanc. Or l'Éthiopie et l'Ouganda figurent parmi les alliés historiques de l'ancienne guérilla du Sud, futur gouvernement de l'éventuel nouvel État. Ce n'est pas une bonne nouvelle, entre autres, pour le chantier du canal de Jonglei, situé au Sud-Soudan et toujours en panne malgré la fin de la guerre civile Nord-Sud en 2005. L'Égypte compte beaucoup sur ce projet, qui devrait améliorer le débit du Nil Blanc.

Le Caire peut-il pour autant mettre ses menaces à exécution ? En réalité, on voit mal l'armée égyptienne se lancer dans des expéditions contre des pays lointains et disposant de forces aguerries. La guerre de l'eau n'aura sans doute pas lieu. «L'Égypte devra probablement négocier et perdre au passage une partie de son prestige et de son influence dans la région», estime Sophie Pommier, consultante spécialiste de l'Égypte.

Par Pierre Prier

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Par JMV Ndagijimana - Publié dans : Diplomatie - Communauté : Afrique des Grands Lacs
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Vendredi 14 mai 2010 5 14 /05 /Mai /2010 16:24

LE POTENTIEL
Jean-Pierre Mbelu
12 Mai 2010

Kinshasa — La province du Nord-Kivu, ventre mou de la R.D. Congo est de nouveau sous haute tension. Plusieurs messes noires sont célèbrées en catimini comme à découvert dans la ville de Goma. On peut constater l'effervescence dans les états-major des anciens mouvements rebelles convertis sans repentance aucune en partis politiques congolais.

Selon les fuites d'une de ces messes noires dite le dimanche 9 mai dernier au Restaurant Kamanzi, derrière le Rond Point Bralima, un nouveau courant politique ou rebelle, c'est selon, dit CNDP-Rénové, aurait vu le jour à Goma au Nord-Kivu et n'attendrait plus que sa sortie officielle. Si c'est un parti politique, tant mieux, car la R.D.Congo se dit être une démocratie. Mais comme on dit, celui qui a déjà été mordu par un serpent, craint même une chenille. Aussi, les violations massives des droits humains qui se commettent dans ce coin du pays, justifient-elles la crainte que le CNDP-Rénové ne soit plutôt une nouvelle rébellion. Ce chuchotement d'une nouvelle rebellion en gestation au Nord-Kivu renforce un autre bruit selon lequel le pays connaîtrait une nouvelle apocalypse, un nouveau tsunami politique, au lendemain des festivités du 30 Juin. .

En même temps, les habitants du village de Bajuvi, Chefferie de Bukumu, territoire de Nyiragongo et ceux du quartier Super Match, toujours en Territoire de Nyiragongo, dénoncent depuis le Jeudi 6 mai, une nouvelle vague d'entrée massive des militaires rwandais en provenance de Gisenyi au Rwanda. Une fois sur le territoire congolais, ces militaires rwandais prennent une destination inconnue.

Du coup, les FDLR qu'on croyait avoir été repoussés par les Opérations Umoja Wetu et Amani Leo, jusque dans les fins forêts de Walikale et du Maniema, resurgissent dans certains medias et se font voir à l'aéroport de Goma en partance non pour le Rwanda, leur pays natal, mais pour le Katanga, le Bas-Congo, etc. D'où viennent ces FDLR ? Du Rwanda ou de la forêt de Walikale ? Interrogés, les députés provinciaux et nationaux disent n'avoir pas été consultés pour cette délocalisation et dissémination des FDLR au Congo. Le superviseur de cette dissémination serait un pasteur protestant de Kinshasa répondant au nom de Mulunda, celui-là même qui fait le tour des provinces pour racheter les armes des groupes armés.

Depuis deux jours, il se constate aussi une forte présence de la police militaire en ville de Goma. Selon des sources généralement bien informées, cette présence de la police militaire aurait comme but de prévenir une attaque éventuelle de la ville de Goma par une nouvelle rebellion.

Aussi, la sécurité autour de l'aéroport international de Goma a été renforcée. Il n'est plus possible à quiconque n'ayant pas un titre de voyage ou une carte de service de se retrouver dans l'enceinte de l'aéroport de Goma, qui est très sollicité ces derniers temps. Les militaires de la Garde Républicaine sont ceux qui assurent cette sécurité, signe que quelque chose se passe ou va se passer à l'aéroport de Goma.

Ailleurs dans la Province du Nord-Kivu, la dénonciation du massacre sélectif des Nande du Nord-Kivu par une armée «Kinyarwandophone » par le député national Lusenge Bonane qui a été diffusée par les radios et par des tracts sur toute l'étendue de Beni-Lubero est ridiculisée par les assaillants.

Au Sud du Territoire de Lubero, plus précisément dans les villages ou cités de Katondi, Kitsombiro, Ndoluma, Mambasa , Alimbongo, Matembe, Kaseghe, Bwatsinge, Mighobwe, Kirumba, Kayna, Bulotwa, Kanyabayanga, Luofu, Miriki, Kamandi, Bingi, plusieurs maisons ont été incendiées. Dans la cité de Kirumba, quatre maisons ont été brûlées, dans la nuit du vendredi au samedi 08/05/2010 à 2h00 du matin au quartier Kibakuli. Dans la nuit du samedi 8/05, c'était le tour du quartier Kasando, toujours dans la cité de Kirumba où deux autres maisons ont été incendiées. Pendant qu'ils incendiaient les maisons précitées, les assaillants se moquaient de victimes en leur disant de faire appel au député national Bonane pour qu'il vienne les sauver.

Le Dimanche, 09/05/2010 toujours au sud de Lubero, M. Nzilamba, Agent de l'OXFAM, a été agressé en pleine journée et dépouillé de tout ce qu'il avait sur lui, dont 40$, un poste de radio marque Sonitek, etc. .

Ailleurs sur le tronçon Kamandi, Kikuvu, Kirumba, plusieurs attaques et pillages ont été signalés au point que les habitants du milieu disent adieu chaque fois qu'ils quittent leur maison pour aller au champ ou au marché. Ainsi, chaque sortie de la maison est-elle devenue un adieu possible ! Voir les siens revenir sains et saufs du champ relève aujourd'hui d'un miracle et procure une immense joie. .

Les faits macabres ci-haut énumérés démontrent que l'Est du pays est sous une occupation militaire par le Rwanda et l'Ouganda. On n'a pas besoin d'attendre que quelqu'un vienne de New York, de Paris, ou de Bruxelles, pour le dire pour que l'occupation militaire soit avérée. Nous mettons au défi les Juristes et les politologues congolais ! Selon le règlement de La Haye de 1907, « un territoire est considéré comme occupé lorsqu'il se trouve placé, de fait, sous l'autorité de l'armée ennemie». Dans son dictionnaire, le professeur Basdevant précise que l'occupation est un « terme employé pour désigner la présence de forces militaires d'un État sur le territoire d'un autre État, sans que ce territoire cesse de faire partie de celui-ci ».[1]

Les deux définitions ci-haut de l'occupation militaire cadrent bien avec la situation qui sévit dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, du Maniema et Orientale. .

Les Assassinats des civils et autres violations des droits humains perpétrés par les Fardc est une des preuves de cette occupation militaire que les perroquets politiques congolais essaient de camoufler aux yeux des civils par des slogans creux et des euphémismes tels «Umoja Wetu», «Amani Leo », etc. Pour les populations civiles, il n'y a pas encore de signe d'unité (Umoja), de paix (Amani) au Sud de Lubero, à Beni, Boga, Kamango, Kibotoko, au Masisi, Mwenga, Dungu, Kibosho, etc. Par contre, pour ces populations souffrantes, la soi-disant guerre aux FDLR qui menaceraient la sécurité du Rwanda n'était qu'un alibi pour conquérir le Kivu. Depuis que cet alibi a permis l'entrée des troupes rwandaises au Kivu, les populations congolaises n'ont plus de répit et elles découvrent à leurs dépens que c'est elles les cibles des troupes rwandaises. .

On constate aussi un silence complice de la part des internationaux venus au Congo pour empêcher, disaient-ils, que les Hutu FDLR ne tuent leurs compatriotes Tutsi sur la terre congolaise. Mais la réalité sur terrain est que les victimes actuelles ne sont ni Hutu ni Tutsi, mais congolaises. Les tueurs devenus Tutsi ou tout simplement rwandais, personne ne les dénonce! Les congolais n'ont pas de défenseur dans la cour des grands, la plupart des élus congolais, politiciens de carrière, ayant préféré la collaboration avec l'occupant à la défense de l'intérêt supérieur de la nation !

La Monuc qui sonnait des fausses alertes à chaque fois qu'un rwandophone tombait malade, a choisi d'adopter un profil bas maintenant que les civils congolais sont égorgés comme des chèvres par les FARDC. Pour montrer pour quelle mission la Monuc était déployée au Kivu, la Monuc a choisi la recrudescence des tueries des congolais pour commencer son retrait du pays. Pour accompagner cette occupation militaire sournoise de l'Est de la RDC, le gouvernement central ainsi que les gouvernements des provinces précitées, laissent massacrer les populations civiles par les occupants armés. Pour ajouter l'injure à la blessure, les gouvernants congolais utilisent leurs medias pour dire que la paix est revenue sur toute l'étendue du territoire national. Seuls quelques députés continuent la lutte au parlement national..

Dans les entreprises publiques, les remplacements des cadres congolais se font hors micro. Les congolais remplacés et mis sur la liste d'attente d'une nouvelle affectation, ont eux aussi reçu la consigne de ne pas grogner car malheur pourrait leur arriver.

Bref, on peut dire sans peur de se tromper qu'aujourd'hui 4 provinces de la R.D. Congo sont sous occupation militaire rwando-ougandaise. Pour maquiller cette occupation militaire, les autorités administratives restent en place à condition qu'ils répètent comme des perroquets ce que les nouveaux maîtres leur demandent de dire. Que les occupants tuent leurs cousins et leurs frères, ces perroquets politiques répètent le même refrain : «la paix règne au Kivu». Que les occupants brûlent leurs maisons, les perroquets politiques répètent toujours le même refrain: «la paix règne au Kivu».

Assurée de cette fidélité des perroquets congolais, du silence de la communauté internationale représentée au Congo par la Monuc, les occupants s'adonnent à une épuration ethnique dans les 4 provinces précitées. Les évêques catholiques de la R.D.Congo ont déjà parlé d'un « génocide silencieux » dans leur déclaration « La R.D. Congo pleure ses enfants, elle est inconsolable ( cf, Mt 2, 18) publiée à Kinshasa le 13 novembre 2008. Aujourd'hui, le génocide congolais n'est plus silencieux. Il est public ! Ce qui manque, c'est le courage des congolais pour le dénoncer et l'arrêter.

Il est dommage que les congolais continuent de penser que la Monuc peut servir à quelque chose. En dix ans, la Monuc n'a fait que faciliter malignement la balkanisation de la R.D. Congo. Les preuves sont multiples. Chaque fois que l'armée congolaise repoussait les miliciens du CNDP, la Monuc s'interposait pour imposer un cessez-le-feu suivi du dialogue. Pendant le dialogue, Kinshasa rappelait pour consultation l'officier militaire qui avait montré ses preuves au front contre le CNDP. Cette consultation devenait par la suite une mutation et quelques fois une mort mystérieuse. Ce qui se vit aujourd'hui au Congo démontre où la Monuc et Kinshasa voulaient amener le Congo.

Aujourd'hui, quand les sociétés civiles des provinces martyres demandent que les militaires coupables de tueries soient traduits en justice et mutés de l'Est du pays, on leur dit que le temps de la mutation est révolu. Par contre les mêmes FDLR qui ont servi d'alibi pour céder l'Est du pays au Rwanda sont délocalisés en catimini du Kivu vers l'Ouest et le Sud du pays. Et si le même alibi des FDLR produisait les mêmes effets à l'Ouest qu'à l'Est, qui serait à plaindre sinon le congolais lui-même? Comme le dit si bien un personnage du théâtre de Bernard Dadié sur Dona Béatrice, la Jeanne d'Arc Congolaise : «Votre ennemi c'est votre roi. Votre ennemi le plus dangereux votre roi, Dom Carlos 1er».

Ainsi les ennemis les plus dangereux du peuple congolais ce sont les « Kasuku » ou perroquets politiques congolais ! Les ennemis extérieurs qui sont aussi à plaindre, exploitent ou favorisent cette faille interne. Ainsi, vouloir en ce temps précis jeter son dévolu sur la même Monuc, c'est se jeter à l'eau pour fuir la pluie. La conséquence immédiate d'un tel acte insensé, c'est la noyade, la mort subite.

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Par JMV Ndagijimana - Publié dans : Diplomatie - Communauté : Afrique des Grands Lacs
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