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LA TRIBUNE FRANCO-RWANDAISE (TFR)

Actualités, opinions, études, analyses, diplomatie et géopolitique de la Région des Grands lacs.

COVID-19 : Aérer ses masques plutôt que de les jeter L’impact écologique de notre usage quotidien de masques est lourd. Une étude vaudoise propose une méthode pour le diviser par 10.

COVID-19 : Aérer ses masques plutôt que de les jeter L’impact écologique de notre usage quotidien de masques est lourd. Une étude vaudoise propose une méthode pour le diviser par 10.

Lise Bourgeois
Publié le 6 mai 2021

Voilà bientôt un an que le masque s’est hissé au rang de nos objets quotidiens. Par hygiène, la plupart d’entre nous les jettent chaque jour, voire plusieurs fois par jour, entraînant une consommation maousse de ces bandes de polypropylène. Le centre universitaire Unisanté et la société de conseil Environmental Action (EA) produisent aujourd’hui une étude qui démontre l’impact écologique de cette dépense effrénée. Ils recommandent au public un usage contrôlé des masques, qui peuvent être réutilisés moyennant une bonne aération et un peu de temps.

L’équipe suggère un «semainier de masques» qui consiste à suspendre pendant sept jours le masque du lundi pour qu’il sèche et se décontamine, puis le lendemain celui du mardi et ainsi de suite, jusqu’au lundi suivant où le premier masque peut être réutilisé. On peut faire le cycle jusqu’à dix fois. L’intérêt n’est pas des moindres. Les auteurs précisent que cette approche permet de diminuer par 10 le nombre d’unités utilisées.

«Nous parlons vraiment ici de l’usage des masques dans une optique communautaire.»

David Vernez, professeur à Unisanté
Loin du petit geste de bonne conscience, il y a un véritable bénéfice à agir. Avec ses 8,6 millions d’habitants, la Suisse génère l’équivalent de 45’303 tonnes de CO₂ en une année (voir infographie) par le biais de la production des masques et de leur acheminement. Voilà pour l’«empreinte carbone». Mais il y a aussi une «empreinte plastique», comme le souligne l’étude d’Unisanté et EA: le littering des masques jetables répand en un an 186 tonnes de plastique dans la nature.


En recyclant les masques jetables ou en utilisant des masques en tissu, ces impacts peuvent être considérablement réduits. Les scientifiques ont calculé que si 10% de la population suisse recycle ses masques à usage unique ou utilise du tissu, cela entraîne une économie de 4240 tonnes d’équivalent CO₂ (soit 5600 vols individuels Paris-New York), de même qu’une «non-pollution» au plastique de 18 tonnes, ce qui correspond à 10 millions de bouchons de bouteille.

Et l’hygiène?
Recycler ses masques jetables est-il hygiénique? Quid des bactéries, par exemple, qui pourraient rester sur la surface du masque? Chef du Département santé, travail et environnement d’Unisanté, le professeur David Vernez précise que le coronavirus a une certaine durée de vie hors milieu avant de «disparaître complètement». Cela ne garantit pas l’élimination des autres bactéries ou virus, raison pour laquelle la réutilisation du masque jetable n’est pas recommandée en milieu hospitalier soumis à des normes bien spécifiques: «Nous parlons vraiment ici de l’usage des masques dans une optique communautaire.» Ces protections utilisées dans la population répondent à des normes simplifiées avec une garantie de performance moindre.

Dans cet usage, le masque a pour seule fonction de faire barrière au coronavirus. Pour le reste, le milieu microbien vit sa vie: «C’est comme de remettre votre écharpe autour du cou, poursuit David Vernez. Peut-être qu’elle aura pris quelques bactéries ambiantes, mais ni plus ni moins.» On n’attend pas d’un «masque communautaire» qu’il soit stérile. À cet égard, le masque en tissu est pertinent, pour autant qu’il soit lavé après chaque utilisation, à 60 degrés, pendant une heure quarante.

Il est encore précisé que les protections ne sont pas transmissibles d’une personne à l’autre, même après une semaine, car d’autres microbes que le Covid peuvent potentiellement y rester. «De toute façon, personne n’a envie de prendre le masque de quelqu’un d’autre, estime David Vernez. Dans la respiration, il y a de la salive, des protéines, des odeurs. On est plus confortable à reprendre son propre masque.»

Le professeur David Vernez, chef du Département santé, travail et environnement d’Unisanté.
Gérald Bosshard/A

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