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Publié par La Tribune Franco-Rwandaise

Romulus Breban  Chercheur à l’unité d’épidémiologie des maladies émergentes à l’Institut Pasteur (Source : R. Breban)

Romulus Breban Chercheur à l’unité d’épidémiologie des maladies émergentes à l’Institut Pasteur (Source : R. Breban)

Le Covid-19 ne va pas disparaître, mais la situation va évoluer. Nous sommes actuellement dans la phase pandémique de la maladie. La pandémie, c’est la phase la plus grave, durant laquelle le coronavirus se propage vite et touche le monde entier. Pour sortir de cette phase préliminaire, il faudrait que l’immunité collective soit suffisamment importante, ainsi, le nombre de cas diminuerait.

La question est : combien de temps nous faudra-t-il pour acquérir cette immunité collective ? Ce qui est certain, c’est que nous ne pouvons pas attendre que ce soit le cas et faire comme si le coronavirus n’existait pas, nos systèmes de santé ne tiendraient pas. C’est pourquoi nous devons continuer à nous protéger, avec des masques, et en reconfinant localement lorsque c’est nécessaire. C’est le seul moyen de freiner la propagation de la maladie.

Un vaccin pourrait aussi nous permettre de sortir de cette phase pandémique. En principe, il est possible de fabriquer un vaccin pour une maladie dont on ne connaît pas encore toute l’histoire, comme le souligne l’OMS. Mais en pratique, ce n’est pas si facile et cela peut être très long. Ce sera d’ailleurs le premier vaccin contre un coronavirus.

Par ailleurs, il me paraît inconcevable que le virus ne mute pas. Dès cet automne, nous aurons peut-être une nouvelle souche du coronavirus, probablement moins maligne mais beaucoup plus transmissible. Même si nous réussissions l’exploit de mettre au point un vaccin d’ici là, il faudrait se tenir prêt à revoir les protocoles pour l’adapter à la mutation du virus.

Nos systèmes de santé vont devoir s’adapter pour tenir sur le long terme, car le Covid-19 va être une maladie supplémentaire à prendre en charge, et c’est en cela que les effets du coronavirus vont « se ressentir pour les décennies à venir ». Il faudra peut-être créer des secteurs à part entière pour traiter les cas graves de Covid-19 ; des infectiologues vont se spécialiser encore plus.

L’analogie qui me semble être la plus intéressante pour tenter de prévoir l’évolution du coronavirus est celle avec le virus de la grippe. Nous vivons avec cette maladie saisonnière, nous nous y sommes « habitués » et elle n’est plus traitée comme une maladie d’importance primordiale, même si elle fait toujours beaucoup de morts. Nous parvenons à contenir les épidémies parce que nous avons mis en place une stratégie de vaccination et qu’il y a des structures de surveillance à l’échelle internationale.

Tout cela n’existe pas encore pour le Covid-19. Or, on ne peut avoir des différences de définition de cas d’un État à l’autre. Il va falloir que les gouvernements adoptent une stratégie commune, que l’on soit au Mexique ou en France, car tous les pays luttent contre le même virus.

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