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Publié par La Tribune Franco-Rwandaise

Michelle Bachelet à Kinshasa, le 27/01/2020 lors d’une visite de travail en RDC. Radio Okapi/Photo John Bompengo

Michelle Bachelet à Kinshasa, le 27/01/2020 lors d’une visite de travail en RDC. Radio Okapi/Photo John Bompengo

La cheffe des droits de l’homme de l’ONU, Michelle Bachelet, a exprimé ce vendredi sa profonde inquiétude concernant les récentes menaces de mort dirigées contre le Docteur congolais Denis Mukwege, prix Nobel de la paix.

La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a appelé à une action rapide pour enquêter sur les auteurs de ces menaces avant de les traduire en justice. En effet, des intimidations, correspondances haineuses et menaces de mort rythment le quotidien du « réparateur » des femmes violentées. Et la « récente montée alarmante des menaces contre le Dr Mukwege » ont été transmises par les médias sociaux et au cours d’appels téléphoniques adressés à lui et à sa famille.

Ces nouvelles menaces font suite au nouveau plaidoyer du médecin « en faveur de la paix dans l’Est du pays. Le Dr Mukwege propose la création d’un tribunal pénal international pour la République démocratique du Congo (RDC) afin de juger « les graves crimes qui y sont commis contre la population civile ».

Le défenseur congolais des droits de l’homme a déjà reçu des menaces de mort dans le passé. En octobre 2012, il avait même été la cible d’une violente attaque armée, avant d’être exfiltré du pays avec sa famille par les troupes de la Mission de l’ONU en RDC (MONUSCO).

Les services de Mme Bachelet rappellent d’ailleurs qu’il est « une voix forte et constante pour la reddition des comptes des responsables de violences sexuelles ».

« La vie de Dr Mukwege semble être sérieusement menacée »

En fervent défenseur du « Rapport Mapping » de 2010, du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, le Dr Mukwege a documenté des centaines de violations graves des droits de l’homme qui se sont produites dans l’est de la RDC entre 1993 et 2003. Cela a permis d’identifier dans de nombreux cas les groupes et entités considérés comme responsables de ces crimes.

« Sa vie semble être sérieusement menacée », a déclaré la Haut-Commissaire, tout en plaidant pour « une enquête efficace, rapide, approfondie et impartiale sur les menaces dont il a fait l’objet ». Pour les services de Mme Bachelet, il est essentiel que les responsables soient traduits en justice et que la vérité soit connue, à la fois pour protéger la vie du Dr Mukwege.

Cela permettrait de dissuader ceux qui attaquent, menacent ou intimident le personnel médical et les défenseurs des droits de l’homme qui, comme lui, « travaillent pour le bien-être du peuple congolais, souvent dans des circonstances exceptionnellement difficiles ».

A cet égard, la cheffe des droits de l’homme salue « l’engagement public du président Tshisekedi à assurer sa sécurité. Elle espère que Denis Mukwege et son équipe bénéficieront d’une protection complète de la part des autorités congolaises afin que le travail indispensable qu’ils accomplissent jour après jour à l’hôpital de Panzi puisse être garanti.

Le Dr Mukwege, qui a fondé et dirige l’hôpital Panzi à Bukavu, a obtenu le prix Nobel de la paix 2018, pour ses décennies de travail au service de milliers de femmes victimes de violences sexuelles dans l’est de la RDC. Il a également été un fervent défenseur contre l’utilisation du viol comme arme de guerre et pour une protection accrue des femmes.

Toutes les autorités compétentes doivent condamner ouvertement ces menaces

« Le Dr Mukwege est un véritable héros - déterminé, courageux et extrêmement efficace », a affirmé Mme Bachelet. « Pendant des années, il a aidé des milliers de femmes gravement blessées et traumatisées quand il n’y avait personne d’autre pour s’occuper d’elles, et en même temps il a beaucoup œuvré pour faire connaître leur situation et inciter d’autres personnes à essayer de lutter contre l’épidémie incontrôlée de violence sexuelle dans l’est de la RDC ».

Plus largement, la Haut-Commissaire a souligné la nécessité pour toutes les autorités compétentes de condamner ouvertement les menaces. Et, afin de faire face à ce problème sur le long terme, elle a exhorté les autorités congolaises à adopter le projet de loi sur la protection et la réglementation de l’activité des défenseurs des droits de l’homme.

La cheffe des droits de l’homme de l'ONU a également appelé les autorités congolaises à renforcer leurs efforts pour prévenir de nouvelles violations des droits de l’homme et de nouveaux abus dans l’est de la RDC et à prendre des mesures concrètes pour mettre en place des processus de justice transitionnelle qui accordent aux milliers de victimes des conflits successifs leurs droits à la justice, à la vérité et aux réparations.

Avec ONU Info.

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