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Publié par La Tribune Franco-Rwandaise

Rwanda :  La terreur intellectuelle ou quand « les savants » autoproclamés refusent d’accepter qu’ils ont été induits en erreur.

Par Charles Bakundakwita

Groupe d'Initiative France-Rwanda (GIFR)

 

Paul Kagame et son « Armée patriotique rwandaise », l’APR, ont trouvé un bouclier à toutes épreuves contre toute forme de dénonciation de leurs crimes : « la terreur intellectuelle ».

 

Souvenez-vous, le 1er octobre 2014, la BBC diffusait un documentaire intitulé « Rwanda’s untold story » mettant la lumière sur la face cachée du drame rwandais. Le récit a dévoilé une partie des crimes de Paul Kagame et de son armée : attentat contre l'avion du président Habyarimana en 1994, massacres au Congo et assassinats politiques de dissidents. Kigali et ses appendices comme l’association « Ibuka » sont montés au créneau pour fustiger une émission négationniste et révisionniste. Le dernier à monter sur la tribune fut l’homme fort de Kigali. Il s’est indigné qu’un média comme la BBC serve d’outil de négation d’un génocide dont lui-même a pressé le détonateur.

Comme toujours, avant lui, la machine de la contre-vérité avait bien été lancée en pare-feu. Cette fois, après Ibuka, on s’est servi de scolaires, d’intellectuels, de journalistes, d’auteurs, de philosophes et que sais-je, de par le monde. Relisez la liste des signataires de la lettre envoyée au Directeur de la BBC.

 

Vous remarquerez bien que chacun de ces éminents cerveaux a, soit écrit, soit témoigné, soit affirmé, soit cautionné, soit défendu quelque chose sur le génocide rwandais. D’aucun, parmi eux, a été décoré par le Rwanda, pour services rendus !

 

Que l’on se lève aujourd’hui pour dire qu’il y ait des choses qui leur ont échappées et que tout ne s’est pas passé comme ils l’ont affirmé est un crime de lèse-majesté. Mettez-vous à leur place. Non seulement ils ont été bernés ou peut-être corrompus pour certains, eux les savants, mais aussi ils ont servi d’instruments pour berner l’humanité entière. Le monde les a suivis pour décréter et condamner. Qui oserait porter une si lourde responsabilité ? Les choses doivent rester comme elles ont été dites, écrites. Un point, un trait.

 

Suite à leurs déductions hautement inspirées, une histoire a été écrite. Qu’importe qu’elle soit entachée d’erreurs. Elle doit être « administrée » comme telle. Sinon quelle honte pour nos savants !

Que certains faiseurs de cette histoire, et pas des moindres comme le général Kayumba Nyamwasa et autre Théogène Rudasingwa, se rétractent pour en éclairer les zones sombres n’y fait rien. Ce sont les « intellectuels » qui l’ont suivi à la télévision et dans les médias qui prétendent en détenir la pure vérité. Le ridicule ne tue pas, dit-on.

« En réalité, un véritable tabou s’est imposé dès 1994. Toute personne osant poser des questions délicates est considérée comme douteuse, négationniste, révisionniste, suspectée d’avoir des sympathies pour le diable. Difficile de prendre initiative de chercher la vérité dans ces conditions. » [1]

 

Il n’y a pas que la BBC qui a été « terrorisée » par les « intellectuels » au service de Paul Kagame pour avoir osé montrer la réalité du drame rwandais sous un autre angle de vision ou le regarder avec des lunettes moins déformantes. Plus récemment, la journaliste d’investigation, Judi Rever qui a publié « In Praise of Blood » a été décriée chez-elle au Canada, aux Etats Unis et en Europe par ces « intellectuels » qui la traitent de négationniste.

 

Le mois dernier, alors qu’elle s’apprêtait à animer des conférences dans des universités néerlandophones de Belgique, un parterre d’intellectuels a adressé une lettre officielle à ces universités leur demandant de ne pas la laisser s’exprimer dans leurs locaux. Sous la pression, un éditeur a refusé de publier son livre dans sa version française. Vous ne rêvez pas, nous sommes en Europe occidentale !

Bien avant Judi Rever, Pierre Péan et Charles Onana, autres journalistes  d’investigation, avaient subi les foudres de la colère de Kigali et ses intellectuels protecteurs à cause de leurs livres mettant en doute la véracité de l’histoire sur le drame rwandais imposée par Paul Kagame et ses thuriféraires. Contre eux, Kigali a intenté des procès de diffamation/négation qu’il a perdus. C’est sans doute pour éviter cette humiliation que la stratégie de la « terreur intellectuelle » a été adoptée comme arme d’attaque et comme bouclier inusables. A leur tour, ces intellectuels bridés évitent la justice et préfèrent intimider la communauté internationale, suffisamment culpabilisée pour son inaction lors du génocide de 1994, en lançant des pétitions. Cette façon de faire est, en quelque sorte, un aveu de la fausseté de leur entreprise.

L’homme fort de Kigali peut dormir sur ces deux oreilles. Son véritable rôle dans la tragédie rwandaise ne sera jamais dit. Il est défendu, becs et ongles, par ceux qu’il a induits en erreur ou peut-être corrompus pour servir sa cause. La vérité n’éclatera pas. Elle est couverte d’une chape de plomb étendue et régulièrement renforcée par les nombreux et puissants « savants » qui sont obligés d’agir ainsi de peur de dévoiler leur ignorance à la face du monde.

 

Et pourtant elle tourne, aurait dit un certain Galilée. Un vrai savant, celui-là !

 

Charles Bakundakwita

 

[1] Mauro Sbolgi : Rwanda, la controverse historique 20 ans après.

 

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