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Publié par La Tribune Franco-Rwandaise

LE VRAI SCANDALE DU G7 DE BIARRITZ EST LA PRESENCE DE PAUL KAGAME, PRESIDENT DU RWANDA.
Par Roland HUREAUX

Le vrai  scandale de sommet du G7 de Biarritz  est qu’on y ait invité Paul Kagame, président du Rwanda,  le chef d’Etat qui a  aujourd’hui sur la planète le plus de sang sur les mains.

Pour parler de la lutte contre les inégalités dans le monde ,    il fallait quelques Africains : comme ancien président de l’OUA, Kagame a figuré  parmi les  élus , admis à côtoyer les grands de ce monde . Macron qui n’a jamais caché sa sympathie pour ce personnage,  semble avoir été à l’origine de cette invitation  mais  les six autres chefs d’Etat  ont accepté qu’il soit là .

Est-il   utile de rappeler les faits amplement documentés par de  grands journalistes  comme Pierre Péan que nous venons de perdre  ou la canadienne Judi Rever et  que ne contestent que quelques naïfs victimes de la propagande  de Kagame ?  L’ethnie tutsi  (8% de la population au départ ),  chassée du pouvoir qu’elle détenait depuis le Moyen Age  en 1962   par la règle démocratique au bénéfice de la  majorité hutu , tente de le  reprendre, sous la conduite de Kagame à la tête d’une armée d’émigrés qui  envahit le pays en 1990.   Massacrant  tour de bras le Hutus , elle s’ approche de la  capitale en 1994 au moment où le président hutu du Rwanda ( et celui du Burundi  voisin), est victime d’un attentat contre  son avion  le 6 avril , dont personne de sérieux ne  doute aujourd’hui qu’il ait  été  organisé par Kagame lui-même. Affolés,  les Hutus se mettent à massacrer à tour de bras  plusieurs centaines de milliers de Tutsis non émigrés ( ce que Kagame avait  certainement prévu,  ce massacre lui permettant  de légitimer sa prise de pouvoir minoritaire  aux yeux d’une opinion mondiale  qui n’ a pas marché,  mais couru )  . Arrivé au pouvoir Kagame a entrepris en 1997 une chasse aux Hutus réfugiés au Congo voisin qui a fait , elle, plusieurs  millions de victimes  , hutus ou congolais. Le nouveau Prix Nobel de la paix, le Dr Denis Mukwege , congolais, qui  soignait  les femmes victimes de la soldatesque de Kagame,  a rappelé récemment ces faits.

Kagame a pourtant réussi à  imposer  au monde une version tronquée   qui  ne  retient que le massacre des Tutsis et occulte celui des Hutus qui a fait environ dix fois plus de victimes.   

C’est pourquoi  on peut dire au total que  Kagame  a tué  plus de gens que Pol Pot.  Inviter Pol Pot à un sommet du G7 en 1977 n’aurait pas été plus scandaleux  que d’inviter Kagame à Biarritz. Que Kagame soit néanmoins reçu partout  comme un homme honorable  jette un éclairage singulier sur notre temps, de plus en plus orwellien.

D’un élitisme à l’autre

Le plus cocasse est que la philosophie inavouée mais évidente  de Kagame est qu’une ethnie  minoritaire, les Tutsis,  qui se tient pour  une élite  plus intelligente  que les autres, a  le droit de gouverner une majorité jugée plus bornée, les Hutus, quitte à massacrer plusieurs  millions de ceux-ci  et à manipuler l’opinion mondiale pour y parvenir.  Est-ce en raison de cet élitisme que le monde anglo-saxon a soutenu dans son ensemble Kagame alors que la France  de Mitterrand, égalitaire,  appuyait  la majorité hutu  -  mais pas assez  pour arrêter  Kagame ?  Il faudrait le demander à Emmanuel Todd.

La présence de Kagame  à un sommet comme le G7   n’est pourtant pas autant qu’on pourrait le croire une incongruité : elle  est  cohérente avec le caractère mondialiste du sommet : sauf Trump, les autres participants , Macron en tête,  sont partisans de la mondialisation, dont l’aboutissement est à terme , par un effet de vases communicants,    d’aligner la richesse des riches de tous les pays sur celle des plus riches du monde et la pauvreté des pauvres de tous  les pays, Européens en tête,  sur celle des plus pauvres du monde,  bref d’accroitre massivement  les inégalités : dans univers ouvert aux quatre vents  , les forts se débrouilleront toujours mieux  que les faibles.

Cette conception darwinienne  ( ou nietzschéenne comme on voudra) est à peine dissimulée  dans les sommets des officines  qui prétendent régir le nouveau monde : Trilatérale, Bilderberg  ,  dont le président français est le poulain.

Elle  n’est pas dissimulée du tout par un ami de Macron,   conférencier à Polytechnique[1],    qui affirme tout de go que les Gilets jaunes représentent la classe moyenne inférieure et les gens du peuple   en voie de déclassement,  que l’intelligence artificielle et l’amélioration de l’humanité par le transhumanisme rendront  bientôt inutiles. La révolte des Gilets jaunes,  présents aux portes de Biarritz, est selon  lui  la  réaction désespérée   de gens peu intelligents (  on voit que ce monsieur   qui croit l’être n’est jamais  allé discuter avec eux  sur les  ronds-points ! ), aux abois, que la mondialisation va inéluctablement  réduire à la misère :  « Dans un capitalisme de la  connaissance, les gens malins ont plus de pouvoir et de revenu  que les gens moins malins » .

Comme  toute idéologie étant  menteuse, le mondialisme inclus, le communiqué de l’Elysée place cette rencontre sous le signe de l’article 1 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen  «  les homme naissent libres et égaux en droits », exactement le  contraire de ce que pensent les dirigeants réunis à Biarritz et naturellement leur invité vedette Kagame. 

 

 Roland HUREAUX

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