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Publié par La Tribune Franco-Rwandaise

Biarritz s’apprête à accueillir le sommet mondial du G7.

La Croix

La station balnéaire basque se prépare à un sommet ultra-sécurisé, plus préoccupée de l’impact sur sa vie quotidienne que d’éventuels débordements des « anti-G7 ».

  • Simon Barthélémy, 

Biarritz (Pyrénées-Atlantiques)

De notre correspondant régional

« Le G7 est une fenêtre extraordinaire et les Biarrots profiteront de visiteurs avec un gros pouvoir d’achat », positive Ludovic, 56 ans. Dès le 16 août, ce cadre bancaire a récupéré son badge au « centre 3A ». La préfecture des Pyrénées-Atlantiques y délivre ces sésames aux personnes résidant ou travaillant dans le centre-ville de Biarritz.

Du 23 au 26 août, seuls les titulaires de ces autorisations – 26 000 prévues, délivrées aux résidents, salariés et touristes sur présentation de justificatifs – pourront accéder à la zone rouge – autour du casino et de l’Hôtel du palais où se tiendra le G7 –, ou à la zone bleue qui l’entoure, soit le quart de la superficie de la ville.

Pour Ludovic, ces mesures ne gêneront que les touristes de passage. Mais son point de vue est isolé parmi les personnes rencontrées dans la ville. Choisir une station balnéaire en août pour un tel événement est « un contresens total », enrage Eugénie, 26 ans. Employée d’une conciergerie de logements Airbnb, elle a en main une grappe de badges destinés à ses hôtes : « Trois personnes ont déjà annulé sur une vingtaine attendue. Trop contraignant. Pour circuler et accompagner les gens dans leurs visites, ça va être l’enfer. »

La zone rouge sera totalement interdite aux voitures, l’aéroport et la gare de Biarritz bouclés, comme la gare de Bayonne. Des milliers de policiers et de militaires patrouilleront aux alentours.

« Biarritz est sanctuarisée, mais ce ne sera pas un camp retranché, rassure son maire (MoDem), Michel Veunac. Les dates ne sont pas idéales, mais nous avons essayé de minimiser les inconvénients, en réduisant la taille et la durée du dispositif à quatre jours. » L’élu met surtout en avant les retombées économiques : « Des sociétés locales ont eu les marchés de prestations de services et de sous-traitance – hôtesses d’accueil, traiteurs… 200 vélos à hydrogène de l’entreprise biarrote Pragma Industries ont aussi été achetés pour circuler en ville. » Et d’ajouter : « C’est notre vocation de ville touristique d’accueillir de grands événements. »

Pas suffisant pour convaincre Étienne, 35 ans, gérant d’un restaurant dans la zone bleue. « 10 % de notre chiffre d’affaires annuel se fait cette semaine-là ! On n’aura jamais autant de monde. » « Donald Trump et Matteo Salvini ne vont pas venir s’acheter des cartes postales !, ironise de son côté Quentin, vendeur dans une boutique de souvenirs. La saison est concentrée sur six semaines, le G7 coupe l’élan du mois d’août. »Pour nombre de commerçants, l’affluence au G7 (5 000 délégués, personnels techniques et journalistes) ne suffira pas, loin s’en faut, à compenser celle du mois d’août à Biarritz. Étienne, d’ailleurs, ne compte guère sur les indemnités promises par l’État et la mairie à ceux qui prouveront une baisse de leur activité.

Ces conséquences font passer au second plan la crainte de débordements des anti-G7. Alors même que durant sa visite préparatoire, en mai 2019, Emmanuel Macron avait prévenu : « Il y a d’ores et déjà plusieurs groupes violents, français et européens, qui se sont donné rendez-vous comme c’est malheureusement maintenant à chaque fois le cas, lors des G7 et des G20. » Le chef de l’État avait alors souligné que la sécurité serait « un enjeu majeur pour la réussite de l’événement ».

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