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TFR - LA TRIBUNE FRANCO-RWANDAISE

Actualités, opinions, études, analyses, diplomatie et géopolitique de la Région des Grands lacs.

Louise Mushikiwabo à l'OIF ? Le calcul d'Emmanuel Macron

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CESAR 08/10/2018 23:49

Le calcul de Macron est voué à l'échec cuisant. Le Président Chirac a offert la présidence de la BAD et le poste de Directeur Général Adjoint de l'OMC, le tout dans l'unique dessein de cajoler Kagame. Le même Chirac, au nom de son pays, n'a pas demandé au Conseil de sécurité dont la France est membre aux fins de création d'une commission d'enquête sur les assassinats de ces citoyens à Kagali, les 6 et 8 avril 1994, au total, six victimes qui ont laissé les veuves et orphelins, alors qu'il a demandé et obtenu la création d'une commission d'enquête sur l'assassinat de l'ex-premier ministre libanais qui n'était plus en fonction, le tout dans l'unique dessein de cajoler Kagame.Or, ses conseillers ne savaient pas que l'on ne cajole pas Kagame et celui-ci déteste que l'on cajole.
Ce n'a pas empêché Kagame d'humilier publiquement les représentants de l'Etat Français qui ont quitté le Rwanda comme des voleurs. Le monde entier a vu l'image de Kagame humiliant publiquement le Ministre de la Coopération Muselier alors que c'était lui qui l'avait invité pour participer à la commémoration annuelle du génocide dit des Tutsi depuis 2008. Par ailleurs, le même Kagame a rejeté deux fois les accréditations des ambassadeurs nommés par les Présidents Sarkozy et Hollande. Il convient de préciser que Sarkozy a qualifié Kagame d'ami et lui a publiquement de lui envoyer tous les génocidaires Hutu résidant en France. Résultat: un fiasco total.
Que de mande Kagame à la France? Il demande la destruction légale des mandats d'arrêt internationaux qui frappent les présumés assassins de six citoyens français et par ricochet du Président Habyarimana. C'est une condition sine qua none pour que Kagame normalise ses relations avec la France. A défaut, sa position à l'égard de la France et ses dirigeants restera inchangée.
Macron a imploré Kagame pour qu'il donne son accord à candidature de Mushikiwabo à la tête de l'OIF, candidature dont il est créateur en chef. Par la courtoisie, il a donné son accord. Devant des millions de Rwandais, Kagame, comme d'habitude, a été limpide: c'est le président Macron qui est l'auteur de cette candidature et il ne demandera rien à la France. Lors de l'entretien avec Jeune Afrique, la Voix de Kagame et son régime en France, Mushikiwabo a confirmé les affirmations de son patron.Contrairement aux affirmations du ministre français en charge de la Coopération et de la Francophonie, Kagame ne s'est jamais engagé à restaurer la place du français au Rwanda, le positionner au second rang après le Kinyarwanda. Dès lors que ce n'est pas lui qui l'auteur de cette candidature, soutenir que le Président Kagame s'est engager à faire ceci, cela, constitue un mensonge flagrant, regrettable pour un Ministre français.
La question posée est de savoir si macron répondra favorablement à la demandé de Kagame. Dans le cas contraire, que fera-t-il quand Kagame réagira comme il l'a fait sous Chirac, Sarkozy et Hollande?
L'OIF a des valeurs que tout Etat membres doit respecter. Ces valeurs sont portées par le Secrétaire Général. Ces valeurs sont le respect des droits de l'homme, la démocratie et les toutes les règles y afférentes notamment. Or, alors que Macron prétend qu'il a récompense Kagame en raison de la bonne gestion imaginaire de son pays. Par ses menaces contre Ingabire, Kagame dit à Macron qu'il a libéré Ingabire et autres prisonniers ( souffrant de grosses pathologies et coûtent conséquemment à l'Etat Rwandais), c'est parce qu'il est à la fois loi, justice et juge et qu'il a alors le pouvoir de renvoyer Ingabire. Aussi, Nº68/2018 du 30/08/2018
Loi déterminant les infractions et les peines en général, articles 233 et 236 du nouveau code pénal
est liberticide. Cette loi est promulguée quelques jours avant le positionnement de sa ministre à la t^te de l'OIF par le Président Français. Kagame entend dire à Macron que son acte est inopérant sur la gestion du Rwanda. Son régime est et reste un régime dictatorial. Pour montrer un prétendu effet de l'agissement en faveur de Kagame, le ministre français Lemoyne a, sans vergogne que Kagame a libéré les prisonniers politiques dont la plus connue est Ingabire. Or, en réalité, Kagame na libéré aucun prisonnier politique. Le plus ancien prisonniers politique, Docteur Niyitegeka Théoneste, candidatat à l'élection présidentielle en 2003 croupit dans les geôles de Kagame. Il en est de même de Déo Mushayidi. Il en prison depuis le 5 mars 2010. La libération d'Ingabire est une mise en scène pour prétendument montrer aux ignorants que la loi et la justice dans son pays ont un sens. Des millions de Rwandais que Kagame a libérés souffrent de pathologies sérieuses et coûtent conséquemment cher à l'Etat. Leur espérance de vie étant courte, il fallait les libérer. S'ils meurent chez, personne ne dira que c'est en raison de leurs conditions de détentions extrêmement dures.
Par ailleurs, tous les dirigeants des FDU restent en prison. Si Kagame était conséquent avec lui-même et prétend être pourvu d'humanité élémentaire, il aurait remis les restes des centaines de disparus (dont Madame Iragena, la Voix des enfants de rue appelés déchets par Kagame) à leurs familles pour qu'ils puissent les inhumer dignement et observer le deuil. Il est regrettable et incompréhensible qu'un Président Français ait récompensé un dictateur sanguinaire et que son ministre ait affirmé sur RFI que Kagame mérite cette récompense et évoqué maladroitement et pitoyablement la libération des soi-disant prisonniers politiques dont il a été incapable de citer un sauf Ingabire Umuhoza, sachant que celle-ci est en liberté conditionnelle et ne dispose donc pas de libertés d'aller et venir, prévues par notre constitution. Dès lors que Kagame n'a rien demandé à la France, qu'il ne demandera rien et qu'il l'a prouvé, il me semble judicieux de centrer les commentaires sur l'agissement du Président Macron et non sur la candidature de Mushikiwabo.
Si Macron l'a fait pour tenter de faire positionner utilement les entreprises de son pays sur les marchés rwandais, c'est peine perdue. Sauf à s'associer avec le FPR, parti-Etat et société commerciale cotée à la bourse de Kigali, elles n'ont aucune chance.