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Publié par La Tribune Franco-Rwandaise

(The Misleading Role of Human Rights NGOs in International Politics)

Par Jonathan Sigrist

Global Research, Août 08, 2018

https://counterinformation.files.wordpress.com/2018/08/ned-thai-activisits.jpg?w=723

« Avec les invasions militaires et les missionnaires, les ONGs aident à ouvrir des pays comme des noix mûres,  pavant le chemin pour intensifier les vagues d’exploitation et d’extraction. » ~ Stephanie McMillan

Quand les medias rapportent des événements qui se passent dans des pays différents du leur, la nature de l’information qu’ils relayent a tendance à être très différentes de ce qu’ils utiliseraient autrement en rapportant sur des matières domestiques. Bien que la plupart des institutions d’informations les plus importantes ont des correspondants dans des lieux de différentes nations, la plupart d’entre eux se rallient à la même information les mêmes sources dans leurs articles, ce qui peut être très dangereux vu le côté unilatéral. Tout journaliste avec de l’intégrité et du respect pour sa profession devrait mieux savoir et vérifier ses sources convenablement avant de renvoyer l’information chez lui. Des questions comme « de qui ai-je cette information ? sont-elles vraiment impartiales ou ont-elles une déviation politique claire ? qui les finance et quels sont leurs programmes ? »  sont toutes très importantes à demander.

Dans beaucoup de conflits à l’étranger, l’information se fie à des infos venant de diverses ONGs de droits humains. Vu leur statut non gouvernemental et leur focalisation sur les droits humains, leurs rapports sur des matières comme les pertes, les victimes diverses de violence et l’oppression sont rarement remis en question – pourtant, plus souvent que pas, ces ONGs ont des agendas clairs et des positions politiques et auront pris le temps en le gonflant de nouveau, ont mal calculé ou mal rapporté les résultats dans leurs rapports qui plus tard sont utilisés par des établissements politiques à l’étranger pour justifier une interférence, des sanctions ou d’autres formes de pouvoir doux ou fort sur les gouvernements légitimes d’un pays. Trois pays viennent à l’esprit quand il s’agit de rapport malhonnête d’ONGs, ces récentes années : la Syrie, le Nicaragua et le Venezuela. J’ai regardé de plus près qui opère exactement dans ces pays et je pointe leur nature hypocrite quand ils teintent  leurs méfaits  sous le déguisement d’organisations indépendantes humanitaires.

LE NICARAGUA

Le Nicaragua a souffert d’ne manifestation de trois mois contre le gouvernement Ortega qui a débutée après sa politique appliquée qui allait directement à l’encontre de la proposition du FMI d’augmenter l’âge de la retraite et de plus que doubler le montant total des semaines que des travailleurs doivent payer dans le fonds de la pension pour être capables d’accéder aux avantages. En bref, le FMI voulait plus d’austérité, et le gouvernement du Nicaragua a refusé. Alors beaucoup d’anti-Ortega sont descendus dans la rue et ont combattu les forces du gouvernement pendant plusieurs mois sous la forme de protestations, d’émeutes, de blocus, de vandalisme et plus. Inutile de dire, le conflit a infligé des victimes, obligeant les ONGs des droits humains locales de faire ce pourquoi elles ont été créées pour faire et rapporter sur la situation.  

Quand il s’agit du Nicaragua, la plupart des organisations des droits humains sont financées directement par la Fondation nationale pour la démocratie (NED) et contrôlées par le Mouvement pour la Rénovation sandiniste (MRS). Le NED a été décrit par son co-fondateur Allen Weinstein comme le CIA manifeste, ajoutant que « beaucoup de ce qu’on fait aujourd’hui a été fait en cachette, il y a 25 ans par la CIA », une déclaration qui révèle fortement la véritable nature de l’organisation. Toute personne qui n’est même que peu familière avec l’histoire de l’Amérique du Sud ces deux derniers siècles  est conscient que la CIA a joué un rôle énorme  en déstabilisant et en renversant des gouvernements qui s’avéraient aller contre les intérêts US, sous la forme de financer des groupes rebelles atroces qui s’engageaient régulièrement dans des actes de rébellion extrêmement violents et installaient des dictateurs d’extrême-droite qui aideraient à assurer les intérêts US dans les pays riches en ressources de l’Amérique latine par tous les moyens nécessaires – résultant souvent en massacres de masse de leurs propres citoyens, des techniques de torture inhumaines et des taux de « disparitions » alarmants.

LiberationNews.org a compté autant que 56 interventions militaires US rien qu’en Amérique latine. Financé par le NED et suivant les traces de la CIA, le MRS, surtout associé avec l’idéologie d’extrême-droite est anti-Ortega avec ferveur – et bien que soutenu par moins de 2% de l’électorat du Nicaragua, il a lourdement la confiance des medias occidentaux pour l’information concernant la situation locale au Nicaragua.

Le MRS a été fortement financée par le NED jusqu’à une somme de $4,1 millions depuis 2014. Le NED finance aussi des instituts et des organisations associées étroitement avec le MRS, comme l’Institut d’études stratégique et la politique publique (IEEPP). La Commission inter-américaine sur les droits humains (IACHR), créé par l’Organisation des états américains (OAS) (une entité anti-socialiste bien connue basée à Washington) a refusé de rencontrer le gouvernement Ortega, a choisi arbitrairement d’ignorer leurs rapports sur la situation et s’est immédiatement associé au mouvement d’opposition. Ceci a seulement résulté que seulement 10 des 34 pays de l’OAS ont soutenu le rapport élaboré par l’IACHR vu son choix unilatéral et son manque d’intégrité. La NED et l’Agence des Etats-Unis pour le développement (USAID finance aussi la Maison de la liberté, encore une autre ONG supposée soutenir la paix et la démocratie, poussant pourtant à des moyens non-démocratiques de changement de régime. Une autre ONG sur laquelle se rallie fortement la presse dominante est l’Association du Nicaragua pour les droits humains (ANPDH) qui, à l’origine avait été créé par l’Administration Reagan en 1986 comme une ONG ouvertement anti-sandiniste, qui depuis le premier jour a montré son support aux Contras (auxquels Reagan a toujours montré son soutien) malgré leurs crimes bien documentés, leur violence et leur manque de respect pour les droits humains. Elle aussi est financée par le NED. Le ANPDH a travaillé ensemble avec le Centre du Nicaragua pour les droits humains (CENIDH), encore une autre ONG, pour faire campagne pour le retrait du gouvernement sandiniste. Et enfin mais pas le moindre la Commission permanente sur les droits humains (CPDH) fondée en 1977 est étroitement liée aux parties d’extrême- droite et est bien sûr financée par le NED.

Toutes ces organisations sont lourdement reliées aux établissements médiatiques occidentaux malgré leurs claires opinions préconçues et leur financement questionnable, étant plus souvent que pas les seules sources citées dans des articles d’information qui dépeignent le gouvernement Ortega comme sauvagement dictatorial. D’autres organisations de  droits humains comme Amnistie International et Human Rights Watch s’appuient  sur les rapports faits par ces ONGs locales exactement de la même façon que les medias – et ainsi fait le Congrès US. Un exemple de cette distorsion peut être vu dans les rapports faits par CENIDH, CIDH et ANPDH qui ont montré qu’ils ont augmenté trop fort le nombre de morts attribués au gouvernement Ortega opposés à ceux infligés par l’opposition. Leurs rapports racontent que près de 300 ont été causés par les forces du gouvernement Ortega – des nombres ensuite introduits au Congrès par des dirigeants politiques pour justifier plus d’intervention au Nicaragua. Pourtant, un journaliste indépendant et chercheur du Nicaragua Enrique Hendrix a regardé les rapports et a sifflé l’alerte sur les livres de cuisine dans son nouveau rapport nommé « Monopoliser la mort ». Sans surprise, le rapport montre qu’autant de personnes ont été tuées par l’opposition que par les forces du gouvernement (voir la carte ci-dessous). Il explique comment les techniques utilisées par ces trois ONGs ont été faussées et fallacieuses volontairement pour montrer une image pire de la situation, tout en attirant tout le blâme sur le gouvernement. Il condamne aussi la Commission inter-américaine sur les droits humains pour ses claires opinions préconçues et son refus de même considérer les données de l’investigation officielle du Nicaragua. Se référant au ANPDH, il déclare :

« Il est impossible de vérifier dans tant d cas s’ils racontent même la vérité (…) on pourrait même voir une plus grande manipulation que ce qu’on sait. »

https://www.globalresearch.ca/wp-content/uploads/2018/08/monopolizing-death.png

Du rapport “Monopoliser la mort” par Enrique Hendrix

Le Venezuela

Madaya: Ingénieur occidental, « Un autre media “humanitaire” canular en Syrie »

La situation au Venezuela est très similaire à celle au Nicaragua quand il s’agit de rapporter honnêtement, comme beaucoup d’ONG ici reçoivent aussi un financement direct de la Fondation nationale pour la démocratie, l’Agence pour le développement international (AID), le Service d’information des Etats-Unis (USIS) et l’Institut international républicain (IRI)

Le nombre d’ONGs au Venezuela avait atteint un sommet au moment où Chavez était venu au pouvoir en 1998, pour la première fois atteignant des nombres ( ??? in the triple digits). Malgré la grande popularité comme dirigeant de la Révolution bolivarienne et de sa prouesse de sortir les Vénézuéliens de la pauvreté, 55 ONGs vénézuéliennes  se sont rencontrées à Miami en 2012 pour une conférence l’accusant de crimes contre l’humanité et insistant pour qu’il soit jugé par le Tribunal de La Haye.

En revenant à 2007, l’Office des initiatives de transition (OTI), créée par l’USAID, avait investit +/- $30 millions de dollars sous la forme de 139 subventions super à deux douzaines d’ONG vénézuéliennes travaillant contre le gouvernement Chavez. L’OGN vénézuélienne Sumate fondée par le NED et d’autres intérêts vénézuéliens privés se présenta elle-même comme un moniteur impartial d’élection, a montré ses véritables couleurs anti-Chavez mais est souvent utilisé par les medias pour rapporté sur la ( ??? nonetheless) vénézuélienne. Elle a été accusée d’être un groupe d’opposition masqué comme une OMG de droits humains, soutenant, par exemple, le coup d’état tenté en 2002 contre Hugo Chavez élu démocratiquement. Beaucoup des mêmes ONGs localisées au Nicaragua opèrent aussi au Venezuela comme la Commission inter-américaine sur les droits humains.

Une ONG qui requière une attention spéciale (rapportant  aussi sur la situation au Venezuela) est Human Rights Watch (HRW) à cause de sa popularité et sa reconnaissance générale, utilisé très souvent comme une source et un appareil de mesure du un niveau général de démocratie, de liberté et de respect d’un pays pour les droits humains. Pourtant plus souvent que pas, le HRW garde un œil aveugle sur les actions illégales des US dans les pays étrangers, ce qui peut être expliqué par ses liens très proches avec Washington. L’ancien directeur du HRW, Tom Malinowski avait été un assistant spécial pour le Président Bill Clinton et il a travaillé pour Madeline Albright comme rédacteur de discours pendant son temps de Secrétaire d’Etat ainsi que pour le Secrétaire  d’état Warren Christopher avant de se joindre au HRW. Madeline Albright est connue pour son mépris complet pour les droits humains, quand elle a mentionné fameusement que la mort de 500.000 enfants irakiens résultant des sanctions US imposées à l’Irak le « valait ». Le Conseil d’administration du HRW est aussi rempli d’anciennes autorités de la CIA, du NED, de directeurs, de consultants pour des entreprises US majeures, actives dans des pays étrangers (comme ExxonMobil, Chevron et Boeing) et des banquiers de Wall Street. HRW a déclaré en 2013 que le Venezuela était impropre à servir au Conseil de droits humains de l’ONU, tout en restant silencieux pendant les nombreuses tentatives de coups d’état par les US au Venezuela, au Honduras, à Haïti et au Guatemala.

Greg Grandin, un professeur d’histoire à l’Université de New York, a nommé l’HRW « l’adjoint de Washington » dans un article dans The Nation, dénonçant les liens très étroits des établissements politiques US et l’alignement sur la politique étrangère US.

La Syrie

La Syrie est un petit peu dans une situation politique différente vu qu’elle a été ravagée par une guerre civile dévastatrice pendant de nombreuses années maintenant. Sur le terrain, rapporter en Syrie est difficile, ce qui est une des raisons pourquoi l’ONU a cessé complétement d’essayer de connaître le taux actuel de tués. Quand il rapporte sur la Syrie, le Human Rights Watch obtient généralement ses nombres du Réseau syrien pour les droits humains (SNHR) (qui est généralement une des sources les plus citées dans les medias aussi) Leur méthodologie pour la manière qu’il documente les morts dans le conflit syrien a été critiqué pour n’avoir pas de vérification, se fiant seulement de première main aux rapports d’activistes en Syrie. Plus souvent qu’eux, ils choisissent d’attribuer les morts aux forces du gouvernement d’Assad, bien que ce soit complétement non vérifié. Connaissant les altérations du HRW, il n’est pas surprenant qu’il se fie à une telle organisation pour ses statistiques.

Comme l’IACHR au Nicaragua, le SNHR refuse complétement de reconnaître ou d’accepter tout rapport ou information provenant du gouvernement ou des medias d’état. Même si un scepticisme est bien sûr nécessaire quand on reçoit des informations d’un gouvernement avec un programme clair, une négation totale de ces récits qui pourraient être aussi légitimes  que tout autre récit, se présente comme une information   ( ??? cherry-picked) et donc sujet à caution. Certains des principaux activistes fournissant de l’information au SNHR sont les Casques blancs appelés officiellement Défense civile syrienne (SCD), qui ont été fortement critiqués (surtout des medias internet en marge) et des journalistes d’investigation rapportant sur la Syrie pour leurs liens très étroits avec Al-Nusra (connu aussi en Syrie comme al-Qaeda) et l’ISIS – bien qu’ils aient été complétement blanchis par les medias occidentaux dominants comme des héros luttant de manière altruiste pour les droits humains en Syrie. Les Casques blancs sont surtout financés par des nations occidentales y compris les US et beaucoup de pays de l’UE et de l’OTAN, et sont donc loin d’être impartiaux. Ils ont été pris dans des séquences fabriquées de leurs missions de secours héroïques plus qu’une fois et ont été fortement critiqués par des Syriens locaux de n’être rien d’autre que des terroristes déguisés en combattants de la liberté.

https://www.globalresearch.ca/wp-content/uploads/2018/08/white-helmets-syria.png

Images montrant des Casques blancs “nettoyant” après une exécution Al Nusra à Alep datée du 5/5/2015

Une autre ONG active en Syrie et fortement reprise par les media est l’Observatoire syrien des droits humains (SOHR) créé par l’ex- détenu Osama Ali Suleiman (connu aussi sous le nom de scène comme Rami Abdulrhman) vivant actuellement en Angleterre. Il est un membre auto-déclaré de l’opposition syrienne, et a un jour déclaré :

« Je suis venu en Grande Bretagne, le jour où Hafez al-Assad est mort, et j’y retournerai quand Bashar al-Assad s’en va. »

Le New York Times a rapporté que le SOHR est partialement financé par des pays de l’UE dont il ne révélera pas le nom au public, même si ses liens  avec le gouvernement du RU sont très évidents (encore un autre pays de l’OTAN luttant contre Assad en Syrie). Les rapports réunis par le SOHR sont pourtant loin d’être impartiaux tout comme ceux du SNHR. Ils ont un programme clair qui est de diffamer et d’augmenter les victimes du régime d’Assad tout en limitant le rôle des rebelles dit « modérés » financés par l’Occident.

Conclusion

Dans beaucoup de telles situations, comme on l’a vu dans le cas du Nicaragua, du Venezuela et de la Syrie, l’information qu’on transmet sur une base quotidienne alors qu’on essaie de comprendre ce qui se passe dans des pays lointains, est plus souvent que pas profondément détournée. Se cachant derrière des étiquettes de « droits humains », de « démocratie » ou de « liberté », beaucoup des ONGs les plus importantes qui opèrent dans des pays étrangers se distinguent en ayant un message clair et des programmes qu’ils veulent montrer au monde. Ils le font en détournant la vérité afin que cela colle à leur récit. Ce qui rend la situation pire, est que les rapports et les données venant de ces ONGs clairement biaisées sont aussi utilisés pour prendre des décisions sur la politique étrangère de beaucoup de nations occidentales. Ils sont utilisés pour justifier une interférence, des sanctions et même une intervention militaire. Pourtant ils ne sont pas des sources d’information fiables et ne montrent pas une image claire et impartiale sur ce qui se passe sur le terrain dans des pays qui souffrent déjà à cause du chaos politique. Malheureusement, ces ONGs sont utilisées  jour après jour par toutes les émissions dominantes d’information et des journalistes qui refusent de prendre le temps pour même vérifier la nature de leurs sources, et donc finissent par promulguer ce qui ne pourrait être décrit que comme des « fake news » incomplètes et trompeuses.

Jonathan Sigrist est un étudiant de l’Université de Tromso en Norvège du Nord, étudiant actuellement la géopolitique environnementale, les relations culturelles et économiques entre les nations arctiques (Les US, le Canada, la Russie, la Norvège, la Finlande, la Suède, le Danemark/Groenland et l’Islande) ainsi que le futur du rôle arctique dans la politique globale. Il a vécu au Danemark, en Suède, en Finlande et en France et est un observateur fervent et un critique de la politique étrangère US.

Featured image is from New Eastern Outlook.

The original source of this article is Global Research

Copyright © Jonathan Sigrist, Global Research, 2018

https://www.globalresearch.ca/the-misleading-role-of-human-rights-ngos-in-international-politics/5649974


 


 

 

 


 

 

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