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Publié par La Tribune Franco-Rwandaise

Par Alain Cibaronza

Rédacteur en Chef de la Tribune Franco-Rwandaise

Louise Mushikiwabo a fait sien le slogan "NTA MPONGANO Y'UMWANZI" - "PAS DE PITIÉ POUR L'ENNEMI" claironné par les miliciens Interahamwe pendant le génocide de 1994

Dans la nuit du 31 décembre 2013 au 1er janvier 2014, le Colonel Patrick Karegeya, ancien colonel de l'armée du Front Patriotique Rwandais, était assassiné à Johannesbourg, Afrique du Sud.

Les enquêtes diligentées par la justice sud-africaine ont conclu que l'ancien responsable des services de renseignements extérieurs rwandais passé dans l'opposition au régime avait été exécuté par un escadron de la mort envoyé par le président Paul Kagame lui-même.

Pour justifier cet assassinat, le dictateur rwandais déclara, à l'adresse de tous ceux qui oseraient s'opposer à son pouvoir : "Whoever betrays the country will pay the price, will face negative consequences" - "Quiconque trahit le pays en paiera le prix et fera face à des conséquences négatives", menaça-t-il publiquement, sous les applaudissements de ses ministres.

Quelques jours plus tard, dans un entretien avec un journaliste de la télévision Al Jazeera, sa ministre des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, renchérit en disant que quiconque s'attaquera à son pays subira le même sort que Patrick Karegeya. "Let me, again, put it this way : I don't know anybody who betrays a country that gets rewarded" - "Laissez-moi le dire en ces termes: je ne connais personne qui est récompensé pour avoir trahi son pays". Et de poursuivre : "Lorsque quelqu'un menace la sécurité de mon pays, il aura le châtiment qu'il mérite. Patrick Karegeya s'est allié avec des miliciens qui attaquent et lancent des grenades au Rwanda...... Pourquoi ne célébrerais-je pas  la mort de mes ennemis et de ces personnes qui lancent des grenades?......"

Madame Louise Mushikiwabo oublie-t-elle qu'au cours du génocide de 1994, sa propre mère, son frère Lando, plusieurs autres de ses parents proches, ainsi que des centaines de milliers de Rwandais ont été victimes de cette logique extrajudiciaire qui condamnait à mort tous ceux qui étaient considérés, selon le cas comme complices (IBYITSO) du FPR dit Tutsi d'une part, ou favorables au gouvernement dit Hutu d'autre part?

Si Louise Mushikiwabo devait passer devant un jury avant sa probable future élection à la tête de l'OIF, que répondrait-elle à ceux qui l'accuseraient d'apologie d'assassinats politiques du fait d'avoir apporté son soutien aveugle aux actes terroristes des escadrons de la mort rwandais qui sévissent dans les pays étrangers, tuant et enlevant qui ils veulent, au nez et à la barbe des services de ces pays?

Les pays membres de l'Organisation Internationale de la Francophonie, au rang desquels la France d'Emmanuel Macron, sont prévenus : sont-ils prêts à porter à la tête de leur organisation une personnalité dont les mains sont souillées du sang d'opposants politiques comme Patrick Karegeya et bien d'autres assassinés dans leur exil par un gouvernement qui a supprimé l'utilisation de la langue française dans les écoles officielles et dans l'administration depuis dix ans?

Ci-après la vidéo contenant l'interview de Louise Mushikiwabo :

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