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Publié par La Tribune Franco-Rwandaise

Le Professeur Filip Reyntjens répond à Claudine Vidal au sujet de l'ouvrage de Judi Rever "IN PRAISE OF BLOOD"

Suite à la sortie de l'ouvrage de Judi Rever, Claudine Vidal a écrit le 6 Juin 2018 dans The Conversation un article  "Judi Rever et la recherche à tout prix d'un deuxième génocide" :

https://theconversation.com/rwanda-judi-rever-et-la-recherche-a-tout-prix-dun-deuxieme-genocide-97508

Une réponse lui a été faite par le Cl Michel Robardey le 12 Juin 2018 : "Rwanda et génocides : l'embarras des chercheurs"

https://blogs.mediapart.fr/michel-robardey/blog/120618/rwanda-et-genocides-l-embarras-des-chercheurs-0

Filip Reyntjens vient de répondre le 23 Juin 2017 dans The Conversation à Claudine Vidal « Un "second génocide » au Rwanda : retour sur un débat complexe" :

https://theconversation.com/un-second-genocide-au-rwanda-retour-sur-un-debat-complexe-98269

Extraits :

"En réalité, Claudine Vidal ne s’exprime pas tant sur le contenu du livre de Judi Rever, mais sur ses objectifs, sa finalité. Elle trouve que l’articulation entre enquêtes et preuves à finalité judiciaire, dans ce livre comme dans d’autres publications, pose problème : il s’agit, dit-elle, d’un « réquisitoire au sens juridique du terme : la description des massacres est conduite de façon à établir la qualification de génocide. »

Avant de revenir sur cette question méthodologique, voyons comment Claudine Vidal aborde le contenu du livre. Elle n’exprime nulle part son désaccord sur les faits. Elle dit même que ceux-ci étaient connus dans leurs grandes lignes et que le livre n’apporte donc pas de révélations, mais recueille de nouveaux éléments. Elle ne dit pas non plus que le livre ne montre pas que le FPR aurait commis un génocide contre les Hutus, même si elle utilise le terme « massacres » lorsqu’il s’agit des crimes dont les Hutus ont été victimes. Enfin, elle ne conteste pas que les crimes du FPR sont restés impunis.

Des nouvelles données fondamentales

Je pense, cependant, que Claudine Vidal sous-estime l’importance des nouvelles données fournies par Judi Rever. Basées sur de nombreux entretiens avec des anciens – y compris des repentis – du FPR, de deux rapports jusqu’ici restés secrets du bureau « Enquêtes spéciales » du Tribunal pénal international sur le Rwanda (TPIR) et d’un nombre important de témoignages assermentés recueillis par le bureau du procureur du TPIR, ces nouvelles données constituent un saut qualitatif et quantitatif de notre connaissance des crimes commis par le FPR.

Surtout, ces données permettent d’avancer la qualification de génocide, alors que la plupart des spécialistes du Rwanda, y compris moi-même, avaient jusqu’à présent rejeté la thèse du double génocide. Or des dizaines de récits très concrets de massacres montrent l’intention de détruire les Hutu, comme tels, ce qui correspond à la définition de la Convention sur le génocide. Un indicateur très fort de cette intention est la séparation de Hutus et de Tutsis, souvent avec l’aide de civils tutsis, après quoi les Hutus sont tués et les Tutsis épargnés.

.../...

En 1994, tant Claudine Vidal que moi-même, ainsi que de nombreux autres, avons qualifié de génocide les crimes dont les Tutsis venaient d’être victimes, et cela avant la première enquête judiciaire, et a fortiori des poursuites et des condamnations judiciaires. C’était notre droit et notre devoir. Pourquoi Judi Rever n’aurait-t-elle pas aujourd’hui ce même droit et ce même devoir ?

Je termine sur la question posée par Claudine Vidal dans le titre de sa contribution. Je ne vois pas d’indication que Rever aurait voulu « à tout prix » rechercher un deuxième génocide. Voyant sa démarche, qui s’étale sur une vingtaine d’années, j’ai plutôt l’impression que la possibilité que le FPR ait commis un génocide est venue se préciser, pour enfin être confirmée. Des éléments contingents, et surtout l’accès à de nombreux documents confidentiels du TPIR, ont contribué à autoriser ce constat. Mais rien n’indique que Rever est partie de l’hypothèse d’un génocide et que toute sa recherche ait été orientée dans le sens de prouver cette hypothèse.

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CESAR 29/06/2018 00:17

Sur le drame rwandais, Claudine Vidal comme d'autres chercheurs se sont précipités dans les affirmations parcellaires, contradictoires voire erronées. Le point commun de ces chercheurs, experts en génocide dit des Batutsi: omission volontaire de la précision chronologique des faits à savoir les crimes qui ont été commis au Rwanda contre les Rwandais dont les Batutsi et la situation contextuelle dans laquelle ces crimes ont été commis. Pour eux, les Rwandais sont les Batutsi. Par conséquent, les crimes qui ont été commis contre les Rwandais sont exclusivement les crimes qui ont été commis contre les Batutsi.
Judi Rever remet corriges les énormités volontaires de ces chercheurs dont Professeur Reintjens, Vidal et autres.

Je pose la question au Professeur Reintjens.

Sous peine de mauvaise foi, il n'est pas à prouver que ce sont les Batutsi qui les premiers ont déclenché la guerre contre le Rwanda et corrélativement les Hutu, leurs amis et voisins aux seules fins de s'emparer du pourvoir par la force et mettre en place un nouveau régime avec de nouvelles institutions et une nouvelle armée au Rwanda.
Il n'est pas à prouver que ce sont les mêmes Batutsi qui les premiers ont commencé les massacres contre les Hutu, femmes, enfants et homme de tous âges et conditions sur l'ensemble du Rwanda.
Il n'est pas à prouver que ce sont les mêmes Batutsi qui ont décapité l'Etat Rwandais: assassinats des dirigeants de l'opposition, du président Habyarimana, des Evêques et des hauts fonctionnaires et que jusqu'à avril 1994, aucun des financiers notoires du FPR n' été inquiété outre mesure par les Hutu.
C'est un fait de notoriété publique que les Bututsi dont les mineurs ont massivement quitté les écoles, universités et leur travail pour s'enrôler massivement dans l'armée du FPR, organisation politico-militaire qui incarne les Batutsi. Ce sont ces Bututsi de l'intérieur qui ont formé le groupe des escadrons de la mort pour liquider les Hutu cibles car les Batutsi venus d'Ouganda et des pays voisins ne savaient pas qui était qui et/ou qui faisait quoi au Rwanda.

Au vu de ces faits dont l'effectivité est établie, Bahutu et Batutsi, 1/ qui a été agresseur, qui a été agressé?2/ Ces agissements des Batutsi allaient rester sans conséquence sur les relations entre les Buhutu et les Batutsi?
3/ Au regard de la définition du mot "VENGEANCE", qui pouvait se venger?
4/ au regard de la définition du mot génocide telle qu'elle est donnée par le droit belge et le droit international, comment les crimes qui ont été commis contre les mêmes Batutsi sont constitutifs de génocide?
Sachant que les crimes qui ont été commis contre les Batutsi et les Bahutu sont des faits établis de sorte que sous peine de nier l'évidence, nul ne peut discuter ou contester leur effectivité.
5/ Quelle est la différence entre un fait pénal et sa qualification juridique?
6/ Le génocide est- il un fait ou c'est le fait qui est constitutif du génocide?