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Publié par La Tribune Franco-Rwandaise

Qui sont les plus grands criminels dans le drame rwandais : ceux qui ont tenté d'empêcher un génocide annoncé en limitant les effets désastreux d'une guerre imposée depuis l'Ouganda, ou ceux qui ont tout fait pour aider - ou laisser faire, ce qui revient au même - la rébellion du sieur Kagamé?

RWANDA : Ce que la France savait …et occulte aujourd’hui.

Les très volumineuses analyses qui paraissent ces jours-ci dans les medias s’interrogent sur ce que la France savait du génocide annoncé puis perpétré au Rwanda en 1994. Ce travail aurait pu être intéressant s’il ne tombait dans le travers d’un manichéisme stupide à moins qu’il soit pervers.

Même si on ne s’interroge pas sur le timing d’une telle série de publications, à l’ampleur inhabituelle pour un sujet vieux de vingt-quatre ans, on ne peut que constater que la pratique systématique de l’investigation asymétrique révèle pour ce quotidien qui fut jadis un grand journal respecté, non pas une réelle volonté d’informer mais bien plutôt le souci d’imposer une vérité plus que contestable.

A l’évidence, le Monde et ceux qui se prêtent à son petit jeu, visent à peser sur une décision judiciaire très attendue. On sait en effet que les magistrats ont déclaré close leur instruction sur l’attentat qui, assassinant deux chefs d’état africain et leur suite, a déclenché le génocide rwandais de 1994. On attend une éventuelle décision de renvoi devant la Cour d’Assises de ceux qui, preuves à l’appui et depuis de longues années sont mis en examen dans cette affaire. Certains rêvent toujours cependant d’un non-lieu qui ne pourrait intervenir, au vu de la réalité du dossier, que sous l’effet d’un diktat politique ridiculisant l’institution judiciaire et avec elle, la France toute entière. On pourrait aussi observer, en passant, si cela n’était pas négligeable aux yeux du Monde, que cet attentat a non seulement dégagé la route du pouvoir pour monsieur Kagame mais lui a aussi offert sur un plateau le Zaïre et surtout le Kivu qu’il pille allégrement depuis plus de vingt ans.

Et bien entendu, tout cela : c’est-à-dire les centaines de milliers de morts rwandais, les millions de morts congolais, les autres morts en plus petit nombre, et qu’il est d’ailleurs inutile de compter puisque seuls comptent les morts tutsi …c’est la faute de la France ! Et pour mieux mettre en cause ses décisions et donc sa responsabilité dans ces crimes atroces, on s’interroge sur ce que la France savait. Enfin, on fait mine de s’interroger. Et on met en avant certaines choses pour mieux occulter les autres, vieille technique d’investigation asymétrique flirtant habilement avec les Fake News et particulièrement efficace dans le drame rwandais depuis 1990 au moins.

Regardons un instant ce que savait la France juste avant le génocide de 1994. Etant sur le terrain de 1990 à 1993, j’y ai vu, entendu, lu et appris un certain nombre de choses. Et si je savais certaines choses, la France à qui j’ai rendu compte comme cela était mon devoir, ne pouvait les ignorer. Et j’ajouterai que si la France les savait, d’autres les savaient inévitablement, même si, comme aujourd’hui le font certains français, ils ont fait mine de l’ignorer.

En octobre 1990, la France savait que le Rwanda, qualifié alors de « Suisse africaine », vivait en paix depuis 1973. Le président Habyarimana y avait la réputation d’être le protecteur des tutsi. La France savait que le HCR avait engagé avec les différentes parties afin de résoudre le problème des réfugiés tutsi souhaitant rentrer au Rwanda après avoir installé Museveni sur le trône de Kampala (où il est toujours). La France savait qu’une visite du HCR était prévue au Rwanda à la fin du mois de septembre 1990.

Mais la France ne sait toujours pas pourquoi n’a pas eu lieu cette visite attendue par le Gouvernement rwandais quelques jours seulement avant l’attaque du 1 octobre 1990. Il faudrait probablement déclassifier les archives du HCR mais personne ne le souhaite, apparemment.

L’attaque du 1 octobre 1990 ayant été déclenchée, la France savait que les troupes ayant franchi la frontière à Kagitumba étaient en uniforme de l’armée ougandaise et que chaque homme portait sur lui sa carte d’identité de l’armée ougandaise.

La France savait aussi, se référant au discours du président Kayibanda de mai 1966 que cette attaque risquait d’entraîner des massacres interethniques et que « les hutu allaient massacrer les tutsi » comme l’a écrit l’attaché de défense français en octobre 1990.

La France a su aussi que les menaces de crimes interethniques évoquées par son attaché de défense s’étaient concrétisées et que quelques milliers d’« ennemis de l’intérieur » étaient enfermés dans le stade de Nyamirambo.

Dès lors que faire ? Laisser faire, comme beaucoup l’ont décidé ? Dans ce cas l’attaque se développerait au nord…les massacres au sud...et on regarderait ? On aurait pu aussi appuyer l’agression comme d’autres ont choisi de le faire avec l’Ouganda, dans l’idée un brin cynique que plus la conquête du pouvoir irait vite, moins nombreuses seraient les victimes. Mais le président MOBUTU a décidé d’intervenir et que, avec l’aide de sa célèbre Division Spéciale Présidentielle, il a bouté les agresseurs hors du Rwanda.

Dans le même temps la France savait que l’armée gouvernementale n’avait plus de munition d’infanterie après la folle nuit du 4 au 5 octobre 1990 et que la Belgique refusait de livrer celles que le Rwanda avait commandées et payées de longue date. Dans le même temps aussi, l’armée ougandaise ouvrait ses stocks en armes, munitions, et en hommes à ceux qui veulent déstabiliser le pays.

Mais chuttt ! Au Rwanda, contrairement à ce qui s’est passé en Europe lors de la seconde guerre mondiale, le responsable de tous les crimes n’est pas celui qui a déclenché la guerre mais celui qui a tenté de se défendre.

La guerre d‘octobre ayant pris fin et le FPR ayant été renvoyé en Ouganda, la France aurait pu croire que la crise était passée et le Rwanda a nouveau stabilisé. L’aide qu’elle avait apporté ayant convaincu le gouvernement en place qu’il n’était pas seul face à l’adversité avait obtenu, avec l’appui des diverses chancelleries occidentales, que soient libérés sans casse les milliers de détenus du stade Nyamirambo. La vie avait repris son cours.

Mais la France savait qu’au FPR ramené en Ouganda, le débat battait son plein et que Kagame, rappelé en urgence des Etats Unis par Musevni, avait remplacé Fred Rwigema. A la stratégie de la conquête éclair, économisant les victimes civiles et militaires, qu’avait tenté Rwigema succédait la guerre d’usure, cruelle et couteuse en vies humaines de toute sorte qu’allait conduire sans relâche Kagame. Le ton en était donné fin janvier 1991 : apprenant que, lors d’un raid audacieux sur la prison de Ruhengeri, le FPR avait « récupéré » le colonel LIZINDE[1] pour en faire un des officiers d’état-major, la France comprenait, compte tenu du passé sulfureux de cet individu, que la guerre civile que mènerait Kagame serait d’un cynisme et d’une cruauté infinis.

Il était encore temps de jouer les Ponce Pilate comme beaucoup le suggéraient. On pouvait encore se laver les mains du sang de ces centaines de milliers de justes qui allaient périr. Mais ce ne fut pas le choix de la facilité et/ou de la lâcheté qui prévalu. Il fut décidé d’empêcher les gouvernementaux de massacrer les tutsi en contrepartie d’une aide civile et militaire qui stabilisant l’économie du pays lui permettait de freiner la conquête militaire, le temps que la Démocratie s’installant et que des négociations de paix s’engageant, les causes de la guerre aient disparues. Mais ce faisant, et ce fut-là sans doute l’erreur fondamentale de notre pays , c’était croire que les motifs avancés - le retour des réfugiés et le poids politique des tutsi- étaient les motifs réels de cette guerre. On découvrira beaucoup trop tard, après des fleuves de sang que l’objectif réel de Kagame était le pouvoir sans partage, loin de la démocratie, et le pillage des ressources minières du pays voisin.

La France a suivi de près la montée des périls. Elle s’est interrogée sur les massacres de Kibilira et des Bagogwe qui auraient fait quelques dizaines de morts. Elle a constaté le massacre du Bugesera en 1992 qui aurait causé quelques centaines de morts. Elle a fait en sorte que cela cesse et que les coupables sont emprisonnés. Mais elle a appris et également constaté les crimes commis dans le nord du pays par les troupes de Kagame, dans la préfecture de Byumba en 1992 et dans celle de Ruhengeri en 1993.

A l’été 1993, la France sait- tout au moins ceux des français qui veulent le savoir le savent – que le FPR a vidé le nord du pays de tous ses habitants, désormais réfugiés par million aux portes de Kigali dans le terrible camp de Nyaçonga. Le processus décrit est toujours le même : après l’arrivée des soldats de l’APR, les élites étant séparés de la masse avant d’être éliminés, le gros de la population est conviée à une réunion d’information pour recevoir les directives des nouvelles autorités. Une fois rassemblée, cette population majoritairement hutu est prise sous le feu des armes automatiques et s’enfuit en panique. Piétinant et abandonnant femmes, vieillards et enfants, fuyant vers le sud avant de fuir vers l’ouest, les rescapés parviennent à Nyaçonga où, regroupés par commune, ils crèveront à petit feu de faim, de froid et de maladie.

La France sait que le FPR massacre les élites des territoires occupés puisque, entre autres, j’ai relevé les corps de tous les magistrats de la Cour d’Appel de Ruhengeri , ainsi que ceux de leurs épouses. La France sait que la population fait l’objet de déportation massive puis qu’ elle est arrivée aux portes de la capitale. La France sait que ces procédés employés quelques années plus tôt au Cambodge par les khmers rouges ont constitué le crime de génocide. On pourrait supposer que, les mêmes causes produisant les mêmes effets, il en aille de même au Rwanda. Quoi qu’il en soit, bien que les gouvernementaux n’aient pas su toujours tout empêcher, ceux qui massacrent massivement au Rwanda en 1993, ce sont les troupes de Kagame .

La France sait aussi que les partis politiques, qu’elle a incité à créer pour cause d’avancée démocratique, ont créé chacun sa milice. Elle n’ignore pas que les milices du parti présidentiel, les Interhamwe du MRND, ont été créées et financée les derniers et par un tutsi. Elle n’ignore pas non plus qu’elles sont infiltrées par des agents de Kagame. Les transfuges du FPR prétendent aujourd’hui que les éléments FPR infiltrés dans ces milices n’avaient pas d’autre mission que le renseignement. Mais on sait aussi, depuis que le chanteur Corneille a écrit son livre, que les troupes du FPR ont massacré – y compris- des tutsi – sous l’uniforme des gouvernementaux….

Et puis la France sait aussi – si elle veut le savoir – que les quelques cinquante attentats, qui ont ensanglantés le pays de la fin 91 à la mi-93, et qui ont facilité des réflexes ethniques dont les massacres du Bugesera de 1992, sont le fait du FPR. Si elle a lu les comptes rendus des officiers en place à Kigali – dont les miens – elle sait que le FPR déstabilise le pays par tous moyens et ne répugne pas, pour justifier son agression d’un Rwanda vivant en paix en 1990, de provoquer des troubles interethniques. Pour Kagame, ces tutsi qui ont accepté le joug des hutu en restant au Rwanda depuis 1962 n’ont qu’à payer le prix de la reconquête. D’ailleurs les tutsi du Burundi n’ont-ils pas conservé le pouvoir en 1992 au prix de quelques centaines de milliers de morts hutu ? Les réfugiés burundais qui hantent les sud du Rwanda sont là pour le rappeler à tout un chacun qui veut les entendre.

La France sait en 1993 que Kagame veut un pouvoir sans partage (il y est encore vingt-cinq ans plus tard et pour longtemps ..) et que peu lui importe le prix que devra payer le peuple rwandais. Elle sait aussi qu’elle est la seule avec son armée à pouvoir empêcher le fleuve de sang qui s’annonce. Kagame le sait aussi , c’est pourquoi il exigera à Arusha le départ des troupes françaises.

Néanmoins, sachant tout cela, prenant prétexte d’un simulacre d’accord de paix signé à Arusha en aout 1993, la France a choisi, de faire ce qu’elle n’avait pas fait en 1990 ni en 1991. Pour se dégager de ce qui est devenu un bourbier, la France va sauter en 1993 sur le prétexte qui lui est servi sur un plateau par un Kagame posant le départ des troupes françaises comme un préalable incontournable à tout accord de paix.

Fin 1993 la France se retire, abandonnant ce peuple à ces démons après l’avoir stabilisé, protégé et conforté pendant trois ans. Je suis personnellement parti quelques semaines plus tôt, en fin de mission de trois années et appelé, comme on le dit à d’autres responsabilités. En montant dans l’avion je mesure les menaces qui se profilent à l’horizon : « Faites attention à vous » dis-je à mes amis qui respectent la tradition en m’accompagnant à l’avion…

Mes pensées vont alors à Denoix de St Marc, abandonnant ses chrétiens du Tonkin, au général de Pouilly se demandant devant une Cour d’Assises s’il y a plus grand crime que d’abandonner un peuple… Je revois les femmes de Ruhengeri en février 1993 qui, apprenant que le convoi français redescendant sur Kigali a ordre de ne prendre que des expatriés et aucun rwandais, déposent leurs bébés sur les sièges de ma jeep – et sur mes genoux- en disant « emmenez au moins les enfants ! ».

Lisant ce faux débat ridiculement manichéen qui s’étale aujourd’hui dans la « grande » presse française, je ne peux , à l’instar du Général de Pouilly que me demander qui a commis le plus grand crime de ceux qui, confortant jusqu’en 1993 le gouvernement rwandais multipartite, ont tout tenté pour empêcher la déstabilisation du Pays de l’Eternel Printemps » ou de ceux qui, appuyant la rébellion du sieur Kagame - ou la laissant faire, ce qui revient au même – ont permis que ce paradis devienne durablement un enfer.

 

[1] Grand pourfendeur de tutsi, comploteur, condamné pour tentative de coup d’état, LIZINDE sera auprès de Kagame, l’expert en guerre révolutionnaire pilotant  le réseau « network « des combattants du FPR infiltrés à l’intérieur du Rwanda et jusqu’au cœur des Interhamwe

 

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CESAR 23/03/2018 22:24

Quand on sait ou on connaît, on écrit, quand on ne sait pas ou on ne connaît pas, on se documente, à défaut, on se tait.

Colonel Robardey est un des rares connaisseurs du Rwanda. Ses affirmations sont objectives et vérifiables. Il est le témoin clé des méfaits de Kagamé via ses escadrons de la mort, poseurs des bombes dans des lieux publics sur l'ensemble du Rwandais qui ont fait des centaines de morts et de blessés graves. Il sauvé des Rwandais visés par ces poseurs de bombes.

Dans plein Kigali, un poseur des bombes a lancé une grenade à l'intérieur d'un véhicule d'un ancien haut fonctionnaire avec certains membres de sa famille dont son épouse arrêté sur un feu rouge, fort heureusement, elle n'a pas explosé. Robardey qui était par hasard derrière à courageusement s neutralisé le terroriste.

Par la formations des gendarmes antiterroristes, Robardey a sauvé des centaines de Rwandais. En effet, plusieurs jeunes tutsi, après une formation en terrorisme, Kagamé les a envoyé en mission sur l'ensemble du Rwanda avec pour mission: semer la mort et la terreur sur l'ensemble du Rwanda par la pose de bombes dans des lieux publics et contre les véhicules de marchandises en provenance du Kenya. Plusieurs attentats ont été déjoués par les hommes du Colonel Robardey. C'est pour ce motif que pour Kagame, il est génocidaire des Tutsi.

TFR INFO permet les Rwandais de toute tendance politique ou idéologique qui le veulent de s'exprimer librement. Ils droit comprendre ce qui s'est exactement passé dans notre pays d'une part et comment Kagame a
- élaboré une stratégie par un cabinet américain en com. pour faire avaler au monde entier qu'il est sauveur des Tutsi alors qu'il est leur fossoyeur,
- inventé le mort "génocide dit des Tutsi colporté mondialement à grande échelle,
- proscrit la mention de ce mot dans la constitution du 4 juin 1992
- inscrit ensuite ce mot dans la constitution en 2008 après une révision politique de celle-ci après la déboire essuyé par le procureur du TPIR pour prouver l'effectivité du génocide dit des Tutsi invoqué sur toutes les pages d'accusation des prisonniers Hutu de l'ONU et inexistant dans les lois rwandaises,
- imputé minablement ses méfaits aux autorités civiles et militaires françaises dont colonel Robardey d'autre part.

Il me semble utile de partager avec les lecteurs de TFR INFO ce qui suit. Les faits évoqués sont vérifiables. Il ne s'agit pas de soutenir que les massacres des Batutsi n'ont jamais existé puisqu'ils sont établie mais de préciser chronologiquement la commission de ces crimes et la situation contextuelle dans laquelle ils sont été commis, deux éléments impératifs pour qualifier juridiquement ces crimes de génocide ou pas. A défaut de précision sur ces deux éléments toute, qualifier juridiquement ces crimes de génocide me semble discutable.


Les faits notoirement établis

Pour que les lecteurs de Radio Notre Dame puissent se faire une opinion objective sur le drame rwandais et la prétendue responsabilité de la France dans celui-ci, il me semble impératif d’exposer sommairement les faits notoirement établis. Les massacres des Tutsi étant de notoriété publique et aucun Rwandais ne les niés nonobstant la négation de l’évidence à savoir les massacres de masse contre des millions de Hutu par les soldats Tutsi du FPR sur ordre de Kagame.

Exposé chronologie des faits
1/ Le 01/10/1990, Les Tutsi ont pris les armes contre le Rwanda alors dirigé majoritairement par les Hutu (plus de 90 de la population) aux seules fins de prendre le pouvoir et l’exercer au sein d’un régime purement Tutsi.
2/ Sous le régime Habyarimana, les numéros deux du régime et du gouvernement à savoir Habimana Bonaventure et Colonel Nsekalije Aloys étaient Tutsi.
3/ Sous Habyarimana, l’économie rwandaise était, à plus de 80%, entre les mains des Tutsi. Ceux-ci étaient devenus des millionnaires grâce au régime Habyarimana par l’accès prioritaire aux marchés publics alors que rares étaient ceux qui remplissait les conditions requises, les avantages fiscaux, accès facile aux crédits garantis par l’Etat et la corruption.
4/ Ce sont ces mêmes Tutsi qui devaient tout au régime Habyarimana qui ont financé significativement la guerre des Tutsi sous le commandement de Kagame contre le même régime et partant les Rwandais.
5/ Des milliers de Tutsi de l’intérieur, du Zaïre, du Burundi et des pays voisins ont quitté les écoles, universités et leur travail pour s’enrôler massivement dans l’armée Tutsi dit FPR contre leur pays et leurs voisins Hutu.
Ce sont donc les Tutsi qui les premiers ont déclenché la guerre et commencé les massacres contre les Hutu et nullement l’inverse. Monsieur Ancel fait croire aux auditeurs et lecteurs le contraire.
6/ Avant le 6 avril 1994, aucun Tutsi de premier rang dont les financiers notoires du FPR n’a été inquiété outre mesure par les Hutu et encore moins par le gouvernement rwandais alors qu’ils avaient légalement commis le crime contre l’Etat Rwandais.
7/ Le 10 juin 1991, entrée en vigueur d’une nouvelle constitution qui prévoyait le multipartisme et conférait tous les pouvoirs exécutifs au premier ministre au détriment du Président qui ne disposait alors que du contreseing des actes du gouvernement (article 50 et suivants).Ce sont les autorités françaises d’alors qui ont fait pression et chantage contre le Président Habyarimana pour qu’il accepte de se dépouiller de tous les outils de décision.
8/ Le 2 juin 1992, signature à Bruxelles d’un pacte d’alliance entre l’opposition rwandaise et le FPR contre le Président Habyarimana et son parti MRND, le tout avec l’appui financier et politique de la France (existence de la copie de ce pacte). Ce pacte a été finalisé à Paris le 5 juin 1992.
9/ Le 2 avril 1992, sous la pression de la France, le Président Habyarimana nomme un premier ministre, Docteur Nsengiyaremye Dismas, issu du parti d’opposition MDR, anti-Habyarimana notoire. En application de la constitution de la Constitution rwandaise, article 50 et suivants car le Rwanda était un Etat de droit écrit, le premier ministre est le véritable chef de l’Exécutif. Il n’a aucun compte à rendre au Président qui ne peut même pas le révoquer. Son gouvernement comprenait les ministres Hutu et Tutsi dont certains pro-FPR notoires.
A compter de cette date, le régime Habyarimana a définitivement cessé d’exister. Monsieur Ancel semble curieusement l’ignorer. Il faut une confusion mentale entre un régime Habyarimana imaginaire et le gouvernement dit intérimaire et fait abstraction du gouvernement d’opposition-FPR.
Lors des négociations avec l’opposition qui dirigeait le Rwanda, Kagame la suppression du Service Centrale de Renseignement Rwandais. Un compromis a été trouvé: émiettement de celui-ci par le Premier Ministre sur demande de Kagame. Il l’a divisé en trois portions.
Service de renseignements intérieurs rattaché à la Primature
Service de renseignements extérieurs, rattaché au Ministère de la défense
Immigration rattaché au Ministère de l’Intérieur.
L’effet de cette division a été le désordre fonctionnel et opérationnel. Le premier ministre a permis à Kagame d’optimiser ses chances de réaliser son objectif ci-dessus évoqué.
C’est le Premier Ministre qui nommait les Préfets. Le critère était non pas les compétences, mais loyauté effective à l’égard de l’opposition et de chaque parti politique d’opposition.
C’est le Premier Ministre qui nommait les directeurs généraux de ses services de renseignements.
« Section II : Du Gouvernement. Article 50 : Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la nation.
Il dispose de l'administration et de la force armée.
Article 51- 4° sauf dispositions légales ou réglementaires contraires, nomme aux emplois civils et militaires »

En application du pacte d’alliance ci-dessus indiqué et des pouvoirs qui lui sont conférés par la constitution rwandaise, en sa qualité de premier ministre, Nsengiyaremye a nommé Iyamuremye Augustin, un membre notoire du FRP, au poste de directeur général du service renseignement intérieur rwandais. Celui-ci était les oreilles et les yeux non pas du gouvernement rwandais mais du FPR et opérait au sein de celui-ci sous l’autorité directe de Kagame, commandant en chef du FPR à qui il rendait compte.

Après la prise du pouvoir par la force au Rwanda, Kagame l’a récompensé pour les services rendus au FPR: nomination aux postes de Ministre de l’Agriculture, Ministre de l’Information, Ministre des affaires étrangères et député. Les USA et la Belgique lui ont fourni des appareils sophistiqués avec lesquels il a mis à l’écoute des centaines de Rwandais (sa propre déclaration devant un tribunal lors d’un procès contre Général Munyakazi).

10/ Action de la France : financement et parrainage des négociations entre le gouvernement rwandais entre les mains de l’opposition et le FPR

Avec le concours politique et financier de la France, le premier Ministre Nsengiyaremye Dismas a entamé des négociations avec son allié, le FPR afin de mettre fin à la guerre d’une part et mettre en place des institutions démocratiques d’autre part. Le FPR occupait déjà une partie du territoire rwandais. C’est la France qui a financé et parrainé politiquement les négociations entre le gouvernement rwandais dirigé par l’opposition et le FPR. Ces négociations ont abouti au fameux Accord de paix d’Arusha qui a été ensuite qualifié de simple papier ou accord dépourvu de valeur juridique par Kagame, devant des millions de Rwandais.

Mars 1993, le FPR déclenché une guerre généralisée dans le Nord du Rwanda et ses soldats ont procédé au nettoyage ethnique et commis des massacres de masse contre les paysans Hutu dans la partie occupée et conquise. Plus de deux millions de paysans rwandais et des rescapés ont trouvé refuge dans la partie sud où ils s’étaient entassés comme des animaux sans maître avec un taux de mortalité et de malnutrition élevé surtout chez les enfants en bas âge, le tout dans l’indifférence totale de ceux qui prétendaient diriger le Rwanda.

Au vu de la cruauté infligée à ces pauvres paysans, Bernard Kouchner a donné un nom aux bouchers : les KMERS NOIRS (une cassette de ses déclarations existe).

Cet Accord d’Arusha était plus favorable au FPR qu’au gouvernement rwandais d’alors (voir la Toile).
11- Le 7 mars 1993, Nsengiyaremye, au nom du gouvernement rwandais et Kagame via Kanyarengwe, un Hutu de service qui avait été honorifiquement nommé au poste de président du FPR, ont signé un document par lequel le gouvernement rwandais s’engageait à renvoyer les soldats français du Rwanda au plus tard fin décembre 1993. Kagame en avait fait une condition sine qua none pour signer ce fameux accord de paix d’Arusha. Fin décembre, il n’y avait aucun soldat français au Rwanda sauf les coopérants militaires dont les missions s’inscrivaient dans le cadre coopération bilatérale entre deux Etats et étaient moins nombreux que les coopérants militaires belges et autres.

12- Mai 1993, sur ordre de Kagame, ses escadrons de la mort opérant sur l’ensemble du Rwanda ont liquidé Gapyisi Emmanuel, vice-président du parti MDR au pouvoir au Rwanda, février 1994, assassinats de Gatabazi Félicien, secrétaire exécutif du parti PSD d’opposition et de Bucyana Martin, président de la CDR. Par ces trois assassinats, Kagame a décapité l’opposition. A ces assassinats il faut y ajouter les victimes de bombes posées dans les lieux publics sur l’ensemble du Rwanda depuis octobre 1990. Dans son livre Rwanda histoire secrète et devant le TPIR, Abdul Ruzibiza exposé en détail comment et pourquoi Kagame a liquidé ces personnalités de l’opposition, pourtant alliée du FPR et ordonné la commission d’autres crimes sur l’ensemble du Rwanda. Aucun de ceux qui vocifèrent aujourd’hui contre la France dont Ancel n’a contredit Ruzibiza.
13- Le 6 avril, Kagame a assassiné le président Habyarimana. L’assassinat du Président Hutu en fonction qui venait pourtant de signer un accord de paix avec Kagame et ceux des dirigeants des partis d’opposition, tous présidentiables, Kagame a décapité l’Etat Rwandais.
14- Assassinats des citoyens français : omerta de la part de médias et autorités français de droite, de gauche et du centre comme en témoigner vos articles sur le génocide dit des Tutsi.
Le 6 avril 1994, Kagame a assassiné 3 citoyens français :
Jacky Herraud, pilote de l’avion du président rwandais abattu par des missiles tirés par les soldats du FPR sur ordre de Kagame,
Jean-Pierre Minaberry, copilote et
Jean-Michel Perrine, mécanicien.
Ils ont laissés de veuves et orphelins.
Le 8 avril 1994, sur ordre de Kagame, se soldats ont effroyablement massacrés (découpés en morceaux) trois citoyens français en mission de coopération au Rwanda:
Adjudant-chef René Maïer
Adjudant-chef Alain Didot
Gilda Didot, épouse Didot.
Le président Macron qualifie le président syrien de criminel et doit en conséquence répondre de ses actes devant un tribunal international.
Pourtant, alors que les assassinats effroyables de 6 citoyens français qui ont laissé les veuves et orphelins, le monde entier a vu Macron serrer la main de Kagame, le boucher des citoyens français, sachant qu’il ne peut prétendre ignorer que celui-ci est le plus grand criminel de l’Afrique Moderne.
Il semblerait que le Président Macron ira en vise officiel au Rwanda de Kagame. Il convient de rappeler que Sarkozy, alors président de la France a invité un assassin des citoyens français avec lequel il a partagé le repas. Sarkozy est venu ici au Rwanda, il a ergoté sur tout et rien et proféré déclarations fantaisistes à l’endroit d’un mort à savoir le feu Habyarimana. Il n’a pas évoqué les victimes françaises. Le constat est qu’il en a été de même pour Macron qui a serré la main de Kagame.
Questions :
Où est la comparaison entre le génocide des Juifs et celui dit des Tutsi, auteurs du déclenchement de la guerre contre les Hutu, de la décapitation du leadership Hutu et de l’Eglise Catholique d’une part et des assassinats des citoyens français d’autre part?
Où sont les preuves des allégations de Monsieur Ancel ?
Dès lors que l’objectif des Tutsi étaient de prendre le pouvoir et l’exercer au sein d’un régime purement Tutsi sous l’autorité de Kagame, pouvaient-ils réaliser cet objectif sans liquider les dirigeants Hutu, un maximum de haut-fonctionnaire et réduire les Hutu à une proportion acceptable par Kagame ?
Il est notoirement établi que ce sont les Tutsi qui commencé la guerre et mes massacres contre les Hutu. Pouvaient-ils les massacrer sans provoquer une réaction de leur part à l’encontre des Tutsi de l’intérieur dont il était a priori impossible de mesurer sa gravité?
Sur le génocide dit des Tutsi
Le bon sens élémentaire requiert que si la planification (article 211-1 du code pénal français) du génocide des Tutsi a existé, elle est impérativement antérieure au 6 avril 1994 et ses auteurs sont conséquemment ceux qui dirigeaient le Rwanda. Il s’ensuit que le patron du service de renseignements intérieurs, Iyamuremye Augustin et partant Kagame, en étaient nécessairement au courant. Il en est de même de même des Préfets membres des partis d’opposition et pro-FPR. Est-il possible de planifier le génocide d’une partie de la population sans que le patron du service de renseignements intérieur ne soit au courant ? La place du directeur général des services secrets rwandais au sein des institutions rwandaise est gommée par les soi-disant experts du Rwanda.

Pourquoi Kagame n’a rien fait pour y mettre définitivement puisqu’il en avait des moyens et des soutiens américain, britannique et autres fin et ne l’a pas évoquée lors des négociations avec son allié à savoir le gouvernement rwandais d’opposition?
Où est la responsabilité de la France ? Où est la comparaison avec le génocide des Juifs ?
Le mot « génocide » est un devenu un mot passe partout, utilisé à tort et à travers au mépris du bon sens élémentaire.