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Publié par La Tribune Franco-Rwandaise

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CESAR 06/01/2018 01:04

La cessation de statut de réfugié ou l’application de la clause de la convention de Genève y relative a été demandée par Kagame.
Celui-ci a divisé les réfugiés rwandais en deux catégories.
Catégorie 1 : les Rwandais qui ont quitté le Rwanda entre 1959 et 1998 et qui ont obtenu la reconnaissance de statut de réfugié politique par les pays d’accueil.
Catégorie 2 : les Rwandais qui ont quitté le Rwanda après 1998 et qui bénéficient de la reconnaissance de statut de réfugié politique.
Kagame a demandé au HCR l’application de la clause de cessation de statut de réfugié politique uniquement aux Rwandais de la première catégorie.
Motif :
Le Rwanda dont il est président est un pays démocratique et en paix.
Mais il n’a pas précisé, comment, à partir de quand et jusque quand le Rwanda est un pays démocratique et dans lequel la sécurité des Rwandais est effective.
A contrario, il n’a pas demandé l’application de la clause de l’article 1.C de la Convention de Genève aux Rwandais qui ont quitté le Rwanda après 1998.
Il s’ensuit que Kagame a reconnu que depuis 1998 son régime est un régime de terreur, tyrannique et corrélativement cela constitue une raison suffisante pour que ces Rwandais puissent continuer à bénéficier de la reconnaissance de statut de réfugié politique.
Il a demandé aux HCR que la cessation de cette clause soit effective à partir du 01/01/2018 pour les réfugiés rwandais de la première catégorie.
Or, le même Kagame a reconnu que le Rwanda n’est pas aujourd’hui un pays démocratique et que son régime est un régime de terreur, le tout à compter de 1998. Si pour lui le Rwanda était un pays démocratique au sens exact du terme et en paix jusqu’en 1998, pourquoi n’a-t-il pas alors demandé l’application de la clause excipée par lui aux réfugiés rwandais avant 1998 ? Pourquoi son régime a basculé dans la terreur contre les Rwandais a partir de 1998 comme il l’a lui-même reconnu ?
Concernant les réfugiés rwandais résidant au Congo en l’occurence, pour appliquer la clause ci-dessus indiquée, les autorités congolaises devront opérer une distinction entre ceux qui sont arrivés dans ce pays avant 1998 et ceux qui y sont arrivés après 1998.
Le statut de réfugié à ces Rwandais a été reconnu par le Congo au vu de la situation politique interne au Rwanda à l’époque des demandes formulées par les intéressés, le tout conformément aux stipulations des clauses de la convention de Genève sur les réfugiés.
La question posée est de savoir si cette situation n’existe plus aujourd’hui, à partir de quand et comment elle a cessé d’exister.
A supposer que le Président Sassou –Nguesso puisse opérer une distinction entre les réfugiés qui sont arrivés dans son pays entre 1959 et 1998 et ceux qui y sont arrivés après 1998, la clause de cessation de statut de réfugié ne sera pas alors appliquée à ces derniers puisqu’ils ne sont pas concernés par la demande Kagame.
Dès lors que Kagame reconnaît lui-même que son régime est aujourd’hui un régime de terreur contre les Rwandais d’une part et qu’il n’explique pas pourquoi la clause ci-dessus évoquée est applicables aux seuls Rwandais qui ont quitté le Rwanda après 1998 d’autre part, les conditions qui ont poussé des millions de Rwandais à prendre le chemin d’exil n’ont cessé d’exister.
Par conséquent, le statut de réfugié des Rwandais qui résident au Congo et dans les pays africains dirigés par les amis de de Kagame doit être maintenu.
Le HCR est une institution de l’ONU. Plusieurs rapports de l’ONU, des ONG de défense des droits de l’homme sont accablants pour le régime Kagame : un régime sanguinaire et despotique. Il n’est pas à prouver que le Rwanda est le premier pays au monde qui a le plus grand nombre de prisonniers politiques au monde, par rapport au nombre de Rwandais. Le HCR ne peut prétendre l’ignorer.
Il est incompréhensible que l’actuel Secrétaire Général de l’ONU, anciennement patron du HCR, ait cyniquement osé dire que le Rwanda est à la fois un pays sûr, démocratique et en paix mais curieusement uniquement pour les réfugiés rwandais qui ont quitté le Rwanda entre 1959 et 1998 et un pays tyrannique où la vie, la sécurité et les droits des Rwandais qui ont quitté le Rwanda après 1998 ne sont pas garantis.
Pourquoi celui-ci a-t-il divisé ces les réfugiés rwandais en deux catégories ? Sur quels critères objectifs, fondés sur la convention de Genève sur les réfugiés dont il était censé respecter au premier chef ?
Il est regrettable qu’Antonio Guterres ait ignoré les rapports de l’ONU dont il est Secrétaire Général, ceux des ONG telles que HRW, FIDH, Amnesty International en l’occurrence sur la situation macabre de droits de l’homme au Rwanda et ce, depuis la prise du pouvoir par Kagame en marchant dans le sang des millions de Rwandais. Il convient de préciser que les Pigeons Voyageurs internes ont transmis à Antonio Guterres les listes de centaines de réfugiés rwandais qui sont revenus au pays sur conseil du HCR. Il a observé le silence de tombeau. Il n’y a rien d’étonnant, du moins pour les familles des centaines voire des milliers de victimes, femmes, enfants et hommes Rwandais de tous âges, déplacés de guerre en ex-Zaïre qui ont été livrés aux bouchers du FPR , sous le commandement de Kagame, par les employés du HCR dont les noms seront portés à la connaissance du monde entier le moment venu. Ce fait a été porté à la connaissance de Monsieur Antonio Guterres lorsqu’il était patron du HCR.
Au vu de l’ensemble des faits et de la situation macabre actuel du Rwanda, devenu un cimetière où même les enfants dit de rue n’échappent pas à la terreur de Kagame, pourquoi Antonio Guterres a-t-il manifestement bafoué la convention de Genève sur les réfugiés ? Veut-il une fois de plus envoyer les Rwandais à la mort (voir Apports HRW sur le sort qui a été réservé par Kagame aux réfugiés venus de la RDC) ?
Pourquoi seuls les réfugiés rwandais qui sont arrivés au Congo et dans les pays dirigés par les amis de Kagame entre 1959 et 1998 sont concernés par cette clause excipée par le HCR et ce dernier? Sassou-Nguesso va-t-il suivre Kagame quant à la distinction des réfugiés rwandais en ces deux catégories ? Va-t-il renvoyer les hommes ou les femmes au Rwanda arrivés dans son pays avant 1998 et laisser leurs conjoints qui, avec l’aide du HCR au demeurant, les ont rejoints après 1998 ? Pourquoi les autres réfugiés, centrafricains, de la RDC, burundais notamment ne sont pas concernés ? Les présidents Centrafricain, Congolais et Burundais sont despotiques et conséquemment leurs concitoyens qui ont trouvé refuge au Congo méritent protection. Kagame, quant à lui, est démocrate, son pays est un démocratique et en paix. Par conséquent, certains Rwandais ne méritent pas protection prévue par la convention de Genève ci-dessus évoquée.
Il est regrettable que les médias et ONG africains observent le silence de tombeau sur cette affaire qui constitue une honte pour un pays africain. Ils sont les premiers à critiquer la France et autres pays occidentaux relativement aux droits de l’homme mais ils observent le silence assourdissant lorsque les mêmes droits sont en flagrance bafoués par les présidents kleptocrates et sanguinaires africains à l’endroit de leurs concitoyens.
Il faut espérer qu’Antonio Guterres, respectera les valeurs portées par l’ONU dont il est censé faire respecter au premier chef d’une part et la convention de Genève sur les réfugiés d'autre part.