Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
La Tribune Franco Rwandaise

La Tribune Franco Rwandaise

Le blog de Jean-Marie Ndagijimana

Rwanda : guhakana ubwoko ni ikimenyetso gikomeye cy'ibihe bibi

Article précédent Article suivant
Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

CESAR 23/04/2016 18:24

Les propos pitoyables de Murekezi Anastase, premier ministre de Kagame, sont superfétatoires et la parfaite illustration de l'état mental des oligarques du régime Kagame. Ils sont frappés d’insanité d’esprit et rivalisent pour recevoir le palme d'or dans les divagations de la part de leur commandant suprême.

Il n'a rien apporté de nouveau quant à ce qu'il est et a toujours été effectivement, du moins pour les Rwandais qui le connaissent.

En effet, le Peuple Rwandais vient du fond des âges. Les Rwandais savent que la singularité séculaire de notre pays est que tout le monde connaît qui est qui de sorte qu'aucun Rwandais ne peux mentir un autre Rwandais quant à ce qu'il est réellement à savoir Hutu, Tutsi ou Twa.

Lorsque la Belgique a introduit la carte d’identité dans le Royaume du Rwanda dans les années 30, des milliers des Tutsi ont été administrativement étiquetés Hutu et quelques Hutu, Tutsi. Et sous les deux premières républiques, certains Rwandais jusqu’alors Tutsi en l’occurrence dont nul ne connaît le nombre ont changé leurs cartes d’identité et sont administrativement devenus Hutu. Sous la monarchie, le Roi, outre son droit de vie et de mort sur ses sujets, avait le droit absolu de déchoir un Rwandais de son identité Tutsi. C’était la sanction suprême après la peine de mort. Un Tutsi frappé de peine de mort pour avoir commis un fait qualifié de crime par le monarque, voyait quelquefois sa peine commuée en déchéance de son identité et de sa qualité Tutsi. En réalité, le condamné restait intrinsèquement Tutsi. La peine de déchéance n’avait effet que sur les privilèges afférents à la qualité de la personne et nullement sur celle-ci. C’est que qui s’est passé, semble-t-il, pour les pères de Makuza Anastase et de Zigiranyirazo Protais dit Z. Si les intéressés étaient en droit Hutu, ils ne l’étaient pour autant dans leur âme. Makuza est resté intrinsèquement Tutsi même s’il fut un grand serviteur de la République et nul ne peut affirmer le contraire. Il en est de même de Z. La richesse du Rwanda est ses composantes : les Hutu, les Tutsi et les Twa. Le fait d’être Hutu ou Tutsi ne signifie donc nullement que l’intéressé est plus patriote qu’un Tutsi ou un Hutu.

Les cas connus sont Makuza Anastase, père de Makuza Bernard, cousin de Kagame et numéro deux du régime, Habimana Bonaventure, Nsekalije Aloys, Mugemana JMV (ex-ministre de l’intérieur sous Habyalimana), Zigiraniyirazo Protais dit Monsieur Z (représentant du parti monarchiste dans les années 60). Le Ministre de l’Intérieur Habanabakize Thomas n’a-t-il pas arbitrairement fait condamner certains dont Makuza Anastase pour avoir changé leurs identités. Makuza Bernard, fils de Makuza Anastase n’a jamais été Hutu, sous réserve de prouver le contraire. Mais cela ne signifie pas qu’il est moins patriote que les Hutu ou quiconque autre.

La question ici était et est de savoir si le fait d’avoir dit ou de dire à un Rwandais qui savait ce qu’il était et sait ce qu’il est, de génération en génération depuis des siècles qu’il n’est plus Hutu, Tutsi ou Twa l’a-t-il conduit à ne plus se considérer intrinsèquement Hutu, Tutsi ou Twa ?

Les mentions de ces mots dans les cartes d'identité dans les années 30 par la Belgique, leur changement administratif opéré sous les première et deuxième républiques ou la déchéance de la qualité de Tutsi sous la monarchie sont inopérants.

Tout Rwandais à ses origines et le village où lui ou ces ancêtres est né ou sont nés. Il y est reconnu comme tel et ce sera toujours ainsi pour ses postérités. Il s’ensuit que chaque Rwandais reste et restera ce qu’il est et ce qu’il a toujours été: Hutu, Tutsi, Twa.

Au Burundi, les mots Hutu, Tutsi, Twa ne sont pas mentionnés dans les cartes d’identité. Pourtant, chaque Burundais sait que tel ou tel est Tutsi, Hutu ou Twa et affirme publiquement sans se gêner qu’il est Hutu, Tutsi ou Twa. Par ailleurs, le problème Hutu/Tutsi se pose avec une plus grande acuité qu’au Rwanda.

Murekezi, ancien étudiant de l’Université de Louvain (Belgique), faculté des sciences agronomiques, dit certes qu’il était mentionné dans sa carte d’identité qu’il est Tutsi mais en réalité, dans son âme, sa vie et ses actions, il a toujours été Tutsi. Donc selon lui, un Tutsi reste un Tutsi, l’étiquetage administratif est sans effet.

Il était inutile ou superfétatoire de le dire car dans le village où il est né et grandi d’une part et les Rwandais qui l’ont connus à l’école ou travail, Murekezi a toujours été reconnu comme Tutsi mais il excellait dans le double jeu. Lorsqu’il était dans un groupe de Tutsi, il était Tutsi, dans celui des Hutu, il était Hutu.

Murekezi Anastase se dit membre du PSD, parti du feu Gatabazi Félicien. En réalité, il est membre du FPR depuis les années 90. Il a intégré ce parti pour opérer au bénéfice du FPR. Par conséquent, il n’a jamais été effectivement membre du PSD.
Il est du même groupe qu’Iyamuremye Augustin, ex-patron des services secrets rwandais, beau-fils du feu Sindikubwabo et véritable auteur du discours prononcé à Butare et attribué erronément à son beau-père par Kagame. Lors de son témoignage dans l’Affaire Général Munyakazi, Iyamuremye a affirmé publiquement qu’il était membre du FPR opérant au sein du PSD pour le compte de son vrai parti.

Les propos de Murekezi sont intéressants à certains égards.
1/ Il confirme l’existence du régime mono-ethnique de Kagame : président du Rwanda, Tutsi ; Président du Sénat, Makuza Bernard, ex-premier ministre, Tutsi ; présidente de la chambre des députes, Tutsi ; premier ministre, Tutsi.
2/ Il en est de même dans la haute administration rwandaise et les quelques grands services publics dont la BNR.
3/ Dès sa prise du pouvoir Kagama a pénalisé l’évocation des mots Hutu, Tutsi et Twa dans notre pays. Le fait de les évoquer était constitutif de crime de négationnisme du génocide des Tutsi, crime de divisionnisme etc. Mais la loi Kagame ne s’appliquait pas à celui-ci, autres oligarques de son régime et excroissances opérants pour le compte du régime. Elle ne s’appliquait donc qu’aux Hutu et certains Rwandais dont Kagame entendait éliminer ou mettre hors régime.
Murekezi était Ministre et il était expressément mentionné qu’il était Hutu. Or, celui-ci n’avait jamais dit qu’il est Tutsi. Les Rwandais ont entendu Murekezi dire qu’il est Tutsi après les volte-face de Kagame qui, désormais, pénalise le fait de dire que tous les Rwandais forment un seul Peuple, le Peuple Rwandais comme il avait toujours crié sur tous les toits et par conséquent dire qu’il n’ya pas de Hutu, Tutsi et Twa au Rwanda ou le fait de nier l’existence des Hutu, Tutsi et Twa au Rwanda.
Par ses propos, Murekezi voulait confirmer la profondeur des dires publics de son patron ou le bien-fondé de la pénalisation du fait ne pas dire qu’au Rwanda, il y a par ordre, les Tutsi, les Hutu et les Twa. Dans les dires de Kagame, l'ordre des mots a une importance. Laquestion posée est de savoir s'il a aboli sa loi sur la pénalisation de l'évocation expresse ou orale des mots Hutu, Tutsi et Twa ou l'exitence de trois "ethnies" au Rwanda?