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Publié par La Tribune Franco-Rwandaise

Les déboires du journaliste Martin Weill en Ouganda rappellent que les homos y sont toujours en danger.

Par Metronews.fr

HOMOPHOBIE - Pour des raisons de sécurité, la chaîne Canal+ a décidé de supprimer provisoirement sur Internet deux séquences d'un reportage de ses journalistes Martin Weill et Félix Séger sur la répression de l’homosexualité en Ouganda.

La dernière fois que l'Ouganda avait surgi dans l'actualité française, hors football, c'était pour une bonne nouvelle. Le 1er août dernier, la Cour constitutionnelle de ce petit pays d'Afrique de l'Est a annulé une loi anti-homosexualité qui avait été votée par le Parlement en décembre 2013. Cette semaine, les mésaventures sur place d'une équipe de Canal+ rappellent que les homosexuels ougandais sont pourtant loin d'être tirés d'affaire.

Le reportage de Martin Weill et Félix Séger sur place a été diffusé en deux parties, lundi et mardi soirs dans Le Petit Journal. Dans la version en replay, on n'en voit pourtant qu'une partie : la rencontre avec Frank Mugisha, l'un des seuls homosexuels ougandais à oser porter ouvertement son combat pour la défense des LGBT dans le pays. A l'issue de cette séquence, le présentateur Yann Barthès annonce que le reste sera coupé sur Internet, et ce "pour des raisons de sécurité".

Homophobie d'Etat dans plusieurs pays d'Afrique

Que s'est-il passé ? Martin Weill l'a raconté en duplex durant l'émission en direct, mardi. Alors qu'il creusait le sujet, le reportage a dégénéré. Mais considérant que rendre ce récit accessible depuis l'Ouganda, via Internet, pouvait nuire aux journalistes encore sur place, la chaîne a décidé de la couper au montage. Par respect pour ce motif, nous ne décrirons donc pas ici la scène en question. Mais "les séquences polémiques seront réintégrées quand les journalistes auront quitté le sol ougandais, d'ici à la fin de la semaine", nous assure-t-on chez Canal+. 

Un incident qui illustre le fait que l'homophobie d'Etat a toujours cours en Ouganda. Si la loi durcissant la répression de l'homosexualité a été annulée, c'était seulement pour un vice de forme. Mais les relations homosexuelles y "demeurent criminalisées et punissables d'emprisonnement par la législation en vigueur", rappelait dès cet été la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH). Les militants LGBT, en particulier, sont l'objet d'un harcèlement qui va jusqu'à la publication dans la presse de leur identité et données personnelles, accompagnée d'appels au meurtre. En janvier 2011, quelques mois après avoir ainsi été "exposé", l'un d'entre eux, David Kato, avait été tué chez lui à coups de marteaux.

EN SAVOIR +
>> Ouganda : une liste de 200 homosexuels à la une d'un journal 
>> L'incroyable justification du Président ougandais pour signer sa loi anti-gay

Par ce comportement, l'Ouganda se place dans le triste peloton de tête des pays africains où les homosexuels sont le plus en danger. Mais sur 54 pays, seuls 16 ont une législation qui ne fait pas de l'homosexualité un crime. Ainsi en Gambie, cinq hommes - dont un garçon de 17 ans - et trois femmes ont été arrêtés ces derniers jours lors d'une opération visant les homosexuels, a annoncé mardi l'ONG de défense des droits humains Amnesty International. Selon l'organisation, "ils subissent des tortures et mauvais traitements pour les forcer à avouer leurs prétendus 'crimes' et à donner des informations sur d'autres présumés gays et lesbiennes".

EN SAVOIR + >> Afrique : le fléau de l'homophobie d'Etat

La répression de l’homosexualité en Ouganda
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