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Publié par La Tribune Franco-Rwandaise

Arusha, 08 septembre 2014 (FH) – Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) rendra son jugement d’appel le 29 septembre dans le procès de deux anciens responsables de l’ex-parti présidentiel rwandais, apprend-on lundi.

Matthieu Ngirumpatse était président du Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement (MRND) tandis qu’Edouard Karemera était vice-président de ce parti de l’ex-président Juvénal Habyarimana dont l’assassinat, le 6 avril 1994, avait déclenché le génocide des Tutsis.
Les deux hommes avaient été condamnés à la perpétuité en décembre 2011 après avoir été reconnus coupables de crimes de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre.
Selon ce jugement de première instance, ils n’ont pas prévenu ni condamné les exactions commises en 1994 par des jeunes de leur parti, les fameux Interahamwe du MRND.
Plaidant la cause de Ngirumpatse, lors de l’audience d’appel en février dernier, Maître Frédéric Weyl a déclaré que l’ancien président du MRND « n’avait d’autorité » ni sur les membres de son parti, ni sur les ministres du gouvernement en place pendant le génocide.
« Matthieu Ngirumpatse n’avait pas de pouvoir judiciaire, policier ou militaire  (…) Il n’avait pas le pouvoir d’exclure ou sanctionner qui que ce soit (…) Un parti politique est différent d’une structure gouvernementale ou militaire », a soutenu Maître Weyl, demandant l’acquittement.
Développant une ligne de défense similaire, Maître Félix Sow, l’un des deux avocats sénégalais d’Edouard Karemera, a également demandé à la chambre d’appel « d’invalider toutes les condamnations ».
Pour sa part, le procureur, George Mugwanya, a réaffirmé que les deux appelants « avaient un agenda commun, à savoir tuer les Tutsis ». « Ils ont abusé de leur position d’autorité au sein du MRND », a accusé le magistrat ougandais, soutenant qu’ils agissaient «dans le cadre d’une entreprise criminelle commune ».
Ouvert en novembre 2003, le procès avait subi de nombreux retards imputables, notamment, aux problèmes de santé de Ngirumpatse.
A l'origine, les deux responsables du MRND étaient jugés avec l'ancien secrétaire général du parti Joseph Nzirorera, et l’ancien ministre de l'Education André Rwamakuba, qui était membre d’un parti d’opposition au président Habyarimana.
Mais Rwamakuba avait finalement était poursuivi dans un procès séparé qui avait conduit à son acquittement le 20 septembre 2006.
Nzirorera est pour sa part décédé de maladie le 1er juin 2010, alors qu’il était sur le point de boucler sa défense.
ER

 

© Agence Hirondelle

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