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Publié par La Tribune Franco-Rwandaise

mediaCampagne de sensibilisation du public à Conakry.RFI/olivier Rogez

En Guinée, une campagne de sensibilisation contre le virus Ebola qui a eu lieu mardi dans la région de N'Zérékoré a tourné au cauchemar pour une délégation conduite par le gouverneur de région. Au moment des discours pour expliquer comment se protéger contre le virus, les villageois s'en sont pris aux visiteurs qu'ils accusaient de propager de fausses nouvelles et d'être les vecteurs du virus. Les corps de huit personnes ont été retrouvés jeudi 18 septembre.

Sur les neuf personnes portées disparues depuis mardi dans la localité de Womé, huit corps ont été découverts dans une fosse de la cour de l'école primaire du village. Des cadavres appartenant aux membres d'une mission de sensibilisation à l'épidémie d'Ebola partis faire une campagne dans le sud du pays, la région la plus touchée de Guinée. Selon les premiers éléments de l'enquête, ils ont été tués par des villageois en colère.

Joint par RFI, Damantang Albert Camara, le porte-parole du gouvernement guinéen, confirme que dès le début de cette campagne de sensibilisation, l’équipe s’est rendue compte de l'hostilité des habitants de la localité. « L'hostilité a tout de suite dégénéré en violences avec des jets de pierres. La délégation s’est enfuie. Certains ont trouvé refuge dans la brousse et certains ont pu revenir jusqu’à N’Zérékoré », précise-t-il. Les habitants de Womé accusaient les visiteurs de propager le virus dans leur localité et de faire la propagande des Blancs.

Un habitant de N'Zérékoré, originaire de Womé, interrogé par RFI a expliqué « depuis des siècles que nos parents vivent dans ce village, ils ont toujours mangé de viande de brousse, notamment les chauves-souris. Alors pourquoi on veut nous l’interdire ? »

Parmi les corps identifiés figurent le premier responsable préfectoral de la santé, le directeur adjoint de l'hôpital de N'Zérékoré, le sous-préfet de la localité et un pasteur. Les autres sont des journalistes qui accompagnaient cette mission. La délégation était conduite par le premier magistrat de la région. Ce dernier, tout comme le préfet, ont réussi à s'enfuir.

Six personnes interpellées

La plupart des habitants du village de Womé, la localité où s'est déroulé le drame, ont pris la fuite. Mais les autorités disent avoir interpellé six personnes et les forces de l'ordre étaient toujours déployées sur place dans la soirée, jeudi.

Dans une déclaration sur les médias d'Etat, le Premier ministre guinéen, Mohamed Saïd Fofana, a assuré que ces crimes ne resteraient pas impunis et que leurs auteurs recevraient la réponse judiciaire appropriée.

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Guinée: une opération de sensibilisation à Ebola tourne au cauchemar

mediaUn habitant de Conakry se lave les mains le 12 septembre 2014, l'une des mesures de prévention contre l'épidémie d'Ebola. Tout près de la fontaine publique, un panneau de sensibilisation.AFP PHOTO / CELLOU BINANI

En Guinée, une campagne de sensibilisation contre le virus Ebola dans la région de N'Zérékoré a tourné au cauchemar pour une délégation conduite par le gouverneur de région. Au moment des discours pour expliquer comment se protéger contre le virus, les villageois s'en sont pris aux visiteurs qu'ils accusent de propager de fausses nouvelles et d'être les vecteurs du virus. 

En l’absence d’informations officielles, les Guinéens et surtout les familles de trois médecins et trois journalistes s’interrogent sur le sort de leurs proches depuis leur disparition, mardi, à Womé, une localité de la région de N’Zérékoré, dans le sud-est de la Guinée.

Ces médecins, dont le directeur préfectoral de la santé et le directeur adjoint de l’hôpital central, ainsi que les journalistes, n’ont pas donné signe de vie. Ces derniers avaient accompagné une campagne de sensibilisation sur le virus Ebola, à l’initiative du gouvernorat et de la préfecture de N’Zérékoré.

Quelques minutes seulement après l’arrivée et l’installation de la délégation conduite par le gouverneur Lancéi Condé, les villageois ont attaqué les visiteurs « à coups de pierre et de bâtons ». La débandade qui s’en est suivie était « indescriptible », relate un témoin interrogé par RFI.

Chacun s’est cherché un chemin pour quitter les lieux. Les plus chanceux – comme le gouverneur et le préfet – se sont précipités dans leur véhicule pour prendre la fuite. Les autres, plus vulnérables et abandonnés à eux-mêmes, sont restés à la merci des villageois et n’ont, jusqu’à présent, pas donné de leurs nouvelles. C’est pourquoi les nouvelles les plus pessimistes et alarmistes sur leur sort circulent à travers le pays.

Guinée: huit morts après l’attaque contre une équipe anti-Ebola
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