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Publié par La Tribune Franco-Rwandaise

Publié le par veritas

 Didier Etumba , umugaba mukuru w'ingabo za Congo

Didier Etumba , umugaba mukuru w'ingabo za Congo

Afin de faciliter leur rapatriement volontaire, il est nécessaire que la communauté internationale fasse pression sur le Rwanda, pour qu’il cesse de considérer les FDLR, dans leur ensemble, comme des génocidaires. Si la communauté internationale, l’ONU, l’UA, l’UE et le gouvernement congolais peuvent faire beaucoup pour résoudre le problème des FDLR, il est tout aussi vrai que ce problème ne peut être résolu sans la participation responsable du Rwanda. Comme on l’a fait pour la RDCongo, les envoyés spéciaux de l’ONU, de l’UA, des Etats-Unis et de l’Union Européenne pour la Région des Grands Lacs ont le devoir d’exiger du Rwanda l’ouverture d’un dialogue inter-rwandais avec la participation du gouvernement, de l’opposition politique interne et externe et de la société civile, à la recherche de la «vérité» sur ce qui s’est réellement passé au Rwanda tout au long des vingt-cinq dernières années et en vue de la démocratisation du Pays, de la coexistence pacifique entre Hutu, Tutsi et Twa, de la liberté d’expression et du respect des droits de l’homme. 
 
FDLR, L’URGENCE DE SORTIR DE L’IMPASSE
 
Une situation arrivée au point mort
 
Environ deux cents membres des Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé d’origine rwandaise, mais actif dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDCongo), ont déposé les armes et ont été regroupés à Walungu (Sud-Kivu) et à Kanyabayonga (Nord-Kivu). Selon le programme établi par le gouvernement congolais, ils doivent être déplacés loin de la frontière avec le Rwanda, d’abord à Kisangani (Province Orientale), puis à Irebu (province de l’Équateur), pour être identifiés en vue de leur rapatriement volontaire ou leur extradition vers des pays tiers prêts à les accepter.
 
Toutefois, ils ont refusé ce transfert, citant l’hostilité de la population locale qui aurait dû les accepter. En outre, les FDLR conditionnent leur rapatriement volontaire à l’ouverture, au Rwanda, d’un espace politique qui leur permettrait de poursuivre leurs objectifs politiques en se muant en parti politique légalement reconnu.
 
Ceux qui sont regroupés à Kanyabayonga, au Nord-Kivu, ont déposé les armes le 30 mai dernier. Ceux qui sont regroupés à Walungu, au Sud-Kivu, ont déposé les armes le 8 juin. Ça fait déjà presque trois mois, mais le processus de leur transfert à Kisangani et à Irebu est, jusqu’ici, bloqué. Une telle constatation semble indiquer que, bien que le gouvernement congolais puisse conduire à terme ce transfert, leur permanence "temporaire" à Kisangani et à Irebu pourrait s’étendre au-delà du prévu et pourrait même devenir leur destination "finale".
 
En effet, la communauté internationale pourrait être tentée de penser que, loin de la frontière avec le Rwanda, les FDLR ne constituent plus une menace pour le Rwanda et que, par conséquent, il ne serait plus nécessaire de les rapatrier ou de les envoyer vers un pays tiers autre que la RDCongo. Mais ce serait une fausse solution, car elle ne ferait que compliquer davantage les relations entre la RDCongo et le Rwanda qui pourrait l’accuser de complicité avec les FDLR. Dans ce cas, le Rwanda pourrait garder intact l’alibi des FDLR pour continuer à intervenir politiquement et militairement en RDCongo.
 
Pour sortir de l’impasse
 
Bien qu’il aurait été nécessaire l’avoir fait avant, pendant ces trois derniers mois passés "en vain", le moment est venu de procéder directement, sur place, à l’identification des membres des FDLR regroupés à Walungu et à Kanyabayonga, suivie par leur rapatriement volontaire ou leur extradition vers un pays tiers, sans passer par l’étape intermédiaire de leur transfert temporaire à Kisangani et à Irebu. 
 
Afin de faciliter leur rapatriement volontaire, il est nécessaire que la communauté internationale fasse pression sur le Rwanda, pour qu’il cesse de considérer les FDLR, dans leur ensemble, comme des génocidaires. Vingt ans après le génocide, tous ceux qui ont moins de trente-cinq ans, à cette époque ils étaient encore des enfants ou ils n’étaient pas encore nés. Donc, ils ne peuvent pas être accusés de génocide. Pour qu’ils puissent retourner volontairement dans leur pays, la communauté internationale doit exiger que le Rwanda leur assure la sécurité, la liberté et le respect de leurs droits. À cet égard, il serait nécessaire que le Rwanda accepte que la communauté internationale puisse être impliquée dans la phase de leur réinsertion sociale.
 
Il est également nécessaire que la communauté internationale fasse pression sur les FDLR, pour qu’elles ne continuent pas à recourir aux armes pour leurs revendications de nature politique. Les problèmes politiques entre Rwandais doivent être résolus au Rwanda, pas au Congo. Pour cette raison, les FDLR doivent rentrer au Rwanda, sachant que le résultat de leur lutte politique dépendra aussi de leur capacité à s’intégrer dans la société rwandaise. La pression sur les FDLR pourrait inévitablement conduire à l’utilisation de la force contre ceux qui n’acceptent pas le désarmement volontaire et au recours à des poursuites judiciaires contre ceux qui sont responsables de crimes de génocide, crimes contre l’humanité et violations graves des droits de l’homme.
 
Pour ne pas construire un château sur des sables mouvants
 
Si la communauté internationale, l’ONU, l’UA, l’UE et le gouvernement congolais peuvent faire beaucoup pour résoudre le problème des FDLR, il est tout aussi vrai que ce problème ne peut être résolu sans la participation responsable du Rwanda. Comme on l’a fait pour la RDCongo, les envoyés spéciaux de l’ONU, de l’UA, des Etats-Unis et de l’Union Européenne pour la Région des Grands Lacs ont le devoir d’exiger du Rwanda l’ouverture d’un dialogue inter-rwandais avec la participation du gouvernement, de l’opposition politique interne et externe et de la société civile, à la recherche de la «vérité» sur ce qui s’est réellement passé au Rwanda tout au long des vingt-cinq dernières années et en vue de la démocratisation du Pays, de la coexistence pacifique entre Hutu, Tutsi et Twa, de la liberté d’expression et du respect des droits de l’homme. Différemment, le présumé mais très vanté progrès économique du Pays pourrait se révéler comme un grand château construit sur des sables mouvants.
 
Source : http://afrique.kongotimes.info
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