Diplomatie

Vendredi 6 août 2010 5 06 /08 /Août /2010 16:28

Soumis par Jean-bernard Gervais le ven, 08/06/2010 - 15:46

Signe de la tension qui règne actuellement entre la république sud-africaine et le Rwanda, l'ambassadeur de la RSA au Rwanda Gladstone Dumisani Gwadiso a été rappelé à Pretoria début août. Se défendant de tout refroidissement des relations entre Pretoria et Kigali, Ayanda Nstaluba, directeur général des relations internationales en Afrique du Sud, a néanmoins reconnu que le problème des réfugiés rwandais en RSA, en particulier Kayumba Nyamwasa et Karegera, tendait les relations bilatérales entre les deux pays. Officiellement, Dumisani Gwadiso a donc été rappelé pour consultations. "Il n'y a aucun rapport entre le rappel de notre ambassadeur et la tentative d'assassinat de Kayumba Nyamwasa", a ajouté Ayanda Nstaluba. En juin dernier, Kayumba Nyamwasa, un opposant rwandais en exil en RSA, a été victime d'une tentative d'assassinat près de son domicile. Cinq suspects ont été arrêtés, dont un citoyen rwandais, qui devraient passer devant la cour le 12 août prochain. Par ailleurs, le Rwanda doit faire face à la réprobation internationale, suite à l'assassinat d'un opposant rwandais, vice-président du Green Party, André Rwisereka, décapité en juillet dernier.

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Vendredi 6 août 2010 5 06 /08 /Août /2010 15:09

Angop 05/08/10 14:11

 

Kigali - Aucun observateur électoral de l'Union européenne (UE) n'assistera à l'élection présidentielle de lundi au Rwanda, où un total de 1.394 observateurs ont été officiellement accrédités pour suivre le scrutin.

"Depuis janvier, nous avons annoncé aux autorités rwandaises que nous n'effectuerons pas d'observation", a indiqué jeudi à l'AFP le représentant de l'UE à Kigali, Michel Arrion. "Le Rwanda n'était pas parmi les pays les plus prioritaires. Cela a été justifié principalement par des raisons budgétaires", a expliqué M. Arrion.

Seuls quatre experts de l'UE, spécialisés dans les élections, les questions juridiques et les médias,  assisteront aux opérations de vote et feront un rapport en interne à la Commission et aux Etats membres. Aucun communiqué officiel ne sera rendu public, toujours selon M. Arrion.

Selon la Commission électorale rwandaise, 1.394 observateurs ont été accrédités pour suivre la présidentielle, dont 214 internationaux représentant notamment l'Union africaine (UA), le Commonwealth, la Francophonie et des diplomates en poste au Rwanda.

Source portalangop

 

 

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Jeudi 22 juillet 2010 4 22 /07 /Juil /2010 08:49

Spanish Prime Minister Jose Luis Zapatero (pictured) did not attend a UN meeting co-chaired by Rwandan president Paul Kagame on Friday, following protests that Kagame's regime was linked to the 1994 Rwandan genocide.

By News Wires

 

AFP - Spain's Prime Minister Jose Luis Zapatero shunned Friday a UN-backed meeting with Rwandan leader Paul Kagame after protests that his regime was linked to the 1994 genocide as the UN chief called for a probe into recent deaths in the central African nation.

Spain's Deputy Prime Minister Maria Teresa Fernandez de la Vega said Zapatero had received a request from several other Spanish political parties that he not meet Kagame because of Spanish legal proceedings against 40 Rwandan officers linked to the genocide.

He was "sensitive to that and responded" by deciding not to attend the meeting which was attended by UN Secretary General Ban Ki-moon, she told public television TVE.

Spain was represented instead by Foreign Minister Miguel Angel Moratinos at the first meeting of the MDG Advocacy Group set up last month by the United Nations to advance the Millennium Development Goals, which include halving extreme poverty by 2015.

Kagame and Zapatero are the co-chairs of the group.

The meeting had also been moved from government headquarters to a Madrid hotel while Zapatero met separately with Ban.

"It is not a big deal for us. It is Spain's internal politics," Rwandan Foreign Minister Louise Mushikiwabo told reporters on the sidelines of the gathering.

"We would like the Spanish people to get to know Rwanda's President Kagame better. He is not what we see him portrayed as."

In 2008 Spain's High Court announced its intention to prosecute 40 Rwandan army officers for genocide, crimes against humanity and terrorism related to events that took place between 1994 and 2000, including under Kagame's rule.

Kagame's then rebel Rwandan Patriotic Front in July 1994 ended the 100-day slaughter of at least 800,000 people, mostly from his Tutsi minority, by Hutu extremist militias and government troops.

But the Spanish judiciary accuses Kagame of fomenting the ethnic clashes in a bid to seize power.

The Rwandan officers are accused, among other things, of murdering nine Spanish missionaries and expatriates allegedly witnesses to massacres.

But Kagame is immune from prosecution because of his status as head of state. His government has vehemently rejected the accusations.

During an interview with Spanish news radio Cadena Ser, Ban refused comment on the Spanish legal proceedings against Rwandan officials.

He stressed that Rwanda was one of the "rare" African nations that have made "significant" progress in the fight against infant mortality.

The meeting in Madrid comes ahead of a high-level MDG Advocacy Group summit that will take place at the UN's headquarters in New York in September which Ban said Friday would be attended by 150 heads of state.
"This is an unprecedented number," he said, adding the Millennium Development Goals "can not be changed" despite the global economic downturn.

During talks with Rwandan leader Paul Kagame in Madrid, Ban "expressed his concerns" that the recent murder of opposition official Andre Kagwa Rwisereka and journalist Jean Leonard Rugambage has "caused political tensions" in Rwanda ahead of August 9 presidential elections, his spokeswoman said.

"He encouraged the Rwandan authorities to carry out a full investigation into these incidents," Ban's his spokeswoman Vannina Maestracci told AFP.

Rwisereka was the deputy president of the Rwandan Democratic Green Party. His nearly decapitated body was found dumped by a river on Wednesday.

Rugambage, who was critical of Kagame's government, was shot dead near his home on June 24.

The Rwandan Democratic Green Party is unregistered and has no candidate for next month's presidential elections. It has accused Kagame of blocking it from taking part in the polls.

EU foreign affairs chief Catherine Ashton on Friday urged the Rwandan authorities to "clarify the exact circumstances" of Rwisereka's "horrific killing and bring the perpetrators rapidly to justice."

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Samedi 17 juillet 2010 6 17 /07 /Juil /2010 17:04

Africa News 

JP Mbelukagame-3.jpg

Photos ci-contre : manifestants anti-Kagame en Espagne

Hier, vendredi 18 juillet 2010, dans une dépêche  intitulée « Zapatero cède aux critiques et renonce à s'afficher avec Kagame à Madrid », l’AFP rendait compte du lapin posé par Zapatero au président rwandais  Paul Kagame invité de l’ONU à une réunion sur la pauvreté en Espagne.  La dépêche rappelle que « la levée de boucliers en Espagne trouve son origine dans les mandats d'arrêt pour "génocide" lancés par un juge espagnol en février 2008 contre 40 militaires du régime de M. Kagame, accusés d'avoir fomenté des affrontements ethniques dans les années 90 pour s'emparer du pouvoir. Ces militaires sont accusés d'avoir sciemment déstabilisé le régime extrémiste hutu de Juvénal Habyarimana en place à l'époque, en commettant des actes terroristes avant de prendre le pouvoir. Le juge Fernando Andreu avait lancé des accusations détaillées contre M. Kagame, sans le poursuivre en raison de son immunité de chef d'Etat. »  Et « la réunion, initialement prévue au siège du gouvernement, a eu lieu à l'hôtel Ritz. » Quel est le nombre d’Espagnols sur lesquels porte l’enquête  du juge Fernando Andreu ?  La dépêche répond : « Le juge espagnol enquête notamment sur les assassinats présumés par les milices tutsies du Front patriotique rwandais (FPR), dirigées alors par M. Kagame, de neuf missionnaires et coopérants espagnols témoins de massacres. »

 

Quelle a été la réaction immédiate des responsables rwandais face au geste hautement symbolique de Zapatero ? « "Ce n'est pas un grave problème pour nous", a minimisé la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, qui a évoqué devant la presse une décision de "politique intérieure espagnole" ».

 

En lisant cette dépêche, quelques réflexions peuvent être faites. Zapatero est un premier ministre à l’écoute des critiques  de  la classe politique espagnole. Cette dernière existe et veille à la protection et à la sécurité des citoyens espagnols où qu’ils se retrouvent à travers le monde. La justice espagnole est indépendante et respectée par la classe politique.

Zapatero n’a pas accepté que l’assassin présumé de ses compatriotes participe à une réunion « au siège du gouvernement », l’un des lieux hautement symboliques  de la souveraineté de son peuple.

 

Contrairement à la virulence de leurs réactions face aux Français, aux Belges ou aux Congolais, à Madrid, les gouvernants rwandais ont fait profil bas et respecté « une décision de politique intérieure espagnole ». Les petites mains médiatiques occidentales luttant contre « la diabolisation » de l’homme fort de Kigali traînent à réagir à ce lapin posé à leur client…

 

Et quand nous savons que le même Kagame venait, deux semaines plus tôt, de marcher sur un tapis rouge  dans la capitale du pays où les témoins espagnols  de ses massacres ont été tués ; là où des millions des Congolaises et Congolais ont été victimes de la barbarie des miliciens du FPR ; quand nous savons que Kagame est arrivé dans cette ville, avec deux heures de retard, pour le défilé de la fête de l’accession du Congo à sa souveraineté nationale et internationale et qu’il n’y a eu aucune protestation officielle ni de la classe politique ni des ONG des droits de l’homme, ni de quelques magistrats épris d’un certain sens de justice, il y a des hypothèses qui peuvent être émises sur notre devenir commun en tant que peuple.

Ou la guerre d’agression à laquelle nous résistons depuis plus de dix ans a détruit en nous tout sens de protestation et de révolte ; ou nous n’avons pas encore eu une classe politique sur laquelle nos populations peuvent compter ; ou nous avons fini, dans notre immense majorité par accepter notre état de sous-humanisation depuis la guerre de l’AFDL, etc.

 

Comment se fait-il que les mêmes gouvernants capables d’organiser une réunion pour écrire une lettre de protestation contre les politiques et les journalistes Belges ayant critiqué le cadeau d’Olive Lembe à la reine Paola en disant du pays de Karel de Gucht qu’il est le repère de comploteurs contre les intérêts du Congo peuvent dérouler le tapis rouge à Kagame et Museveni, assassins de nos populations ?

 

En cédant aux critiques de la classe politique espagnole, Zapatero reconnaît, en filigrane, les conclusions de l’enquête du juge Fernando Andreu. Il partage celle-ci : « Une fois l’immunité présidentielle de Kagame levée, il sera poursuivi par la justice espagnole. »  Le même Kagame dont les miliciens ont assassiné (et assassinent encore ?) les Congolais et les Congolaises n’a été traduit à aucun tribunal par les gouvernants Congolais, donneurs de leçons de souveraineté à la Belgique !  De  la rhétorique souverainiste à la complicité avec le pouvoir meurtrier de Kigali et à la traitrise du peuple congolais, il y a  un pas que les petits restes et les minorités d’acteurs-créateurs Congolais n’ont fait que franchir. (Est-ce avec ces traîtres de la nation qu’il faut  aller aux élections en 2011 ?)

En cédant aux critiques la classe politique espagnole, Zapatero constitue dorénavant une exception (rarissime) en Occident où Kagame est adulé malgré le sang qu’il ne cesse de verser.

 

Il y a là un signe qui ne trompe pas. Le travail de lobbying  congolais à travers le monde, les divisons au cœur du FPR et  des soutiens anglo-saxons de Paul de Kigali et l’épée de Damoclès de la justice espagnole sur sa tête risquent de sonner le glas d’un pouvoir acquis au bout de l’épée et  de celui de ses dépendants en poste à Kinshasa… (à suivre)

 

J.-P. Mbelu

 

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Samedi 17 juillet 2010 6 17 /07 /Juil /2010 05:18

BBC

kagame-2.jpgDes partis politiques et des ONG espagnoles s'opposent à la présence du président rwandais Paul Kagamé en Espagne. Le premier ministre espagnol, sous pression, a refusé de rencontrer Paul Kagamé.

Dans une interview à la BBC, un porte-parole du premier ministère espagnol, qui a souhaité garder l'anonymat, a déclaré que le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero n'a pas voulu rencontrer le président Kagamé par souci de respecter l'opinion publique espagnole.

Selon ce porte-parole le président rwandais n’a jamais été invité à Madrid par les autorités espagnoles, il est en Espagne pour prendre part à une réunion du groupe de contact sur les Objectifs du millénaire pour le développement. Monsieur Kagamé codirige ce groupe à la demande du secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon.

En marge de cette réunion, une rencontre était prévue entre le chef de l'Etat rwandais et José Luis Rodriguez Zapatero.

Mais des députés de l'assemblée nationale espagnole ont fait parvenir une lettre à Zapatero pour manifester leur opposition à cette rencontre.

La lettre accuse le président Kagamé d’être impliqué dans la mort de 9 missionnaires espagnols dont la majorité ont été tués au Congo entre 1997 et 1999. Cette affaire fait l'objet d'une enquête espagnole et des mandats ont été émis par un juge espagnol contre une quarantaine de soldats rwandais.

Le porte-parole du gouvernement a dit que par ailleurs plusieurs Organisations non-gouvernementales espagnoles ont exprimé leur inquiétude face à la détérioration de la situation des droits de l’homme au Rwanda à l'approche de la présidentielle d'Aout prochain.

Les ONG font allusion aux meurtres non-élucidés d'un journaliste et d'un homme politique et au fait que des opposants, dont Victoire Ingabire, n’ont pas le droit de prendre part au scrutin pour des raisons diverses, dont celles de terrorisme et promotion d'une idéologie génocidaire.

 

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Samedi 17 juillet 2010 6 17 /07 /Juil /2010 05:13

kagame-1.jpgDe Pierre AUSSEILL (AFP) –

 MADRID — La présence du président rwandais Paul Kagame en Espagne, où des militaires de son régime sont poursuivis pour "génocide", a provoqué un tel tollé que José Luis Rodriguez Zapatero a renoncé in extremis à s'afficher vendredi avec lui à une réunion de l'ONU sur la pauvreté.

Le chef du gouvernement espagnol a été "sensible" à la demande de partis politiques l'exhortant à "ne pas rencontrer" le président rwandais, a sobrement expliqué sa vice-présidente, Maria Teresa Fernandez de la Vega.

Sous pression, M. Zapatero avait finalement décidé jeudi soir de ne pas aller à la réunion du groupe de contact créé en juin par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, sur les Objectifs du millénaire et du développement (OMD), qui ont pour ambition de réduire l'extrême pauvreté dans le monde d'ici à 2015.

Il s'y est fait représenter vendredi par son ministre des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos. La réunion, initialement prévue au siège du gouvernement, a eu lieu à l'hôtel Ritz.

"Ce n'est pas un grave problème pour nous", a minimisé la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, qui a évoqué devant la presse une décision de "politique intérieure espagnole".

"Nous aimerions que les Espagnols connaissent mieux le président Kagame. Il n'est pas tel que nous le voyons décrit ici", a-t-elle ajouté.

Ban Ki-moon s'est abstenu de tout commentaire sur les accusations portées par la justice espagnole contre le régime rwandais.

Au cours d'un entretien avec M. Kagame, il a en revanche "encouragé les autorités rwandaises à mener une enquête exhaustive" sur le meurtre d'un dirigeant de l'opposition, André Kagwa Rwisereka, dont le corps a été retrouvé mercredi dans un marais, et sur celui, le 24 juin, du journaliste indépendant Jean Léonard Rugambage, a indiqué à l'AFP son porte-parole.

Dès jeudi la Coordination des ONG espagnoles pour le développement (Congde) avait dénoncé "le choix controversé de Ban Ki-moon" d'élire M. Kagame pour co-diriger avec M. Zapatero le groupe de contact sur les OMD, et "la passivité du président Zapatero qui a accepté sans objection d'agir au côté d'un génocidaire présumé".

Ban Ki-moon a justifié vendredi son choix par "l'engagement" du Rwanda, "l'un des rares pays d'Afrique à avoir réalisé d'importants progrès dans la réduction de la mortalité maternelle et infantile".

La levée de boucliers en Espagne trouve son origine dans les mandats d'arrêt pour "génocide" lancés par un juge espagnol en février 2008 contre 40 militaires du régime de M. Kagame, accusés d'avoir fomenté des affrontements ethniques dans les années 90 pour s'emparer du pouvoir.

Ces militaires sont accusés d'avoir sciemment déstabilisé le régime extrémiste hutu de Juvénal Habyarimana en place à l'époque, en commettant des actes terroristes avant de prendre le pouvoir.

Le juge Fernando Andreu avait lancé des accusations détaillées contre M. Kagame, sans le poursuivre en raison de son immunité de chef d'Etat.

L'assassinat de M. Habyarimana en avril 1994 avait déclenché le génocide qui a fait environ 800.000 morts, selon l'ONU, surtout parmi la minorité tutsie.

Le juge espagnol enquête notamment sur les assassinats présumés par les milices tutsies du Front patriotique rwandais (FPR), dirigées alors par M. Kagame, de neuf missionnaires et coopérants espagnols témoins de massacres.

M. Kagame avait à l'époque dénoncé "l'arrogance" des mandats d'arrêt espagnols. "La guerre que nous avons déclenchée, c'était pour libérer notre pays", avait-il déclaré.

La réunion de Madrid devait élaborer des propositions d'application des Objectifs du millénaire, en vue d'un sommet sur ce thème en septembre au siège des Nations unies à New York.

 

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Mardi 6 juillet 2010 2 06 /07 /Juil /2010 20:25

  Le Monde 06.07.10

Alain Juppé et Hubert Védrine, anciens ministres des affaires étrangères

Dans une tribune accordée en exclusivité au Monde, les anciens ministres des affaires étrangères, Alain Juppé et Hubert Védrine, s'alarment des conséquences pour la France de la réduction "sans précédent" du budget du Quai d'Orsay.

Nous sommes inquiets des conséquences pour la France d’un affaiblissement sans précédent de ses réseaux diplomatiques et culturels.

Le budget du ministère des affaires étrangères a toujours été très réduit : de l’ordre de 1,2 % à 1,3 % du budget de l’Etat les meilleures années. Encore faudrait-il en déduire les sommes destinées à des organisations internationales, qui ne font que transiter par ce budget. Le rapport investissement-efficacité de ce petit budget est remarquable: représentations permanentes, ambassades, consulats, lycées, écoles, centres culturels, programmes d’aide et de coopération.

Or, en vingt-cinq ans, le ministère des affaires étrangères a déjà été amputé de plus de 20% de ses moyens financiers ainsi qu’en personnels. Tous les ministères doivent évidemment contribuer à la réduction des dépenses publiques, mais aucune administration n’a été réduite dans ces proportions. Cela s’explique en partie parce que les préjugés sont nombreux et tenaces contre "les diplomates" (pourtant rémunérés selon les mêmes grilles que l’ensemble de la fonction publique), et que le métier diplomatique est rarement expliqué alors qu’il est indispensable à la défense des intérêts de notre pays.

Cet affaiblissement disproportionné va encore s’aggraver du fait d’une revue générale des politiques publiques aveugle, qui souvent supprime d’une façon rigide ce qu’il faudrait absolument garder. De plus, le ministère des affaires étrangères va devoir encore, jusqu’en 2013, supprimer trois emplois sur quatre départs en retraite, soit plus que la règle générale d’un sur deux.

Les économies ainsi réalisées sont marginales. En revanche, l’effet est dévastateur : l’instrument est sur le point d’être cassé, cela se voit dans le monde entier. Tous nos partenaires s’en rendent compte.

Pourtant, dans la compétition multipolaire, où tout se négocie en permanence avec un grand nombre d’interlocuteurs qu’il faut connaître avec précision, la France a plus que jamais besoin de moyens d’information et d’analyse. Les autres ministères présents à l’étranger (finances, défense) sont essentiels aussi et ont leur fonction propre. Le rôle du Quai d’Orsay est de rendre cohérentes toutes les formes de notre présence, ce qui est la clé de notre influence.

Les autres grands pays ne détruisent pas leur outil diplomatique: les effectifs du département d’Etat américain augmentent de 4 % à 5 % par an. Ceux du Foreign Office sont désormais supérieurs aux nôtres. Les pays émergents, pour leur part, construisent et consolident rapidement leur réseau: le Brésil, sous le président Lula, a ainsi ouvert une trentaine d’ambassades. Le service diplomatique européen, auquel nous devrons en plus fournir des diplomates pour assurer notre influence en son sein, ne remplira pas la même fonction.

Il faut adapter l’appareil diplomatique, comme l’Etat tout entier, mais cesser de l’affaiblir au point de le rendre d’ici à quelques années incapable de remplir ses missions, pourtant essentielles.

Alain Juppé et Hubert Védrine, anciens ministres des affaires étrangères

 

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Mardi 6 juillet 2010 2 06 /07 /Juil /2010 20:17

jean-christophe-rufin-a-dakar-senegal-le-17Jean-Christophe Rufin au "Monde" :

Le Monde.fr

06.07.10

AFP/SEYLLOU

L'écrivain Jean-Christophe Rufin, que Nicolas Sarkozy avait nommé ambassadeur de France à Dakar (Sénégal) en août 2007, a quitté ses fonctions le 30 juin après que le président Abdoulaye Wade a demandé à la France son départ, et l'a obtenu. Quittant la diplomatie, il a retrouvé sa liberté de parole et s'exprime sur la politique africaine de la France.

Qui dirige aujourd'hui la politique africaine de la France ?

Ces dernières années, un mode de gouvernance particulier s'est construit : les affaires africaines les plus sensibles sont tranchées par Claude Guéant, qui est un préfet et n'a pas une connaissance particulière de l'Afrique. Dans ce domaine qu'il s'est réservé, le secrétaire général de la présidence agit d'autant plus librement qu'il n'en répond ni devant l'Assemblée ni devant le gouvernement. Il dépend du seul président de la République, dont j'ignore s'il est complètement informé des initiatives de son collaborateur.

Que s'est-il passé depuis trois ans ?

Il s'est passé que Bernard Kouchner n'a pas souhaité ou pas pu s'imposer dans ce domaine et, plus généralement, en politique étrangère. Étant donné son parcours que nous admirons tous, il est difficile de comprendre comment il peut avaliser des décisions prises par d'autres sur des bases qui ne sont pas les siennes.

D'un côté, il y a un Quai d'Orsay qui sert de vitrine à la fois "people" et morale, et, de l'autre, une realpolitik faite par-derrière et par d'autres. M. Kouchner a réorganisé le ministère des affaires étrangères à la manière d'une organisation non gouvernementale (ONG). Le Quai d'Orsay est aujourd'hui un ministère sinistré, les diplomates sont dans le désarroi le plus total, car ils ne se sentent pas défendus.

Vous mettez en cause l'influence auprès de l'Elysée de "réseaux occultes" sur la politique de la France en direction de l'Afrique. De quoi s'agit-il ?

Ces réseaux sont construits à l'inverse des réseaux Foccart qui existaient du temps du général de Gaulle et étaient censés servir les intérêts de la France. Aujourd'hui, il s'agit de réseaux de lobbying qui cherchent à faire valoir les intérêts de tel ou tel régime africain auprès des autorités françaises. Le pire est qu'ils parviennent à faire croire en haut lieu que leurs analyses sont plus désintéressées que celles fournies par les ambassadeurs, alors qu'ils sont stipendiés et ne font qu'exprimer l'opinion de leurs clients.

Propos recueillis par Philippe Bernard

 

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Vendredi 18 juin 2010 5 18 /06 /Juin /2010 17:43

Par RFI

Peter Erlinder, l'avocat américain accusé de négation de génocide au Rwanda a été libéré, jeudi 17 juin pour raisons de santé. Il était retenu depuis le 28 mai dernier à Kigali, où il était venu défendre l'opposante Victoire Ingabire. Il est désormais libre de rentrer aux Etats-Unis, à la seule condition de laisser une adresse au Rwanda afin que la justice puisse le contacter, si nécessaire.

Les pressions s'étaient accentuées au fil des jours et elles ont manifestement convaincu le régime de Kigali de faire machine arrière. A Washington les partenaires américains ont réclamé expressément la libération de Peter Erlinder. Mercredi 16 juin, c'est le Tribunal pénal international pour le Rwanda, sur conseil des Nations unies, qui demandait à ce que l'avocat américain soit relâché. Le TPIR A fait valoir que M. Erlinder bénéficiait, en tant qu' avocat auprès du tribunal, d'une immunité.

Certains observateurs voient en fait derrière cette affaire une tactique politique de Kigali. Le président Kagamé aurait cherché à tester au sein de l'administration américaine le rapport de force entre ceux qui continuent de le soutenir et ceux qui critiquent de plus en plus durement son régime jugé autocratique.

Des éléments appuient cette thèse. Pourquoi en effet avoir arrêté Peter Erlinder cinq jours après son arrivée à Kigali ? Une expulsion dès son entrée au Rwanda aurait permis d'éviter les turbulences et surtout la mobilisation que suscite ce type d'affaire. Le gouvernement rwandais a voulu s'attaquer à un avocat qui lui est très hostile. En avril dernier Peter Erlinder a porté plainte aux Etats-Unis contre Paul Kagamé, l'accusant d'avoir ordonné la destruction de l'avion à bord duquel se trouvaient le président Habyarimana et son homologue burundais. Aujourd’hui Kigali a choisi de libérer quasiment sans condition l'avocat américain.

*** HillaryClinton.jpg ***

UNDER PRESSURE FROM US GOVERNMENT, RWANDAN GOVERNMENT RELEASES AMERICAN LAWYER

Rwandan Government Releases American Lawyer

 Today, June 17, 2010, facing the overwhelming international condemnation, including a harsh rebuke from the International Criminal Tribunal for Rwanda (ICTR), and isolated, the Rwandan Government gave up and released an American lawyer. After three weeks, the lawyer, Professor Peter Erlinder was released on “bail” on medical grounds. However, it appears that is the way for the Rwanda Government to save face.

Rwandan Superior Court Judge Johnson Busingye explained the conditions of the release during the hearing: "It is ordered that professor Carl Peter Erlinder be hereby unconditionally released from detention on health grounds as explained above. It is ordered further that investigations into his case will proceed while he is not in detention

The Rwandan Prosecutor, Martin Ngoga, visibly humbled but wearing a mask of defiance said in a statement:  "Bail on health grounds cannot be mistaken as vindication for Mr. Erlinder, This will not deter the prosecution as we finalize the case against Mr. Erlinder. He will soon be called to defend his record of genocide denial that insults the people of Rwanda and inflames those who seek to harm us."

The pressure on the Rwandan Government to release the lawyer had become too much to bear. When the US Government, through the US Secretary of State Hillary Clinton weighed in, the Rwandan Government had no choice than to oblige. Even the worst dictators know when their finger is the mouth of a lion. In fact, on June 14, 2010, Secretary of State Hillary Rodham Clinton, during the Diplomacy Briefing Series Conference on Sub-Saharan Africa in Washington, DC. Secretary of State Hillary Clinton unequivocally asked Rwanda to release, without conditions, the American lawyer abusively detained in Rwanda for seeking to defend a political opposition figure accused of sedition and political ideology by the Government:

QUESTION : Thank you, Secretary Clinton, for being here today. My name is Beth Tuckey. I’m with Africa Action. And you mentioned in your presentation that you would speak out on behalf of democratic governance in Africa, and I know that the U.S. has been a strong supporter of Rwanda for many, many years. And I’m just wondering what you’re doing to address the recent oppression of political candidates in Rwanda and if you’re doing anything to address attorney Peter Erlinder, who is currently under arrest in Rwanda.

SECRETARY CLINTON : I know that we have addressed those concerns. We’ve made them known to the Rwandan Government. We really don’t want to see Rwanda undermine its own remarkable progress by beginning to move away from a lot of the very positive actions that undergirded its development so effectively. We still are very, very supportive of Rwanda. The kind of development that has taken place in Rwanda is really a model in many respects for the rest of the continent. But we are concerned by some of the recent actions and we would like to see steps taken to reverse those actions.

On the one hand, I understand the anxiety of the Rwandan leadership over what they view as genocide denial or genocide rejectionism. There are many countries that have been in a similar historic position, so I do understand that and I know that they are hypersensitive to that, but – because, obviously, they don’t want to see anything ignite any kind of ethnic conflict again. So I’m very sympathetic to that.

But I think that there are ways of dealing with that legitimate concern other than politically acting against opposition figures or lawyers and others. So on the one hand, I understand the motivation and the concern. On the other hand, I want to see different actions taken so that we don’t see a collision between what has been a remarkably successful period of growth and reconciliation and healing with the imperatives of continuing to build strong democratic institutions.

Thank you all very much. (Applause.)

 

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Vendredi 4 juin 2010 5 04 /06 /Juin /2010 06:21

Ambassador JOHNNIE CARSON By HENRY C. JACKSON (AP) – 6 hours ago

WASHINGTON — The State Department on Thursday called on the Rwandan government to release a jailed U.S. law professor. Peter Erlinder has been in custody since Friday on charges he denied the central African country's 1994 genocide.

State Department spokesman P.J. Crowley told reporters on Thursday that U.S. officials were closely monitoring Erlinder's situation and have been in touch with officials in Rwanda. "We want to be sure that he is accorded all of his rights," Crowley said. "We are pressing the Rwandan government to resolve this case quickly and would like to see him released on compassionate grounds." Erlinder, of St. Paul, Minn., was moved from a jail in Rwanda's capital city, Kigali, to a hospital on Wednesday after what Rwandan officials said was an apparent suicide attempt.

However, the 62-year-old told consular officials that he took an overdose of his own prescription medication so that he would be sent from a squalid jail to a hospital. That message was conveyed from the consulate in Rwanda to his family, who said Thursday they understood his actions to be part of an effort to escape a jail cell where he feared for his safety and was staying with seven or eight other inmates. "It was a strategy for him to get out of that jail," said Gena Berglund, a legal assistant to Erlinder. "He told the consulate, 'I couldn't spend one more night in jail." Erlinder's family traveled to Washington on Thursday to press for his release. They spoke with reporters on Thursday morning and were expected to meet with State Department officials later in the day.

 

Sarah Erlinder, Peter Erlinder's daughter, said she was elated the State Department had called for her father's release. She and other family members said earlier Thursday they thought a public call for his release would spur action from Rwanda, which is closely allied with the U.S. government and receives millions of dollars in aid. "That's the best news I've heard in a long time," she said. "It's been such a roller coaster, good news and bad news coming at the same time." Family members, including Erlinder's wife, Masako Usui, said they want him released as soon as possible because they fear for his health. "I don't know anything about his condition," Usui said, noting he was on various medications.


Erlinder is a professor at William Mitchell College of Law in St. Paul with a reputation for taking on difficult, often unpopular defendants and causes. A past president of the progressive National Lawyers Guild, he leads a group of defense lawyers at the U.N.'s International Criminal Tribunal for Rwanda. The tribunal is trying the alleged leaders of the 1994 genocide.


The Rwandan government has accused him of violating the country's laws which forbid minimizing the 1994 genocide in which more than 500,000 Rwandans, the vast majority of them ethnic Tutsis, were massacred by Hutus in 100 days. Erlinder has not contended that massive violence did not occur, but has said it's inaccurate to blame just one side.


Erlinder was in Kigali to help with the legal defense of Victoire Ingabire, an opposition leader running against President Paul Kagame in Aug. 9 elections. Ingabire is accused of promoting genocidal ideology.

In late April, Erlinder helped file a lawsuit in Oklahoma that accused Rwanda's current President, Paul Kagame, of ordering the 1994 deaths of Rwandan President Juvenal Habyarimana, a Hutu, and Burundi President Cyprien Ntaryamira, igniting the genocide.


The lawsuit was filed on behalf of the widows of the two presidents. The presidents were killed when their plane was shot down. Erlinder has made the allegations before, citing tribunal documents and books by former tribunal prosecutors. Kagame's government denies the accusations. Associated Press writer Matthew Lee in Washington contributed to this report.

 

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Par JMVN - Publié dans : Diplomatie - Communauté : Afrique des Grands Lacs
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